Culture

  • Quelle sortie de crise dans la culture ?

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    Déconfiner, réinventer

    Cela fait bientôt un an que les lieux culturels ne sont plus, à quelques intermèdes près,  ouverts au public. Cette clôture des espaces de création et de représentation ne transforme pas seulement nos villes en déserts culturels, elle accroît aussi la précarisation, déjà endémique, des acteurs non salariés de la culture. Les collectivités publiques doivent agir dans l'urgence pour les aider, et les communes doivent le faire dans le cadre, étroitement normé par les cantons et la Confédération. Le Conseil administratif de la Ville de Genève dépose ainsi au Conseil municipal une demande de crédits complémentaires au budget. Ces crédits de quatre millions s'ajouteront aux aides déjà accordées et aux mesures déjà prises par la Ville, le canton et la Confédération pour aider les artistes. Pour la Ville de Genève, il s'agit d'apporter à celles et ceux qui n'ont pu exercer leur activité, ou n'ont pu la présenter au public, et du fait même des spécificités des activités culturelles n'ont pu bénéficier des aides proposées aux salariés et aux indépendants des secteurs commerciaux. La Ville va ainsi leur proposer des bourses de recherche sans exigence de production immédiate, des subventions urgentes, des résidences artistiques ponctuelles, des soutiens aux captations et aux diffusions des créations, des aides ponctuelles aux organisations professionnelles du secteur, des projets de valorisation du travail des artistes et des mesures de soutien aux media rendant compte de ce travail. Mais au-delà de ces actions immédiates, répondant à l'urgence, il y a des questions plus fondamentales auxquelles il va falloir donner des réponses plus générales, plus structurelles, avec des effets à plus long terme. Il ne s'agit rien moins que de
    faire du déconfinement le moment d'une réinvention du champ culturel, pour que le monde d'après ne soit pas qu'une renaissance du monde d'avant, sans autres changement que cosmétiques.

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  • Genève : Urgence culturelle et sommeil politique

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    Tournesol.jpg

    Surdité volontaire ?

    En mai 2019, le peuple genevois plébiscitait à 83,18% l’initiative « Pour une politique culturelle cohérente à Genève ». L'initiative (IN 167) avait la teneur suivante, sous forme de mandat constitutionnel donné au canton : "L’État promeut la création artistique et l’activité culturelle. Il garantit leur diversité, leur accessibilité et leur enseignement. Il encourage les échanges culturels. A cette fin, il met à disposition des moyens, des espaces et des instruments de travail adéquats. Le canton coordonne une politique culturelle cohérente sur le territoire, en concertation avec les communes. Les acteurs culturels sont consultés. Le canton et les communes élaborent et mettent en œuvre une stratégie de cofinancement pour la création artistique et les institutions culturelles" Le mandat constitutionnel donné, reste à le concrétiser -et c'est la fonction de la loi : sans elle, le mandat constitutionnel n'est qu'une proclamation verbeuse. On attend donc que le Conseil d'Etat assume la responsabilité que la constitution lui donne, puisque c'est le peuple qui l'y a inscrite. On attend. Impatiemment. En se demandant à partir de quand la patience doit choisir entre se muer en résignation ou en colère. A Genève, parler de politique culturelle au canton, c'est parler à un sourd volontaire, et cela vaut sans doute pour les relations, au sein même des partis politiques, entre leurs instances municipales et cantonales. Dès lors, il faut sans doute renoncer à essayer d'alphabétiser des instances politiques cantonales pour qui la culture n'est guère qu'une cerise municipale sur le gâteau cantonal de la répartition des tâches.

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  • Lundi, c'est la rentrée scolaire. Mais pas la rentrée culturelle.

