Culture

  • Consultation sur la politique culturelle cantonale genevoise : Avant-projets ou brouillons ?

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    culture.jpgDeux avant-projets de textes sur la politique culturelle cantonale genevoise sont soumis à notre sagacité  : celui de "lignes directrices" (un programme politique) et celui d'une loi. "Avant-projet", c'est un peu le nom officiel d'un brouillon qui, par ce nom, est inséré dans un processus institutionnel : on lance un texte, on le soumet à consultation, on analyse les résultats de la consultation, on reformule le projet, on le présente à une institution (ici, pour le projet de loi, le parlement), qui l''amende, l'accepte ou le refuse. Et le peuple peut avoir le dernier mot si un référendum est lancé. Au stade où on en est, celui de la consultation, les avant-projets sont donc encore des brouillons. Le projet de loi, en particulier, est lacunaire, ou ambigu, voire sur certains points contradictoire du mandat constitutionnel. Il ne préserve pas les communes, et en particulier la Ville, de transferts de charges sans transferts de compétence, ni n'assure à la consultation des milieux culturels que son résultat soit réellement pris en compte. Enfin, il ne tient pas compte des différences considérables d'engagements culturels des communes, et notamment de la Ville de Genève et de la plupart des autres communes. C'est en quoi nous nous autorisons à le considérer comme un brouillon -le terme n'est cependant pas si péjoratif qu'on pourrait croire : quelle grande oeuvre n'a pas fait l'objet d'un brouillon ? pas même le Grand Oeuvre.... Et nul ne demande à Thierry Apothéloz d'être un nouveau Nicolas Flamel et de concevoir la pierre philosophale capable changer en or le plomb de la politique culturelle cantonale genevoise.

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  • Soutenir le cinéma suisse le 15 mai

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    cinéma suisse 1.jpgOUI à la "Loi Netflix"

    Le 15 mai, on votera sur le projet de loi "Netflix" (une modification de la loi sur le cinéma) qui vise à protéger la création cinématographique suisseet à prélever 4 % des recettes réalisées en Suisse par les services de streaming, comme Netflix. La France, l'Italie et l'Espagne ont adopté un dispositif comparable, avec un taux d'imposition supérieur à celui proposé aux Suisses. Le 5 février, le congrès du PS suisse a décidé, à l'unanimité, d'appeler à voter "oui" à ce projet, contesté par un référendum de droite.  La votation suit de trois mois celle du 13 février, lors de laquelle 54,56 % du corps électoral actif avait refusé un paquet d'aide fédérale aux media, avec au coeur de ce vote un clivage entre Romandie et Alémanie, la première acceptant le projet que la seconde, majoritaire, refusait, malgré le vote favorable des plus grandes villes, Zurich et Bâle en tête. Et le même clivage entre Romandie et Alémanie semble pouvoir se reproduire le 15 mai : selon les derniers sondages en date, la "loi Netflix" est soutenue (à 59 ou 61 %) en Romandie et refusée (à 52 %) en Alémanie. Elle est donc sérieusement menacée d'un refus national. Ce qui est une raison de plus d'appeler à la soutenir.

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  • Genève : le Musée d'Art et d'Histoire au coeur du débat politico-culturel

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    ça sert à quoi, un musée, au XXIe siècle ?

    La "Tribune de Genève" faisait, le 5 juillet de l'année dernière, sa "une" et presque deux pleines pages d'une "guerre interne au Musée d'art et d'histoire". En fait de "guerre interne" on avait affaire à une fronde contre le directeur, Marc-Olivier Wahler, accusé, notamment, par une lettre ouverte de plus d'une centaine de personnalités genevoises de "ne rien comprendre à ce qu'est un musée patrimonial". Le MAH se retrouvait ainsi, une nouvelle fois, au coeur du débat politico-culturel genevois. D'un débat politique, pas d'un conflit personnel, ni d'un confit de génération, ni d'un confit corporatiste. Hier soir, le Conseil municipal de la Ville a accepté à l'unanimité une motion de la droite enjoignant le Conseil administratif de lui donner toute les informations et explications nécessaire pour que les membres du délibératif "puissent se faire une idée précise de ce qui se passe au sein du MAH". Le Conseil administratif devra répondre à la motion, sa réponse sera publique, et nourrira donc le débat que nous attendons sur le rôle d'un musée public patrimonial, encyclopédique, sa place dans la Cité, sa fonction dans le réseau culturel genevois. Nous attendons de ce débat une réponse à une question simple : ça sert à quoi, un musée, au XXIe siècle ?

