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  • Nouvelle loi fédérale sur le CO2 : Un OUI de raison critique, pas de passion aveugle.

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    pot d'échappement.jpgLe 13 juin prochain, la Suisse votera (ou non) la nouvelle Loi sur le CO2, attaquée en référendum par les lobbies du pétrole et de l'automobile, soutenus par l'UDC.  Fonte des glaciers, sécheresse, glissements de terrains : le réchauffement climatique se vérifie très concrètement, très immédiatement, et ses effets, reconnaît le gouvernement, sont "dangereux et coûteux"  Le but de loi proposée est de réduire de moitié en dix ans les émissions de CO2 mesurées à leur niveau de 1990, et, à terme, de pouvoir se passer complètement en Suisse d'énergie fossile, forcément importée (la Suisse a dépensé 80 milliards de francs en dix ans pour acheter à l'étranger du gaz naturel et du pétrole), pour la remplacer par des énergies renouvelables, et le plus souvent possible indigènes. Pour atteindre ce double objectif (la réduction des émissions de CO2, la substitution énergétique), la loi conjugue taxes (sur les billets d'avion), incitations financières, investissements dans les nouvelles technologie et redistribution (une grande partie des nouvelles taxes incitatives sur le CO2 sera reversée à la population, particulièrement aux personnes et ménages à bas revenus). De quoi, le 13 juin, lui accorder un soutien. Critique, insatisfait, certes, mais un soutien sans plus de réticence que celles qui doivent toujours accompagner notre soutien à quelque projet que ce soit (même les nôtres). Un OUI de raison critique, pas de passion aveugle.

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  • Loi fédérale sur les mesures policières "antiterroristes" : Retour de la police fouineuse ?

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    trou de serrure.jpgLe 13 juin, le peuple se prononcera (notamment) sur une loi de mesures policières "antiterroristes" adoptée par les Chambres fédérales en septembre de l'année dernière et contre laquelle un référendum a abouti, lancé par la Jeunesse socialiste, les Jeunes Verts et Verts libéraux, le Parti pirate et le "Computer Chaos Club". Une large coalition d'ONG a lancé fin mars sa campagne contre cette loi, qui donnerait à la police fédérale le pouvoir d'user de mesures de contraintes contre des personnes (même mineures) n'ayant commis aucun délit mais jugées potentiellement dangereuses. "Même une action de protestation légitime pourrait être poursuivie comme 'acte terroriste'", dénonce Amnesty International. Pour le comité  de campagne contre la loi, elle met en danger des droits fondamentaux et est porteuse d'un risque d'arbitraire policier, dès lors qu'elle laisse à la discrétion de la police fédérale des décisions qui devraient relever de la justice, et à la police la capacité de décider de ce qui est du terrorisme et décider de mesures de contrainte, sur la seule base d'indices, voire de soupçons, mais sans preuves, et sans même qu'aucun acte répréhensible ait été commis. Retour de la police fouineuse ?

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  • Préavis municipal sur le projet de Cité de la Musique : Un NON politique

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    Cité de la Musique, maquette.jpgLe 13 juin, les habitantes et les habitants de la Ville de Genève y disposant du droit de vote se prononceront sur le préavis municipal au plan localisé de quartier devant permettre l'installation dans le quartier des Nations d'une "Cité de la Musique" largement financée par la Fondation Wilsdorf. L'installation d'une institution culturelle importante dans un quartier qu'on ne peut guère qualifier que de trou du culturel de la Ville,  lui donnerait en effet un sens et une vie, quand il n'en a guère. L'implantation du projet de la Cité de la Musique est son meilleur argument, et vouloir le déplacer ailleurs, par exemple au PAV, n'a aucun sens. Tout le reste est, ou doit être, ou devenir, discutable, négociable. A commencer par la place donnée aux différents acteurs accueillis (dans le projet actuel, la Haute Ecole de Musique et l'OSR s'y taillent la part du lion) et à ceux qu'il n'est pas prévu d'accueillir. Et à continuer par le sort à réserver au bois privatif (évoquer une forêt serait excessif) qui occupe une grande partie de l'espace prévu pour la Cité de la Musique, et à la villa "La Feuillantine". Ce n'est donc pas un raisonnement environnemental, ni un raisonnement architectural qui nous convainc de nous préparer à voter "NON" au préavis municipal au projet de Cité de la Musique, c'est, qu'on nous pardonne, un raisonnement politique :   ce "NON" est le seul moyen de pousser à une évolution du projet, qui fasse, avant la décision cantonale, une plus large place à d'autres musiques que celles patrimoniales.