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    culture.jpgUn accessoire : la culture

    Un manifeste de 450 acteurs culturels indépendants, soutenus par des personnalités politiques (Mathias Reynard, Micheline Calmy-Rey, Pascal Couchepin), les grands festivals et l'infectiologue Didier Pittet demande que les indépendants du secteur culturel, "injustement exclus de la société au fur et à mesure des décisions prises au niveau fédéral ou cantonal pour combattre l'épidémie",  soient "défendus avec la même ardeur que celle employée pour les autres secteurs de l'économie", et indemnisés au même titre que l'est le personnel des grandes institutions du secteur. Ce serait en effet le moins que l'Etat puisse faire s'il tient à justifier son existence : après tout (et cela vaut aussi pour la restauration), c'est lui qui a contraint les lieux culturels à fermer et les acteurs culturels à attendre la Saint Glinglin pour pouvoir retrouver un public, c'est donc à lui  d'indemniser leurs pertes, de réparer leurs absences. Mais il ne s'agit pas que de cela : il s'agit aussi, surtout, de la place de la culture dans la société -dans la constitution même d'une société qui soit autre chose qu'un agrégat aléatoire d'individus, ou de tribus. Il y a donc bien quelque signification plus profonde que celle de l'urgence elle-même, à ce que les théâtres, les cinémas, les musées, les lieux de concerts, qui tous avaient mis en place des dispositifs particulièrement exigeants contre la propagation du coronavirus, dont aucun n'a été un foyer de contamination, soient fermés (ce qui les innocente au surplus de toute responsabilité dans la reprise de l'épidémie) quand les grands magasins restent ouvert, et que l'on se satisfasse de ce que les créateurs culturels ne puissent rien montrer de leur création à un public. On ne sait si c'est sciemment que les autorités politiques font ce choix -on sait seulement qu'il dit quelque chose de la place qu'elles accordent à la culture : congrue, accessoire, décorative. Si, comme l'écrit Thierry Apothéloz, la culture "c'est ce qui donne un sens à ce qui n'en a pas", quel sens donne la fermeture des lieux de culture à la société et au pouvoir qui les ferment ?

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  • Un peu de soutien aux acteurs culturels genevois les plus fragiles

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    Capture d’écran 2020-12-14 040537.jpgDéconfinement budgétaire...

    "Pour la culture (...) l'argent est une chose, mais il ne faut pas négliger la souffrance induite par l'impossibilité de se produire sur scène", plaide la présidente de la Confédération, Simonetta Sommaruga. A cette souffrance, qu'est-ce qu'une commune, fût-elle la deuxième ville de Suisse, peut apporter comme remède ? Elle ne peut pas, lors même qu'elle le voudrait, rouvrir les lieux qui ont été fermés sur décisions fédérales et cantonales : elle n'en a pas la compétence légale... Et donc, la commune fait ce qu'elle peut  : elle accorde des moyens, elle maintient ou accroît des subventions, elle maintient ou renforce des lignes budgétaires générales à disposition pour des soutiens ponctuels à la création et aux manifestations, elle facilite l'accès aux aides apportées par d'autres. C'est ce que la Ville de Genève va faire, grâce à un budget adopté samedi soir, et dans lequel nous (la gauche, parfois avec le soutien du MCG et du PDC) avons renforcé autant qu'on pouvait le faire le soutien aux secteurs, aux champs, aux formes d'expression les plus précarisés par la crise. En somme, nous avons un peu déconfiné financièrement l'espace culturel genevois. En attendant que les espaces culturels réels le soient : "Le monde du spectacle a été le premier confiné, il sera le dernier déconfiné", résume amèrement Jean Lhermier, directeur du Théâtre de Carouge...  Et son redémarrage, comme celui du monde musical, repose, outre les moyens que les collectivités publiques leur auront accordé,  sur la confiance du public dans l'absence de risques des contacts sociaux. Mais aussi sur un minimum de cohérence dans les prescriptions imposées par les autorités fédérales et cantonales : quelle acceptation de ces prescriptions peuvent-elles attendre de la population et des acteurs sociaux et culturels, quand elles alternent ou juxtaposent sans justification crédible confinements et déconfinements, autorisations et interdictions, ouvertures et fermetures ? qu'elles autorisent l'ouverture des centres commerciaux et des stations de ski (tire-fesses compris), mais pas celle des théâtres, des salles de cinéma et des salles de concert, alors qu'ils étaient de tous les espaces accessibles au public les plus respectueux des mesures de prévention de la contagion covidienne ?

