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  • L'initiative antiburqa soumise au vote le 7 mars prochain

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    Plutot la vie.jpgGesticulation

    En pleine coronapandémie, le Conseil national avait trouvé le temps de débattre de l'initiative populaire crypto-udéciste  proposant l'interdiction de la dissimulation du visage sur la voie publique (dite initiative "antiburqa", puisqu'en réalité c'est bien de l'interdiction de cette seule dissimulation-là, l'islamiste, dont il s'agit), et avait par 114 voix contre 76 (UDC et une partie du PDC) appelé à la refuser, sans lui opposer un contre-projet direct. L'initiative sera donc soumise au peuple le 7 mars prochain. Le Conseil fédéral lui est également opposé, au nom du fédéralisme : elle empiète en effet sur une compétence cantonale alors que nombre de cantons se sont déjà prononcés sur des propositions du même genre que celle proposée par l'initiative : l'interdiction de la dissimulation du visage sur la voie publique (ce qui implique l'interdiction de la burqa et du niqab, des masques et cagoules, mais pas celle du hidjab), avec suffisamment d'exceptions possibles (sanitaires, motocyclistes, carnavalesques ou climatiques) pour que cette interdiction ne soit qu'un voeu pie, et se résume en celle de la dissimulation du visage des femmes sous prétexte religieux (elle serait d'ailleurs levée pour les lieux de culte...). Et encore : on voit mal (en fait, on ne voit pas du tout...) la police genevoise, bernoise ou tessinoise interpeller sur les quais ou dans les rues les épouses eniqabées des nababs du Golfe, de diplomates ou de hauts fonctionnaires internationaux).  La loi d'application (l'initiative est constitutionnelle, et donc inapplicable sans loi d'application) pourvoira sans doute à parfaire l'impuissance du texte soumis au vote, en soustrayant touristes et épouses de détenteurs de passeports diplomatiques à ses dispositions. Une initiative peut être porteuse d'un projet. Celle-là n'est qu'une gesticulation. Qui fera elle-même beaucoup gesticuler une fois le débat lancé avant le vote.

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  • La place financière suisse pourra continuer à financer la production d'armes : Victoire à la Pyrrhus ?

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    dansleschiottes.jpgL'initiative pour une interdiction du financement des producteurs de guerre a été refusée par le peuple et les cantons, le parlement fédéral n'aura donc pas à rédiger une loi d'application (avec la ferme intention de l'appliquer la moins possible) mais 42% des votantes et des votants l'ont soutenue, et trois cantons et demi l'ont acceptée. Cette défaite est plus qu'honorable, face au lobby de l’armement et à celui de la finance, à toute la droite et au Conseil fédéral. Les producteurs de matériel de guerre pourront donc continuer à être financés par les fonds de pension des retraités suisses (et les grandes banques, et la Banque Nationale). Une victoire pour la place financière suisse, sans nul doute. Mais une victoire à la Pyrrhus : l'initiative a été acceptée (à 51 %) dans les villes et plébiscitée par la gauche (90 % de l'électorat vert, 81 % de l'électorat socialiste). Et depuis le rejet en 2009, à 68 %, de l'initiative contre l'exportation de matériel de guerre, le vote en faveur d'un texte du GSsA a progressé de dix points. De bonne augure, avant le vote sur une nouvelle initiative, celle pour une interdiction des exportations d'armes vers des pays en guerre, et pour la récolte de signatures pour une nouvelle initiative contre l'achat de nouveaux avions de combat. Il a raison, le secrétaire général du Groupe romand pour le matériel de défense et de sécurité, Philippe Zahno : "il va falloir poursuivre nos efforts et notre travail de communication auprès de la population" pour lui expliquer que le matériel militaire suisse ou dans la fabrication de quoi des acteurs économiques suisses investissent ne fait de mal à personne. Jamais. Nulle part. D'ailleurs, ce n'est même pas du matériel militaire, mais des outils de bricolage, des pétoires de collection et des instruments de tir sportif.

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  • Votations fédérales :  Pas déçus en bien...