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  • Genève : mise en consultation de la politique culturelle cantonale

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    Cité de la musique2.jpgOn nous demande notre avis ? Donnons-le !

    Le Département de la cohésion sociale met en consultation jusqu'au 22 mai l'avant-projet de "refonte de la politique culturelle cantonale" genevoise. Un avant-projet qui consiste en deux documents : un avant-projet de loi "pour la promotion de la culture et la création artistique" et un projet de "lignes directrices de la politique culturelle cantonale". Il s'agit de mettre en oeuvre l'initiative populaire (IN 167 "pour une politique culturelle cohérente à Genève", massivement acceptée en 2019, et qui exige du canton qu'il prenne, enfin, ses responsabilités en matière de politique culturelle, en concertation avec les communes et en consultant régulièrement les actrices et acteurs de la culture. En 2019, un message du Conseiller d'Etat sur la mise en oeuvre de l'initiative avait dû être frappé de caducité, compte tenu des réactions pour le moins négatives qu'il avait suscité dans les milieux culturels. On repart donc dans une consultation, sur la base de nouveaux textes dont l'ambition est de "créer un nouveau cadre pour une politique culturelle cantonale cohérente à Genève", comme la constitution désormai l'impose à un canton quasi absent de cette politique culture -et surtout de cette cohérence. Cette consultation est ouverte à toute personne intéressée -et on conviendra que, s'agissant de politique culturelle, toute personne devrait l'être. Vous avez donc sûrement quelque chose à dire (à écrire), alors dites-le, écrivez-le en passant par le site de la consultation  https://www.ge.ch/actualite/consultation-publique-relative-politique-culturelle-cantonale-18-03-2022
    (Seuls les avis transmis via le questionnaire en ligne seront pris en compte.

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  • A propos des salaires des directeurs artistiques des grandes institutions culturelles

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    orchestre.jpgMercato sans transparence

    Une petite polémique comme on les aime à Genève égaie les media locaux, à propos du salaire et des revenus annexes du directeur artistique de l'Orchestre de la Suisse romande, Jonathan Nott, qui gagnerait en en tout quelque chose comme un demi-million de francs par année. Le double du salaire des magistrats chargés de la politique culturelle et donc du subventionnement de l'orchestre. Le PLR trouve cela tout à fait normal : il y a un mercato des chefs d'orchestre comme il y en a un des joueurs de foot, un mercato est un  marché, les chefs d'orchestre, et les orchestres eux-mêmes, sont donc une marchandise, fermez le ban et payez ! La même question qui s'est posée à propos du salaire du directeur artistique se posant à propos de celui du directeur général du Grand Théâtre, tous deux étant par ailleurs, tous critères marchands oubliés, d'excellents directeurs artistiques  (si vous le pouvez, allez voir "Atys" de Lully au GTG...), on attend aussi de connaître le salaire du directeur du Grand Théâtre : quand on a demandé au Conseil administratif de nous le communiquer, il nous a répondu que ça relevait du domaine privé. Privé de transparence, surtout. Du coup, dans un rapport de minorité rendu sur le budget du Grand Théâtre soumis au Conseil municipal, et dans une intervention pour soutenir les conclusions de ce rapport, on a appelé à l'abstention sur ce budget. On n'a pas été suivi par la majorité du Conseil mais, histoire de se faire un peu mousser, on vous rappelle ici les raisons de cet appel à l'abstention. On trouvera notre rapport de minorité (PR-1461) sur https://conseil-municipal.geneve.ch/conseil-municipal/objets-interventions/detail-objet/objet-cm/1461-178e/

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  • Abandon du projet de "Cité de la musique" à Genève : Requiem. Aeternam ?

