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  • Genève : Molle adoption d'une constitution molle...

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    Constitution, Genève, DaliEt d'une ! (reste l'autre...)

    Verre à moitié vide ou à moitié plein ? On pariait, ici, sur le rejet de la nouvelle constitution -pari perdu : elle a été acceptée. On pariait sur une abstention de l'ordre des deux tiers, pari gagné : on y est, largement. On voulait des votes blancs plus nombreux que la différence entre les « oui » et les « non », on y est en Ville de Genève mais pas au plan cantonal (où la proportion de votes blancs est tout de même trois fois supérieure à l'habituelle)... Il y avait deux constitutions auxquelles faire le sort qu'elles méritent : l'une était en vigueur, l'autre était proposée pour remplacer la première. On ne pouvait les refuser les deux, on devait en accepter ou en confirmer une, et refuser ou accepter l'autre. C'est fait : la constitution proposée a été acceptée, la constitution en place transférée aux archives et la dépouille de James Fazy enfin laissée à la paix des dépouilles.

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  • Constitution genevoise : Ce n'est qu'un débat, continuons le confus !

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    Constitution, constituante, politique, votationOn s'était promis de ne pas y revenir pendant une semaine, et puis voilà, mille excuses, mais on craque. Parce que le débat constitutionnel genevois commence sérieusement à nous gonfler. Non par ce qui devrait être son objet et son enjeu, mais par la forme qu'il prend. Celle, qu'on nous pardonne la vulgarité de la métaphore, d'un débat de merde, mené à coup d'invectives, et de procès d'intentions, de caricatures des enjeux et de prédictions paranoïaques. ça pleurniche d'un côté, ça agonit de l'autre, et ça nous pompe l'air des deux.


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  • campagnes sur le projet de nouvelle constitution : Enfumages

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    Heureuses citoyennes et heureux citoyens que vous êtes, vous avez le choix :  ça y'est, le débat sur la nouvelle constitution genevoise est lancé, par ses partisans sur le mode de l'éloge du consensus et de la «politique des petits pas», et par ses opposants sur le mode de la caricature :  leur conférence de presse d'avant-hier fut en effet un grand moment de rhétorique fossilisée, de réflexions ligneuses et de déni de lecture du texte soumis à l'approbation du bon peuple. Quant aux partisans du projet, présentant hier leur coalition, c'est en le posant comme « rassembleur, moderne et novateur » qu'ils tentent de le vendre. Rassembleur ? Il ne l'est déjà plus. Moderne ? la modernité a toujours été une forme politique creuse, dans laquelle on peut mettre n'importe quoi. Novateur ? il faut le dire vite... Entre appel au consensus mou et falsification des textes, le débat commence dans l'enfumage.

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  • Mercredi scolaire : Travailler plus pour gagner... euh... savoir plus ?

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    La campagne pour ou contre le « mercredi scolaire » démarre enfin. Trois jours avant les vacances scolaires, c'est malin. Et en plus, Mark Muller sème la crème en reconnaissant que jusqu'à présent il avait dit n'importe quoi, ce qui ne surprendra personne mais va faire les gros titres des canards jusqu'à dimanche... La campagne démarre donc assez tardivement. C'est explicable du point de vue des partisans du projet, qui peuvent compter sur l'envie des parents de faire assumer par l'école une demie-journée de gardieennage de plus, quoi que l'on fasse de cette demie-journée. De la part des opposants au projet, à commencer par la SPG, c'est un peu plus surprenant, mais bon : mieux vaut tard que jamais. Et donc, on en remet une petite couche de notre côté, histoire d'entretenir la flamme...

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  • Mercredi matin d'école : Une demande d'école ou de garderie ?

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    VignetteMercredi2.jpgLe vote du 11 mars prochain à Genève, sur l'introduction d'une demie-journée d'école en plus (le mercredi matin) est-il plié ? En tout cas, on ne peut pas dire que le débat fasse rage (les fins de réveillon au Moulin à Danse submergeraient-elles tout autre sujet ?), ni qu'il fasse grand cas d'argumentation pédagogique, et que l'opposition à la proposition du Conseil d'Etat et du parlement se fasse entendre avec beaucoup de vigueur. Il est vrai que les principaux intéressés, les écoliers n'ont pas le droit de vote, que les enseignants ne se mobilisent pas vraiment et que tout se passe comme si les parents d'élèves ne demandent qu'une chose de plus à l'école, c'est qu'elle soit aussi une garderie.