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    Capture d’écran 2020-11-29 203024.jpgAprès une campagne qui fut celle d'une mobilisation jamais vues depuis longtemps, la déception est au rendez-vous : on aurait bien aimé être surpris d'un résultat démentant nos prévisions, on ne sera pas "déçus en bien"  puisque l'initiative pour des entreprises responsables, acceptée (comme espéré) par une petite majorité (40'000 voix d'avance) du peuple suisse, a été refusée (comme prévisible) par une majorité des cantons, l'initiative contre le financement des armes de guerre étant refusée par le peuple suisse et les cantons (mais acceptée à Genève, dans le Jura, à Bâle-Ville et à Neuchâtel). On reviendra un de ces jours sur la seconde initiative, on s'en tiendra ici à la première : l'initiative pour des entreprises responsables ayant succombé à la vieille règle confédérale de la double majorité du peuple et des cantons, le contre-projet indirect entrera en vigueur, sans avoir été soumis au vote. Ce contre-projet est une tartufferie, un semblant de tout petit pas qui n'aurait même pas pu être fait si l'initiative n'avait exercé une pression et suscité une crainte suffisante pour que la droite parlementaire, et les multinationales elles-même, se résolvent à le proposer. Voilà donc la Suisse dotée d'une loi qu'il va falloir renforcer. Beaucoup renforcer. Sous pression européenne, puisque l'Union européenne va se doter d'une directive sur la responsabilité des multinationales, qui ressemblera beaucoup à ce que proposait l'initiative, ce qui nuance notre déception d'un soupçon de ricanement : que la Suisse ne soit pas membre de l'Union européenne n'exemptera pas "nos" multinationales des obligations posées par cette directive, puisqu'elle s'appliquera à toutes les entreprises actives dans l'Union Européenne -y compris, donc, des entreprises suisses ayant leur siège en Suisse... qui hurlaient à la mort à l'idée de devoir se retrouver devant des tribunaux suisses mais qui pourront être accusées devant des tribunaux européens... Amusant, non ?

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  • Initiatives populaires soumise au vote dimanche : Partie gagnée ou partie remise ?

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    La procédure constitutionnelle encadrant le droit d'initiative est telle que l'acceptation d'un texte proposé dans ce cadre n'est qu'exceptionnellement accepté : la double majorité du peuple et des cantons est un obstacle considérable. Les derniers sondages sur les intentions de vote lors du scrutin de dimanche laissent supposer qu'aucune des deux initiatives populaire que nous soutenons n'obtiendra cette double majorité (à nous de les faire mentir, ces sondages), mais que toutes deux pourraient obtenir celle qui nous importe le plus, celle du peuple (à nous de les confirmer sur ce point, ces sondages). Si tel devait être le cas, elles ne seraient évidemment pas acceptées, mais elle seraient constitutives d'un nouveau rapport de forces pour un contrôle plus réel des actes des entreprises et de ceux des investisseurs. De sorte que, même si la partie ne devait pas être gagnée, elle ne serait alors que remise. Car nous sommes constants et endurants. Récidivistes et relapses.

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  • Le véritable contre-projet des multinationales à l'initiative pour des "entreprises responsables" : "C'est pas moi, c'est l'autre"

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    Syngenta exporte des pesticides très toxiques,interdits en Suisse et dans l'Union Européenne. LafargeHolcim exploite au Nigeria une cimenterie qui pollue l'air et les sols  et empoisonne les voisins. Glencore contrôle des mines qui font travailler des enfants. Mais dans une pleine page achetée au "Matin Dimanche", Glencore se défend, sur le mode de "c'est pas moi, c'est l'autre" : ce n'est pas moi, Glencore, qui "pollue l'eau, empoisonne les enfants et encourage le travail des enfants", ce sont les "coopératives minières locales (...) soumises au contrôle de la société minière d'Etat" et pas à celui de Glencore, qui ne peut "pas décider du lieu où les coopératives opèrent, ni de leurs conditions de travail".  Et Glencore ne peut pas contrôler si les coopératives font ou non travailler des enfants, "elles sont indépendantes". D'ailleurs, c'est à peine si Glencore les connaît. La multinationale n'est même pas "responsable, pas coupable", elle n'est ni responsable, ni coupable, totalement étrangère à ce qui se passe sur le terrain, et de ce que font les entités qui travaillent pour elles. C'est cela, le contre-projet des multinationales à l'initiative pour des "entreprises responsables" de leurs actes : des multinationales irresponsables des actes de leurs sous-traitants locaux...