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    Cité de la musique2.jpgC'eût été de l'acharnement thérapeutique que s'y accrocher : le projet de la «Cité de la Musique» est abandonné, a annoncé le Conseil de la Fondation idoine, hier. Elle le fait «avec tristesse», son ancien président, Bruno Mégevand, est "affligé" le Conseil d'Etat en prend acte avec"regrets", déplore que "la culture s'oppose à la culture", évoque un renoncement "douloureux" et au passage reproche  au "Courrier" ses "prises de positions critiques à l'égard d'un projet qui se voulait fédérateur", et qui de toute évidence n'a guère "fédéré"...  On comprend la tristesse de la fondation, vu les efforts qu'elle a déployé pour tenter de faire accepter son projet, mais on n'y compatit pas : on était opposés au projet et on avait appelé à voter «non»... La fondation explique qu' après le préavis négatif donné par les électeurs et électrices de la Ville de Genève au le plan localisé de quartier (PLQ) de la Cité de la Musique le 13 juin 2021, elle a tenté  de susciter un «souffle nouveau» et de donner au projet toutes les chances d’aboutir au lieu-dit «les Feuillantines», en changeant le nom du projet, en modifiant ses statuts, en nommant de nouveaux membres (issus des collectivités publiques et des musiques actuelles) du Conseil de fondation, en élaborant un nouveau programme en concertation avec les acteurs et actrices des milieux musicaux et culturels, en réduisant les coûts de construction et le nombre d'arbres abattus. De son côté, le département cantonal de la cohésion sociale (et de la culture) lançait une série de concertations auprès des milieux musicaux et culturels sur le projet de Cité de la musique aux Feuillantines. Las ! comme l'écrit la Fondation,  «à l’issue de ces concertations, il apparaît que nombre d’entre (les acteurs consultés) continuent d’exprimer majoritairement de fortes résistances à l’endroit du projet. C’est en particulier le cas du Conseil consultatif de la culture qui à l’unanimité de ses membres a demandé le 25 novembre dernier au Conseil d’État, qui caressait l'idée d'ignorer le préavis de la Ville, de stopper le projet de la Cité de la musique». La conclusion s'imposait d'elle même (du moins à la Fondation) : même modifié, le projet des Feuillantines, même rebaptisé en "Cité de toutes les musiques" «ne rencontre pas une adhésion suffisante" et «les conditions nécessaires à une poursuite sereine du projet ne sont aujourd’hui pas réunies». C'est bien vu. Mais tardif : le temps perdu à tenter de maintenir en vie un projet aux Feuillantines, c'est du temps que le canton n'a pas consacré à trouver un lieu unique pour la Haute école de musique, éclatée : cela, et pas de s'acharner à soutenir un projet condamné, c'est son boulot.

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  • Politique culturelle à Genève : Et si on mettait en oeuvre la Constitution ?

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    Capture d’écran 2021-12-03 033600.jpgIl y a désormais, dans la Constitution genevoise, un article 216A, issu d'une initiative populaire (l'IN167) "pour une politique culturelle cohérente à Genève", qui demande à la République de promouvoir "la création artistique et l'activité culturelle", de garantir "leur diversité, leur accessibilité et leur enseignement", d'encourager les échanges culturel, de mettre à disposition  "des moyens, des espaces et des instruments de travail adéquats", de coordonner "une politique culturelle cohérente sur le territoire, en concertation avec les communes",en consultant les acteurs culturels, et, enfin, d'élaborer avec les communes, et de mettre en oeuvre, "une stratégie de cofinancement pour la création artistique et les institutions culturelles". En somme, tout ce que le canton ne fait pas. Il a certes ouvert un processus de consultation sur la mise en oeuvre de la constitution, mais rien ne témoigne d'un particulier enthousiasme cantonal à l'idée de faire ce que la constitution lui demande de faire. D'où la demande faite au Conseil municipal, par un projet de résolution, d'inviter le canton à sortir de son historique apathie culturelle, contrastant avec  "l’engagement historique de la Ville de Genève, depuis plus de 150 ans qu'elle existe comme commune,  pour la politique culturelle de la région"...

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  • De la politique culturelle en temps de pandémie

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    falaise de livres.jpgPremière nécessité

    La pandémie, et surtout les mesures prises pour la combattre (confinement, fermeture des lieux de spectacle, notamment) a provoqué une crise du secteur culturel qui n'a guère d'équivalent que celles provoquées dans par des guerres mondiales. Le président de la Fondation du Grand Théâtre de Genève résume : "La culture a été placée à un niveau inférieur aux biens de première nécessité. C'est très problématique, même d'un point de vue juridique, au nom de l'égalité de traitement. Or, à ce qu'on sache, aucun cluster ne s'est déclaré dans les lieux culturels lorsqu'ils ont rouvert l'automne dernier". Et, note Serge Regourd dans "Le Monde Diplomatique" de juillet, cette crise "ne constitue cependant que la mise en lumière d'une situation plus ancienne et de plus grande amplitude : celle d'une déliquescence des politiques culturelles depuis plusieurs décennies, et d'une perte de repères dans ce domaine par ceux qui nous gouvernent". L'auteur parle de la France -mais ce qu'il en dit ne vaut pas que pour elle : la place de la question culturelle dans les campagnes électorales est "réduite à la portion congrue, sinon au néant", et le contexte est "dominé par les logiques du management et la croyance aveugle dans les vertus du marché", mais aussi par une "dérive incontrôlée des médias de masse dans les flots du pur divertissement", une "révolution numérique" qui entraîne la "prévalence des algorithmes et de leurs recommandations". Fermez le ban, sonnez le glas pour la création culturelle... qui n'est pas un "bien de première nécessité"...