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  • Six semaines de vacances pour tous : Travailler moins pour travailler mieux ?

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    Le 11 mars prochain, on votera (aussi) sur l'initiative populaire lancée par « Travail Suisse », et soutenue par l'ensemble des syndicats et des partis de gauche, pour l'introduction de six semaines de vacances annuelles. Nous soutenons cette initiative. Mais pas avec les précautions de langage prises par ses auteurs et ses principaux soutiens : nous ne la soutenons pas parce qu'elle ne « coûtera rien », ni pour «récompenser la productivité accrue des travailleurs», ni pour « travailler mieux en travaillant moins ».  Nous la soutenons parce qu'elle permettrait à celles et ceux à qui elle est destinée (même s'ils et elles ne sont pas tous les travailleurs et toutes les travailleuses, mais seulement les salarié-e-s) de, pendant quelques jours de plus, ne pas travailler pour d'autres.

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  • Prix unique du livre : L'enjeu, c'est le livre, pas son prix.

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    Le Parlement fédéral ayant adopté, par une majorité de gauche et du PDC, une loi qui réglemente le prix du livre, les opposants (de droite, UDC et PLR, rejoints par les libertariens du « Parti Pirate ») à cette réglementation ont lancé un référendum, qui a abouti. On votera donc le 11 mars sur un «prix unique du livre» en Suisse.  En Romandie, où 80 % des livres vendus sont importés de France, par des diffuseurs liés aux groupes d'édition français, le référendum de la droite n'a recueilli pratiquement aucune signature. Dans notre coin de pays, les livres édités en France sont vendus 30 à 40 % plus chers que de l'autre côté de la frontière. Les libraires romands assurent qu'avec la nouvelle loi, le prix des livres baissera. Mais l'enjeu principal n'est pas là : il est dans le maintien d'un réseau de librairies, et d'entre ces librairies, du plus grand nombre possible de librairies indépendantes. L'enjeu du prix du livre n'est pas le prix : c'est le livre.

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  • Ecole le mercredi matin : rePourquoi ? reParce que ! (il faut !)

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    Vignettemercredi7.jpgIl y avait sans doute de meilleures manières de célébrer l'« Année Rousseau » que proposer d'envoyer Emile à l'école une demie-journée de plus. Pour la votation populaire cantonale du 11 mars prochain, le mot d'ordre du parti socialiste sera donc le « Oui » au « mercredi scolaire ».  L'enjeu n'a d'ailleurs pas mobilisé les militant-e-s socialistes (la proposition de Charles Beer et du Comité directeur a été approuvée par vingt voix et combattue par six),  pas même les enseignants socialistes (aucun préavis n'a été donné par la commission « Enseignement » du parti), et l'assemblée générale n'a été précédée d'aucun réel débat interne. A la question « pourquoi l'école le mercredi matin ? », la réponse n'a donc pas changé : « parce que ! ». Elle a seulement été complétée d'un « il faut ! » tout aussi péremptoire. Et donc tout aussi convaincant.

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  • Normalisation de la Justice genevoise :On peut se permettre de dire NON...