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  • Deux fois OUI pour en finir avec les pesticides dans l'agriculture suisse

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    pesticides

    Changer d'air, d'eau, de terre...

    Le 13 juin, deux initiatives populaires "anti-pesticides" seront soumises au vote du peuple et des cantons  : la première propose l'interdiction dans les dix ans des pesticides de synthèse; la seconde, "Pour une eau potable propre et une alimentation saine"de ne plus accorder dans un délai de huit ans de paiements directs qu'aux exploitations agricoles n'usant pas de tels pesticides, ni, pour l'élevage, d'antibiotiques. Ces deux textes sont dans l'air (pur) du temps : en 2017, selon un sondage, les deux tiers des Suisses.ses se prononçaient pour un usage plus rare des pesticides dans l'agriculture, la moitié étaient favorables à ce que les subventions publiques à l'agriculture soient réservés à sa part biologique (10 % de la production indigène en 2019) et les trois quarts n'admettaient pas la présence de pesticides dans l'eau potable. Les organisations agricoles et la droite vont faire campagne, avec le Conseil fédéral contre ces initiatives, qui, selon elles et lui, vont "mettre en péril toute la production agricole non biologique". En face (c'est-à-dire de notre côté), on notamment trouve Uniterre, Bio suisse (regroupement des producteurs bios), l'Association des petits paysans, Pro Natura, Aqua Viva et les Médecins pour l'environnement, qui soutiennent généralement (comme nous, ici) les deux initiatives, certaines organisations ne soutenant que la première (celle qui interdit les pesticides).

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  • Le PS de la Ville de Genève soutient le projet de Cité de la Musique

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    Cité de lamusique.jpgQue se fasse le débat...

    Le référendum  lancé contre le préavis favorable donné il y a six mois par le Conseil Municipal de la Ville de Genève au plan localisé de quartier devant permettre la construction par la Fondation Wilsdorf d'une Cité de la Musique près de la place des Nations, ayant abouti, les habitantes et habitants adultes de la Ville se prononceront le 13 juin, sur ce préavis favorable à un projet que le PS a décidé hier soir de soutenir. Le référendum a été lancé  pour des raisons aussi diverses que les forces qui le soutiennent : associations de quartier, défenseurs des arbres (130 devraient être abattus et remplacés, les plus anciens étant préservés), défenseurs du patrimoine (la villa La Feuillantine, datant de la fin du XIXe siècle, serait détruite), artistes indépendants, partis politiques de droite (UDC) ou de gauche (SolidaritéS, Parti du Travail, Verts), les uns dénonçant le "gigantisme" du projet, d'autres l’abattage d'arbres et la destruction de la villa, d'autres encore le fait que cette Cité de la Musique sera surtout celle de deux institutions musicales, l'OSR et la Haute école de Musique, alors que d'autres formes de musique et d'autres musiciens auraient besoin d'un soutien accru, d'autres enfin craignent que les frais de fonctionnement de l'institution (au moins 14 millions par année) ne retombent sur les collectivités publiques (le vote favorable du Conseil municipal était d'ailleurs assorti d'une double recommandation, s'opposant à tout engagement financier de la Ville pour la Cité de la Musique et recommandant un soutien accru aux musiques de création). Le préavis du Conseil municipal étant consultatif, la votation le sera aussi. Ce qui ne la rend certainement pas inutile pour autant : le peuple de la Ville ne décidera pas, mais il donnera son avis. Et avant cela, un débat public  s'engagera sur les priorités de la politique culturelle genevoise, les moyens dont elle dispose, les rôles respectifs des privés et du public dans sa mise en oeuvre -et les choix de soutenir tel mode d'expression musicale plutôt que d'autres, les grandes institutions plutôt que les musiciens indépendants, les grosses structures plutôt que les petites... Que se fasse ce débat  : si consultatif qu'il soit, le scrutin municipal du 13 juin devrait le permettre... avant, sans doute, si le canton (le Conseil d'Etat, le Grand Conseil) adopte le projet, un vote cantonal après un référendum cantonal...

