Culture

  • Refus du préavis municipal sur la Cité de la Musique :  Et maintenant ?

    Imprimer

    cor des Alpes.jpgLe préavis municipal sur le plan localisé de quartier lié au projet de Cité de la Musique a été refusé, par 800 voix d'écart en Ville de Genève. Tous les arrondissements de gauche disent NON. Tous. Cela devrait nous parler un peu... et que seuls des arrondissements de droite votent OUI, cela aussi devrait nous parler un peu... Ce NON, même de justesse, c'est tout de même, pour le PS, une sanction: celle d'un soutien souvent totalement a-critique à un projet présenté comme atteignant à la perfection, sans aucun défaut, ne posant aucun problème... or si la base électorale du PS s'était mobilisée pour ce projet, il serait passé -et il n'a été repoussé que parce qu'une bonne partie de la base socialiste l'a repoussé... et qu'elle devait bien avoir quelques motifs de le faire. Reste que 800 voix de différence dans un vote qui a mobilisé 50'000 des 200'000 habitants de la Ville (40 % de participation, c'est une bonne participation, pour un vote municipal), ça n'est pas un raz-de-marée, d'autant moins qu'un vote de nature référendaire est plutôt favorable aux oppositions, qui peuvent s'additionner sans égards à leurs contradictions, alors que les soutiens doivent s'élargir... Maintenant, parole au canton. Plus précisément, au Grand Conseil, si le Conseil d'Etat veut contourner le préavis municipal de la Ville. Et si le Grand Conseil le suit dans cette voie périlleuse... Bref, le débat va se poursuivre -mais c'est bien parce que la Ville a refusé le plan localisé de quartier qu'il va se poursuivre : si le PLQ avait été accepté, le débat aurait été clos, ou se serait réduit à des oppositions aux autorisations de construire (et de démolir la villa des Feuillantines). Une approbation aurait sacralisé le projet; le refus le laisse  modifiable. Vertus de la démocratie semi-directe... et municipale.

    Lire la suite

    Lien permanent Catégories : Culture, Genève, Musique, votations 0 commentaire
  • Cité de la Musique  et musiques de la Cité

    Imprimer

    prova d'orchestra.jpgOn s'échauffe beaucoup, en ce moment, à Piogre, autour du projet de Cité de la Musique dans le quartier des Nations. On s'échauffe même jusqu'aux insultes et aux menaces, partisans et opposants dénonçant fort équitablement, les uns sur leur site Facebook, les autres par communiqué de presse, les attaques personnelles fusant des autres sur les uns et des uns sur les autres. Ambiance "prova d'orchestra" fellinienne, dont il ne nous souvient pas qu'elle accompagna d'autres projets d'envergure, comme la Nouvelle Comédie...  Objectivement, il ne s'agit pourtant que de voter sur un préavis municipal à  un plan localisé de quartier, préavis sur lequel le canton pourrait parfaitement, avec toute la délicatesse que nos communes lui connaissent, s'asseoir. Si on peut douter qu'il y pose son séant, c'est en raison du rapport des force entre le canton et une commune qui à elle seule pèse 40 % de la population et de l'électorat du canton, et qu'il convient de ménager à deux ans d'élections cantonales. Sauf à vouloir s'asseoir sur un gros clou. Le rapport de force entre le clou municipal et la fesse cantonale décidera... Reste la question qui devrait nous tarauder : sur quoi s'échauffe-t-on ? les arbres ? la villa des Feuillantines ? les musiques ? la Fondation des montre-que si-t'en-as-pas-une-à-50-ans-t'as-raté-ta-vie ? A quelques jours de la votation, le mystère nous reste entier, et on doute qu'il soit dissipé dimanche à midi, vu l'ambiance de la campagne... En attendant quoi, que l'on s'écharpe sur les réseaux nous aura au moins permis de prendre une posture commode, celle du sage, mi-cynique mi-stoïcien, planant au dessus des bas règlements de compte...

    Lire la suite

  • Les lieux culturels vont retrouver vie...

    Imprimer

    masques 2.jpgLa Covid, et après ?