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  • Refus du préavis municipal sur la Cité de la Musique :  Et maintenant ?

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    cor des Alpes.jpgLe préavis municipal sur le plan localisé de quartier lié au projet de Cité de la Musique a été refusé, par 800 voix d'écart en Ville de Genève. Tous les arrondissements de gauche disent NON. Tous. Cela devrait nous parler un peu... et que seuls des arrondissements de droite votent OUI, cela aussi devrait nous parler un peu... Ce NON, même de justesse, c'est tout de même, pour le PS, une sanction: celle d'un soutien souvent totalement a-critique à un projet présenté comme atteignant à la perfection, sans aucun défaut, ne posant aucun problème... or si la base électorale du PS s'était mobilisée pour ce projet, il serait passé -et il n'a été repoussé que parce qu'une bonne partie de la base socialiste l'a repoussé... et qu'elle devait bien avoir quelques motifs de le faire. Reste que 800 voix de différence dans un vote qui a mobilisé 50'000 des 200'000 habitants de la Ville (40 % de participation, c'est une bonne participation, pour un vote municipal), ça n'est pas un raz-de-marée, d'autant moins qu'un vote de nature référendaire est plutôt favorable aux oppositions, qui peuvent s'additionner sans égards à leurs contradictions, alors que les soutiens doivent s'élargir... Maintenant, parole au canton. Plus précisément, au Grand Conseil, si le Conseil d'Etat veut contourner le préavis municipal de la Ville. Et si le Grand Conseil le suit dans cette voie périlleuse... Bref, le débat va se poursuivre -mais c'est bien parce que la Ville a refusé le plan localisé de quartier qu'il va se poursuivre : si le PLQ avait été accepté, le débat aurait été clos, ou se serait réduit à des oppositions aux autorisations de construire (et de démolir la villa des Feuillantines). Une approbation aurait sacralisé le projet; le refus le laisse  modifiable. Vertus de la démocratie semi-directe... et municipale.

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  • Cité de la Musique  et musiques de la Cité

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    prova d'orchestra.jpgOn s'échauffe beaucoup, en ce moment, à Piogre, autour du projet de Cité de la Musique dans le quartier des Nations. On s'échauffe même jusqu'aux insultes et aux menaces, partisans et opposants dénonçant fort équitablement, les uns sur leur site Facebook, les autres par communiqué de presse, les attaques personnelles fusant des autres sur les uns et des uns sur les autres. Ambiance "prova d'orchestra" fellinienne, dont il ne nous souvient pas qu'elle accompagna d'autres projets d'envergure, comme la Nouvelle Comédie...  Objectivement, il ne s'agit pourtant que de voter sur un préavis municipal à  un plan localisé de quartier, préavis sur lequel le canton pourrait parfaitement, avec toute la délicatesse que nos communes lui connaissent, s'asseoir. Si on peut douter qu'il y pose son séant, c'est en raison du rapport des force entre le canton et une commune qui à elle seule pèse 40 % de la population et de l'électorat du canton, et qu'il convient de ménager à deux ans d'élections cantonales. Sauf à vouloir s'asseoir sur un gros clou. Le rapport de force entre le clou municipal et la fesse cantonale décidera... Reste la question qui devrait nous tarauder : sur quoi s'échauffe-t-on ? les arbres ? la villa des Feuillantines ? les musiques ? la Fondation des montre-que si-t'en-as-pas-une-à-50-ans-t'as-raté-ta-vie ? A quelques jours de la votation, le mystère nous reste entier, et on doute qu'il soit dissipé dimanche à midi, vu l'ambiance de la campagne... En attendant quoi, que l'on s'écharpe sur les réseaux nous aura au moins permis de prendre une posture commode, celle du sage, mi-cynique mi-stoïcien, planant au dessus des bas règlements de compte...