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  • La culture indépendante sinistrée par la pandémie

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    musée en ruine.jpgRésister au (co)vide cuturel

    Lieux de création, de représentation, d'exposition, de concerts fermés, tournées annulées, festivals suspendus, artistes indépendants privés de revenus et sans possibilité de toucher le chômage partiel ni les allocations pour perte de gains : le secteur culturel, qui pèse 5 % du PIB suisse, 7 % de celui des centres urbain et autour de 10 % de celui d'un canton comme Genève, a sans doute été le plus touché par les mesures de lutte contre la coronapandémie -plus touchés encore que que ceux de l'hôtellerie et de la restauration, et du petit commerce. Et au sein de ce secteur, si les grandes institutions ont les reins assez solides pour passer cette sale période, et des subventions assurées par les collectivités publiques, les petits acteurs culturels, et plus encore les créateurs indépendants, se retrouvent les plus durement précarisés. Ce n'est pas que les aides fédérales, cantonales, municipales aient été inexistantes -c'est qu'elles n'ont pas atteint ceux qui en avaient le plus besoin. Et que parfois, il ne s'agit que de prêts, ou d'aide accordées comme des dons avant qu'on en demande le remboursement, comme Suisseculture sociale l'a fait pour 104 des 1903 aides qu'elle avait accordée entre mars et septembre (dont la moitié à des musiciens).

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  • Covider les lieux culturels

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    Baltard.jpgUn nouveau semi-confinement qui ne dit pas son nom

    Face à la pandémie qui a repris de la vigueur ("La dégradation de la situation est spectaculaire" a annoncé le 28 octobre Alain Berset. ), la Suisse , qui compte désormais, en pourcentage de la population plus de contaminés (762 cas pour 100'000 habitants, 8600 nouvelles infections pour la seule journée du 28 octobre), plus de malades en soins intensifs et plus de morts (24 mercredi), reconfine sans vraiment reconfiner tout en reconfinant un peu, en annonçant que si ça ne stoppe pas la progression de la covid, on ira encore plus loin dans les mesures de restrictions des libertés personnelles et collectives, et que déjà, s'ils le veulent, les cantons peuvent eux-mêmes aller plus loin. Le président de la Fédération des entreprises romandes, Ivan Slatkine "salue ces mesures pondérées", et le président d'EconomieSuisse, Christoph Mäder soupire (d'aise) : "pour l'économie, c'est supportable". Et pour la culture ? La quoi ? D'ores et déjà, la jauge des spectacles culturels est plafonnée à 50 spectateurs. Comme les cultes et les messes (la pandémie ramène le cultuel ou culturel...). Une jauge impossible à tenir financièrement  pour les moyennes et grandes institutions (comme à Genève, le Grand Théâtre, le Théâtre de Carouge, le Forum-Meyrin, bientôt la Nouvelle Comédie...). Commentaire du magistrat en charge de la culture en Ville de Genève : Sami Kanaan : "Coup de massue pour la culture! Le Conseil fédéral décide de faire porter aux acteurs culturels (théâtres, opéras, cinémas, festivals, etc.) la responsabilité de fermer ou annuler lorsque la jauge maximale de 50 personnes n’est pas tenable économiquement, afin d’éviter de devoir verser les indemnités fédérales. Cynique et choquant!". Et, de plus, absurde, arbitraire et injuste :  les milieux culturels, théâtres, opéras, musées, bibliothèques, cinémas, sont ceux qui ont le plus scrupuleusement observé les prescriptions sanitaires : "il n'y a pas de cluster dans les théâtres", rappelle le directeur du Théâtre de Carouge, Jean Liermier : comme les lieux de concerts et les cinémas, ils arrivaient à fonctionner en respectant les mesures de précaution sanitaires (masques, distances, gel hydroalcoolique), des places numérotées et une jauge adaptée à la capacité de la salle. Ils n'y arriveront pas avec une jauge plafonnée à 50 spectateurs dans des salles qui peuvent en accueillir cinq, dix ou vingt fois plus. 