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  • L'interdiction de la burqa en Suisse : Une "affaire de civilisation" et un vote sans conséquence directe

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    burqaL'étrange votation

    A un peu plus de 51 % des suffrages et 67'000 voix de différence, l'initiative populaire pour l'interdiction de se dissimuler le visage (dite initiative "antiburqa", puisque c'est autour de la dissimulation du visage des femmes qu'a tourné tout le débat, et le vote) a donc été acceptée, même si elle fait un résultat bien plus modeste que l'annonçaient les sondages, et de six points plus modeste que celui de l'initiative pour l'interdiction des minarets, lancée par le même comité crypto-udéciste. La campagne féministe et antiraciste menée contre l'initiative par des mouvements comme la Grève féministe et des femmes, le "Comité des femmes" ou les Foulards violets n'est pas étrangère à ce recul (les femmes ont majoritairement voté contre l'initiative, comme les y incitait ), et au rejet de l'initiative à Genève, et dans toutes les villes de plus de 100'000 habitants. Localement comme nationalement, le vote "oui" a été majoritairement un vote de droite et le vote "non", un vote de gauche.  A Genève, l'initiative n'a été acceptée que dans de petites communes de droite (à l'exception de Bernex et Chêne-Bourg), et refusée dans toutes les communes de gauche (à plus de 55 % en Ville de Genève, plus de 60 % aux Pâquis et à la Jonction). Ainsi a-t-on voté en Suisse sur des comportements moyen-orientaux et, comme le résume l'islamologue Andreas Tunger-Zanetti, cette initiative , sans effet concret mais avec une lourde charge symbolique, "en dit plus long sur la Suisse que sur les musulmans". Mais qu'en dit-elle vraiment, de la Suisse ? en tout cas, qu'il est infiniment plus facile d'interdire la burqa (les opposants et les opposantes à l'initiative ne la soutenaient pas, ils et elles soutenaient le droit des femmes à la porter si elles le choisissent librement) et de considérer les femmes musulmanes comme un groupe singulier, que de lutter, concrètement, contre le sexisme, le patriarcat, les inégalités entre les genres, ici et maintenant, avec et pour toutes les femmes. Ou de cesser de livrer des armes à l'Arabie Saoudite.

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  • Clé-de-Rive : les habitants archivent le projet de parking

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    Rond-point de Rive.jpegR.I.P

    Le projet de parking "Clé-de-Rive", vendu comme un projet de zone piétonne, a été balayé (à deux contre un, aucun arrondissement de la Ville ne l'ayant soutenu) par les habitants de la Ville. C'est un message sans ambiguïté : nous voulons des zones piétonnes, nous soutenons la mobilité douce, les déplacements piétons, les parcours cyclables, les transports publics, nous ne voulons payer ni les unes, ni les autres, par de nouveaux silos à bagnoles. Le projet de parking Clé-de-Rive expédié aux archives par les habitants y attend désormais celui de traversée routière de la rade ou du Petit-lac. Et le quartier de Rive, lui, attend un nouveau projet. Il existe : c'est celui défendu par une initiative municipale qui a abouti : une vaste zone piétonne, sans parking supplémentaire, sans "hub" de transports publics. Bref, là encore, on peut reprendre le mot d'ordre d'Yvette Jaggi qu'on reprenait déjà hier à propos de l'élection partielle au Conseil d'Etat: "c'est pas le moment de mollir"...

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  • Votations et élection  : Tous nos "non", tous nos "oui"

