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  • 1er Vendémiaire, jour du raisin. Et de l'Ethernité.

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    gauche, dugongd, gauche dugong Bonne et heureuse année !

    Bonne et heureuse année ! Nous sommes en effet le premier Vendémiaire, premier jour de l'an nouveau dans le calendrier républicain, et premier jour, aussi, de la Première République française, proclamée au lendemain de la victoire de Valmy. Et en ce jour de Nouvel-An (qui est aussi, dans le calendrier pataphysique, le jour de l'Ethernité, 15ème jour du mois de l'absolu), nous avons accoutumé de vous balancer l'indispensable, l'incontournable, l'irréfragable Manifeste de la Gauche Dugong -ce que nous faisons donc ici, non sans rappeler toutefois la genèse de ce qui, à n'en point douter, marquera, comme Goethe le vit dans Valmy, un tournant de l'Histoire.

    Or donc, il y a quelque temps, nous fûmes de ceux qui, « pour en finir avec la gauche caviar » qui commençait sérieusement à nous courir sur les blinis, lancèrent sur le marché déjà fort encombré de la critique de gauche de la gauche, la « Gauche Anchois », destinée à rester d'une confidentialité élitaire confinant à la conspiration aristocratique. Las ! Par maladresse, cette phalange reçut de quelques media une publicité malencontreuse, qui nous convint de procéder, sans regrets, à sa dissolution. Mais, orphelins d'un réseau de comploteurs ricanants, nous ne nous résolvions pas à son absence. Et c'est ainsi qu'après une fugace tentative de créer une « gauche pingouin », tôt condamnée par le réchauffement de la planète, nous procédâmes à la création de la « Gauche Dugong », dont le prestige depuis ne cesse de croître, certes souterrainement (ou plutôt subaquatiquement), mais en proportion de la crainte qu'elle suscite -à juste titre, car sous l'apparente vacuité de son manifeste fondateur se cachent d'abyssales profondeurs : que chacun en barbarouffe autour de lui, car l'état des choses politiques locales, régionales, nationales, continentales, mondiales et galactiques rend urgente l’émergence d'une pensée à la fois radicale et cohérente : la nôtre, forcément... et la seule... vous en voyez une autre, vous ?

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  • Châteaux électoraux en Espagne : Tous perdants

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    Espagne, gauche, Podemos, PSOETous perdants, à un titre ou un autre, même ceux qui se croient gagnants : tel est le résultat des élections espagnoles. La droite (le Parti "Populaire" du Premier ministre Rajoy), avec 137 sièges, reste loin de la majorité absolue (176 sièges), même si elle regagne cinq des sièges perdus lors des précédentes élections; le centre (Ciudadamos) n'obtient que 32 sièges et ne peut prendre part à une coalition majoritaire qu'avec la gauche, à condition que celle-ci accepte de se coaliser elle-même -or si le PSOE, avec 85 sièges, reste la première force de gauche, il  recule encore, alors que la coalition "Unidos Podemos" (71 sièges) des deux forces de "gauche de la gauche" (Podemos et Izquierda Unida) perd un million d'électeurs, le total des deux forces de gauche n'atteignant pas non plus la majorité absolue, et la division restant profonde entre le PSOE et "Unidos Podemos", alors même que leurs programmes sont plus convergents qu'eux-mêmes ne l'admettent. Bref, ces élections anticipées sont un coup pour rien. Et signent à la fois l'échec de la tentative de la "gauche de la gauche" de rééditer l'exploit grec de Syriza (renvoyer la social-démocratie dans les poubelles de l'histoire, mais en prenant sa place), l'échec du "centre" de se poser en interlocuteur indispensable de la droite, l'échec de la droite de gagner une majorité parlementaire absolue et l'échec du PSOE de sortir de sa propre crise...

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  • Taubira, la "gauche morale" et les "murmures à la jeunesse" : Cent pages utiles

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    Il y a deux jours est arrivé dans les librairies françaises un petit livre d'une centaine de pages. Son titre, poétique : "Murmures à la jeunesse". Son auteure : Christiane Taubira -dont le murmure, pourtant, n'est pas la forme la plus habituelle de son éloquence. Son propos ? Un peu le même que celui de Stéphane Hessel en 2010 ("Indignez-vous !). "Il faut refuser, malgré les intimidations, de capituler intellectuellement". Et on ajoutera "politiquement". Un propos qui tombe à pic, en plein débat sur la proposition du gouvernement Valls d'inscrire dans la constitution la possibilité de déchoir des binationaux de leur nationalité française (et des mononationaux des droits civiques attachés à leur unique nationalité française). Une proposition qui, en soi, pose moins de problème que l'argumentation développée pour la justifier. 