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  • Initiative pour des"Entreprises responsables" : Un débat politique, pas un débat religieux

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    Capture d’écran 2020-11-16 011958.jpgLe débat sur l'initiative pour des "entreprises responsables" fait rage. Et quoique les églises y prennent part en soutenant l'initiative, ce qui est leur droit le plus strict en tant qu'organisations sociales et culturelles comme bien d'autres (c'est ce qu'elles sont, dans une société sécularisée), ce n'est pas un débat religieux mais un débat politique. Pas un débat entre le bien et le mal mais un débat entre l'efficace (l'initiative) et l'inefficace (le contre-projet). D'ailleurs, les opposants à l'initiative passent leur temps à dire qu'elle poursuit des "buts louables", et qu'ils ne s'y opposent que parce qu'elle "va trop loin". Et nous, partisans de l'initiative, passons le même temps à dire qu'elle ne va que là où elle doit aller, vers ses buts "louables", alors que le contre-projet, lui, ne va nulle part. Ce pourquoi les "milieux de l'économie" et la plupart des grands patrons (mais pas tous) le soutiennent avec une ardeur aussi suspecte que leur conversion à une responsabilité des actes de leurs entreprises cimentières, agroalimentaires, minières, bancaires  : Le Crédit Suisse nous apprend, dans une pleine page de pub dans les quotidiens,  qu'il "partage (les) objectifs de 'initiative, à savoir améliorer encore la protection des droits de l'homme et de l'environnement" et qu'"il ne fait aucun doute que les entreprises doivent assumer la responsabilité de leurs activités". Et que telle est sa conviction, on doit le croire sur parole. D'Evangile.

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  • Initiative contre le financement des producteurs de matériel de guerre : 51 % de "oui", c'est trop peu..

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    financement des armes de guerre.jpgLe deuxième sondage Tamedia sur les intentions de vote lors du scrutin du 29 novembre donne toujours une majorité en faveur de l'initiative contre le financement des producteurs de matériel de guerre, avec 51 % d'intentions de la soutenir, et plus de 60 % de soutien chez les femmes. La gauche soutient massivement ce texte, la droite le rejette clairement, le centre est indécis (40 % de "oui" au PDC). Ce sondage ne présage nullement de l'acceptation de l'initiative lors du vote populaire, d'autant qu'il lui faut la double majorité du peuple et des cantons : 51 % d'intentions de vote, ce n'est de loin pas assez. Et le vote se profile, pour plus tard,  sur une autre initiative contre les exportations d'armes, visant à interdire cette exportation "dans des pays en proie à la guerre civile". Cette initiative est la cible d'une proposition du Conseil fédéral de lui opposer un contre-projet indirect, c'est-à-dire une loi qui, si elle était acceptée, entrerait en vigueur si l'initiative était refusée. Et là encore, il va falloir batailler dur pour l'emporter... Aux armes politiques, citoyens !

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  • Initiative pour des multinationales responsables de leurs actes : Fiat Lux !

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    Capture d’écran 2020-11-06 035355.jpgLe deuxième sondage Tamedia sur les intentions de vote lors du scrutin du 29 novembre donne toujours une nette majorité en faveur de l'initiative pour des "multinationales responsables" (de leurs actes), avec 57 % d'intentions de la soutenir, et près ou plus de 65 % de soutien chez les femmes, les moins de 35 ans et les habitants et habitantes des villes. La gauche soutient massivement ce texte, la droite le rejette clairement, le centre est indécis (44 % de "oui" au PDC). Du coup, fort inquiets, les opposants à l'initiative  tentent tout ce qu'ils peuvent pour rendre le débat confus et le verdict incertain. Il reste trois semaines pour dissiper ces ombres: Fiat Lux !