    "Nous n'en pouvons plus d'entendre que nous devons nous réinventer, trouver le chemin, être résilient.es", soupirait la coordinatrice de Petzi (la fédération suisse des clubs et des festivals de musiques actuelles), Anya della Croce... Et Il y a un peu plus d'un mois, le "monde de la culture" lançait un appel au Conseil fédéral et aux autorités cantonales : "Nous, public et artistes, exprimons par cet appel, le besoin de culture vivante, après plus d’une année de fermeture des lieux culturels". "L’ouverture de salles de théâtre, de cinéma ou d’autres lieux d’expression des arts vivants, avec une jauge réduite, proportionnée à la capacité de la salle, avec un nombre variant entre 50 et 200 personnes en fonction des installations et dans le strict respect des consignes sanitaires, est possible ; nous demandons au Conseil fédéral d’en prendre acte et d’autoriser l’ouverture des lieux culturels encore ce mois d’avril selon les perspectives qui ont été communiquées en mars, et aux autorités cantonales d’appuyer cette démarche". L'appel a, partiellement, tardivement, été entendu...Il était temps.

    Lire la suite

  • Langue épicène, inclusive, féminisée...

    Imprimer

    langue inclusive.jpgAdoncques, causons !

    Nul ne nous ayant sollicité de donner notre avis sur ce débat fondamental, et nul n'attendant qu'on le donne pour savoir quoi penser de ce dont on débat, on s'empresse de le donner, cet avis. En prenant soin toutefois de tenter de le formuler en remontant aux sources de la langue française moderne, quelque part et quelque temps entre Rabelais et Montaigne, avant que la funeste Académie française n'y mette son grain de testostérone.

    Adoncques, causons ! Nous comprenne qui pourra ou voudra, et nous corrige qui s'y plaira.

    Lire la suite

    Lien permanent Catégories : Culture, Femmes, France, Genève, langue 13 commentaires
  • Irminsûl contre la Cité de la Musique

    Imprimer

    Capture d’écran 2021-05-06 160421.jpgPrédire le résultat d'un scrutin est toujours hasardeux (surtout avant ledit scrutin...), mais à humer l'air du temps, on ne donnera pas cher du projet de Cité de la Musique, indirectement soumis à la sagacité des habitantes et habitants de a Ville de Genève le 13 juin prochain. Certes, ils ne se prononceront pas sur le projet lui-même mais sur le préavis, consultatif, donné par la Ville au plan localisé de quartier le rendant possible, mais ce préavis va forcément, dès lors qu'il sera donné par le corps électoral d'une commune qui pèse à elle seule 40 % de la population du canton, lourdement peser sur la décision cantonale. Le débat, pour cette même raison, est d'ailleurs un débat cantonal. Or  il semble moins porter sur le contenu du projet, et ce dont il témoigne des enjeux de politique culturelle à Genève,  que sur le sort des arbres que son édification condamnerait à l'abattage (même suivi d'un remplacement par d'autres, plus jeunes). Si la Cité de la Musique devait succomber dans les urnes municipales, ce serait au culte d'Irminsûl et d'Yggrdasil, les arbres sacrés des Saxons et des Vikings, bien plus qu'à la critique des choix culturels qu'elle manifeste et de la répartition qu'elle implique des tâches, des compétences, des pouvoirs et des charges dans leur mise en oeuvre.

    Lire la suite

    Lien permanent Catégories : Culture, Genève, votations 2 commentaires
  • Préavis municipal sur le projet de Cité de la Musique : Un NON politique

    Imprimer

    Cité de la Musique, maquette.jpgLe 13 juin, les habitantes et les habitants de la Ville de Genève y disposant du droit de vote se prononceront sur le préavis municipal au plan localisé de quartier devant permettre l'installation dans le quartier des Nations d'une "Cité de la Musique" largement financée par la Fondation Wilsdorf. L'installation d'une institution culturelle importante dans un quartier qu'on ne peut guère qualifier que de trou du culturel de la Ville,  lui donnerait en effet un sens et une vie, quand il n'en a guère. L'implantation du projet de la Cité de la Musique est son meilleur argument, et vouloir le déplacer ailleurs, par exemple au PAV, n'a aucun sens. Tout le reste est, ou doit être, ou devenir, discutable, négociable. A commencer par la place donnée aux différents acteurs accueillis (dans le projet actuel, la Haute Ecole de Musique et l'OSR s'y taillent la part du lion) et à ceux qu'il n'est pas prévu d'accueillir. Et à continuer par le sort à réserver au bois privatif (évoquer une forêt serait excessif) qui occupe une grande partie de l'espace prévu pour la Cité de la Musique, et à la villa "La Feuillantine". Ce n'est donc pas un raisonnement environnemental, ni un raisonnement architectural qui nous convainc de nous préparer à voter "NON" au préavis municipal au projet de Cité de la Musique, c'est, qu'on nous pardonne, un raisonnement politique :   ce "NON" est le seul moyen de pousser à une évolution du projet, qui fasse, avant la décision cantonale, une plus large place à d'autres musiques que celles patrimoniales.