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  • Après le sauvetage du "Plaza"

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    plaza,cinémaRenaissance d'un bijou

    On est de plus en plus contents d'avoir contribué à sauver le Plaza de la démolition, et à inciter le Conseil d'Etat à le re-classer au patrimoine, après l'en avoir déclassé. Le président de la Fondation Plaza, créée par la Fondation Wilsdorf quand elle a racheté le bâtiment abritant le cinéma, a annoncé que des événements culturels y seraient organisés avant que les travaux de réhabilitation de la salle aient réellement commencé. Le Plaza va devenir, comme on le proposait depuis des années, un centre culturel voué au bâti (manière de rendre hommage à son architecte, Marc-Joseph Saugey) et au cinéma. La première manifestation prévue pourrait se tenir en novembre, en lien avec le GIFF (Festival international du film de Genève), et avec la présence de Stefan Eicher. La deuxième pourrait se tenir au printemps 2021, avec des projections de films du vendredi soir au dimanche, dont un film reprenant la programmation du cinéma avant de son ouverture en 1952 à sa fermeture en 2004... Quinze bureaux d'architectes, choisis par le Conseil de fondation, ont été invités à travailler sur une rénovation des lieux en respectant leur état initial mais en les équipant des dernières technologies et en respectant des normes sécuritaires et environnementales qui ne sont plus celles de 1952. Deux à quatre bureaux seront retenus au terme du premier acte du concours, et un sera finalement retenu au deuxième acte, en juin 2021. Les travaux devraient démarrer en janvier 2022 pour une inauguration à l'automne 2023 de ce qui sera, à nouveau, le plus grand cinéma de Genève, avec une grande salle de 750 places assises en parterre et balcon, et un centre culturel, un bar glacier, une boutique, un restaurant, des arcades, une librairie, une bibliothèque, un centre de documentation, une espace d'exposition...

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  • Musiques de la Cité

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    Cité de lamusique.jpgLe Conseil municipal donne un préavis positif à la Cité de la Musique

    Mercredi soir, le Conseil municipal de la Ville de Genève a donné, sur proposition du Conseil administratif, un préavis positif au plan localisé de quartier devant permettre la construction d'une "Cité de la musique" dans le quartier des Nations. Ce vote ne portait que sur un préavis municipal -le canton peut en faire ce qu'il veut, mais ceux de la Ville pèsent lourd, autant que la Ville (40 % de la population, et les deux tiers de toutes les charges de politique culturelle genevoise). Et à ce préavis, le Conseil municipal a ajouté, sur proposition socialiste, deux "recommandations"  : l'une excluant une participation financière de la Ville au budget de fonctionnement de la nouvelle institution  et l'autre recommandant le renforcement du soutien matériel de la Ville aux "musiques actuelles de création", qui s'étaient d'ailleurs invitées dans le débat par une prise de position de leur fédération, la Fédération genevoise des musiques de création (FGMC), pour qui "le projet de Cité de la musique ne répond pas aux besoins actuels de la scène musicale genevoise". Elle a raison : ce projet ne répond qu'au désir de ses promoteurs privés. Comme d'autres institutions culturelles genevoises, en leur temps... Le préavis de la Ville sera très certainement la cible d'un référendum, qui ouvrira un débat avec des fronts transcendant le clivage gauche-droite, puisqu'au Conseil municipal,la gauche comme la droite étaient divisées : le PS avec le PLR, le PDC et le MCG d'un côté, les Verts et "Ensemble à Gauche" avec l'UDC de l'autre côté. Le référendum ne portant que sur un préavis, le vote populaire ne sera pas décisif, comme le fut celui contre la rénovation du MAH, mais il sera, s'ils en sont capables, l'occasion pour tous les participants à la campagne de présenter leur projet de politique culturelle. En cela, le référendum sera bienvenu si on arrive à en saisir l'occasion de parler d'autre chose que des arbres qui seraient abattus et de ceux qui seraient replantés. Si au prétexte de la Cité de la musique, on arrive à faire entendre les musiques de la Cité...

