xénophobie - Page 2

  • A vue de nez, ils sont 4 %

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    Le Fonds national de la recherche scrute l'extrême-droite et enfonce des portes ouvertes

    Or donc, selon une étude du Fonds national (1), un-e Suisse sur cinq est antisémite au sens traditionnel du terme (judéophobe, donc), un-e Suisse sur trois islamophobe, un-e Suisse sur deux xénophobe et un Suisse sur deux et demi franchement sexiste. L' " extrémisme de droite " serait la " niche " politique de 4 % de la population, soit en gros 300'000 personnes (le double de l' " extrémisme de gauche "), un niveau tout à fait dans la moyenne européenne... Les groupes d'extrême-droite compteraient environ 1200 membres (essentiellement des jeunes), auxquels une centaine d'incidents violents pourraient être attribués chaque année, sans pour autant qu'on puisse les considérer comme une " menace aiguë pour la Suisse ". Nous voilà rassurés : nos fachos sont trop cons pour être dangereux. Pour l'instant.

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  • Frambois, station terminus

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    Des mesures de contrainte à la contrainte sans mesure

    Deux hommes incarcérés à Frambois en attente de leur expulsion ont tenté, fin septembre, de se suicider -l'un en s'immolant par le feu, l'autre en se pendant. Le premier avait été débouté de l'asile, la demande d'asile du second avait été frappée d'une non-entrée en matière. Les deux hommes ont été reconduits en prison, apès un bref séjour en hôpital psychiatrique. La Ligue suisse des droits de l'Homme voit dans ces deux tentatives de suicide la marque de la détérioration constante des conditions de détention dans la " prison pour étrangers " de Frambois. On y verra aussi la conséquence directe d'une détérioration non moins constante : celle de la politique d'asile de la Suisse. Station terminus du processus de refus d'asile, Frambois en est le dépotoir, et le symbole.


    Autodestruction

    La Ligue des droits de l'Homme exhorte les autorités à renforcer l'encadrement médical, et en particulier l'encadrement psychiatrique à Frambois. La Ligue demande en outre que les mesures de contrainte ne soient pas utilisées contre des personnes souffrant de troubles mentaux ou d'un état de santé particulièrement dégradé. Ça devrait en effet être le minimum exigible d'un Etat de droit -mais les déboutés de l'asile ont-il encore des droits ? A Frambois sont stockés avant expulsion des gens qui sont le plus souvent dans la plus grande incertitude sur à leur sort. Quelques trafiquants, certes, mais surtout des immigrants clandestins et des travailleurs au noir, punis avec bien plus de sévérité que ceux qui les exploitaient. Ces hommes vont être expulsés, lorsque des accords de réadmission ont été conclus, vers des pays qu'ils s'empresseront de fuir à nouveau. Certains ont déjà été expulsés trois fois de Suisse. Ceux-là sont prêts à tenter autant de fois leur chance, ou leur malchance, qu'il faudra. Aucune mesure de " dissuasion " ne les dissuadera, aucune prison ne les retiendra, aucune interdiction d'entrée ne les empêchera d'entrer. Ils sont le signe même de la profonde imbécillité des politiques d'immigration restrictives -qui ne réduisent l'immigration légale qu'en multipliant l'immigration illégale, et de la gestion policière et bureaucratique du droit d'asile. De tout cela, Frambois est le concentré, et les suicides à Frambois, le prix. Après la destruction du droit d'asile en Suisse par les majorités gouvernementale, parlementaire et populaire de ce pays, il ne restait plus, pour parfaire une politique nauséabonde, qu'à attendre l'autodestruction des requérants d'asile. On y est.

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  • Observer la xénophobie ordinaire pour la combattre

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    L'Observatoire du droit d'asile et des étrangers a besoin de soutien


    L'Observatoire du droit d'asile et des étrangers (ODAE) est né suite à la votation du 24 septembre 2006, lorsque le peuple suisse a accepté la révision de la loi sur l'asile (LASI) et la nouvelle loi sur les étrangers (LEtr). Les autorités avaient alors assuré qu'elles appliqueraient la loi avec " mesure " et " humanité ". Dans les faits, cependant, l'O.D.A.E a relevé de nombreux cas d'applications tatillonnes, arbitraires et chicanières de la loi, conduisant à des décisions violant parfois les droits humains. Lutter contre cette xénophobie ordinaire et légale exige des moyens. Accordons-les à l'ODAE.