    Lire la suite

  • Réponses à l'urgence sociale et culturelle :  La Ville(et les villes)  à l’œuvre

    Imprimer

    Ballet.jpgPour répondre, à son niveau, à la situation d'urgence sociale et culturelle dans laquelle se trouvent artistes et activistes culturels, le Conseil municipal de Genève a accepté la proposition que lui faisait le Conseil administratif, de trois mesures concrètes (auxquelles s'ajoutent l'étude de plusieurs "pistes de travail", notamment s'agissant du statut  social des artistes). Des mesures qui s'ajoutent à celles que la Ville avait déjà prises et qu'ont prises le canton et la Confédération, les complètent -mais aussi suggèrent à ces deux niveaux institutionnels "supérieurs", s'agissant des soutiens à apporter au milieu culturel, d'aller un peu loin dans l'inventivité que ce dont ils se sont contentés jusqu'à présent. Les mesures proposées par le Département de la Culture et acceptées par le Conseil municipal, assorties du financement nécessaires (quatre millions), consistent  d'abord en la réalisation par une septantaine d'artistes d'oeuvres sur des emplacements d'affichage en Ville : ce fut fait en décembre dernier. Ensuite, des résidences musicales rémunérées sont proposées à des groupes, en partenariat avec l'Usine, la Cave12, l'Alhambra et l'AMR. Ces résidences devraient aboutir à des concerts. Enfin, des résidences d'artiste, elles aussi rémunérées, sont proposées à des artistes en partenariat avec les musées publics et les bibliothèques de la Ville.  (la "Tribune de Genève" d'hier a consacré une pleine page à la première concrétisation de cette expérience, où les artistes sont à la fois en résidence et devant le public des musées (le Museum, le MEG, l'Ariana, le Jardin Botanique, le Musée d'histoire des sciences) et des bibliothèques).

    Lire la suite

  • Le PS de la Ville de Genève soutient le projet de Cité de la Musique

    Imprimer

    Cité de lamusique.jpgQue se fasse le débat...

    Le référendum  lancé contre le préavis favorable donné il y a six mois par le Conseil Municipal de la Ville de Genève au plan localisé de quartier devant permettre la construction par la Fondation Wilsdorf d'une Cité de la Musique près de la place des Nations, ayant abouti, les habitantes et habitants adultes de la Ville se prononceront le 13 juin, sur ce préavis favorable à un projet que le PS a décidé hier soir de soutenir. Le référendum a été lancé  pour des raisons aussi diverses que les forces qui le soutiennent : associations de quartier, défenseurs des arbres (130 devraient être abattus et remplacés, les plus anciens étant préservés), défenseurs du patrimoine (la villa La Feuillantine, datant de la fin du XIXe siècle, serait détruite), artistes indépendants, partis politiques de droite (UDC) ou de gauche (SolidaritéS, Parti du Travail, Verts), les uns dénonçant le "gigantisme" du projet, d'autres l’abattage d'arbres et la destruction de la villa, d'autres encore le fait que cette Cité de la Musique sera surtout celle de deux institutions musicales, l'OSR et la Haute école de Musique, alors que d'autres formes de musique et d'autres musiciens auraient besoin d'un soutien accru, d'autres enfin craignent que les frais de fonctionnement de l'institution (au moins 14 millions par année) ne retombent sur les collectivités publiques (le vote favorable du Conseil municipal était d'ailleurs assorti d'une double recommandation, s'opposant à tout engagement financier de la Ville pour la Cité de la Musique et recommandant un soutien accru aux musiques de création). Le préavis du Conseil municipal étant consultatif, la votation le sera aussi. Ce qui ne la rend certainement pas inutile pour autant : le peuple de la Ville ne décidera pas, mais il donnera son avis. Et avant cela, un débat public  s'engagera sur les priorités de la politique culturelle genevoise, les moyens dont elle dispose, les rôles respectifs des privés et du public dans sa mise en oeuvre -et les choix de soutenir tel mode d'expression musicale plutôt que d'autres, les grandes institutions plutôt que les musiciens indépendants, les grosses structures plutôt que les petites... Que se fasse ce débat  : si consultatif qu'il soit, le scrutin municipal du 13 juin devrait le permettre... avant, sans doute, si le canton (le Conseil d'Etat, le Grand Conseil) adopte le projet, un vote cantonal après un référendum cantonal...

