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  • Au nom de l'"indépendance de la justice" : s'en remettre au sort plutôt qu'au vote ?

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    Justice2.jpgC'est une vieille idée qui ressurgit à l'ordre du jour des votations du 28 novembre : celle de recourir au tirage au sort plutôt qu'à l'élection pour désigner les membres d'une autorité. Une initiative populaire lancée, à ses frais, par un multimillionnaire du textile, Adrian Gasser, propose, au nom de l'"indépendance de la justice", de faire désigner les juges du Tribunal fédéral par tirage au sort plutôt que les faire élire par le parlement, pour les rendre plus indépendants des partis politiques. Mais l'initiative ne s'en remet tout de même pas à l'égalitarisme du hasard : elle propose un système où pour soustraire les juges au jugement des parlementaires, elle les fait choisir, avant tirage au sort, par une commission dont les membres seraient nommés... par le gouvernement.

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  • Loi Covid : on votera "oui", comme il y a quatre mois

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    Quasimodo.jpgL'urgence et les grelots

    Le 13 juin, 60 % des votantes et votants acceptaient la première loi  Covid. La refuser n'aurait pas empêché le Conseil fédéral de continuer à prendre des mesures de lutte sanitaire (fermeture de magasins, interdiction de manifestations, port du masque, vaccination), ces mesures relevant d'une autre loi (la loi Covid sur les épidémies), mais de nombreuses mesures de soutien nécessaires n'auraient plus eu de base légale.  Battue dans les urnes, l'opposition à la loi n'a pas désarmé,  elle a lancé un référendum contre les modifications de la loi concernant le pass sanitaire, mais contenant aussi les aides pour les cas de rigueur, les indépendants, le secteur de l'événementiel ou les indemnisations en cas de chômage partiel. Le référendum ayant abouti, on est reconvoqué au vote le 28 novembre. Et on votera "oui". Pour la même raison qu'il y a quatre mois : pour répondre à une urgence qu'on ne fera pas disparaître en se secouant les grelots dans des manifs.

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  • Initiative populaire "pour des soins infirmiers forts" : Un "oui" d'évidence

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    infirmiers.jpgAu menu (copieux) des votations du 28 novembre prochain, on trouve une initiative populaire lancée par l'Association suisse des infirmières et infirmiers (ASI), déposée en 2017 avec 120'000 signatures,  soutenue par la gauche, des personnalités du "centre" et de la droite, la Fédération des médecins suisses, les organisations de patients et les syndicats  : l'initiative "pour des soins infirmiers forts". Elle réclame davantage de places de formation, une formation mieux indemnisée, des horaires stables, de meilleures possibilité de progression dans une carrière, une revalorisation salariale, un nombre suffisant de soignantes et de soignants -toutes revendications dont la pandémie a confirmé plus encore que révélé la pertinence. Le parlement fédéral a concocté un contre-projet indirect(une loi entrant en vigueur si l'initiative est rejetée) qui reprend partiellement quelques unes de ces revendications, mais pas toutes, et n'accorde à leur concrétisation qu'un milliard de francs sur huit ans. Bien moins que ce qui a été mobilisé en moins de deux ans pour tenter de maîtriser une pandémie face à laquelle les infirmières et les infirmiers ont été en première ligne, jusqu'à épuisement. On soutiendra donc l'initiative, parce que ses revendications sont d'évidence.

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  • Deux tiers des Suisses croient donc encore au mariage

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    Capture d’écran 2021-09-30 021452.jpgLe libre choix du peuple

    Deux tiers des Suisses croient donc encore au mariage, et, logiques, acceptent d'en faire un droit de toutes et tous, sans privilège, toutes différences de préférences sexuelles surmontées. L'homosexualité "normalisée" gagne ainsi en droits ce qu'elle perd en subversion -mais les homosexuel.le.s la payaient fort cher, la force subversive de leur préférence affective. Il reste tout de même plus du tiers du corps électoral actif à refuser aux homos les droits dont disposent les hétéros,mais en Suisse, c'est le peuple (du moins la part de lui qui dispose des droits politiques et en use en son nom) qui a accepté le "mariage pour toutes et tous" -le peuple (surtout les femmes, les jeunes, les villes et la gauche), pas seulement le parlement ou le gouvernement, comme il est de pratique presque générale ailleurs. On craignait une sous-estimation de l'opposition par les sondages, le résultat final y fut finalement assez conforme, et dans tous les partis nationaux (sauf l'UDC), le projet est soutenu (jusqu'à 90 % à gauche) Et tous les cantons suivent. Les femmes, selon les sondages d'après-vote, ont plus fermement que les hommes  soutenu le "mariage pour toutes et tous" (69 % contre 58 %) et c'est la classe d'âge des 18-34 ans qui y a été le plus favorable. On peut voir dans leur soutien, comme la directrice de campagne du comité national de soutien au projet, Olga Baranova, le fait de leur expérience personnelle et collective, historique, de la discrimination et de l'inégalité de traitement : "elles parviennent de ce fait plus facilement à se mettre à la place des personnes LGBT discriminées, même si elles ne sont pas concernées elles-mêmes". Le projet d'étendre aux couples homosexuels le droit au mariage avait d'ailleurs été déposé par une  Conseillère nationale (la Verte libérale Kathrin Bertschy) soutenue par des associations féminines.