    Faire tenir aux autorités les promesses qu'elles ont faites

    Pour faire admettre en 2006 un nouveau durcissement de sa politique d'immigration et d'asile, le gouvernement avait multiplié les promesses. Il avait ainsi assuré que l'autorité entrerait en matière sur des demande d'asile même lorsque le requérant ne pourrait pas présenter de papiers d'identité, parce que son pays d'origine les lui refuserait ou que des indices de persécution requerraient " des investigations supplémentaires ". Mais dans les faits, l'absence de papiers d'identité est utilisée comme argument d'un refus d'entrer en matière malgré l'existence de tels " motifs excusables ". De manière générale, la barre de la " vraisemblance des faits " est placée de plus en plus haut : on exige des preuves souvent impossibles à fournir. De plus, les autorités omettent souvent d'examiner les situations sous l'angle de la Convention relative aux droits des enfants. Enfin, il n'existe aucun organe de contrôle chargé de veiller au bon déroulement des expulsions bien que celles-ci se déroulent parfois de manière brutale. Cette situation et ces pratiques rendent indispensable l'existence d'un observatoire indépendant, et d'une observation régionale et nationale, et pas seulement locale des pratiques des autorités. L'ODAE, créé à Genève sous l'impulsion de la Coordination contre l'exclusion et la xénophobie, doit élargir sa présence et son action à toute la Romandie, et sa collaboration avec les observatoires alémanique et tessinois, ce qui implique des moyens supplémentaires. Un appel de fonds est lancé pour obtenir ces moyens Nous ne saurions trop vous inviter à y répondre favorablement.

    ADRESSEZ VOS DONS À:
    Observatoire du droit d'asile et des étrangers - Genève
    CCP 10-747881-0.


  • L'Europe, creuset de l'humanisme ?

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    Les députés européens ont adopté le 18 juin une directive fixant des "normes minimales communes" au renvoi des sans-papiers de l’Union européenne, aggravant ainsi la situation d’exclusion et de criminalisation de tous les étrangers. Le texte, impliquant les 27 Etats membres, a été approuvé par 367 voix contre 206 et 109 abstentions, grâce à une alliance entre conservateurs, libéraux et eurosceptiques, facilitée par les hésitations et divisions du groupe socialiste. Les amendements proposés par les opposants au texte ont été à chaque fois rejetés avec des écarts de plus de 100 voix. « Ce n’est la victoire ou la défaite de personne, nous pouvons nous réjouir d’avoir au moins obtenu une réglementation européenne », a cru pouvoir déclarer le social-démocrate allemand Wolfgang Kreissldörfler qui a voté en faveur du texte, contre la consigne officielle de vote du groupe socialiste.

    L'Union Européenne adhère à la Confédération suisse

    - Désormais l’enfermement des étrangers peut atteindre jusqu’à 18 mois pour le seul fait d’avoir franchi des frontières et de vouloir vivre en Europe;
    - Le texte appouve également la détention et "l’éloignement" des personnes vulnérables (femmes enceintes, personnes âgées, victimes de torture,...) et des mineurs qu’ils soient ou non accompagnés, au mépris du respect de l’intérêt supérieur de l’enfant;
    - La dernière version de ce texte permet la détention et l’expulsion forcée des mineurs isolés vers un pays tiers (autre que leur pays d’origine) où ils n’ont ni famille ni tuteur légal;
    - Il n’est plus imposé aux Etats de fournir un titre de séjour aux personnes souffrant de maladies graves;
    - Les personnes expulsées se verront systématiquement interdire le territoire de l’UE pendant cinq ans;
    - les personnes expulsées pourront l’être vers des pays par lesquels ils n’ont fait que transiter, sans qu’ils aient un lien avec ces pays...
    L'Europe "creuset de l'humanisme" ? Tu parles...

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  • "Réflexions sur la question étrangère"

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    Ce que suggérait Sartre, en 1946, dans ses "Réflexions sur la question juive", semble valoir pour la bonne vieille xénophobie dont l'expression, moins contrainte que l'antisémitisme (qui se retient cependant de moins en moins, le temps passant et les survivants trépassant depuis la Shoah), paraît procéder du même mécanisme : le juif est une créature de l'antisémite, suggérait Sartre, au sortir de l'Holocauste... l'étranger" n'est-il pas une créature de l'indigène ? La théorie de l'"être par l'autre" que Sartre applique à la "question juive", ne s'applique-t-elle pas aussi à la question étrangère"  ?il suffit d'ailleurs de proclamer que "le juif" est étranger par nature" pour que les deux questions suggèrent la même réponse. Et, pour nous, la même urgence. Et le même obstacle : "Le démocrate a fort à faire : il s'occupe du juif quand il en a le loisir; l'antisémite n'a qu'un seul ennemi, il peut y penser tout le temps : c'est lui qui donne le ton", écrivait Sartre il y a plus de soixante ans. Le démocrate a toujours fort à faire; il s'occupe toujours de l'étranger quand il y est requis; le xénophobe, lui, n'a toujours que ce seul ennemi, l'étranger, il y pense toujours constamment, s'en occupe toujours tout le temps, et c'est toujours lui, le xénophobe, qui donne le ton. Son initiative pour les "naturalisations par lées urnes" a été balayée par le peuple ? l'UDC remet la compresse, et exige de durcir les conditions d'accession des étrangers à la nationalité suisse. Avec le même argumentaire et les mêmes épouvantails que lors du vote de l'initiative... Et en entraînant à sa suite le parti radical, le parti démocrate-chrétien, et ses propres dissidents grisons, bernois et glaronnais. Et  même sur le terrain sécuritaire, le PS.