    Lire la suite

  • Quelle sortie de crise dans la culture ?

    Imprimer

    Déconfiner, réinventer

    Cela fait bientôt un an que les lieux culturels ne sont plus, à quelques intermèdes près,  ouverts au public. Cette clôture des espaces de création et de représentation ne transforme pas seulement nos villes en déserts culturels, elle accroît aussi la précarisation, déjà endémique, des acteurs non salariés de la culture. Les collectivités publiques doivent agir dans l'urgence pour les aider, et les communes doivent le faire dans le cadre, étroitement normé par les cantons et la Confédération. Le Conseil administratif de la Ville de Genève dépose ainsi au Conseil municipal une demande de crédits complémentaires au budget. Ces crédits de quatre millions s'ajouteront aux aides déjà accordées et aux mesures déjà prises par la Ville, le canton et la Confédération pour aider les artistes. Pour la Ville de Genève, il s'agit d'apporter à celles et ceux qui n'ont pu exercer leur activité, ou n'ont pu la présenter au public, et du fait même des spécificités des activités culturelles n'ont pu bénéficier des aides proposées aux salariés et aux indépendants des secteurs commerciaux. La Ville va ainsi leur proposer des bourses de recherche sans exigence de production immédiate, des subventions urgentes, des résidences artistiques ponctuelles, des soutiens aux captations et aux diffusions des créations, des aides ponctuelles aux organisations professionnelles du secteur, des projets de valorisation du travail des artistes et des mesures de soutien aux media rendant compte de ce travail. Mais au-delà de ces actions immédiates, répondant à l'urgence, il y a des questions plus fondamentales auxquelles il va falloir donner des réponses plus générales, plus structurelles, avec des effets à plus long terme. Il ne s'agit rien moins que de
    faire du déconfinement le moment d'une réinvention du champ culturel, pour que le monde d'après ne soit pas qu'une renaissance du monde d'avant, sans autres changement que cosmétiques.

    Lire la suite

  • Genève : Urgence culturelle et sommeil politique

    Imprimer

    Tournesol.jpg

    Surdité volontaire ?

    En mai 2019, le peuple genevois plébiscitait à 83,18% l’initiative « Pour une politique culturelle cohérente à Genève ». L'initiative (IN 167) avait la teneur suivante, sous forme de mandat constitutionnel donné au canton : "L’État promeut la création artistique et l’activité culturelle. Il garantit leur diversité, leur accessibilité et leur enseignement. Il encourage les échanges culturels. A cette fin, il met à disposition des moyens, des espaces et des instruments de travail adéquats. Le canton coordonne une politique culturelle cohérente sur le territoire, en concertation avec les communes. Les acteurs culturels sont consultés. Le canton et les communes élaborent et mettent en œuvre une stratégie de cofinancement pour la création artistique et les institutions culturelles" Le mandat constitutionnel donné, reste à le concrétiser -et c'est la fonction de la loi : sans elle, le mandat constitutionnel n'est qu'une proclamation verbeuse. On attend donc que le Conseil d'Etat assume la responsabilité que la constitution lui donne, puisque c'est le peuple qui l'y a inscrite. On attend. Impatiemment. En se demandant à partir de quand la patience doit choisir entre se muer en résignation ou en colère. A Genève, parler de politique culturelle au canton, c'est parler à un sourd volontaire, et cela vaut sans doute pour les relations, au sein même des partis politiques, entre leurs instances municipales et cantonales. Dès lors, il faut sans doute renoncer à essayer d'alphabétiser des instances politiques cantonales pour qui la culture n'est guère qu'une cerise municipale sur le gâteau cantonal de la répartition des tâches.

    Lire la suite

    Lien permanent Catégories : Culture, Genève 1 commentaire
  • Lundi, c'est la rentrée scolaire. Mais pas la rentrée culturelle.