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    Bienvenue chez nous.jpgNous sommes le 8 mars. Et c'est la journée internationale de lutte pour les droits des femmes. Et c'est un lendemain de votations, qui ont produit des résultats pour le moins contrastés. De ces résultats, on glosera plus en détails dans les jours qui viennent, on se contentera aujourd'hui de se féliciter des votes cantonaux (y compris le prononcement sur les enjeux fédéraux) et du vote municipal genevois : c'est "non" à tout ce à quoi nous nous opposions, et "oui" à  ce que nous soutenions : "non " à l'initiative udéciste sur l'interdiction de se dissimuler le visage (dite "antiburqa"), à l'accord de libre-échange avec l'Indonésie, à la loi sur l'identité électronique et, massivement, au parking Clé-de-Rive. Et c'est un "oui" tout aussi massif à l'indemnisation sans discrimination des travailleurs et travailleuses précaires. Que du bonheur ? N'exagérons pas : nos orgasmes politiques sont plus genevois que suisses. On notera que la multiplicité des objets a sans doute contribué à gonfler la participation : à Genève, elle a dépassé les 50 % pour les objets fédéraux et cantonaux, et, sans y arriver pour l'objet municipal en Ville, y atteint un record pour une votation municipale... Cette hausse de la participation, assez inattendue en période covidienne, a certainement eu un effet sur les résultats -et sur chaque résultat, spécifiquement.  Deux résultats méritent en tout cas qu'on s'y attarde déjà un peu aujourd'hui, avant que d'y revenir : l'initiative dite "antiburqa", mollement acceptée au plan national et mollement refusée à Genève,  et le premier (bon) tour de l'élection partielle au Conseil d'Etat genevois.

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    Lien permanent Catégories : élections, Femmes, Politique, Suisse, votations 0 commentaire
  • Genève : 15 millions pour aider les plus précaires

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    vignette indemnisation.jpgMinimum vital...

    Il est trop tard pour voter par correspondance -si vous ne l'avez fait, et que vous ne renoncez pas à user de vos droits politiques, il vous faudra vous rendre au local de vote de votre commune ou de votre quartier dimanche matin. Pour, notamment, soutenir la proposition du Conseil d'Etat et du Grand Conseil de consacrer 15 petits millions (moins de deux pour mille du budget cantonal) à aider celles et ceux qui, lors de la première vague de la pandémie, n'ont reçu aucune aide pour compenser la réduction, voire la perte totale, de leur revenu. 660'000 personnes étaient déjà touchées par la pauvreté en Suisse avant la pandémie, rappelle Caritas. Et un rapport du Conseil d'Etat genevois annonçait en 2016 qu'un.e habitant.e du canton sur six vit dans une situation de pauvreté, et un sur quinze recourt à l'aide sociale. C'est ce à quoi la proposition soumise au vote populaire, parce que combattue par un référendum de l'UDC et du MCG (qui l'ont fait aboutir en payant les récolteurs de signatures) , veut contribuer à répondre. Elle aurait pu le faire déjà à la fin de l'année dernière, le référendum en a retardé la mise en oeuvre. Reste donc à l'assurer. Parce que la situation a encore empiré, que les demandes d'aide sociale ont continué à augmenté, que les dégâts de la première vague pandémique ne sont toujours pas réparés, que ces quinze millions ne sont qu'un minimum vital et qu'un référendum dilatoire ne résorbe aucune urgence.

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  • "Clé de Rive" : un refus "dynamique et convivial"

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    vignette PS parking Rive.jpgVous avez jusqu'à ce soir pour voter, si vous habitez en Ville de Genève, sur le projet de parking "Clé-de-Rive". On a dit "projet de parking" ? Mille excuses : non, ce n'est pas un parking dont des privés veulent gratifier les abords du rond-point de Rive, sans avoir eu à se soumettre à une étude d'impact environnemental : c'est, insistent-ils dans toute leur campagne, un "hub de mobilité". De six-étages en sous-sol, pour 500 voitures et 400 deux-roues motorisés. C'est vrai qu'on pourrait confondre avec un parking... Mais  ce n'est pas un parking, c'est un "pôle de mobilité ultramoderne" grâce à  quoi "convivialité et animation seront au rendez-vous, avec la présence de terrasses et d'un marché permanent". Après des années de travaux, quand même, mais que sont des années de travaux quand on vous promet "une zone piétonne digne de ce nom". Digne de quel nom ? "Clé-de-Rive apportera dynamisme et convivialité" assurent ses promoteurs. Quoi de plus dynamique et convivial, en effet, qu'un parking ? Le refuser, certainement...