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  • Genève : l'Opéra en débat

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    GTGnuit.jpgOn tourne en rond...

    On dit que le temps s'accélère, au gré des progrès technologiques. On a pourtant eu l'impression, à suivre et participer aux débats sur le Grand Théâtre au Conseil municipal de Genève, que le temps a quelque chose d'immobile, de révolutionnaire au sens astronomique du terme : en clair, on tourne en rond, on refait, ou on poursuit, un débat entamé depuis au moins vingt ans, et qui porte sur les conséquence de choix politiques initiaux dont nous héritons, mais que nous n'avons jusqu'à présent jamais contestés et que nous nous contraignons nous-mêmes à assumer, sauf à faire d'autres choix les révoquant. Nous héritons donc du choix de Genève de se doter d'un opéra, d'un opéra public, municipal, payé par la Ville mais géré par une fondation autonome. A qui, hier soir, le Conseil municipal a accordé deux subvention, une extraordinaire de 1,9 millions pour combler le déficit de la saison passée, et une ordinaire de 10,8 millions, qui doit être confirmée lors du vote du budget de la Ville, de pour assurer le budget de la saison présente.

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  • Politique culturelle genevoise : l'avant-projet de trois mois

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    chut je rêve.jpgDa capo !

    Il avait été rendu fin juin, il a été repris fin septembre. Il aura vécu trois mois, l'avant-projet de message du Conseiller d'Etat Thierry-Apothéloz sur la politique culturelle genevoise : face à l'opposition des milieux culturels, l'absence de soutien des partis politiques, et à la déception de son alter ego municipal, Sami Kanaan, Thierry Apothéloz a retiré son texte, en lequel, le 1er juillet, la "Tribune de Genève" décelait pourtant de "sages dessins pour la culture"... C'était la première fois qu'un tel message était publié à Genève, mais il y avait un malentendu sur la place du texte, sur son ambition : il a été pris comme une feuille de route pour la concrétisation de l'initiative "pour une culturelle cohérente à Genève", ce qu'il n'était pas : "il fallait considérer ce texte comme une étape préalable" dans un dispositif qui "se voulait ouvert, participatif et contributif". Le moins que l'on puisse dire est que le Conseiller d'Etat et son texte auront été mal compris... Et donc, pour le débat sur la politique culturelle genevoise, un seul mot d'ordre : Da capo !

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  • Quand le MCG célèbre les 30 ans de l'Usine

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    usine2.jpgAu prétexte du deal

    Lundi soir, en fin de séance du Conseil Municipal, on a entamé l'examen d'une motion lancée par le MCG contre l'Usine, au prétexte de la présence de dealers aux abords du centre culturel alternatif. Ce n'est ni la première, ni sans doute la dernière fois que le MCG s'attaque à l'Usine, à laquelle il porte une exécration qui confine à l'obsession. On est dans le répétitif, le rite, le trouble obsessionnel compulsif. Tout fait fagot pour le bûcher que le MCG aimerait réserver à l'Usine : une banderole sur le bâtiment, une manifestation des milieux culturels qui s'en prend au Grand Théâtre, un conflit administratif sur la vente de boissons... Là, c'est le deal. Il y a des dealers autour de l'Usine, place des Volontaires et le MCG demande d'en punir l'Usine en gelant les subventions que la Ville lui accorde. Il y a  des dealers autour du cimetière des Rois. On fait quoi ? on ferme le cimetière et on en exhume Calvin, Ansermet, Borges et Favon ? Il y a aussi des dealers dans la vieille ville, et pas loin du Temple de Saint-Pierre. On envoie les stups perquisitionner les locaux de la paroisse ? On a croisé un dealer près du Victoria Hal, on gèle les subventions à l'OSR ?