    Imprimer

    culture.jpgUn accessoire : la culture

    Un manifeste de 450 acteurs culturels indépendants, soutenus par des personnalités politiques (Mathias Reynard, Micheline Calmy-Rey, Pascal Couchepin), les grands festivals et l'infectiologue Didier Pittet demande que les indépendants du secteur culturel, "injustement exclus de la société au fur et à mesure des décisions prises au niveau fédéral ou cantonal pour combattre l'épidémie",  soient "défendus avec la même ardeur que celle employée pour les autres secteurs de l'économie", et indemnisés au même titre que l'est le personnel des grandes institutions du secteur. Ce serait en effet le moins que l'Etat puisse faire s'il tient à justifier son existence : après tout (et cela vaut aussi pour la restauration), c'est lui qui a contraint les lieux culturels à fermer et les acteurs culturels à attendre la Saint Glinglin pour pouvoir retrouver un public, c'est donc à lui  d'indemniser leurs pertes, de réparer leurs absences. Mais il ne s'agit pas que de cela : il s'agit aussi, surtout, de la place de la culture dans la société -dans la constitution même d'une société qui soit autre chose qu'un agrégat aléatoire d'individus, ou de tribus. Il y a donc bien quelque signification plus profonde que celle de l'urgence elle-même, à ce que les théâtres, les cinémas, les musées, les lieux de concerts, qui tous avaient mis en place des dispositifs particulièrement exigeants contre la propagation du coronavirus, dont aucun n'a été un foyer de contamination, soient fermés (ce qui les innocente au surplus de toute responsabilité dans la reprise de l'épidémie) quand les grands magasins restent ouvert, et que l'on se satisfasse de ce que les créateurs culturels ne puissent rien montrer de leur création à un public. On ne sait si c'est sciemment que les autorités politiques font ce choix -on sait seulement qu'il dit quelque chose de la place qu'elles accordent à la culture : congrue, accessoire, décorative. Si, comme l'écrit Thierry Apothéloz, la culture "c'est ce qui donne un sens à ce qui n'en a pas", quel sens donne la fermeture des lieux de culture à la société et au pouvoir qui les ferment ?

    Lire la suite

  • Un peu de soutien aux acteurs culturels genevois les plus fragiles

    Imprimer

    Capture d’écran 2020-12-14 040537.jpgDéconfinement budgétaire...

    "Pour la culture (...) l'argent est une chose, mais il ne faut pas négliger la souffrance induite par l'impossibilité de se produire sur scène", plaide la présidente de la Confédération, Simonetta Sommaruga. A cette souffrance, qu'est-ce qu'une commune, fût-elle la deuxième ville de Suisse, peut apporter comme remède ? Elle ne peut pas, lors même qu'elle le voudrait, rouvrir les lieux qui ont été fermés sur décisions fédérales et cantonales : elle n'en a pas la compétence légale... Et donc, la commune fait ce qu'elle peut  : elle accorde des moyens, elle maintient ou accroît des subventions, elle maintient ou renforce des lignes budgétaires générales à disposition pour des soutiens ponctuels à la création et aux manifestations, elle facilite l'accès aux aides apportées par d'autres. C'est ce que la Ville de Genève va faire, grâce à un budget adopté samedi soir, et dans lequel nous (la gauche, parfois avec le soutien du MCG et du PDC) avons renforcé autant qu'on pouvait le faire le soutien aux secteurs, aux champs, aux formes d'expression les plus précarisés par la crise. En somme, nous avons un peu déconfiné financièrement l'espace culturel genevois. En attendant que les espaces culturels réels le soient : "Le monde du spectacle a été le premier confiné, il sera le dernier déconfiné", résume amèrement Jean Lhermier, directeur du Théâtre de Carouge...  Et son redémarrage, comme celui du monde musical, repose, outre les moyens que les collectivités publiques leur auront accordé,  sur la confiance du public dans l'absence de risques des contacts sociaux. Mais aussi sur un minimum de cohérence dans les prescriptions imposées par les autorités fédérales et cantonales : quelle acceptation de ces prescriptions peuvent-elles attendre de la population et des acteurs sociaux et culturels, quand elles alternent ou juxtaposent sans justification crédible confinements et déconfinements, autorisations et interdictions, ouvertures et fermetures ? qu'elles autorisent l'ouverture des centres commerciaux et des stations de ski (tire-fesses compris), mais pas celle des théâtres, des salles de cinéma et des salles de concert, alors qu'ils étaient de tous les espaces accessibles au public les plus respectueux des mesures de prévention de la contagion covidienne ?