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  • Loi fédérale sur les services d'identification électronique : Mauvaise ID

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    ID électronique.jpgCe n'est pas le thème du scrutin du 7 mars qui fait le plus débat (l'arbre de la burqa cache la forêt des autres enjeux), mais on votera sur l'instauration d'une clé virtuelle d'identité, un login certifiant l'identité de l'utilisateur d'un service en ligne, remplaçant tous ceux qu'on utilise, certifié par l'Etat mais fourni par des acteurs privés, agréés par une commission fédérale, mais poursuivant les buts qui sont ceux d'une entreprise privée, pas d'un service public. C'est précisément cette sous-traitance qui pose problème, et a justifié le référendum lancé par le Parti pirate, et soutenu par le PS et les Verts. Ce n'est pas sur le principe de la mise en place d'un système d'identification électronique unique que porte le désaccord à l'origine du référendum, mais sur les modalités de cette mise en place, et plus précisément la sous-traitance à des entreprises privées de la fourniture de l'identité électronique. Le risque est réel, quoi qu'en nie le Conseil fédéral, de l'utilisation des données par les entreprises prestataires, à des fins purement commerciales. Un sondage Tamedia donne le projet refusé à 56 % (et même 63 % en Romandie). Confirmons ce sondage par nos votes : telle que proposée par la loi fédérale, l'identité électronique est une fort mauvaise ID...

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  • Accord de libre-échange entre la Suisse et l'Indonésie : Un doigt dans un engrenage

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    huile de palme.jpgL'accord de libre-échange entre la Suisse et l'Indonésie, soumis au vote populaire le 7 mars (c'est la première fois qu'un tel accord est soumis à un vote populaire à la suite d'un référendum), et qu'un sondage Tamedia donne accepté à 52 % (mais avec 6 % d'indécis, et une marge d'erreur de 1,3 point), a un objectif : réduire au maximum, voire supprimer, les entraves tarifaires ou normatives aux échanges commerciaux entre les deux pays.  L'enjeu du vote est donc à la fois le principe même du libre-échange des marchandises, la nature des échanges entre la Suisse et l'Indonésie et la nature des productions indonésiennes et des productions et services suisses dont, respectivement, la Suisse et l'Indonésie deviendraient la destination. Contre cet accord, et en fonction de ces enjeux, le référendum avait été lancé par la Grève du Climat, Uniterre et Attac. Les Verts les ont rejoints au niveau national pour recommander aujourd'hui le "non" à l'accord, que recommande aussi, désormais le PS (l'Assemblée des délégués du parti suisse en a décidé ainsi, contre l'avis de la direction et du groupe parlementaire) et la "gauche de la gauche" . Toute la droite soutient en revanche l'accord. Le vote du 7 juin en annonce sans doute d'autres sur les mêmes enjeux, puisque d'autres accords de libre-échange sont en négociation, avec le Mercosur (Amérique du Sud), la Malaisie, l'Inde et les Etats-Unis (avec la Chine, c'est déjà fait, en 2014). Dans cet agenda, une acceptation de l'accord avec l'Indonésie créerait un précédent. Comme un doigt dans un engrenage. Huilé de palme.

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  • Initiative "antiburqa" : Qu'importe le fonds pourvu qu'on ait le buzz ?