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  • Déficit du Grand Théâtre de Genève : La Ville paiera. Forcément.

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    incendie du Grand Théâtre.jpegLe Conseil de fondation du Grand Théâtre de Genève a adressé à la Ville de Genève une demande de subvention extraordinaire visant à combler le déficit attesté (1,9 million) de la saison 2018/2019, auquel s'ajoutera le déficit annoncé (1,3 million) de la saison actuelle. La requête, de 3,2 millions de francs, a été avalisée par le Conseil administratif et sera soumise au Conseil municipal dans dix jours. 3,2 millions de francs supplémentaire à la charge de la Ville qui dépense chaque année 45 millions pour son opéra (l'Association des communes genevoise y ajoute 2,5 millions -dont entre le quart et le tiers proviennent de la Ville...), cela paraît beaucoup. Et en effet, c'est beaucoup. Mais cela correspond à un déficit structurel qui date de plusieurs décennies, qui fut un temps épongé par un mécène, et aurait du l'être ensuite par une subvention cantonale, mais qui retombe sur la Ville après que le Grand Conseil ait refusé de la renouveler (ce que lui proposait le Conseil d'Etat : la responsabilité de cette dérobade n'incombe pas au gouvernement, mais à la majorité parlementaire, PLR en tête). A quoi s'ajoutent, pour plomber les comptes et le budget, les conséquences (dont des pertes de billetterie) du retard pris par le chantier du bâtiment historique de la Place Neuve.

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  • Avant-projet du Département de la cohésion sociale d'un message sur la politique culturelle cantonale : Qu'en faire ?

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    culture.jpg

    L'Initiative populaire cantonale "Pour une politique culturelle cohérente à Genève", massivement acceptée (à 83 %...) en mai dernier, a intégré dans la Constitution genevoise un alinéa précisant que le canton et les communes (dont la Ville) élaborent et mettent en œuvre une stratégie de cofinancement pour la création artistique et les institutions culturelles". Elle assigne à l'Etat les tâches de promouvoir la création artistique, de mettre à disposition des espaces adéquats, d'encourager les échanges culturels, d'assurer la participation et l'accès à la culture et le soutien à ses acteurs et actrices, de veiller à la conservation et à la mise en valeur du patrimoine culturel. Toutes tâches à quoi, évidemment, une proclamation constitutionnelle ne peut suffire : il faut des moyens. Des ressources. Des budgets. Et une volonté politique claire. Et une majorité parlementaire. Et une vraie concertation. Tout ça ? Tout ça... Le comité de l'initiative, accuse l'"avant-projet de message sur la politique culturelle cantonale" mis en consultation par le département du Conseiller d'Etat Thierry Apothéloz de trahir l'initiative : son message ne procède d'"aucune consultation des milieux culturels, aucune concertation", ne propose aucune mesure de soutien à la création, et est marqué par la faiblesse (pour le moins) du partenariat avec les communes et la Ville... Bref, le comité d'initiative renvoie sa copie au magistrat et lui demande de remettre l'ouvrage sur le métier...

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  • Aux Genevoises et Genevois qui ont sauvé Le Plaza : Merci !