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  • Initiative "99 " : Partie remise

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    Le lièvre et la tortue.jpgIl s'avère donc que si deux tiers des Suisses et Suissesses croient encore au mariage, deux tiers ne croient pas à l'impôt, mais que «presque un million de personnes se sont prononcées en faveur de l'initiative 99%, une initiative qui remet en question le capitalisme en son cœur. C'est un succès !», réagit la Jeunesse socialiste après l'échec attendu de son initiative "99 %". S. Et elle a raison : même si nous n'avons pas été 99 % du corps électoral suisse à soutenir son initiative  pour une plus forte imposition des revenus du capital et que nous n'avons été majoritaires que dans les arrondissements de gauche des villes (dont Genève), voire quelques villes (Lausanne...) et pas loin de l'être dans deux cantons (Bâle, le Jura), peu importe dans l'immédiat : ce qui nous meut, c'est de constituer un rapport de force politique -meilleur aura été le résultat de cette initiative dans nos cantons et nos communes, mieux armés serons-nous pour, à ces niveaux-là, défendre et faire accepter des réformes fiscales renforçant la contribution des plus riches, comme le propose l'initiative de la gauche genevoise pour une contribution temporaire de solidarité des grandes fortunes.

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  • Mariage civil pour toutes et tous : Soudain l'enfant paraît...

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    Bébé 2001.jpgOn vote dimanche sur le "Mariage pour toutes et tous", sur l'instauration de l'égalité des droits entre couples homo- et hétérosexuels. D'entre ces droits, il y a ceux à l'adoption, à la naturalisation facilitée et à la procréation médicalement assistée (PMA). La démarche est logique : il n'y aurait pas d'égalité des droits dans le mariage si les couples hétéros disposaient de droits niés aux couples homos.. mais tout se passe comme si l'opposition au "Mariage pour toutes et tous" s'était repliée comme dans une redoute sur une opposition à la possibilité d'une PMA pour les couples de femmes... Il est tout de même assez étrange qu'un vote sur le mariage, sur son élargissement aux couples homosexuels, suscite un débat concentré sur les enfants et l'invocation d'une "loi naturelle" de la procréation, comme si on ne se mariait que pour avoir des enfants. Comme s'il n'y avait, aujourd'hui, avec un mariage exclusivement hétéro, de familles qu'autour de couples mariés avec enfants, et pas de familles monoparentales. Ce n'est pas le mariage homosexuel qui est contradictoire de la "loi naturelle", mais le mariage lui-même. Et la famille elle-même. Mariage et famille sont des constructions sociales, comme le genre, et la seule "loi naturelle" qui s'impose à la procréation humaine, c'est celle qui lui impose la rencontre d'un spermatozoïde et d'un ovule. D'où qu'ils viennent, et comment qu'ils se rencontrent. Cela fait des millénaire que l'humanité  tente, pour finalement y réussir, d'émanciper sa procréation (et celle de son bétail, de ses animaux de compagnie, de ses fleurs, de ses fruits et de ses légumes), de la "loi naturelle". D'où vient alors qu'on se remette aujourd'hui à l'invoquer comme une limite à ne pas dépasser ? On ne voit de réponse à cette question que celle qui tient en deux mots : l'homophobie, conjuguée à la misogynie. Car c'est bien la possibilité donnée à un couple de femmes de procréer avec pour seul concours masculin celui d'un spermatozoïde dont seule la qualité importe et non l'origine, qui horrifie l'opposition au "mariage pour toutes et tous". D'où ses hurlements post-freudiens sur la "mort du père"...