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  • Les lieux culturels vont retrouver vie...

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    masques 2.jpgLa Covid, et après ?

    "Nous n'en pouvons plus d'entendre que nous devons nous réinventer, trouver le chemin, être résilient.es", soupirait la coordinatrice de Petzi (la fédération suisse des clubs et des festivals de musiques actuelles), Anya della Croce... Et Il y a un peu plus d'un mois, le "monde de la culture" lançait un appel au Conseil fédéral et aux autorités cantonales : "Nous, public et artistes, exprimons par cet appel, le besoin de culture vivante, après plus d’une année de fermeture des lieux culturels". "L’ouverture de salles de théâtre, de cinéma ou d’autres lieux d’expression des arts vivants, avec une jauge réduite, proportionnée à la capacité de la salle, avec un nombre variant entre 50 et 200 personnes en fonction des installations et dans le strict respect des consignes sanitaires, est possible ; nous demandons au Conseil fédéral d’en prendre acte et d’autoriser l’ouverture des lieux culturels encore ce mois d’avril selon les perspectives qui ont été communiquées en mars, et aux autorités cantonales d’appuyer cette démarche". L'appel a, partiellement, tardivement, été entendu...Il était temps.

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  • Langue épicène, inclusive, féminisée...

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    langue inclusive.jpgAdoncques, causons !

    Nul ne nous ayant sollicité de donner notre avis sur ce débat fondamental, et nul n'attendant qu'on le donne pour savoir quoi penser de ce dont on débat, on s'empresse de le donner, cet avis. En prenant soin toutefois de tenter de le formuler en remontant aux sources de la langue française moderne, quelque part et quelque temps entre Rabelais et Montaigne, avant que la funeste Académie française n'y mette son grain de testostérone.

    Adoncques, causons ! Nous comprenne qui pourra ou voudra, et nous corrige qui s'y plaira.

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    Lien permanent Catégories : Culture, Femmes, France, Genève, langue 13 commentaires
  • Irminsûl contre la Cité de la Musique

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    Capture d’écran 2021-05-06 160421.jpgPrédire le résultat d'un scrutin est toujours hasardeux (surtout avant ledit scrutin...), mais à humer l'air du temps, on ne donnera pas cher du projet de Cité de la Musique, indirectement soumis à la sagacité des habitantes et habitants de a Ville de Genève le 13 juin prochain. Certes, ils ne se prononceront pas sur le projet lui-même mais sur le préavis, consultatif, donné par la Ville au plan localisé de quartier le rendant possible, mais ce préavis va forcément, dès lors qu'il sera donné par le corps électoral d'une commune qui pèse à elle seule 40 % de la population du canton, lourdement peser sur la décision cantonale. Le débat, pour cette même raison, est d'ailleurs un débat cantonal. Or  il semble moins porter sur le contenu du projet, et ce dont il témoigne des enjeux de politique culturelle à Genève,  que sur le sort des arbres que son édification condamnerait à l'abattage (même suivi d'un remplacement par d'autres, plus jeunes). Si la Cité de la Musique devait succomber dans les urnes municipales, ce serait au culte d'Irminsûl et d'Yggrdasil, les arbres sacrés des Saxons et des Vikings, bien plus qu'à la critique des choix culturels qu'elle manifeste et de la répartition qu'elle implique des tâches, des compétences, des pouvoirs et des charges dans leur mise en oeuvre.

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  • Préavis municipal sur le projet de Cité de la Musique : Un NON politique

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    Cité de la Musique, maquette.jpgLe 13 juin, les habitantes et les habitants de la Ville de Genève y disposant du droit de vote se prononceront sur le préavis municipal au plan localisé de quartier devant permettre l'installation dans le quartier des Nations d'une "Cité de la Musique" largement financée par la Fondation Wilsdorf. L'installation d'une institution culturelle importante dans un quartier qu'on ne peut guère qualifier que de trou du culturel de la Ville,  lui donnerait en effet un sens et une vie, quand il n'en a guère. L'implantation du projet de la Cité de la Musique est son meilleur argument, et vouloir le déplacer ailleurs, par exemple au PAV, n'a aucun sens. Tout le reste est, ou doit être, ou devenir, discutable, négociable. A commencer par la place donnée aux différents acteurs accueillis (dans le projet actuel, la Haute Ecole de Musique et l'OSR s'y taillent la part du lion) et à ceux qu'il n'est pas prévu d'accueillir. Et à continuer par le sort à réserver au bois privatif (évoquer une forêt serait excessif) qui occupe une grande partie de l'espace prévu pour la Cité de la Musique, et à la villa "La Feuillantine". Ce n'est donc pas un raisonnement environnemental, ni un raisonnement architectural qui nous convainc de nous préparer à voter "NON" au préavis municipal au projet de Cité de la Musique, c'est, qu'on nous pardonne, un raisonnement politique :   ce "NON" est le seul moyen de pousser à une évolution du projet, qui fasse, avant la décision cantonale, une plus large place à d'autres musiques que celles patrimoniales.