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  • La gauche socialiste et ses "fondamentaux" : A la recherche du socle perdu...

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    Où en sommes-nous, à gauche (et plus précisément au parti socialiste) de nos "fondamentaux", de leur respect, de leur révision, de leur oubli ? Qu'est-ce qui distingue la gauche de la droite démocratique (de l'extrême-droite, on espère bien  que la question n'ait même pas à être posée ? En d'autres termes, la gauche, aujourd'hui, c'est quoi ? Et ça veut dire quoi, "être socialiste" ? Faute d'un projet social et économique "alternatif", le PS occupe, et il a parfaitement raison et légitimité de le faire, le terrain sociétal (culturel, éducatif), celui des libertés individuelles, de la recomposition des modèles familiaux, de l'"ouverture", du "vivre ensemble", du "multiculturel" -tous thèmes qui lui assurent un ancrage dans les classes "moyennes" issues de l'université, mais ne lui permettent pas de retrouver dans les classes populaires (ouvrières, employées, chômeuses) l'ancrage perdu (en Suisse, le premier parti "ouvrier", au sens sociologique et politique du qualificatif, c'est l'UDC...), sans lequel ce parti, et la gauche en général, ne relève plus que d'un vague progressisme culturel, sans danger pour les maîtres du jeu social et économique -qui peuvent d'ailleurs même adhérer à ce "progressisme" irénique.

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  • Scoop : Le Portugal n'est pas la Grèce. Ni la Suisse...

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    Saudade...

    Une droite gouvernementale à moins de 40 % des suffrages, en recul de plus de dix points depuis les précédentes législatives) , un PS à 32 %, une gauche alternative à 10 %, des communistes et des Verts ensemble à 8 %, et au final une gauche majoritaire dans les urnes et au parlement : on signe tout de suite. Sauf que c'est le résultat des élections législatives de dimanche au Portugal,  pas celui des élections fédérales de dans deux semaines en Suisse (où la gauche pèse autour du tiers des suffrages et des sièges, et l'extrême-droite autant), et qu'on aurait préféré non seulement un PS plus à gauche (mais ça, on le préfère partout) et plus fort que la droite gouvernementale, mais surtout une gauche capable d'un peu plus d'unité que celle dont le défaut va permettre à la droite de rester au pouvoir en étant minoritaire, mais unie, contre des adversaires majoritaires s'ils étaient ensemble, mais tous minoritaires puisqu'ils sont divisés. Saudade...

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  • Election du Conseil des Etats : Liliane et Robert, qui d'autre ?

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    Le parlement fédéral qu'on va réélire dans deux semaines était, dans sa composition sortante, formé de 62 élues et élus de l'UDC (dont six Conseillers aux Etats) y compris 2 léghistes, un èmecégiste et un sans parti, 57 socialistes (dont onze ...), 44 démo-chrétiens et évangéliques (dont treize...), 41 libéraux-radicaux (dont onze...), 17 Verts (dont deux...), 14 Verts libéraux (dont deux...) et 17 bourgeois-démocratiques (dont une). Le PDC se retrouve devant le PLR grâce à sa forte représentation au Conseil des Etats, et le PS à seulement cinq sièges de  l'UDC pour la même raison.  A Genève, la gauche détient sept des treize sièges attribués au canton dans les deux Chambres du parlement fédéral -une majorité absolue qu'elle obtient en détenant depuis huit ans, à la grande fureur de la droite, les deux sièges genevois au Conseil des Etats  Son objectif est de les garder les sept.La droite, qui ne s'est jamais consolée de s'être fait virer du Sénat, veut y revenir, et récupérer un siège au Conseil national. Or elle ne peut y arriver que si nous l'y aidons, en gaspillant nos voix...


            

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  • Bonne année !