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    Le 26 septembre prochain, une « réforme » de la Justice genevoise, adoptée au pas de charge et bénéficiant du soutien de toute la droite (et du PS), est soumise au vote des citoyennes et des citoyens, au prétexte d'unification fédérale des procédures pénales et civiles cantonales, l'organisation judiciaire restant de la compétence des cantons. A notre humble avis de justiciable et de citoyen, un refus se justifie (et d'ailleurs les Verts, solidaritéS et le Parti du Travail y appellent) : la réforme proposée prive le peuple de la possibilité d'élire les membres du Ministère public, alors même que les compétences de ce dernier s'accroissent considérablement par la suppression des juges d'instruction et la création d'un « Super Parquet » cumulant à l'américaine les fonctions d'instruction et d'accusation. Refuser cette normalisation de la Justice genevoise (avec le «J » majuscule dont se pare l'institution judiciaire, la justice comme principe se contentant, elle, d'un humble « j » minuscule...), ce n'est pas refuser toute réforme de l'institution judiciaire : de réforme, cette institution a grand besoin, ne serait-ce que pour la rendre responsable de ses actes. Mais de cette réforme là, avec un Ministère public omniprésent, rendant des ordonnances, menant l'instruction, mettant les prévenus en accusation et soutenant celle-ci devant les tribunaux, ne naît qu'une confusion des rôles qui nous autorise à dire NON aux propositions soumises en votation dans deux semaines, même si ces propositions ne sont que l'écume de la « réforme » de la Justice genevoise.

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  • Energie : un paquet ficelé de bonnes intentions

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    Energie : un paquet ficelé de bonnes intentions

    Le 7 mars, le vote populaire fera un sort à une « loi sur l'énergie » largement approuvée au Grand Conseil par la droite et les Verts et dont on veut bien croire qu'elle part de bons sentiments, mais qui, à l'arrivée, fera payer l'assainissement énergétique des immeubles, et donc leur plus-value, non par les propriétaires mais par les locataires. Si le projet soumis au vote s'en tenait à ses objectifs proclamés (les économies d'énergie, le développement des énergies alternatives), le « oui » serait unanime. Mais à la question qui fâche (« qui paie » ?), le projet répond : pas les propriétaires, mais l'Etat et les locataires. La loi encourage les rénovations pour réduire la consommation de chauffage ? C'est très bien. Mais elle permet de répercuter le coût des travaux sur les loyers bon marché, les hausses pouvant atteindre jusqu'à 15 %, alors que les économies d'énergie permises par l'assainissement des immeubles pourront être utilisées par les propriétaires pour payer les travaux, au lieu d'être traduites par une baisse des charges pour les locataires...  Ce petit tour de passe-passe a été intégré dans la loi sur l'énergie, où les milieux immobiliers comptaient bien qu'il passe inaperçu. C'est raté, ça s'est vu, le paquet ficelé a été ouvert.

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  • Aux Bains, tout le monde...

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    zonage culturel à Genève

    On aura dimanche soir si le million de subvention que la Fondation Saint-Gervais recevait pour le Centre pour l'image contemporaine (CIC), et qui lui a été enlevé, sera rétabli. On ne saura pas, en revanche, ce qu'il adviendra du CIC,, ni même d'ailleurs de la maison de Saint-Gervais elle-même, tant les intentions de la Fondation Saint-Gervais et du Département des Affaires Culturelles sont à la fois opaques et contradictoires. Ce qui n'est en revanche ni opaque, ni contradictoire, c'est bien cette tendance au " zonage " culturel, qui aboutit, progressivement, à la concentration de tout ce qui relève, ou prétend relever, de l' " art contemporain " dans un même quartier. Ou un même ghetto.

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  • Anastasie, le retour

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    Deux députés libéraux ne supportant pas que la Ville fasse campagne contre les cadeaux fiscaux soumis au vote populaire dans deux semaines ont donc obtenu du Tribunal administratif le rétablissement de la censure préalable à Genève, au prétexte que toute " propagande électorale " est interdite à une municipalité, le TA ayant fort opportunément confondu une votation avec des élections. Ce déplacement du débat politique sur le terrain juridique est certes symptomatique à la fois de l'époque, et du lieu (Genève doit bien être la ville du monde où la proportion de juristes au sein de la population résidente est la plus élevée, et il faut bien que ce cheptel s'ébroue), mais sous les arguties juridiques, on n'a aucun mal à retrouver la motivation politique : ce qui est reproché à la Ville n'est pas de faire campagne (l'aurait-elle fait pour soutenir le Conseil d'Etat que nul, à droite, n'y aurait trouvé à redire ni à recourir), mais de faire campagne contre la braderie fiscale de l'automne.