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  • Réponses à l'urgence sociale et culturelle :  La Ville(et les villes)  à l’œuvre

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    Ballet.jpgPour répondre, à son niveau, à la situation d'urgence sociale et culturelle dans laquelle se trouvent artistes et activistes culturels, le Conseil municipal de Genève a accepté la proposition que lui faisait le Conseil administratif, de trois mesures concrètes (auxquelles s'ajoutent l'étude de plusieurs "pistes de travail", notamment s'agissant du statut  social des artistes). Des mesures qui s'ajoutent à celles que la Ville avait déjà prises et qu'ont prises le canton et la Confédération, les complètent -mais aussi suggèrent à ces deux niveaux institutionnels "supérieurs", s'agissant des soutiens à apporter au milieu culturel, d'aller un peu loin dans l'inventivité que ce dont ils se sont contentés jusqu'à présent. Les mesures proposées par le Département de la Culture et acceptées par le Conseil municipal, assorties du financement nécessaires (quatre millions), consistent  d'abord en la réalisation par une septantaine d'artistes d'oeuvres sur des emplacements d'affichage en Ville : ce fut fait en décembre dernier. Ensuite, des résidences musicales rémunérées sont proposées à des groupes, en partenariat avec l'Usine, la Cave12, l'Alhambra et l'AMR. Ces résidences devraient aboutir à des concerts. Enfin, des résidences d'artiste, elles aussi rémunérées, sont proposées à des artistes en partenariat avec les musées publics et les bibliothèques de la Ville.  (la "Tribune de Genève" d'hier a consacré une pleine page à la première concrétisation de cette expérience, où les artistes sont à la fois en résidence et devant le public des musées (le Museum, le MEG, l'Ariana, le Jardin Botanique, le Musée d'histoire des sciences) et des bibliothèques).

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  • Le PS de la Ville de Genève soutient le projet de Cité de la Musique

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    Cité de lamusique.jpgQue se fasse le débat...

    Le référendum  lancé contre le préavis favorable donné il y a six mois par le Conseil Municipal de la Ville de Genève au plan localisé de quartier devant permettre la construction par la Fondation Wilsdorf d'une Cité de la Musique près de la place des Nations, ayant abouti, les habitantes et habitants adultes de la Ville se prononceront le 13 juin, sur ce préavis favorable à un projet que le PS a décidé hier soir de soutenir. Le référendum a été lancé  pour des raisons aussi diverses que les forces qui le soutiennent : associations de quartier, défenseurs des arbres (130 devraient être abattus et remplacés, les plus anciens étant préservés), défenseurs du patrimoine (la villa La Feuillantine, datant de la fin du XIXe siècle, serait détruite), artistes indépendants, partis politiques de droite (UDC) ou de gauche (SolidaritéS, Parti du Travail, Verts), les uns dénonçant le "gigantisme" du projet, d'autres l’abattage d'arbres et la destruction de la villa, d'autres encore le fait que cette Cité de la Musique sera surtout celle de deux institutions musicales, l'OSR et la Haute école de Musique, alors que d'autres formes de musique et d'autres musiciens auraient besoin d'un soutien accru, d'autres enfin craignent que les frais de fonctionnement de l'institution (au moins 14 millions par année) ne retombent sur les collectivités publiques (le vote favorable du Conseil municipal était d'ailleurs assorti d'une double recommandation, s'opposant à tout engagement financier de la Ville pour la Cité de la Musique et recommandant un soutien accru aux musiques de création). Le préavis du Conseil municipal étant consultatif, la votation le sera aussi. Ce qui ne la rend certainement pas inutile pour autant : le peuple de la Ville ne décidera pas, mais il donnera son avis. Et avant cela, un débat public  s'engagera sur les priorités de la politique culturelle genevoise, les moyens dont elle dispose, les rôles respectifs des privés et du public dans sa mise en oeuvre -et les choix de soutenir tel mode d'expression musicale plutôt que d'autres, les grandes institutions plutôt que les musiciens indépendants, les grosses structures plutôt que les petites... Que se fasse ce débat  : si consultatif qu'il soit, le scrutin municipal du 13 juin devrait le permettre... avant, sans doute, si le canton (le Conseil d'Etat, le Grand Conseil) adopte le projet, un vote cantonal après un référendum cantonal...