    Lire la suite

    Lien permanent Catégories : budgets publics, Culture, Genève 0 commentaire
  • La culture indépendante sinistrée par la pandémie

    Imprimer

    musée en ruine.jpgRésister au (co)vide cuturel

    Lieux de création, de représentation, d'exposition, de concerts fermés, tournées annulées, festivals suspendus, artistes indépendants privés de revenus et sans possibilité de toucher le chômage partiel ni les allocations pour perte de gains : le secteur culturel, qui pèse 5 % du PIB suisse, 7 % de celui des centres urbain et autour de 10 % de celui d'un canton comme Genève, a sans doute été le plus touché par les mesures de lutte contre la coronapandémie -plus touchés encore que que ceux de l'hôtellerie et de la restauration, et du petit commerce. Et au sein de ce secteur, si les grandes institutions ont les reins assez solides pour passer cette sale période, et des subventions assurées par les collectivités publiques, les petits acteurs culturels, et plus encore les créateurs indépendants, se retrouvent les plus durement précarisés. Ce n'est pas que les aides fédérales, cantonales, municipales aient été inexistantes -c'est qu'elles n'ont pas atteint ceux qui en avaient le plus besoin. Et que parfois, il ne s'agit que de prêts, ou d'aide accordées comme des dons avant qu'on en demande le remboursement, comme Suisseculture sociale l'a fait pour 104 des 1903 aides qu'elle avait accordée entre mars et septembre (dont la moitié à des musiciens).

    Lire la suite

  • Covider les lieux culturels

    Imprimer

    Baltard.jpgUn nouveau semi-confinement qui ne dit pas son nom

    Face à la pandémie qui a repris de la vigueur ("La dégradation de la situation est spectaculaire" a annoncé le 28 octobre Alain Berset. ), la Suisse , qui compte désormais, en pourcentage de la population plus de contaminés (762 cas pour 100'000 habitants, 8600 nouvelles infections pour la seule journée du 28 octobre), plus de malades en soins intensifs et plus de morts (24 mercredi), reconfine sans vraiment reconfiner tout en reconfinant un peu, en annonçant que si ça ne stoppe pas la progression de la covid, on ira encore plus loin dans les mesures de restrictions des libertés personnelles et collectives, et que déjà, s'ils le veulent, les cantons peuvent eux-mêmes aller plus loin. Le président de la Fédération des entreprises romandes, Ivan Slatkine "salue ces mesures pondérées", et le président d'EconomieSuisse, Christoph Mäder soupire (d'aise) : "pour l'économie, c'est supportable". Et pour la culture ? La quoi ? D'ores et déjà, la jauge des spectacles culturels est plafonnée à 50 spectateurs. Comme les cultes et les messes (la pandémie ramène le cultuel ou culturel...). Une jauge impossible à tenir financièrement  pour les moyennes et grandes institutions (comme à Genève, le Grand Théâtre, le Théâtre de Carouge, le Forum-Meyrin, bientôt la Nouvelle Comédie...). Commentaire du magistrat en charge de la culture en Ville de Genève : Sami Kanaan : "Coup de massue pour la culture! Le Conseil fédéral décide de faire porter aux acteurs culturels (théâtres, opéras, cinémas, festivals, etc.) la responsabilité de fermer ou annuler lorsque la jauge maximale de 50 personnes n’est pas tenable économiquement, afin d’éviter de devoir verser les indemnités fédérales. Cynique et choquant!". Et, de plus, absurde, arbitraire et injuste :  les milieux culturels, théâtres, opéras, musées, bibliothèques, cinémas, sont ceux qui ont le plus scrupuleusement observé les prescriptions sanitaires : "il n'y a pas de cluster dans les théâtres", rappelle le directeur du Théâtre de Carouge, Jean Liermier : comme les lieux de concerts et les cinémas, ils arrivaient à fonctionner en respectant les mesures de précaution sanitaires (masques, distances, gel hydroalcoolique), des places numérotées et une jauge adaptée à la capacité de la salle. Ils n'y arriveront pas avec une jauge plafonnée à 50 spectateurs dans des salles qui peuvent en accueillir cinq, dix ou vingt fois plus. 

    Lire la suite

  • Après le sauvetage du "Plaza"