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    Affiche Plaza 38.jpgApprendre au saut du lit qu'un combat mené depuis près de cinq ans pour sauver la plus belle salle de cinéma romande de ceux qui voulaient la démolir (et de ceux qui ne faisaient rien pour les en empêcher), c'est commencer sa journée dans une sorte de douce euphorie... Ce combat  a abouti à l’heureuse issue du rachat par la Fondation Wilsdorf du bâtiment dans lequel est située la salle de cinéma, et de l’intention de la Fondation d’en faire ce que nous proposions d’en faire : autour de la salle, un centre culturel voué au cinéma et pouvant accueillir toutes manifestations publiques liées à ce rôle. Et le grand perdant, symboliquement, dans ce combat,  outre évidemment les porte-voix, les porte-plumes, les porte-serviette des propriétaires, c'est la collectivité publique. Parce que si la Fondation Wilsdorf a fait le travail de sauvetage patrimonial de l'Etat (et de la Ville) à la place de l'Etat (et de la Ville), si la fondation rachète un bâtiment que l'Etat ou la Ville auraient dû et pu racheter (c'est ce que demandait notre initiative), ce n'est pas parce que l'Etat (et la Ville) étaient incapables de le faire, c'est que l'Etat (et la Ville) ont, délibérément, renoncé à le faire... Finalement, on va peut-être condescendre à s'en acheter une, de Rolex...

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  • "Pour une politique culturelle cohérente à Genève" : Faire ensemble, enfin...

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    culture.jpgAvec 83,18 % des suffrages, c'est un véritable triomphe qu'à obtenu l'initiative "pour une politique culturelle cohérente à Genève". Il est vrai qu'elle n'était combattue que par la droite de la droite (l'UDC, le MCG), mais même une partie de son électorat l'a soutenue. Le canton est donc proclamé par la constitution grand coordinateur de la politique culturelle genevoise, en concertation permanente avec les communes.Ce qui va forcément impliquer, sauf à vider la nouvelle disposition constitutionnelle de toute substance, sa représentation dans les instances dirigeantes des grandes institutions actuellement en mains de la Ville et des communes (le Grand Théâtre, la Nouvelle Comédie, le Théâtre de Carouge... et pourquoi pas les grands musées municipaux ?), mais aussi sa participation financière au fonctionnement de ces institutions. Le débat politique va maintenant se déplacer au niveau de la mise en oeuvre de la disposition votée par le peuple. Et il va être serré, ce débat -les premières déclarations de la droite, en tout cas, le laissent présager. Il n'empêche : ce que le vote populaire a adoubé, c'est un principe qui nous est cher : "faire ensemble", entre le canton, la Ville et les 44 autres communes, une politique culturelle digne de Genève.

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  • La Mère de tous les votes genevois du 19 mai

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    La culture est une arme.jpgLa culture comme socle

    C'est le vote qui fait le moins débat à Genève, avant le 19 mai. Même les habitués du "y'en a que pour la culture et jamais rien pour le sport" sont inaudibles. C'est pourtant, peut-être, le plus essentiel : le vote sur l'initiative pour une politique culturelle concertée entre les communes et le canton. C'est le moment : se construisent et vont s'ouvrir à Genève quatre lieux culturels d'importance bien plus que municipale ou cantonale : un nouveau Théâtre de Carouge, une Nouvelle Comédie, un Pavillon de la Danse, une Cité de la Musique. Et le Grand Théâtre a un nouveau directeur et de nouvelles ambitions. Dans une si petite République, la politique culturelle rayonne forcément au-delà de ses frontières -elle ne peut donc reposer sur les seules épaules des quelques communes qui en ont une, à commencer par la Ville. Le canton doit donc s'impliquer -et l'initiative l'implique. Enfin. Sans doute la norme constitutionnelle qu'elle propose ne suffira-t-elle pas à faire du canton, non pas l'acteur principal de la politique culturelle genevoise, mais son arbitre, et une loi devra y pourvoir -et on voit mal comment elle pourrait ne pas entrer en contradiction celle qui actuellement fonde une "répartition des tâches" où le canton ne joue guère que les utilités, mais peu importe : il faut commencer par le commencement, poser le principe d'un "faire ensemble", canton, Ville, communes s'associant. Et n'en déplaise à l'UDC, qui ne veut pas "sanctuariser la culture" (elle n'en vaut pas la peine ?), la place d'un tel principe est bien dans la constitution.

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  • Lisez !