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  • Que faire de la nouvelle loi sur le CO2 ?

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    bris de verre.jpgTrop petit pas (tapon) ?

    En août, la Grève du climat annonçait vouloir remettre la pression sur les institutions, après l'adoption de la loi fédérale sur le CO2, pour aller plus loin que la loi. Et en septembre, les groupes romands de la Grève du climat annonçaient vouloir lancer, ou soutenir, un référendum contre cette même loi, qu'on voulait en août dépasser, et qu'on veut en septembre abroger -ce qui aboutirait à un statu quo, inconciliable avec toute reconnaissance de l'urgence d'une réponse à la dégradation climatique. La loi CO2 ne prévoit que de réduire de 50 % les émissions de CO2 en 2030 (par rapport à 1990), au lieu que de les ramener au niveau de 1990, et ne se fixe comme objectif que 75 % de ces réductions soient effectuées en Suisse, au lieu que d'y effectuer 100 % et de renoncer à ratifier le"marché des droits de polluer" ailleurs,  accordé aux pollueurs depuis le protocole de Kyoto. Il  faudra la purger de cette compromission (comme d'autres), mais refuser la loi ne serait pas refuser "le droit de polluer", puisque ce droit est accordé sans elle. Si rien n'est fait (et si la loi devait être refusée), la Suisse prendrait part à un scénario planétaire de 6°C d'augmentation de la température. La nouvelle loi, adoptée un an et demi après le refus du premier projet,  renforce la faible protection climatique dont la Suisse s'est dotée. Elle ne la renforce pas assez, mais un refus de la loi laisserait cette protection dans l'état où elle est actuellement, et la priverait même de base légale puisque la loi de 2011 ne court que jusqu'à la fin de l'année -et c'est précisément ce que cherchent l'UDC et ses alliés (l'Automobile Club, l'association des aérodromes, le Centre patronal vaudois, le lobby pétrolier). Et d'en appeler, pour refuser la loi (et donc signer le référendum) aux propriétaires de maisons individuelles, aux habitants des régions de montagne et, évidemment, à la "classe moyenne". La loi CO2 attaquée par l'UDC et ses alliés fait un petit pas", juge la climatologue Martine Rebetez. Elle va un peu plus loin (notamment en introduisant une taxe sur les billets d'avion) que le projet initial du Conseil fédéral, que les socialistes et les Verts avaient refusée lorsqu'elle avait été soumise aux Chambres fédérales. La nouvelle loi, nul à gauche n'en disconvient, est insuffisante : elle ne permet pas de relever le défi du réchauffement climatique et elle accorde à la place financière une sorte d'immunité sur les effets de ses investissements dans les énergies fossiles et les activités génératrices de CO2.  Mais ces insuffisances sont-elles une nuisance telle qu'il s'imposerait de combattre la loi par un référendum aux côtés de l'UDC, du lobby pétrolier et du patronat le plus réac, par un référendum, plutôt que la renforcer, la compléter, l'élargir ?

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  • "Multinationales responsables" : rien n'est encore joué

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    Le mois le plus long

    A en croire les derniers sondages, l'initiative "Pour des entreprises responsables" serait acceptée (à 57 % selon un sondage Tamedia de la mi-octobre) par le peuple -mais une initiative populaire doit aussi obtenir une majorité des cantons. Des majorités écrasantes des électorats socialistes et verts (plus faible chez les Verts libéraux) la soutiennent, une moitié de l'électorat PDC la soutient plus ou moins fermement, ainsi que des minorités de l'UDC et du PLR. Les femmes lui sont également très favorables (à 66 %) à l'initiative), et les Romands le sont un peu plus que les Alémaniques et les italophones. Rien n'est cependant joué -non seulement du fait de l'obstacle de la double majorité du peuple et des cantons, mais aussi du fait des hésitations de l'électorat centriste (malgré l'engagement des églises), et de la campagne des adversaires de l'initiative. Il nous reste un mois pour imposer aux multinationales d'assumer leurs responsabilités : le mois le plus long...