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    Magritte Amants.jpgVous avez jusqu'à jeudi pour voter par correspondance sur les objets soumis à votre sagacité dans le scrutin du 7 mars. Cinq objets sont au menu : trois fédéraux, un cantonal, un municipal. Alors, on va en refaire, pour la dernière fois, le tour. Et on commence par le plus invraisemblable : l'inscription dans la constitution fédérale, charte fondamentale de l'Etat, texte qui en structure les institutions et en dit le projet, d'une norme vestimentaire : l'initiative «Oui à l’interdiction de se dissimuler le visage», dite "antiburqa". Elle  a la teneur suivante: "nul ne peut se dissimuler le visage dans l’espace public, ni dans les lieux accessibles au public ou dans lesquels sont fournies des prestations ordinairement acces-sibles par tout un chacun; l’interdiction n’est pas applicable dans les lieux de culte.2Nul ne peut contraindre une personne de se dissimuler le visage en raison de son sexe". La loi prévoit des exceptions, nombreuses,  justifiées par des raisons de santé ou de sécurité, des raisons climatiques ou par des coutumes locales . Selon le dernier sondage Tamedia, l'initiative disposait il y a une semaine du soutien de 56 % des personnes interrogées (soit sept points de moins qu'un mois auparavant) , avec une acceptation de deux points moins marquée chez les femmes (53 %) que chez les hommes (65 %). C'est à droite que ce soutien se constitue, avec 93 % des sympathisants (ou membres) de l'UDC, 63 % de ceux du PLR et 59 % de ceux du Centre (ex- PDC). A gauche, le refus est majoritaire à deux tiers, et les jeunes de 18 à 34 refusent majoritairement le texte.  On ne prend donc pas beaucoup de risque en continuant de partir de l'hypothèse, formulée depuis des mois, d'une acceptation de l'initiative avec des majorités massives en Suisse centrale et orientale (et probablement au Tessin et en Valais) et dans les zones périurbaines et rurales, et vraisemblablement un rejet dans les Ville. De toute façon, comme soupire la Conseillère fédérale Karin Keller-Sutter, chargée de défendre (ce qu'elle fait sans conviction excessive) la position du Conseil fédéral , "si l'initiative est acceptée, cela ne changerait pas le destin de la Suisse et du monde". Ni d'ailleurs celui des femmes d'ici et d'ailleurs : les Suisses vont se faire plaisir en acceptant une initiative à l'effet proclamatoire : c'est aussi à cela que sert le droit d'initiative. Celle-là a surtout pour ceux qui l'ont lancé une fonction publicitaire : on parle d'eux, qu'importe le reste, le contenu, le fonds pourvu qu'on fasse le buzz ?

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  • Initiative "anti-burqa" : un débat à la con

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    sans issue.jpgDe qui être l'idiot utile ?

    Le débat qu'on subit depuis des semaines sur, autour, à propos de l'initiative dite "anti-burqa" (puisqu'on ne retient que cela d'elle), on s'est laissé aller à le qualifier de "débat à la con". Qualification peu élégante, un tantinet réductrice, mais tout de même assez ressemblante à ce qu'elle qualifie. Qu'est-ce qu'un "débat à la con" ? C'est un  débat dont les termes sont si foireux qu'on n'y peut débattre, juste y prendre une posture. Et que quelque position que l'on y prenne, elle sera récusée comme étant celle d'un idiot utile : des xénophobes si on appelle à voter pour l'interdiction de la burqa, des islamistes si on appelle à voter contre.  Enthousiasmant dilemme : être l'idiot utile islamophobe de Jean-Luc Addor ou celui islamogauchiste de Hani Ramadan.  Or s'il nous arrive comme à tout le monde d'être idiot, nous essayons tout de même de l'être inutilement, et quand il nous prend de vouloir être utile, de ne pas l'être idiotement. Comment sortir de ce piège à cons ? appeler à l'abstention, au vote blanc ou au vote nul, se dire que de toute façon, inscrire une  boeuferie dans la constitution, ça ne la fait pas être autre chose qu'une  boeuferie. Après tout, notre Constitution commence bien (comme la constitution iranienne...)  par "Au nom de Dieu", et ça le fait pas exister, Dieu... Pourtant, on ne s'est pas abstenu, ni voté blanc, ni voté nul. Parce que l'abstention est par définition insignifiante même quand elle est massive, que le vote blanc ne dit rien de plus que renvoyer le "non" et le "oui" dos à dos et que le vote nul ne l'est pas moins que le débat en cours.

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  • Indemnisation des travailleuses et des travailleurs précaires : Neuf mois de perdus

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    Sabine Weiss, l'homme qui court, 1953.jpgEn juin dernier, le Grand Conseil acceptait, à une courte majorité de gauche et du PDC, un projet de loi pour l'indemnisation des travailleuses et travailleurs précaires victimes de la "première vague" de la coronapandémie. Il y avait urgence à ce que cette loi entrât en vigueur, mais la droite et l'extrême-droite refusèrent de lui accorder la clause la soustrayant au référendum facultatif, ce qui permit à  la droite de la droite (l'UDC, le MCG) de lancer le référendum. Et on se retrouve neuf mois plus tard à devoir  combattre pour faire passer une loi qui permettrait, enfin, de compenser une partie (une partie, seulement...) de la perte de revenus que la première vague de la pandémie a infligée à des milliers de personnes n'ayant pu bénéficier ni de prestations d'assurances sociales, ni d'aide sociale, ni d'indemnités chômage, ni d'aides spécifiques. La loi prévoit une compensation de 80 % de leurs pertes effectives de revenus, avec un maximum de 4000 francs sur deux mois, pour des personnes  pouvant prouver ou rendre vraisemblable avoir exercé une activité lucrative à Genève entre le 17 mars et le 16 mai 2020, en y habitant . Et si l'indemnité a été perçue de manière indue, l'autorité en exigera le remboursement. Le coût de ces mesures serait de 15 millions de francs. Moins d'un cinquième de pourcent du budget cantonal...