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    1er Vendémiaire, jour du raisin 
                 
              

    Nous sommes donc le premier Vendémiaire, premier jour de l'an nouveau dans le calendrier républicain, et premier jour, aussi, de la Première République française, proclamée au lendemain de la victoire de Valmy. Et en ce jour de Nouvel-An, nous avons accoutumé de vous balancer l'indispensable, l'incontournable, l'irréfragable Manifeste de la Gauche Dugong -ce que nous faisons donc ci-dessous. Rappelons toutefois la genèse de ce qui, à n'0en point douter, marquera, comme Goethe le vit dans Valmy, un tournant de l'Histoire. Or donc, il y a quelque temps, nous fûmes de ceux qui, « pour en finir avec la gauche caviar » qui commençait sérieusement à nous courir sur les blinis, lancèrent sur le marché déjà fort encombré de la critique de gauche de la gauche, la « Gauche Anchois », destinée à rester d'une confidentialité élitaire confinant à la conspiration aristocratique. Las ! Par maladresse, cette phalange reçut de quelques media une publicité malencontreuse, qui nous convint de procéder, sans regrets, à sa dissolution. Mais, orphelins d'un réseau de comploteurs ricanants, nous ne nous résolvions pas à son absence. Et c'est ainsi qu'après une fugace tentative de créer une « gauche pingouin », tôt condamnée par le réchauffement de la planète, nous procédâmes à la création de la « Gauche Dugong », dont le prestige depuis ne cesse de croître, certes souterrainement (ou plutôt subaquatiquement), mais en proportion de la crainte qu'elle suscite -à juste titre, car sous l'apparente vacuité de son manifeste fondateur se cachent d'abyssales profondeurs : que chacun en barbarouffe autour de lui, car l'état des choses politiques (et les élections municipales à venir) rend urgente l’émergence d'une pensée à la fois radicale et cohérente : la nôtre, forcément... vous en voyez une autre, vous ?

    Allez, bonne année à vous toutes et tous...

     

    gauche, gauche dugong, calendrier républicain

     

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  • Conseils municipaux genevois : les enseignements d'un rapport de forces

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    Une seule composante nous manque, et...

    Les élections municipales genevoises ont renouvelé les parlements et vont renouveler les exécutifs de 45 communes qui ensemble forment le canton de Genève, mais qui ensemble ne regroupent que la moitié de la population de la Genève réelle (la fameuse « grande Genève »), moins du quart de sa superficie et à peine plus s'un cinquième de l'ensemble de ses communes. Peut-être est-ce là, aussi, l'une des explications possibles de la faible participation électorale : l'impression que l'on pourvoit à la représentation dans des instances politiques administrant un espace légal totalement insuffisdant à rendre compte de l'espace réel. C'est pourtant cet espace politique local, celui des communes, qui constitue la trame de cet espace politique réel, celui de 200 communes genevoises, vaudoises et françaises. Cela posé, revenons sur ces élections, sur le rapport de force qu'elles signalent entre la gauche (toute la gauche) et la droite (toute la droite) -et sur ce dont ce rapport de force est le symptôme : celui d'une absence... Une seule composante (de la gauche) vous manque, et tout est déséquilibré...

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  • Election de la Municipalité de Genève : désolés, on est rassemblés...

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    Le PS a fait dimanche en Ville de Genève son meilleur résultat depuis plus d'un demi-siècle (depuis 1963, très exactement, où, "effet Chavanne" aidant, il avait obtenu 25 % des suffrages et 21 sièges), mais la légère euphorie que cela peut susciter ne doit pas nous empêcher de passer à autre chose. Au "rassemblement des forces de gauche" -bref, à la liste commune de l'Alternative pour la Municipalité de Genève. Avec les quatre magistrats sortants. La "Tribune de Genève" et "Le Temps" avaient entendu que "dans les rangs socialiste, on susurre préférer travailler avec un libéral-radical plutôt qu'avec le franc-tireur Pagani, complètement imprévisible et a-collégial" ? ça devait pas "susurrer" assez clairement, alors, parce que c'est à l'unanimité que l'Assemblée générale du PS de la Ville a décidé de confirmer une position déjà prise depuis six mois, celle de la liste commune avec les Verts et "Ensemble à Gauche". Et donc avec Pagani... Désolés, on est unis.

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  • Elections Municipales genevoises : et d'un tour de passé. Ouf !

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    gauche,ville de genève,municipalesEt alors ? Et oualà !