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  • Le clocher, le minaret et la laïcité

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    On votera le 29 novembre sur l'initiative crypto-UDC visant à interdire l'érection de minarets. " Plus vite on aura dit non à cette initiative et mieux ce sera ", avait estimé Pascal Couchepin, ajoutant qu'il fallait " liquider ce texte au plus vite pour aborder les vrais problèmes ". De Port-Royal ou de Martigny, les pensées de Pascal sont éclairantes. Un texte qui propose de violer ouvertement un droit fondamental (la liberté de religion), un principe non moins fondamental (l'égalité des citoyennes et citoyens devant la loi) et plusieurs textes internationaux exprimant ce droit et ce principe, sera donc soumis au vote. La campagne s'annonce parfaitemeabraham2.jpgnt nauséabonde -comme l'aurait été dans les années trente du siècle passé celle pour une initiative proposant d'interdire la construction de synagogues. En trois quarts de siècle, n'aura-t-on réussi qu'à échanger la judéophobie contre l'islamophobie ?

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  • Ce que la mort du CIC nous dit de la politique culturelle genevoise

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    " La liberté de l'art, son indépendance vis-à-vis de ce que l'on exige de lui, se fonde dans l'idée d'une société libre et anticipe en un certain sens sa réalisation " (Theodor Adorno)

    Elle passerait presque inaperçue (n'était la splendide affiche baudelairienne d'Exem), la votation municipale à l'ordre du jour du 27 septembre, sur le maintien ou non d'un gros million de subvention accordée par la Ville à la Fondation Saint-Gervais, et jusqu'alors affectée par celle-ci au Centre pour l'Image Contemporaine, avant que, pressé par la Fondation et le Conseil administratif, le Conseil Municipal n'entérine le transfert de cette subvention au Centre d'Art Contemporain (CAC) et au Fonds municipal d'Art Contemporain (FMAC), en signant du même coup l'arrêt de mort du CIC. L'enjeu est réel. Non pas financier, cet enjeu, mais culturel.

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  • Arnaque fiscale au menu du 27 septembre

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    De la baise d'impôt

    Le 27 septembre, Genève votera, entre autres, sur une nouvelle révision de sa loi fiscale, révision qui, comme toutes celles qui l'ont précédée depuis des années, ne vise guère qu'à réduire les impôts des contribuables les plus aisés. Quitte à réduire aussi, mécaniquement et lourdement (plus d'un milliard et cent millions sur trois ans), les ressources des collectivités publiques (le canton et les communes). La droite, l'extrême-droite et les Verts soutiennent cette proposition, combattue par toute la gauche. Dont il apparaît donc que, s'agissant de fiscalité et de politique budgétaire, les Verts ne font pas partie -ce qui ne saurait d'ailleurs leur nuire électoralement, bouffer à tous les râteliers étant un exercice qu'ils pratiquent désormais avec un art consommé.

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  • C.O. Sélection en mai, orientation en septembre...

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    Le 17 mai, les citoyennes et yens choisiront entre deux textes concernant le Cycle d'Orientation : l'initiative 134  " pour un cycle qui oriente ", émanant du " Réseau école et laïcité " (Reel) et le contre-projet du Grand Conseil, " pour un cycle d'orientation exigeant et formateur pour tous ". Ce choix, éliminatoire, ne sera en réalité qu'une sélection du projet qui sera, en septembre, opposé à une deuxième initiative, de gauche, qui demande, s'agissant toujours du Cycle d'Orientation,  de " s'organiser contre l'échec scolaire et garantir une formation pour tous les jeunes ". Le vote de Floréal clarifiera donc celui de Vendémiaire : c'est ce dernier qui sera celui du choix final, entre l' " homogénéité " prônée par Reel (les élèves d'un même niveau sont placés dans une même section) et l' " hétérogénéité " proposée par la gauche (une section ou un regroupement rassemble des élèves de niveaux différent). Le contre-projet parlementaire opposé à l'initiative de Reel est soutenu par tous les partis représentés au sein du Grand Conseil, sauf le MCG et, par les syndicats d'enseignants, ainsi que la plupart des associations de parents d'élèves, mais il combattu par l'AVIVO, la Jeunesse socialiste, le Parti du Travail, les Evangéliques et SolidaritéS.  Quant aux élèves eux-mêmes, leur avis importe peu. Ou pas du tout. Demande-t-on aux agneaux de choisir leur paturage ?