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  • Parking Clé-de-Rive : un "cadeau gigantesque", vraiment ?

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    parking, Clé-de-RiveCadeau empoisonné

    Le 7 mars, en Ville de Genève, on vote sur un projet du passé : le parking Clé-de-Rive.  Et si l'on voulait confirmation de son obsolescence, l'argument présenté dans la "Tribune de Genève" par la Conseillère administrative Marie Barbey-Chappuis pour le soutenir la donnerait : ce projet "s'inscrit dans le prolongement" de ceux du Molard, de la Fusterie et de la Promenade Saint-Antoine -des projets du XXe siècle. Quant au promoteur du projet, Fabrice Broto, il n'y va pas avec le d os de la cuillère d'argent dans la "Tribune" d'hier : le parking "Clé-de-Rive" est un "cadeau gigantesque" fait à la Ville. On va pourtant devoir le refuser. Pas par  modestie calviniste, mais parce que ce cadeau gigantesque qu'on prétend nous faire, c'est celui d'un espace public qui n'appartient pas à qui nous l'offre, puisqu'il est précisément public, qu'il a seulement été capté, squatté, par la bagnole alors qu'il appartient à la population et doit lui revenir. Non comme un cadeau, mais comme une restitution. Celle d'une véritable zone piétonne. Sans parking. Et sans cadeau empoisonné.

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  • Genève : Référendum de la honte contre l'aide d'urgence aux plus démunis

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    tetemurrouge.jpgRetour au XIXe siècle ?

    D'entre les enjeux de la votation du 7 mars, il en est un, cantonal genevois, qu'on devrait prendre garde à ne pas laisser être voilé par ce qui tient  lieu de débat autour de la burqa, du niqab et du passe-montagne : la création d'un fonds de 15 millions de francs pour venir en aide aux plus démunis, mis par la pandémie encore plus à mal qu'il ne le sont d'ordinaire. La création de ce fonds est contestée par un référendum lancé par la droite de la droite (l'UDC et le MCG), pour la seule raison que l'aide qu'il financerait ne serait pas discriminatoire à l'encontre des personnes sans statut légal. Cette aide irait prioritairement aux salariés et salariées,indépendants et indépendantes, étudiants et étudiantes exerçant ponctuellement des activités rémunérées, travailleuses et travailleurs du sexe, artistes indépendants, toutes et tous privés d'accès aux soutiens financiers fédéraux, cantonaux et municipaux ou ne recevant de tels soutiens qu'au terme d'un délai trop long pour leur permettre de ne pas sombrer tout à fait dans la pauvreté.  Pourquoi fallait-il une loi ? Parce que le droit ordinaire ne prévoit aucune aide publique pour celles et ceux qui n'ont pas d accès aux prestations de l'Hospice Général. Et les renvoie donc à la charité privée. Comme au XIXe siècle. On dira évidemment OUI à une loi du XXIe siècle et à la plus élémentaire des solidarités avec les premières victimes de la crise, qui étaient déjà les plus démunies avant et le sont plus encore depuis.