    Imprimer

    plaza,cinémaRenaissance d'un bijou

    On est de plus en plus contents d'avoir contribué à sauver le Plaza de la démolition, et à inciter le Conseil d'Etat à le re-classer au patrimoine, après l'en avoir déclassé. Le président de la Fondation Plaza, créée par la Fondation Wilsdorf quand elle a racheté le bâtiment abritant le cinéma, a annoncé que des événements culturels y seraient organisés avant que les travaux de réhabilitation de la salle aient réellement commencé. Le Plaza va devenir, comme on le proposait depuis des années, un centre culturel voué au bâti (manière de rendre hommage à son architecte, Marc-Joseph Saugey) et au cinéma. La première manifestation prévue pourrait se tenir en novembre, en lien avec le GIFF (Festival international du film de Genève), et avec la présence de Stefan Eicher. La deuxième pourrait se tenir au printemps 2021, avec des projections de films du vendredi soir au dimanche, dont un film reprenant la programmation du cinéma avant de son ouverture en 1952 à sa fermeture en 2004... Quinze bureaux d'architectes, choisis par le Conseil de fondation, ont été invités à travailler sur une rénovation des lieux en respectant leur état initial mais en les équipant des dernières technologies et en respectant des normes sécuritaires et environnementales qui ne sont plus celles de 1952. Deux à quatre bureaux seront retenus au terme du premier acte du concours, et un sera finalement retenu au deuxième acte, en juin 2021. Les travaux devraient démarrer en janvier 2022 pour une inauguration à l'automne 2023 de ce qui sera, à nouveau, le plus grand cinéma de Genève, avec une grande salle de 750 places assises en parterre et balcon, et un centre culturel, un bar glacier, une boutique, un restaurant, des arcades, une librairie, une bibliothèque, un centre de documentation, une espace d'exposition...

    Lire la suite

    Lien permanent Catégories : Culture, Genève, Patrimoine 8 commentaires
  • Musiques de la Cité

    Imprimer

    Cité de lamusique.jpgLe Conseil municipal donne un préavis positif à la Cité de la Musique

    Mercredi soir, le Conseil municipal de la Ville de Genève a donné, sur proposition du Conseil administratif, un préavis positif au plan localisé de quartier devant permettre la construction d'une "Cité de la musique" dans le quartier des Nations. Ce vote ne portait que sur un préavis municipal -le canton peut en faire ce qu'il veut, mais ceux de la Ville pèsent lourd, autant que la Ville (40 % de la population, et les deux tiers de toutes les charges de politique culturelle genevoise). Et à ce préavis, le Conseil municipal a ajouté, sur proposition socialiste, deux "recommandations"  : l'une excluant une participation financière de la Ville au budget de fonctionnement de la nouvelle institution  et l'autre recommandant le renforcement du soutien matériel de la Ville aux "musiques actuelles de création", qui s'étaient d'ailleurs invitées dans le débat par une prise de position de leur fédération, la Fédération genevoise des musiques de création (FGMC), pour qui "le projet de Cité de la musique ne répond pas aux besoins actuels de la scène musicale genevoise". Elle a raison : ce projet ne répond qu'au désir de ses promoteurs privés. Comme d'autres institutions culturelles genevoises, en leur temps... Le préavis de la Ville sera très certainement la cible d'un référendum, qui ouvrira un débat avec des fronts transcendant le clivage gauche-droite, puisqu'au Conseil municipal,la gauche comme la droite étaient divisées : le PS avec le PLR, le PDC et le MCG d'un côté, les Verts et "Ensemble à Gauche" avec l'UDC de l'autre côté. Le référendum ne portant que sur un préavis, le vote populaire ne sera pas décisif, comme le fut celui contre la rénovation du MAH, mais il sera, s'ils en sont capables, l'occasion pour tous les participants à la campagne de présenter leur projet de politique culturelle. En cela, le référendum sera bienvenu si on arrive à en saisir l'occasion de parler d'autre chose que des arbres qui seraient abattus et de ceux qui seraient replantés. Si au prétexte de la Cité de la musique, on arrive à faire entendre les musiques de la Cité...

    Lire la suite

    Lien permanent Catégories : Culture, Genève, Musique 2 commentaires
  • Genève : l'Opéra en débat

    Imprimer

    GTGnuit.jpgOn tourne en rond...

    On dit que le temps s'accélère, au gré des progrès technologiques. On a pourtant eu l'impression, à suivre et participer aux débats sur le Grand Théâtre au Conseil municipal de Genève, que le temps a quelque chose d'immobile, de révolutionnaire au sens astronomique du terme : en clair, on tourne en rond, on refait, ou on poursuit, un débat entamé depuis au moins vingt ans, et qui porte sur les conséquence de choix politiques initiaux dont nous héritons, mais que nous n'avons jusqu'à présent jamais contestés et que nous nous contraignons nous-mêmes à assumer, sauf à faire d'autres choix les révoquant. Nous héritons donc du choix de Genève de se doter d'un opéra, d'un opéra public, municipal, payé par la Ville mais géré par une fondation autonome. A qui, hier soir, le Conseil municipal a accordé deux subvention, une extraordinaire de 1,9 millions pour combler le déficit de la saison passée, et une ordinaire de 10,8 millions, qui doit être confirmée lors du vote du budget de la Ville, de pour assurer le budget de la saison présente.