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  • Acquittons le jury !

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    Bonne nouvelle : le front politique qui semblait s'être constitué, des socialistes aux libéraux en passant par les verts, les radicaux et les démo-chrétiens, pour appeler le peuple à condamner le jury populaire à mort, se désagrège : radicaux et verts ont lâché leur groupe parlementaire et leurs magistrats professionnels, et appellent désormais à refuser la suppression du jury. L'UDC et le MCG d'un côté du champ politique, l'AVIVO et " A Gauche toute de l'autre ", ont pris ou prendront très vraisemblablement la même position. Et au bout du compte, il n'y aura plus guère que le PDC, les socialistes et les libéraux (et encore : les derniers cités sont vacillants) pour récuser le jury. Le PS, les libéraux, les démo-chrétiens ? trois partis sur-représentés dans l'appareil judiciaire, et au sein desquels la corporation judiciaire est sur-représentée : on hésitera à ne voir qu'une coïncidence hasardeuse entre cette sur-représentation et le mot d'ordre de ces trois partis. On n'hésitera pas, en revanche, à recommander de voter " non ", le 17 mai, à la suppression d'une institution pas moins démocratique que celles qui en recommandent la mise à mort...

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  • Abolition du Jury populaire : Sans gêne et sans crainte ?

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    A une forte majorité (59 contre 12), le Grand Conseil genevois a adopté un projet de modification de la Constitution cantonale, abolissant le Jury populaire. Le peuple devra se prononcer en mai prochain. Tous les partis représentés au Grand Conseil, à l'exception du MCG, vont vraisemblablement défendre, au nom de la " compatibilité avec le droit fédéral ", l'abolition du jury populaire. Mais l'opposition à cette abolition n'en est pas moins présente, et vivace. Et le résultat du vote est incertain. Le nouveau droit pénal fédéral n'abolit d'ailleurs pas explicitement le jury, s'il impose aux jugements de nouvelles conditions, et de nouvelles voies de recours, dont les partisans de l'abolition affirment qu'elles sont incompatibles avec le maintien de la vieille institution citoyenne, et dont les adversaires de l'abolition affirment au contraire qu'elles peuvent parfaitement coexister, au prix de quelques réformes, avec cette institution. Ce ne sont en tous cas pas ces querelles de juristes qui feront la décision, éminemment symbolique -et donc politique.

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  • Prolétaires de tous les pays, repoussez-vous ?

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    " En général, de nos jours, le système protecteur est conservateur, tandis que le système du libre-échange est destructeur. Il dissout les anciennes nationalités et pousse à l'extrême l'antagonisme entre la bourgeoisie et le prolétariat. En un mot, le système de la liberté commerciale hâte la révolution sociale. C'est seulement dans ce sens révolutionnaire, Messieurs, que je vote en faveur du libre-échange." "(Karl Marx, Discours sur le libre échange)

