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  • Delenda Stadium !

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    Stade de la Praille :
    les mendiants reviennent et le Conseil d'Etat invente le trou rentier


    Nème épisode d'un feuilleton répétitif, celui du stade de la Praille : Accroché au trou de la Praille comme une huître à son pieu, le Conseil d'Etat propose au Grand Conseil un projet de loi attribuant à la fondation (privée) du stade une subvention annuelle de l'ordre de plus de deux millions chaque année pendant quatre ans, subvention renouvelable mécaniquement pendant toute la durée de vide du stade, soit encore au moins quarante ans. On vous laisse faire vous même la multiplication (quarante fois deux millions, ou plus si entente) pour obtenir le total final de ce nouveau racket des fonds publics. Bref, le Conseil d'Etat, en pleine crise économique, invente un nouvel instrument financier : le trou rentier. A deux millions par an pendant un demi-siècle. C'est beau comme du Madoff.

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  • Acharnement thérapeutique au chevet d'un club moribond : Roro, reviens !

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    Le Président de l'association du FC Servette, Francisco Vinas, a démissionné de son poste après avoir été conspué par les ultimes supporters du club et menacé physiquement par les plus crétins d'entre eux. Il était à la tête du club depuis la faillite de 2005. Rampant à la dernière place du classement de la " Challenge league " (en anglo-zurichois dans le texte), menacé de se retrouver en Première Ligue (en français dans le texte, mais ça doit être une erreur), le FC Servette n'a plus de président. Et une foultitude de bonnes âmes (dont not'bon Maire et le commis de régie du Conseil d'Etat) qui, apparemment, n'ont rien d'autre à foutre, s'agitent pour lui en retrouver un. Ce qui, à défaut de signaler une urgence quelconque, indique au moins que ce club sans supporters, sans public, mais avec un stade trente fois trop grand pour lui, est incapable de se sortir tout seul du merdier où l'ont plongé les incomparables gestionnaires qui étaient à sa tête. Il n'est apparemment apparu à personne l'évidence qu'on pouvait laisser le Servette se démerder tout seul. On ne voit pas ce que les " politiques " ont à faire dans cette histoire, mais on se demande déjà combien, après les dizaines de millions balancés dans le trou du stade, puis dans l'Eurofoot, le fétichisme " sportif " va encore coûter à la République et à la Commune.

    Faute de Balzac, du Labiche.

    De Luscher à Vinas en passant par Roger, les présidents successifs du FC Servette nous ont dessiné un joli tableau, une sorte d'échantillonnage de la comédie humaine genevoise : un politicard démagogue, un batteur d'estrade, un brave homme dépassé par les événements. Un Balzac en aurait fait une fresque -mais il aura fallu se contenter d'un sous-Labiche, un scénariste de série télévisée de fin d'après-midi. Quand un feuilleton s'enlise, que les personnages deviennent pitoyables, que l'intrigue se désagrège, les producteurs de " soap operas " ont généralement recours à une recette éprouvée : faire ressusciter un personnage qui dans les épisodes précédents avaient disparu de la circulation. Et là, avec le feuilleton du Servette, on l'a, le personnage qui pourrait redonner du tonus à une série calamiteuse : Roro le Magnifique, Marc Roger soi-même, celui à qui les Luscher et autres Carrard avaient vendu le FC Servette pour un franc symbolique. Celui qu'on a coffré pendant deux ans pour le condamner ensuite aux deux ans qu'il avait déjà fait. Au moins, avec Roro, on se marrait. Et son passage aura eu le mérite de mettre en évidence ce que le sport d'élite est devenu. Des trois présidents successifs du FC Servette, le premier fait une carrière politique, le second a fini au tribunal, et le troisième, le plus honnête des trois, a démissionné. Et après lui, qui ? un ancien joueur professionnel français passé dans l'immobilier ? Une famille d'investisseurs iraniens ayant déjà réussi à couler un club autrichien ? un successeur d'Alain Morisod à la tête d'UGS ? On attend avec gourmandise…

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  • Procès de Marc Roger : Le Bouc-émissaire en son enclos

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    Or donc, le procès du bouc-émissaire de la faillite du Servette, de celle de la société d'exploitation du stade, de la sous-occupation endémique dudit stade et de la relégation du Servette en ligue folklorique, s'est ouvert le 1er septembre devant le Correctionnelle. Outre le Parquet, pas moins de quinze avocats veulent la tête de Roro (et de Roro tout seul), au nom d'une vingtaine de joueurs qui, comme quelques notables locaux (Luscher, Carrard), jouent les andouilles et plaident la connerie : " on savait pas ", " on a été trompés ", " on n'a rien compris ".. Crédible ? Peu importe : quand on a un bouc-émissaire, on ne cherche plus de responsables..