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  • Initiative contre le commerce des armes : L'argent suisse tue

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    vignette commerce des armes,jpg.jpgLe 29 novembre, on ne votera pas seulement pour des "multinationales responsables" de leurs actes, on votera aussi pour une Suisse responsable de sa puissance financière , autrement dit contre le financement des producteurs d'armes de guerre. Abritant un pour mille de la population mondiale, la Suisse gère 25 % de la fortune mondiale, soit 7000 milliards de francs d'actifs. Une initiative, lancée par le Groupe pour une Suisse sans armée, déposée en juin 2018 et soutenue par la gauche et par nombre d'ONG (dont Terre des Hommes), veut interdire aux fondations et institutions de prévoyance, et à la Banque nationale, de financer (par des prêts, des crédits, des donations, des acquisitions de titre) des entreprises réalisant plus de 5 % de leur chiffre d'affaire avec du matériel de guerre. Le texte demande en outre que la Confédération s'engage pour que les banques et les assurances soient soumises à la même interdiction. Le Conseil national a, sans surprise,  l'initiative et renoncé à lancer un contre-projet. Et la droite, comme attendu, et tout uniment (contrairement à son état face à l'initiative pour des multinationales responsables de leurs actes)  a, par la voix du ministre de l'Economie, l'UDC Guy Parmelin, agité le spectre, un peu fatigué, de la mise en danger de l'économie, de la place financière et des PME Agiter ce spectre, ça eut payé... faisons en sorte que ça paie plus. Car l'argent suisse tue. Ailleurs.

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  • Mobilité : Un vote populaire qui permet de concrétiser une loi

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    giacometti.jpgCohérences

    La suppression facilitée de places de parcage en surface a été clairement (à 58,55 %) approuvée par les votantes et tants le 27 septembre, à Genève. C'est une victoire du Conseiller d'Etat PDC Dal Busco, soutenu par toute la gauche, par son propre parti et par le PLR, mais attaqué par la droite de la droite (l'UDC, le MCG) et le lobby bagnolard. Les Genevois avaient déjà plébiscité le compromis de 2016 pour une mobilité cohérente" et le soutien à la mobilité "douce", ils en ont plébiscité dimanche l'une des mises en oeuvre : la libération de l'espace public de surface pour autre chose qu'y stocker des bagnoles. C'est une douce victoire pour les partisans de la mobilité douce, ne serait-ce que parce que c'est une nette défaite pour le camp des référendaires (l'UDC, le MCG, le TCS et une organisation de petits patrons). Le score en ville ne faisait guère de doute (il est supérieur, comme à Carouge, au score cantonal), mais  les autres villes et les communes périphériques ont aussi (sauf Vandoeuvres et Gy) voté l'assouplissement de la règle de compensation des places de parking supprimées, alors qu'on pouvait craindre que le confort de pouvoir stationner au centre-ville y incite à soutenir la règle de compensation absolue. Ainsi, le vote des Genevois et voises a-t-il été à la fois cohérent d'une commune à l'autre et avec l'air du temps

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  • Deux référendums contre la loi fédérale sur le CO2 : Tout ou rien ?