    On ne s'était risqué à aucun pronostic sur le résultat du premier tour des Municipales genevoises : avec deux tiers d'abstentionnistes en Ville et dans les grandes communes, toute prévision tient de la prédiction cartomancienne... L'enjeu de ce premier tour des élections, en Ville de Genève, était d'abord de savoir si la gauche allait ou non regagner une majorité au Conseil Municipal : là encore, quand chaque siège gagné ou perdu l'est pour quelques bulletins et que la majorité se joue à un, deux ou trois sièges, une élection avec 35 % de participation se joue quasiment à pile ou face. Pile la gauche, face la droite... Aujourd'hui, c'est face : malgré la progression du PS, la gauche perd deux sièges du fait du recul des Verts et d'« Ensemble à Gauche », et la droite devient réellement majoritaire. Maintenant, place au deuxième tour de l'élection des exécutifs municipaux : dans le système genevois, ce sont eux, en réalité, qui détiennent l'essentiel du pouvoir local...

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  • La gauche, toute la gauche, et même au-delà, sous l'effet grec : Tous plus Syriza les uns que les autres !

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    Le triomphe de Syriza lors des législatives grecques n'a pas (encore) changé la politique européenne, s'il a déjà changé la politique grecque, mais il a généré, à gauche (mais pas seulement : même Marine Le Pen a embrayé...) une sorte d'euphorie si contagieuse que toutes ses composantes se sont mises à tenter de la récupérer à leur profit. C'est à qui serait le plus syriza-compatible : « Syriza, ici, c'est moi »... « non, c'est moi »... « pis d'abord, chuis plus syriza que toi »... « c'est même pas vrai, et de toute façon j'étais syriza avant toi »... Le PS en oublie la déculottée du Pasok, les communistes (et chez nous le Parti du Travail) la congélation du PC grec, la « gauche de la gauche » française (et genevoise) sa propre fragmentation et ses querelles de pouvoir et d'image...

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  • Syriza, l'éthique de vérité et l'éthique de responsabilité

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    Tsipras.jpgLe Risorgimento, et après ?


    Ce qui s'est produit en Grèce, dimanche, n'est pas une révolution, mais une renaissance : celle de la démocratie, en tant qu'elle s'impose à l'économie et à ses maîtres. La tradition de gauche, en Grèce, est fort ancienne, et c'est l'électorat de gauche qui, désertant un Pasok effondré sur son dernier carré clientéliste, a fait la victoire de Syriza. Car Syriza, c'est toute la gauche, en Grèce, où le PS (PASOK) est en mort clinique (il l'a d'ailleurs bien méritée) et où le parti communiste est fossilisé dans le sectarisme stalinien (on comptera pour rien le nouveau parti de Papadopoulos III, d'une absolue insignifiance, en sus de ne rien avoir qui permette de le qualifier de parti de gauche). Désormais, Syriza gouverne (avec un petit parti de droite comme appoint) la Grèce. Et le 12 février, au Sommet européen, c'est Alexis Tsipras qui représentera son pays, et la volonté de plus de 36 % de ses électrices et électeurs : Syriza dépasse de près de dix points le parti historique de la droite démocratique, de plus de 30 points l'extrême-droite d'"Aube dorée" (devenue "crépuscule glauque"), et renvoie feu le parti socialiste (PASOK) dans les poubelles de l'histoire de ses propres reniements... La victoire historique de Syriza sonne comme une résurrection, non seulement de la gauche grecque, mais de la volonté de faire prévaloir les choix politiques sur la résignation aux dogmes économiques. Et c'est la suite qui va être passionnante : Le Risorgimento, certes, et après ?

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  • Syriza au pouvoir le 25 janvier ? Mauvaise Grèce

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    Toute la gauche de la gauche en Europe (y compris les gauches des partis socialistes et sociaux-démocrates) a les yeux rivés sur la Grèce : le soleil de la renaissance politique d'un mouvement de masse porteur d'un projet de rupture avec le capitalisme va-t-il se lever sur l'Olympe ? L'émergence de Syriza en Grèce ou de Podemos en Espagne présage-t-elle de lendemains qui chantent l'« Internationale » en culbutant d'un même coup de pied au cul l'Union Européenne, la zone euro et le FMI ? Hellas, trois fois Hellas : D'une part, Syriza ne peut guère arriver au pouvoir que dans le cadre d'une coalition; d'autre part, elle ne propose plus ni que la Grèce sorte de l'Union Européenne, ni qu'elle sorte de la zone Euro. Enfin, le programme de Syriza est un vrai programme... social-démocrate de gauche...  Un succès de la « gauche de la gauche » grecque ne sera donc pas le séisme politique que feignent de conjurer les hiérarques européens et les gouvernants actuels de la Grèce.  Pour autant, il témoignera de l'essentiel : d'un refus de la résignation, et de la possibilité de dire ce refus autrement qu'en basculant à l'extrême-droite...