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    chatlivr.jpgOn n'aime pas trop, ici, les salons, mais on fera une petite, prudente, hésitante exception pour celui du livre, qui s'est ouvert hier et se clôt dimanche, à Genève (ville du livre, avec ou sans majuscule, soit dit en passant). On préfère les librairies, mais cette librairie des librairies vaut tout de même le détour. Non pour ce qu'elle est, ni évidemment pour son cadre, mais pour ce qu'elle offre : des livres,forcément, mais aussi des débats. Le livre fait salon ? Pourquoi pas.
    www.salondulivre.ch

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  • Notre Notre-Dame

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    victor-notre-dame-de-paris-1844-5-1421162057.jpg'ANAGKN

    Elle avait survécu depuis presque 900 ans à tout ce qui aurait pu la détruire, elle survivra à son incendie de ce lundi. Elle y survivra peut-être sans sa flèche -mais ce n'est pas cette flèche, que Viollet-Le-Duc lui avait accolée pour faire moyenâgeux (en remplacement d'une plus ancienne, en pierre, abattue à la révolution), qui lui donnait son identité si immédiatement reconnaissable, c'étaient ses deux tours. La Notre-Dame du père Hugo avait déjà perdu sa flèche. Et ses deux tours ont été sauvées, comme sa grande rosace et ses grandes orgues. Elle sera reconstruite. Comme elle n'a cessé de l'être depuis la pose de sa première pierre, en 1163.

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  • Un Grand Théâtre de Genève tout nouveau, tout beau : Qu'en faire ?

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    GTG Foyer.jpg

    L'Opéra genevois nouveau est arrivé. Le Grand Théâtre rénové à ouvert ses portes, l'Opéra des Nations qui le remplaçait a fermé les siennes (et a migré en Chine). La renaissance du "vaisseau amiral de la culture genevoise" (qui ne va pas tarder à être escorté par la Nouvelle Comédie et la Cité de la Musique) n'a pas été saluée par un excès de flonflons et de discours officiels (d'aucuns et d'aucune, comme Sylvie Bonier dans "Le Temps", s'en sont émus : "le public s'est installé à sa place comme si la dernière représentation datait d'hier"), mais les media en ont plus que largement rendu compte et les visiteurs de la journée "portes ouvertes" ont été "éblouis" par un opéra rajeuni aux décors lumineux : c'était, nous dit-on, le "chantier du siècle" (enfoncés, le CEVA et le "Léman Express" ?) -un chantier de 65 millions de francs (suppléments et incidents non compris). Et puis, le Grand Théâtre n'a pas seulement changé de parure : il a aussi changé de directeur : Tobias Richter, à la tête de l'opéra genevois depuis dix ans, laissera son poste à Aviel Kahn, qui présentera sa première saison en mai. Il est tout nouveau, tout beau, l'Opéra de Genève. Ne lui reste plus qu'à mériter cette parure par sa ramure.

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  • Il faut détruire le Plaza !

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    Plaza par Dali.jpg

    Une bonne résolution pour 2019

    Plus de 11'000 personnes ont signé une initiative, et plus encore de personnes ont signé une pétition, et des députés ont signé un projet de loi, et des conseillers municipaux un projet de motion, pour sauver la salle de cinéma "Le Plaza"... "la plus belle salle de cinéma de Genève", qu'ils disent*... Font chier les cultureux, les gauchistes et les patrimoinomaniaques, à vouloir bloquer un grand projet pour Genève, avec leur initiative à la noix que le Conseil d'Etat a bien fait d'invalider, et leurs pétitions, leurs projets de loi, leurs motions  à la mords-moi- le-béton que le Grand Conseil et le Conseil municipal ont bien fait de refuser de traiter en urgence... Parce que qu'est-ce qu'on en a à cirer du patrimoine architectural, des espaces culturels, de Saugey, de son talent, de la beauté de sa salle de cinéma, de ses innovations ? Rien, nada, nitchevo, des clous, des nèfles.

    * En 2016, la Suisse comptait environ 75 000 monuments historiques protégés. Il en manque un à l'inventaire. Un cinéma. On vous laisse deviner lequel.

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