    Roro et les cloches

    Selon ses accusateurs, Marc Roger aurait donc, tout seul avec ses petites mains, sa petite pelle et son petit seau, creusé dans le FC Servette un trou de 17 millions entre l'été 2004 et le début 2005. Il aurait fait preuve d'une " ambition démesurée et hasardeuse sur l'avenir du club " (il n'était pas le seul), se serait montré beaucoup trop optimiste sur le sponsoring et sur le nombre de spectateurs attirables dans le stade (est-ce qu'on pourrait nous rappeler le nom de tous les vendeurs de savonnettes qui nous assuraient qu'un stade de 30'000 places, c'était ce dont Genève avait besoin ?). Roro risque sept ans de gnouf (il en a déjà fait presque deux en préventive). Ceux qui lui ont refilé Servette, et ceux qui ont imposé à Genève un stade inutile et bouffeur de millions, ne risquent en revanche rien du tout. Sauf le ridicule, qui ne tue plus personne depuis longtemps. Surtout politiquement. Ce sont eux, pourtant, qui ont creusé l'essentiel du trou et laissé à Roger, pour un franc symbolique, un club en état de faillite. Mais ceux-là, les Luscher et les Carrard affirment hautement leur incompétence : " on s'est fait avoir par le Marseillais, putaing cong ! ". Une fois le procès terminé, et Roro condamné d'avance (on ne va jusqu'en Espagne rechercher un bouc-émissaire pour le relâcher ensuite dans la nature), il se passera quoi ? Rien que de très rituel. On ne prend pas forcément les mêmes, mais on recommence les mêmes conneries : main dans la main pour " sauver le Servette et le stade ", alors que c'est au Servette de se sauver tout seul et que le stade n'est pas sauvable, Manu et Mediamark sonnent le branle-bas. Mais quitte à donner dans la sonnerie, c'est le glas qui devrait s'imposer.

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  • Retour sur l'Eurofoot : MAIN BASSE SUR LA VILLE PRIVATISEE

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    Les matches de l'Eurofoot se sont joués dans des villes " hôtes " de Suisse et d'Autriche que leurs autorités, les autorités de leurs cantons et provinces et les autorités de leurs deux pays ont littéralement " louées ", à défaut sans doute de pouvoir les vendre, à l'UEFA, à ses sponsors, et aux " mandataires " plus ou moins prébendiers choisis pour les " animer " (et animer toutes les autres villes du pays, grâce par exemple aux " UBS Arena " ayant métastasé un peu partout). Mais cette privatisation de l'espace public est particulière : alors qu'habituellement, on privatise pour en retirer de l'argent, pour l'Eurofoot ce sont les collectivités publiques qui ont payé pour brader leur propre espace public. Et payé cher. Le brave comte de Sacher-Masoch n'a pas fait à Genève des émules que chez les banquiers privés : chez les responsables politiques aussi. Mais eux survivront.

    Ville-hôte-toi de là que j'y mette mon sponsor
    Ce que rendit visible l'Eurofoot à Genève (puisque nous y sommes), c'est la perfection d'un processus à l'œuvre depuis l'avènement du " sport-pognon " : ce règne du marketing, du petit et du gros commerce de tout ce qui peut se commercer (légalement ou non), aboutit logiquement à la privatisation de tous les espaces publics disponibles jusqu'à la ville elle-même, devenue marchandise. Dans les espaces publics gardés par des polices privées après avoir été vendus aux organisateurs des jeux du cirque et à leurs sponsors, on ne choisit pas la bière que l'on boit, on ne porte pas un vêtement à l'effigie d'une marque concurrente de celle du sponsor. Et pour que cette privatisation se fasse, se maintienne et puisse se répéter, pour que la ville puisse être vendue, il faut lui donner l'image que l'acheteur souhaite : on la purgera donc de ses mendiants, de ses marginaux, de ses dealers, de ses lieux culturels alternatifs. Ainsi se dessine des modèles de villes, d'habitants, d'activités. Le modèle de la ville, c'est Disneyland. Le modèle d'habitant, c'est le consommateur ne cherchant pas à consommer autre chose que ce qu'on lui offre. Le modèle d'activité, c'est le centre commercial. Et tout cela se fait avec au minimum l'accord, et souvent la participation active et revendicatrice, des autorités élues. " L'ambition souvent fait accepter les fonctions les plus basses : c'est ainsi qu'on grimpe dans la même posture que l'on rampe" disait Jonathan Swift. Rien n'a changé -sinon que l'on ne grimpe plus que dans les loges VIP, dans la même posture que l'on rampe devant l'UEFA.

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