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    tortues.jpgUn référendum est donc lancé contre la loi CO2. Deux référendums, en fait : un annoncé par l'UDC et ses satellites, un autre par la grève climatique romande et la gauche de la gauche. Ces deux référendums ne se concurrencent pas, ils s’additionnent. Et si, comme probable, ils aboutissent ensemble, on votera donc sur la loi. Et là encore, les "non" de l'UDC et les "non" de la grève climatique et de la gauche de la gauche s'additionneront : on est dans une pure logique majoritaire, où les motivations des votes ne pèsent, arithmétiquement, en rien sur le résultat et où voter "non" parce que la loi ne va pas assez loin (et en effet, elle est loin de répondre aux exigences de l'urgence climatique)  équivaut à un "non" parce que la loi va trop loin... Le dilemme est le même que celui auquel nous faisions face avec le projet de congé-paternité au rabais, accepté le 27 septembre :  loin de ce pourquoi nous nous battons, mais un premier pas (même un tout petit premier pas) vers cet objectif : un véritable congé parental. Un premier pas, ou un socle sur lequel appuyer un projet plus ambitieux. Fallait-il alors refuser de le faire, ce tout petit premier pas ? Va-t-on plus loin en refusant d'avancer un peu ? Nous avons toutes et tous, de la droite la moins à droite à la grève féministe en passant par toute la gauche accepté de le faire. Le même choix se pose face à la loi CO2 votée par les Chambres : elle est bien en deçà de ce qu'elle devrait être, mais elle est aussi un premier pas vers là où nous voulons aller. Plusieurs organisations et mouvements qui avaient appelé à voter pour le premier pas d'un congé paternité appellent à un référendum contre le premier pas vers une véritable loi climatique. Cette logique du "tout ou rien" n'a guère d'effet positif que l'unité de position de SolidaritéS et du Parti du Travail. C'est bien, mais un peu insuffisant pour que nous nous y rallions. Ou alors, juste histoire de prendre une jolie posture de radicalisme. ça sert à rien, mais ça fait du bien par ou ça passe...

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  • Initiative pour des "multinationales responsables" : Une évidence à soutenir

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    WORLD-CO.jpgLe 30 septembre dernier, deux conférences de presse de droite engageaient la campagne sur l'initiative "pour des multinationales responsables" : une conférence de presse pour combattre l'initiative, une autre pour la soutenir. Les présidents du PLR,du PDC et de l'UDC ont sonné le tocsin contre l'initiative, ceux du PBD et du Parti évangélique  et des élus Verts libéraux et démocrates-chrétiens l'angelus pour l'initiative. On va vivre une étrange campagne, à droite du champ politique (à gauche, pas de problème, tout le monde est pour). Ce que l'initiative demande tient de l'évidence : les entreprises qui ont leur siège en Suisse doivent rendre compte de leurs actes à l'étranger , et celles qui causent des dommages à l'environnement et violeraient des droits humains doivent en être tenues pour responsables devant la justice.  Autrement dit : les multinationales doivent assumer leurs actes. Celles qui n'ont pas à se reprocher des violations des droits fondamentaux n'ont rien à craindre, seules celles qui se comportent comme des gougnafières, et seules les multinationales (les PME ne sont pas concernées) sont visées : comme le rappelle le démocrate-chrétien fribourgeois Dominique de Buman, "seuls quelques groupes ne respectent pas les droits humains. Il faut les empêcher d'agir de la sorte". Et seule l'initiative peut y contribuer, pas le contre-projhet insipide des Chambres fédérales, du Conseil fédéral et des multinationales elles-même.

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  • L'initiative udéciste rejetée, la cible, désormais, c'est l'"accord-cadre"

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    D'un refus l'autre

    Le rejet, net et sans bavure, à 61,7 % des suffrages, et par tous les cantons sauf quatre (dont le Tessin, mais à une majorité bien moindre qu'attendue) de l'initiative udéciste ouvre le débat sur, et le combat contre, l'accord-cadre avec l'Union Européenne et ses 27 Etats-membres. Un accord très mal parti, dans sa formulation actuelle : patronat et syndicats s'y opposent, et demandent une renégociation sur trois points : la protection des salaires, les aides étatiques aux services publics et à certains secteurs de l'économie et l'octroi (que le patronat refuse) des aides sociales aux ressortissants européens. "L'accord institutionnel (doit être) retravaillé de fond en comble", assène le président de l'Union Syndicale, Pierre-Yves Maillard. Or cette renégociation, l'Union Européenne n'en veut pas. Et la présidente de la commission, Ursula von der Leyden attend du Conseil fédéral qu'il fasse "signer et ratifier l'accord cadre que nous avons négocié en 2018". Cet accord, précisément, qu'il est illusoire de faire accepter par le peuple suisse. Il ne peut en effet être question pour la gauche politique et syndicale de soumettre le cadre légal et constitutionnel aux dérégulations libérales que pourrait décider la Cour européenne de justice. Quant à l'UDC, outre son tropisme europhobe, qui le fera par réflexe refuser tout accord avec l'UE, c'est le droit des ressortissants européens aux aides sociales suisses qui la hérisse le plus. Qu'importe : pour nous, puisque nous nous sommes débarrassés (fût-ce avec l'aide du patronat) de l'initiative de l'UDC, la cible, désormais, c'est l'"accord-cadre". Fût-ce avec l'aide de l'UDC.