    Lire la suite

    Lien permanent Catégories : Culture, Genève, Politique 4 commentaires
  • Politique culturelle genevoise : l'avant-projet de trois mois

    Imprimer

    chut je rêve.jpgDa capo !

    Il avait été rendu fin juin, il a été repris fin septembre. Il aura vécu trois mois, l'avant-projet de message du Conseiller d'Etat Thierry-Apothéloz sur la politique culturelle genevoise : face à l'opposition des milieux culturels, l'absence de soutien des partis politiques, et à la déception de son alter ego municipal, Sami Kanaan, Thierry Apothéloz a retiré son texte, en lequel, le 1er juillet, la "Tribune de Genève" décelait pourtant de "sages dessins pour la culture"... C'était la première fois qu'un tel message était publié à Genève, mais il y avait un malentendu sur la place du texte, sur son ambition : il a été pris comme une feuille de route pour la concrétisation de l'initiative "pour une culturelle cohérente à Genève", ce qu'il n'était pas : "il fallait considérer ce texte comme une étape préalable" dans un dispositif qui "se voulait ouvert, participatif et contributif". Le moins que l'on puisse dire est que le Conseiller d'Etat et son texte auront été mal compris... Et donc, pour le débat sur la politique culturelle genevoise, un seul mot d'ordre : Da capo !

    Lire la suite

    Lien permanent Catégories : Culture, Genève, Politique 0 commentaire
  • Quand le MCG célèbre les 30 ans de l'Usine

    Imprimer

    usine2.jpgAu prétexte du deal

    Lundi soir, en fin de séance du Conseil Municipal, on a entamé l'examen d'une motion lancée par le MCG contre l'Usine, au prétexte de la présence de dealers aux abords du centre culturel alternatif. Ce n'est ni la première, ni sans doute la dernière fois que le MCG s'attaque à l'Usine, à laquelle il porte une exécration qui confine à l'obsession. On est dans le répétitif, le rite, le trouble obsessionnel compulsif. Tout fait fagot pour le bûcher que le MCG aimerait réserver à l'Usine : une banderole sur le bâtiment, une manifestation des milieux culturels qui s'en prend au Grand Théâtre, un conflit administratif sur la vente de boissons... Là, c'est le deal. Il y a des dealers autour de l'Usine, place des Volontaires et le MCG demande d'en punir l'Usine en gelant les subventions que la Ville lui accorde. Il y a  des dealers autour du cimetière des Rois. On fait quoi ? on ferme le cimetière et on en exhume Calvin, Ansermet, Borges et Favon ? Il y a aussi des dealers dans la vieille ville, et pas loin du Temple de Saint-Pierre. On envoie les stups perquisitionner les locaux de la paroisse ? On a croisé un dealer près du Victoria Hal, on gèle les subventions à l'OSR ?

    Lire la suite

    Lien permanent Catégories : Culture, Genève, Politique 1 commentaire
  • Déficit du Grand Théâtre de Genève : La Ville paiera. Forcément.

    Imprimer

    incendie du Grand Théâtre.jpegLe Conseil de fondation du Grand Théâtre de Genève a adressé à la Ville de Genève une demande de subvention extraordinaire visant à combler le déficit attesté (1,9 million) de la saison 2018/2019, auquel s'ajoutera le déficit annoncé (1,3 million) de la saison actuelle. La requête, de 3,2 millions de francs, a été avalisée par le Conseil administratif et sera soumise au Conseil municipal dans dix jours. 3,2 millions de francs supplémentaire à la charge de la Ville qui dépense chaque année 45 millions pour son opéra (l'Association des communes genevoise y ajoute 2,5 millions -dont entre le quart et le tiers proviennent de la Ville...), cela paraît beaucoup. Et en effet, c'est beaucoup. Mais cela correspond à un déficit structurel qui date de plusieurs décennies, qui fut un temps épongé par un mécène, et aurait du l'être ensuite par une subvention cantonale, mais qui retombe sur la Ville après que le Grand Conseil ait refusé de la renouveler (ce que lui proposait le Conseil d'Etat : la responsabilité de cette dérobade n'incombe pas au gouvernement, mais à la majorité parlementaire, PLR en tête). A quoi s'ajoutent, pour plomber les comptes et le budget, les conséquences (dont des pertes de billetterie) du retard pris par le chantier du bâtiment historique de la Place Neuve.

    Lire la suite

    Lien permanent Catégories : Culture, Genève 1 commentaire