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  • Où en est la gauche française (et donc genevoise) ?

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    Miroir, mon beau miroir...

    Nous poser la question  de savoir où en est la gauche française -de toute la gauche française, entre reconstruction, rénovation, redéfinition et déréliction,   c'est un peu (beaucoup) se poser la question de savoir où nous en sommes nous-mêmes, ici, dans ce coin de pays : on n'échappe pas à une proximité séculaire entre les débats d'un côté du Jura et les débats de l'autre, dans quelque sens que se fasse l'inspiration et que se donne l'impulsion (il fut en effet un temps où c'est de chez nous que partaient les étincelles qui faisaient les Lumières). Et comme il y a contiguïté et continuité de la France à la Romandie, et tout particulièrement entre la France et Genève, dans le miroir que nous tend la gauche française, c'est bien nous que nous reconnaissons...

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  • Premiers feux de camp de la bataille des Municipales genevoises : Question d'alliances...

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    Les deux principaux partis politiques de la Ville de Genève, le PS et le PLR, ont désigné, lundi et hier, leurs candidates et candidats au Conseil Administratif. Le PLR, qui ne détient aucun siège à la Municipalité genevoise, présente trois candidat-e-s, officiellement pour accompagner le magistrat PDC sortant Guillaume Barazzone, officieusement pour lui piquer son siège après le lui avoir offert lors d'une élection complémentaire en 2013, la gauche n'ayant pas réussi à soutenir uniment la candidate présentée par le Parti du Travail (et la Jeunesse socialiste), Salika Wenger. Quant au PS, qui détient deux des cinq sièges de l'exécutif, il en représente les deux titulaires, le maire Sami Kanaan et la Conseillère administrative Sandrine Salerno. Ce ne sont que les premiers feux de camp de la bataille qui s'annonce pour les Municipales en Ville de Genève, et ils n'éclairent encore que très faiblement, mais ils signalent déjà que la question centrale de ces élections sera celle des alliances.

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  • Comment Dugong déplacera les montagnes : Le Manifeste de la Gauche Dugong

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    Il y a quelqlamantin_ld05.jpgue temps, nous fûmes de celles et ceux qui, « pour en finir avec la gauche caviar », lancèrent sur le marché déjà fort encombré de la critique de la gauche, la « Gauche Anchois », destinée à rester d'une confidentialité élitaire confinant à la conspiration aristocratique. Las ! Par maladresse, cette phalange reçut de quelques media une publicité malencontreuse, qui nous convint de procéder, sans regrets, à sa dissolution. Mais, orphelins d'un réseau de comploteurs ricanants, nous ne nous résolvions pas à son absence. Et c'est ainsi qu'après une fugace tentative de créer une « gauche pingouin », que nous finîmes par admettre condamnée par le réchauffement de la planète et la fonte de la banquise, nous procédâmes à la création de la « Gauche Dugong », dont le prestige depuis ne cesse de croître, certes souterrainement (ou plutôt subaquatiquement), mais en proportion de la crainte qu'elle suscite. Nous en republions donc ici, à la demande d’innombrables lecteurs de notre feuille, le manifeste fondateur. Et qu'on y prenne garde : sous son apparente vacuité se cachent d'abyssales profondeurs...

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  • Deuxième tour des Municipales françaises : Quelque part entre Trafalgar et la Berezina...