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  • Quelle sortie de crise dans la culture ?

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    Déconfiner, réinventer

    Cela fait bientôt un an que les lieux culturels ne sont plus, à quelques intermèdes près,  ouverts au public. Cette clôture des espaces de création et de représentation ne transforme pas seulement nos villes en déserts culturels, elle accroît aussi la précarisation, déjà endémique, des acteurs non salariés de la culture. Les collectivités publiques doivent agir dans l'urgence pour les aider, et les communes doivent le faire dans le cadre, étroitement normé par les cantons et la Confédération. Le Conseil administratif de la Ville de Genève dépose ainsi au Conseil municipal une demande de crédits complémentaires au budget. Ces crédits de quatre millions s'ajouteront aux aides déjà accordées et aux mesures déjà prises par la Ville, le canton et la Confédération pour aider les artistes. Pour la Ville de Genève, il s'agit d'apporter à celles et ceux qui n'ont pu exercer leur activité, ou n'ont pu la présenter au public, et du fait même des spécificités des activités culturelles n'ont pu bénéficier des aides proposées aux salariés et aux indépendants des secteurs commerciaux. La Ville va ainsi leur proposer des bourses de recherche sans exigence de production immédiate, des subventions urgentes, des résidences artistiques ponctuelles, des soutiens aux captations et aux diffusions des créations, des aides ponctuelles aux organisations professionnelles du secteur, des projets de valorisation du travail des artistes et des mesures de soutien aux media rendant compte de ce travail. Mais au-delà de ces actions immédiates, répondant à l'urgence, il y a des questions plus fondamentales auxquelles il va falloir donner des réponses plus générales, plus structurelles, avec des effets à plus long terme. Il ne s'agit rien moins que de
    faire du déconfinement le moment d'une réinvention du champ culturel, pour que le monde d'après ne soit pas qu'une renaissance du monde d'avant, sans autres changement que cosmétiques.

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  • Genève : Urgence culturelle et sommeil politique

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    Tournesol.jpg

    Surdité volontaire ?

    En mai 2019, le peuple genevois plébiscitait à 83,18% l’initiative « Pour une politique culturelle cohérente à Genève ». L'initiative (IN 167) avait la teneur suivante, sous forme de mandat constitutionnel donné au canton : "L’État promeut la création artistique et l’activité culturelle. Il garantit leur diversité, leur accessibilité et leur enseignement. Il encourage les échanges culturels. A cette fin, il met à disposition des moyens, des espaces et des instruments de travail adéquats. Le canton coordonne une politique culturelle cohérente sur le territoire, en concertation avec les communes. Les acteurs culturels sont consultés. Le canton et les communes élaborent et mettent en œuvre une stratégie de cofinancement pour la création artistique et les institutions culturelles" Le mandat constitutionnel donné, reste à le concrétiser -et c'est la fonction de la loi : sans elle, le mandat constitutionnel n'est qu'une proclamation verbeuse. On attend donc que le Conseil d'Etat assume la responsabilité que la constitution lui donne, puisque c'est le peuple qui l'y a inscrite. On attend. Impatiemment. En se demandant à partir de quand la patience doit choisir entre se muer en résignation ou en colère. A Genève, parler de politique culturelle au canton, c'est parler à un sourd volontaire, et cela vaut sans doute pour les relations, au sein même des partis politiques, entre leurs instances municipales et cantonales. Dès lors, il faut sans doute renoncer à essayer d'alphabétiser des instances politiques cantonales pour qui la culture n'est guère qu'une cerise municipale sur le gâteau cantonal de la répartition des tâches.

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  • Lundi, c'est la rentrée scolaire. Mais pas la rentrée culturelle.