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  • Accord de libre-échange de l'AELE avec l'Indonésie : Libre échange inégal

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    libre-echange.jpgLe 7 mars, le peuple suisse se prononcera sur un accord de libre-échange entre l'AELE (dont la Suisse est membre) et l'Indonésie, attaqué par référendum populaire au nom du commerce équitable, du respect des ressources naturelles et de la solidarité avec les producteurs indonésiens de produits exportés en Suisse.. Porte-parole des référendaires, le vigneron genevois Willy Cretigny explique que le principe même du libre-échange est à combattre et que favoriser la venue de produits qui viennent de loin est "mauvais pour l'environnement, augmente le transport de marchandises et met les écosystèmes locaux sous pression" : "à 'heure où l'on parle d'économie circulaire, de recyclage des déchets, cette fuite en avant entraîne notre perte".  Le référendum est lancé contre un accord qui a été soutenu aux Chambres fédérales par le PS (et, sauf erreur, les Verts). Des ONG comme Public Eye, le WWF, ou la Fédération romande des consommateurs  ont refusé de soutenir le référendum, qu'ont soutenu en revanche la Jeunesse Socialiste, les Jeunes Verts et la Grève pour le Climat. Qui (comme nous, ici) appellent à refuser un accord de "libre-échange" en quoi se résument tous les termes de l'échange inégal entre une économie du centre et une économie de la périphérie.

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  • Parking "Clé-de-Rive" : un NON s'impose le 7 mars

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    vignette parking Clé de Rive.jpgClarifions !

    Le Conseil Municipal de la Ville de Genève a pris position il y a quelques mois dans une résolution, contre le projet de parking "Clé-de-Rive". Mais sans doute devrait-il remettre cette compresse, puisque le Conseil administratif actuel, pourtant composé très majoritairement (quatre magistrat-e-s sur cinq...) d'opposants à ce projet, se sent tenu par la prise de position du Conseil administratif précédent (dont quatre des cinq membres ne font plus partie de la nouvelle équipe), et les engagements pris par le magistrat responsable du dossier, Rémy Pagani, à l'égard du promoteur privé du parking, au terme d'un "deal" parking contre zone piétonne. Dans le cadre de ce "deal", la Ville s'engageait à apporter son soutien au projet que sa majorité politique, désormais, combat. Et le principe de la "continuité de l'Etat" appliqué à la commune par la majorité de son Exécutif semble la dissuader de défendre sa propre position. On se dira que, bien sûr, une position de l'Exécutif n'engage pas le délibératif, que le Conseil municipal peut toujours réitérer sa prise de position contraire à celle de l'ancien Conseil administratif. D'ailleurs, une position du Conseil administratif actuel, en tant que collège, n'empêche nullement ses membres de prendre des positions personnelles, puisqu'après tout, pour être magistrat.e.s, ils et elles n'en restent pas moins citoyens et citoyennes... mais tout de même, un Exécutif assumant une position que 80 % de ses membres ne partagent pas, que le parlement ne partage pas non plus, et qu'aucun des partis formant la majorité de l'un et l'autre conseil ne partage, ça ne clarifie pas vraiment le débat. Le Conseil municipal ferait donc bien de réitérer son opposition à ce projet tocard.

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  • Le référendum pétrolo-bagnolard contre la loi CO2 a abouti

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    temps.jpgFaire perdre du temps au temps

    Le référendum lancé par la Grève du Climat (du moins sa part romande) contre la loi fédérale CO2 n'a été déposé lundi qu'avec 7000 signatures, alors qu'il en faut au moins 50'000 pour provoquer un vote populaire. Mais ce vote aura tout de même lieu : l'autre comité référendaire, celui des lobbies du pétrole et de l'automobile, soutenus par l'UDC, a déposé son propre référendum aujourd'hui, avec 110'000 signatures. La disproportion des soutiens à chacun de ces deux référendum dit bien le rapport des forces entre eux, et entre les forces qui les ont lancé. Elle dit donc d'où vient, et ce que signifie, l'opposition réelle à la loi fédérale : maintenir le plus longtemps possible la dépendance de la Suisse au pétrole et des Suisses à la bagnole, pour continuer à en vendre le plus possible. La votation aura lieu en juin. La loi doit entrer en vigueur en 2022. Si  elle est refusée en votation populaire, elle n'entrera pas en vigueur. Ni en 2022, ni plus tard. Si elle est acceptée, il nous reviendra ensuite, dès son adoption, de nous mobiliser pour aller plus loin et plus fort qu'elle. Et le plus vite possible. Parce que le temps est compté. Et que le but du référendum pétrolo-bagnolard est précisément celui de nous le faire perdre. Quant à celui des grévistes du climat, il n'était ni criminel, ni irresponsable. Seulement idiot.

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