    Libre circulation des idiots utiles

    Le débat sur la "libre circulation" n'a peut-être pas beaucoup fait progresser la compréhension de l'enjeu, mais nous aura au moins permis de retrouver, toute frétillante, au fond, à gauche, une espèce qu'on espérait en voie de disparition : celle des "idiots utiles", que le célèbre zoologue russe V.-I. Oulianov avait insérée dans les listes de Linné et Buffon, quelque part entre le cheval de trait et le boeuf de labour. Nous voilà donc avec un comité "de gauche" opposé à la libre-circulation des travailleurs, au nom de la lutte contre le "démantèlement social", comme si empêcher les Bulgares et les Roumains de venir travailler légalement en Suisse allait renforcer en quoi que ce soit la résistance au néo-libéralisme, ici et ailleurs. Si le "non" l'emporte le 8 février, la victoire ne sera pas celle des "idiots utiles" du "non de gauche", mais celle des gros bataillons électoraux de l'aile dure de l'UDC, celle-là même qui poussait le patronat de la construction à ne pas céder à l'exigence des travailleurs de ré-établir une convention collective nationale. Si le "non" gagne, ce sont les partisans des privatisations, des coupes dans les assurances sociales, de la sous-enchère salariale et du démantèlement des garanties conventionnelles, qui l'auront emporté. Et d'entre eux, quelques employeurs de travailleuses et travailleurs au noir. Les défenseur d'un "non de gauche" à la "libre circulation" se font, inconsciemment (mais en toute bonne fausse conscience) les fourriers de cette victoire possible de ce que le champ politique de ce pays fait pousser de pire. Comme si c'était contre d'autres travailleurs, et non contre le patronat qu'il convenait de protéger les travailleurs de Suisse. Le "non de gauche", le 8 février, ne pèsera rien face au "non" d'extrême-droite. Il ne sera qu'une force d'appoint aux xénophobes; une force peut-être nécessaire à une victoire de l'UDC, mais parfaitement nuisible au renforcement de la solidarité entre travailleuses et travailleurs suisses et étrangers, résidants et immigrants, immigrants "traditionnels" et immigrants nouveaux. Mais il y a encore pire que ces "idiots utiles" à l'UDC. Il y a ceux qui croient, pouvoir renforcer le camp du "oui" en menant la poilitique prônée par le camp du "non". Le pire, ou le tréfond, est atteint (du moins pour l'instant, le pessimisme de la raison contredisant ici l'optimisme de la volonté, et suggérant qu'à Genève comme en Algérie, "quand on a touché le fond, on ne remonte pas, on creuse") avec la rafle de mendiants roms organisée à Genève par nos démocratiques et humanistes zautorités, lesquelles assument sans honte apparente l'intégration de la rafle policière dans la liste des méthodes de campagne électorale. Pour les élections cantonales de cet automne, on nous prévoit quoi pour "couper l'herbe sous les pieds de l'extrême-droite" ? Un pogrom ?

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  • Toxicomanies : La Suisse se (re)fait une ligne

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    Le 30 novembre prochain, deux des objets à l'ordre du jour de la votation fédérale concernent, et proposent de (re)définir, la ligne politique de la Suisse face aux toxicomanies -en l'occurrence, celles qui correspondent à l'usage de substances dont le commerce est illégal. Ni l'initiative populaire pour la décriminalisation de l'usage, de la production et de la commercialisation du cannabis, ni la révision de la loi fédérale sur les stupéfiante ne remettent en cause une politique dite des " quatre piliers " (prévention, réduction des risques, thérapie et répression), impliquant la distribution médicale d'héroïne, qui a permis de réduire la criminalité liée à la toxicomanie, le nombre de morts par overdose, sida ou hépatite C, d'accroître le nombre de toxicomanes suivant un traitement et de rétablir le lien social avec eux.

    Prohiber la prohibition

    La révision de la loi fédérale sur les stupéfiants n'est combattue que par la droite la plus extrême, et la plus bornée. Qui combat évidemment aussi, et à plus forte déraison, l'initiative pour une politique " raisonnable " à l'égard du cannabis, et s'en tient à la prohibition des drogues -et encore, pas de toutes : les mêmes forces politiques et sociales qui ne veulent pas entendre parler de distribution contrôlée de l'héroïne et de dépénalisation du cannabis défendent mordicus la distribution incontrôlée d'alcool et ne voient aucune objection à ce que l'industrie pharmaceutique encaisse les produits faramineux du libre (ou presque) commerce de médicament psychotropes. Ces forces combattent une politique qui a sauvé, et sauve encore des vies, qui a réintégré, et réintègre encore, des toxicomanes dans des réseaux sociaux normaux. Cette politiques, elles la combattent par dogmatisme purificateur : il faut " éradiquer la toxicomanie ". Et peu importe que partout où cette éradication a été tentée, elle a renforcé les réseaux de trafiquants, encouragé le deal criminel et enrichi les mafias. Dans les années vingt, la prohibition de l'alcool n'a désintoxiqué aucun alcoolique, en a tué des milliers en les abreuvant de saloperies frelatées, et a enrichi Al Capone.