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    culture.jpgUn accessoire : la culture

    Un manifeste de 450 acteurs culturels indépendants, soutenus par des personnalités politiques (Mathias Reynard, Micheline Calmy-Rey, Pascal Couchepin), les grands festivals et l'infectiologue Didier Pittet demande que les indépendants du secteur culturel, "injustement exclus de la société au fur et à mesure des décisions prises au niveau fédéral ou cantonal pour combattre l'épidémie",  soient "défendus avec la même ardeur que celle employée pour les autres secteurs de l'économie", et indemnisés au même titre que l'est le personnel des grandes institutions du secteur. Ce serait en effet le moins que l'Etat puisse faire s'il tient à justifier son existence : après tout (et cela vaut aussi pour la restauration), c'est lui qui a contraint les lieux culturels à fermer et les acteurs culturels à attendre la Saint Glinglin pour pouvoir retrouver un public, c'est donc à lui  d'indemniser leurs pertes, de réparer leurs absences. Mais il ne s'agit pas que de cela : il s'agit aussi, surtout, de la place de la culture dans la société -dans la constitution même d'une société qui soit autre chose qu'un agrégat aléatoire d'individus, ou de tribus. Il y a donc bien quelque signification plus profonde que celle de l'urgence elle-même, à ce que les théâtres, les cinémas, les musées, les lieux de concerts, qui tous avaient mis en place des dispositifs particulièrement exigeants contre la propagation du coronavirus, dont aucun n'a été un foyer de contamination, soient fermés (ce qui les innocente au surplus de toute responsabilité dans la reprise de l'épidémie) quand les grands magasins restent ouvert, et que l'on se satisfasse de ce que les créateurs culturels ne puissent rien montrer de leur création à un public. On ne sait si c'est sciemment que les autorités politiques font ce choix -on sait seulement qu'il dit quelque chose de la place qu'elles accordent à la culture : congrue, accessoire, décorative. Si, comme l'écrit Thierry Apothéloz, la culture "c'est ce qui donne un sens à ce qui n'en a pas", quel sens donne la fermeture des lieux de culture à la société et au pouvoir qui les ferment ?

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  • Un peu de soutien aux acteurs culturels genevois les plus fragiles

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    Capture d’écran 2020-12-14 040537.jpgDéconfinement budgétaire...

    "Pour la culture (...) l'argent est une chose, mais il ne faut pas négliger la souffrance induite par l'impossibilité de se produire sur scène", plaide la présidente de la Confédération, Simonetta Sommaruga. A cette souffrance, qu'est-ce qu'une commune, fût-elle la deuxième ville de Suisse, peut apporter comme remède ? Elle ne peut pas, lors même qu'elle le voudrait, rouvrir les lieux qui ont été fermés sur décisions fédérales et cantonales : elle n'en a pas la compétence légale... Et donc, la commune fait ce qu'elle peut  : elle accorde des moyens, elle maintient ou accroît des subventions, elle maintient ou renforce des lignes budgétaires générales à disposition pour des soutiens ponctuels à la création et aux manifestations, elle facilite l'accès aux aides apportées par d'autres. C'est ce que la Ville de Genève va faire, grâce à un budget adopté samedi soir, et dans lequel nous (la gauche, parfois avec le soutien du MCG et du PDC) avons renforcé autant qu'on pouvait le faire le soutien aux secteurs, aux champs, aux formes d'expression les plus précarisés par la crise. En somme, nous avons un peu déconfiné financièrement l'espace culturel genevois. En attendant que les espaces culturels réels le soient : "Le monde du spectacle a été le premier confiné, il sera le dernier déconfiné", résume amèrement Jean Lhermier, directeur du Théâtre de Carouge...  Et son redémarrage, comme celui du monde musical, repose, outre les moyens que les collectivités publiques leur auront accordé,  sur la confiance du public dans l'absence de risques des contacts sociaux. Mais aussi sur un minimum de cohérence dans les prescriptions imposées par les autorités fédérales et cantonales : quelle acceptation de ces prescriptions peuvent-elles attendre de la population et des acteurs sociaux et culturels, quand elles alternent ou juxtaposent sans justification crédible confinements et déconfinements, autorisations et interdictions, ouvertures et fermetures ? qu'elles autorisent l'ouverture des centres commerciaux et des stations de ski (tire-fesses compris), mais pas celle des théâtres, des salles de cinéma et des salles de concert, alors qu'ils étaient de tous les espaces accessibles au public les plus respectueux des mesures de prévention de la contagion covidienne ?

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    Lien permanent Catégories : budgets publics, Culture, Genève 0 commentaire