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  • 23 francs de l'heure, ce n'était pas trop demander

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    La belle victoire

    23 francs de l'heure, ce n'était pas trop demander, et c'est la plus belle victoire de dimanche, parce qu'on l'avoue, on n'y croyait pas trop, à nos chances de faire accepter l'initiative syndicale pour un salaire minimum, soutenue par toute la gauche, mais confrontée à une furieuse campagne du patronat et de la droite sur le thème connu, rebattu et lassant de "ça va tuer l'économie". On n'y croyait pas trop, à cette victoire, et on avait tort : le résultat est sans appel : 58 % de "oui". Les images des files d'attente de la distribution de colis alimentaires, la révélation que dans ces files, il y avait d'abord une forte minorité, puis une majorité, de travailleuses et de travailleurs légaux, à plein temps, dont le salaire (quand encore il tombait encore) était insuffisant pour leur permettre de se passer d'aide sociale, ne sont sans doute pas pour rien dans cet adoubement par le peuple d'une proposition qu'il avait auparavant refusé deux fois. En 2011, 54 % des votants la refusaient encore. La troisième tentative fut la bonne : on avait applaudi les mal-payés pour leur travail en temps de pandémie, on a soutenu leur droit à être payés comme il convient, au minimum, de les payer. Et ça fait du bien par où et comme c'est passé.

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  • Votations fédérales et cantonales : Alors quoi, elle vient, cette dernière heure ?

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    dansemacabre.jpgIl y avait, à Genève, pas moins de dix objets au menu des votations d'hier. Et pour six d'entre eux (trois objets fédéraux, trois objets cantonaux), on nous promettait une catastrophe s'ils étaient, soit acceptés, soit refusés. Il eût été surprenant que tous les prononcements populaires soient de nature à écarter toutes les prédictions apocalyptiques. Et notre mauvais esprit nous incitait même à espérer que pour certains d'entre eux, le choix populaire soit précisément celui que les uns ou les autres exorcisaient. Histoire de vérifier que la dernière heure annoncée allait sonner, que les haricots étaient proche de leur fin et que les cavaliers de l'Apocalypse étaient pas prêts à déferler sur, pantelantes, la Suisse ou Genève. Mais il faudra bien qu'on en rabatte de nos attentes : ni le salaire minimum ni "Zéro pertes", ni la suppression possible de 4000 places de parcage de bagnoles en surface ne sonneront la dernière heure du Grand Soir. Damned, encore raté !

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    Lien permanent Catégories : Genève, Politique, votations 2 commentaires
  • Les besoins, les moyens, l'impôt... et les budgets

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    "Zero pertes" de prestations et de ressources fiscales

    Lancée au printemps 2018 par la gauche, l'initiative "Zéro Perte", soumise au vote deux ans  et demi plus tard, dimanche (vous avez encore deux jours pour voter par correspondance -après, il vous faudra déposer vous-mêmes votre bulletin eu service des votations ou dimanche matin au local de vote) entend fixer un cadre aux réformes fiscales (celles de ces 25 dernières années ont multiplié les cadeaux aux contribuables les plus aisés et ont coûté plus d'un milliard aux caisses publiques) : réduction de la concurrence fiscale entre cantons, préservation du financement des services publics et des prestations à la population, maintien du niveau des recettes fiscales, renforcement de la progressivité de l'impôt. L'initiative a été lancée deux ans avant l'arrivée du coronavirus. Six mois après cette survenue, elle est plus pertinente encore, en posant la question, centrale, du rôle de l'impôt, et plus précisément encore de l'impôt direct, pour la préservation des prestations et des services publics. Une petite piqûre de rappel sur cette fonction de l'impôt n'est pas inutile, même à gauche, en temps de crise sociale et de débats budgétaires, de besoins accrus d'une population et d'une précarité en croissance continues.