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    Le second tour des élections municipales n'a pas, pour la gauche en général et le PS en particulier, atténué les résultats du premier : bien plutôt les a-t-il confirmés, voire renforcés, à la faveur d'une abstention considérable (38 %) pour de telles élections dans un tel pays, et le résultat de ce dimamche tient à la fois d'un Trafalgar républicain et d'une Bérézina socialiste. et la gauche perd 150 villes, la plupart perdues par le PS. Le Front National prend notamment Béziers, l'UMP Toulouse et Limoges (à gauche depuis un siècle...), le Modem Pau. Et si le PS gagne Avignon, c'est sans doute moins par adhésion à sa liste que par peur de voir le Festival international de théâtre, et tout ce qu'il génère d'activité dans la ville des Papes, la quitter -électoralement, Olivier Py est plus efficace que François Hollande. Enfin, à Grenoble, une liste de gauche en bat une autre, et les Verts alliés au Parti de gauche supplantent les socialistes alliés aux communistes. Certes, le PS garde Paris, Lyon, Lille et Strasbourg, mais sur l'ensemble des municipalités soumises à un second tour, la gauche, toute la gauche, ne pèse plus de 42 % contre 49 % pour la droite démocratique, et 9 % pour le Front National.

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  • Elections municipales françaises : La coup-de-pied-au-cul-thérapie

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    gauche, PS, Front national, électionsCe que le droit, la pédagogie, les bons conseils des spécialistes et l'air du temps proscrivent désormais d'appliquer aux enfants est toujours en usage politique : le baffe, la fessée, la correction -bref, la coup-de-pied-au-cul-thérapie. Dimanche dernier, c'est au PS que cette thérapie a été appliquée par les électrices et les électeurs français, appelés aux urnes (mais les désertant dans une proportion inhabituelle) pour renouveler leurs conseils municipaux (qui élisent les maires). Et l'instrument de la thérapie, ce fut le vote pour le Front National, qui pour la première fois peut se maintenir dans 229 villes au second tour en ayant obtenu plus de 10 % des suffrages, en arrivant en tête dans nombre d'entre elles, devant le PS (ou l'UMP, droite dite "républicaine", mais qui refuse le "pacte républicain" de désistement au profit du candidat le mieux placé pour battre le FN). Dans les villes de plus de 10'000 habitants, la droite recueille 46 % des suffrages, l'extrême-droite 9 %, la gauche 41 % (avec le Front de Gauche) et l'extrême-gauche 1,3 %. Motif de la sanction infligée au PS (et du cadeau fait au FN ? Exprimer le plus clairement possible un désaveu (pour user d'un euphémisme) du gouvernement et du président socialistes. En votant. faute d'alternative, pour l'extrême-droite ? Oui, même en se bouchant le nez.

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  • Modeste (?) appel à la gauche genevoise : Et si on arrêtait les conneries ?

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    élections, gaucheOn a toujours été ici de ceux qui considéraient que l'injonction « choisis ton camp, camarade ! » avait quelque chose de... comment dire ? comminatoire, simpliste, binaire... le genre «  classe contre classe »,« si t'es pas avec nous, t'es contre nous »... Mais franchement, est-ce qu'il n'y aurait pas des moments où «  choisir son camp » ne relèverait plus de la bête discipline (qu'on nous pardonne ce pléonasme) mais de l'intelligente cohérence ? des moment où il y aurait, pour faire dans la tautologie, un peu de l'identité de gauche d'un parti de gauche qui se jouerait dans le soutien (ou son absence) à une candidature de gauche ? Surtout quand la gauche ne pèse plus, toutes forces rassemblées (enfin, rassemblées, faut le dire vite...) qu'un tiers des suffrages... Et par sa propre faute... Il est vrai qu'on les a accumulées, les conneries ces deux dernières années..

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  • Gauche « morale » contre gauche « responsable » : Un débat à la con

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    Vendredi dernier, « Le Monde » titrait en « une » : « La guerre des gauches sévit dans la majorité » présidentielle française. Valls contre Taubira, PS contre Verts. Et de nous produire une « analyse des fractures idéologiques entre gauche 'morale' et gauche 'pragmatique' (...) entre idéalisme politique et réalisme économique ». Avec un appel du sociologue Jean-Pierre Le Goff à « briser l'influence du gauchisme culturel », un autre du dispensable Guy Sorman à faire émerger un « social-libéralisme à la française », sans oublier la rituelle dénonciation (par Eric Fassin cette fois) de la «droitisation du PS». La routine, quoi.  Un vrai faux débat à la con. Parce qu'enfin, on ne voit pas pourquoi « moral » (on préfererait d'ailleurs « éthique ») et « pragmatique » devraient s'opposer, ni en quoi tenir aux valeurs qui le fonde relèverait, pour un mouvement politique, de l'« idéalisme », ni en quoi les renier tiendrait du « réalisme »...

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