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  • L'Europe, creuset de l'humanisme ?

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    Les députés européens ont adopté le 18 juin une directive fixant des "normes minimales communes" au renvoi des sans-papiers de l’Union européenne, aggravant ainsi la situation d’exclusion et de criminalisation de tous les étrangers. Le texte, impliquant les 27 Etats membres, a été approuvé par 367 voix contre 206 et 109 abstentions, grâce à une alliance entre conservateurs, libéraux et eurosceptiques, facilitée par les hésitations et divisions du groupe socialiste. Les amendements proposés par les opposants au texte ont été à chaque fois rejetés avec des écarts de plus de 100 voix. « Ce n’est la victoire ou la défaite de personne, nous pouvons nous réjouir d’avoir au moins obtenu une réglementation européenne », a cru pouvoir déclarer le social-démocrate allemand Wolfgang Kreissldörfler qui a voté en faveur du texte, contre la consigne officielle de vote du groupe socialiste.

    L'Union Européenne adhère à la Confédération suisse

    - Désormais l’enfermement des étrangers peut atteindre jusqu’à 18 mois pour le seul fait d’avoir franchi des frontières et de vouloir vivre en Europe;
    - Le texte appouve également la détention et "l’éloignement" des personnes vulnérables (femmes enceintes, personnes âgées, victimes de torture,...) et des mineurs qu’ils soient ou non accompagnés, au mépris du respect de l’intérêt supérieur de l’enfant;
    - La dernière version de ce texte permet la détention et l’expulsion forcée des mineurs isolés vers un pays tiers (autre que leur pays d’origine) où ils n’ont ni famille ni tuteur légal;
    - Il n’est plus imposé aux Etats de fournir un titre de séjour aux personnes souffrant de maladies graves;
    - Les personnes expulsées se verront systématiquement interdire le territoire de l’UE pendant cinq ans;
    - les personnes expulsées pourront l’être vers des pays par lesquels ils n’ont fait que transiter, sans qu’ils aient un lien avec ces pays...
    L'Europe "creuset de l'humanisme" ? Tu parles...

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  • "Réflexions sur la question étrangère"

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    Ce que suggérait Sartre, en 1946, dans ses "Réflexions sur la question juive", semble valoir pour la bonne vieille xénophobie dont l'expression, moins contrainte que l'antisémitisme (qui se retient cependant de moins en moins, le temps passant et les survivants trépassant depuis la Shoah), paraît procéder du même mécanisme : le juif est une créature de l'antisémite, suggérait Sartre, au sortir de l'Holocauste... l'étranger" n'est-il pas une créature de l'indigène ? La théorie de l'"être par l'autre" que Sartre applique à la "question juive", ne s'applique-t-elle pas aussi à la question étrangère"  ?il suffit d'ailleurs de proclamer que "le juif" est étranger par nature" pour que les deux questions suggèrent la même réponse. Et, pour nous, la même urgence. Et le même obstacle : "Le démocrate a fort à faire : il s'occupe du juif quand il en a le loisir; l'antisémite n'a qu'un seul ennemi, il peut y penser tout le temps : c'est lui qui donne le ton", écrivait Sartre il y a plus de soixante ans. Le démocrate a toujours fort à faire; il s'occupe toujours de l'étranger quand il y est requis; le xénophobe, lui, n'a toujours que ce seul ennemi, l'étranger, il y pense toujours constamment, s'en occupe toujours tout le temps, et c'est toujours lui, le xénophobe, qui donne le ton. Son initiative pour les "naturalisations par lées urnes" a été balayée par le peuple ? l'UDC remet la compresse, et exige de durcir les conditions d'accession des étrangers à la nationalité suisse. Avec le même argumentaire et les mêmes épouvantails que lors du vote de l'initiative... Et en entraînant à sa suite le parti radical, le parti démocrate-chrétien, et ses propres dissidents grisons, bernois et glaronnais. Et  même sur le terrain sécuritaire, le PS.