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  • Instauration d'un salaire minimum légal à Genève : 23 francs de l'heure, c'est trop pour qui ?

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    On saura dimanche soir si demander dans une des villes les plus riches et les plus chères du monde que l'on puisse être payé au moins 23 francs de l'heure, soit 4086 francs mensuels pour 41 heures de travail par semaine (c'est le projet d'instauration d'un salaire minimum légal) relève du délire maximaliste, à Genève,ou une personne sur cinq n'arrive pas à subvenir à ses besoins malgré les revenus qu'elle tire de son travail,  et où plus de 30'000 salariées et salariés, travaillant à plein temps, gagnent moins que ces 23 francs de l'heure, les deux tiers d'entre elles et eux étant des femmes. Ces travailleuses et travailleurs pauvres représentent 10 % des salariés employés à Genève, près de 40 % dans l'hôtellerie-restauration. Et la moitié d'entre elles et eux touchent moins de 3500 francs (le salaire minimum de la convention collective du secteur stagne à 3470 francs par mois). Dans l'économie domestique aussi, un salaire minimum de 23 francs représenterait une amélioration considérable de la situation de celles (essentiellement) et ceux dont le salaire minimum actuel se traîne à 19,50 francs de l'heure, soit 3801 francs brut par mois pour 45 heures de travail par semaine. Dans la blanchisserie, le salaire horaire est de 19,60 francs, dans la coiffure il est de 17,976 francs, dans l'agriculture de 17,50 francs... Et celles et ceux qui occupent un "emploi de solidarité" sont le plus souvent payés 3225 francs par mois. Comment vit-on à Genève avec si peu ? Et combien gagnent ceux qui clament que 23 francs de l'heure, 4080 francs par mois, c'est trop ? Et combien paient-ils leurs femmes de ménage (s'ils les paient encore, et ne les ont pas renvoyées à l'aide alimentaire depuis la covid) ?

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    Lien permanent Catégories : Genève, Travail, emploi, votations 1 commentaire
  • Dis Tonton, il n'est plus pour la suppression de l'armée, le PS ?

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    AVION.GIFTactique en toc

    Comme on le sait, ou devrait le savoir, le Parti socialiste suisse appelle à voter "non" à l'achat de nouveaux avions de combat. Mais ce refus , sur quoi s'appuie-t-il ? sur des arguments d'opportunité, de coût, de contexte international. Le PS ne remet pas en cause l'achat de nouveaux avions de combat, il remet en cause  le type et le coût des avions qui seront achetés. Et il propose d'en acheter d'autres. Une telle position ne peut se comprendre que comme une tentative d'attirer vers le refus une partie de l'électorat acquis au principe même d'une aviation militaire"moderne", mais critique sur la matérialisation de ce principe. Cet électorat-là soutiendrait l'achat de nouveaux avions, mais pas du genre de ceux que le Conseil fédéral propose d'acheter : des avions plus petits, moins chers. Pas des Rafale, mais des Mig ? des Spitfire ? des Blériot ? Le PS tient  iciun discours tactique en toc, qui rate sa cible : il ne convainc pas ceux à qui il s'adresse (tout indique que le budget d'achat des gros navions sera accepté par le peuple, sauf peut-être, espérons-le, dans les cantons traditionnellement antimilitaristes, le Jura, Genève,  qui avaient, en 1989, accepté la suppression de l'armée), et il dévalue la position de principe du PS, celle de son programme : la suppression de l'armée, précisément... Allez, camarades, un peu de courage, relisez notre programme : il ne propose pas l'achat d'avions de combat M-Budget, il propose l'abolition de l'armée... y compris celle de l'air...

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