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  • Mariage civil pour toutes et tous : De la marche au vote

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    mariage, mariage pour tous30'000 personnes ont défilé, joyeusement, à Genève samedi, dans le cadre de la "Marche des fiertés", tous drapeaux arc-en-ciel dehors (la Ville en avait pavoisé le pont du Mont-Blanc). La Marche de samedi était, l'agenda politique s'imposant, un formidable appel à soutenir le projet de "Mariage pour toutes et tous" soumis à votation dans dix jours. Tous les partisans du projet étaient là, ou représentés, même les Jeunes PLR (ils venaient de retourner leur veste et de décider de soutenir le "mariage pour toutes et tous" qu'ils avaient auparavant fait mine de vouloir combattre). Reste que le vote n'est pas gagné :  le premier parti de suisse, l'UDC, combat le projet avec une rhétorique explicitement homophobe. Et il n'est pas seul : avec les milieux religieux conservateurs, voire intégristes, il considère que la possibilité de conclure un partenariat enregistré suffit (on est tout de même surpris que ce partenariat plaise à ce point à ce milieu -il est vrai qu'on ne l'y soutient désormais que pour l'opposer au mariage, un peu comme si on considérait que droit au concubinage rendait inutile celui au mariage)... Or le partenariat n'offre pas les mêmes droits que le mariage, notamment s'agissant de l'adoption, de la procréation médicalement assistée et de la naturalisation. Il s'agit donc bien, avec le "mariage pour toutes et tous" d'établir une égalité entre les couples, qu'ils soient homo ou hétéros.

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  • Les 99 % de Sherwood et le 1 % de Nottingham

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    Robin des Bois.jpgRobin des Bois et les Shériffs

    C'est une "initiative Robin des Bois" qui veut prendre aux riches pour donner aux pauvres et contre laquelle les shériffs se mobilisent en masse : l'initiative populaire fédérale "99%" de la Jeunesse Socialiste, dont le titre réel est : "alléger les impôts sur les salaires, imposer équitablement le capital",  est soumise au vote du peuple et des cantons le 26 septembre. Elle vise un rééquilibrage de la fiscalité entre celle qui frappe les revenus du travail et celle qui caresse ceux du capital (ceux qu'on obtient par le simple fait des placements et de leur rendement, comme les intérêts sur des placements boursiers ou immobiliers et les dividendes versés aux actionnaires). Ceux-ci seraient alors taxés à 150 % dès qu'ils dépassent un montant que l'initiative ne précise pas (ce serait la tâche du parlement que de le fixer), mais que les initiants suggèrent de placer à 100'000 francs par an : votre fortune vous rapporte 100'000 francs par an (ou moins) elle resterait imposée comme actuellement; elle vous rapporte plus de 100'00 francs ? ce "plus" serait imposé à 150 %.  L'exercice rapporterait aux caisses publiques des milliards de francs (5 à 10 milliards, selon les estimations de la JS), qui seraient utilisés pour améliorer la protection sociale, baisser les primes d'assurance-maladie, réduire la fiscalité pesant sur les revenus du travail des petits et moyens salaires et développer des services publics comme les crèches. La gauche et les syndicats soutiennent l'initiative, que combat, évidemment, la droite et le patronat. Les premiers sondages donnaient une très légère et relative majorité en faveur de l'initiative, grâce à un vote massif de la gauche  -mais on sait que  les initiatives populaires perdent souvent du terrain dès que les campagnes de leurs adversaires ont été lancées, et celles des adversaires de l'initiative sont massives... Elle perd donc du terrain, mais impossible n'étant pas socialiste, le sort de Robin des Bois dépend de notre mobilisation, les seules batailles perdues d'avance étant celles qu'on renonce à mener. A Sherwood comme ailleurs.

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  • Mariage civil pour toutes et tous : La loi, l'amour, le genre

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    Capture d’écran 2021-09-05 001431.jpgLe 26 septembre, la Suisse mettra sans doute fin à l'une des dernières discriminations explicites de ses lois, en acceptant le mariage civil "pour toutes et tous", c'est-à-dire l'extension aux couples homosexuels du droit au mariage civil (et à l'adoption conjointe, au don de sperme et à la naturalisation facilitée. A trois semaines de la votation, les derniers sondages donnent une majorité confortable (autour de 65 %) au projet, avec une acceptation plus forte chez les femmes (71 à 75 %) que chez les hommes (57 à 62 %), à gauche (jusqu'à 89 % au PS et chez les Verts) qu'à droite (jusqu'à 61 % de refus à l'UDC), dans les villes (autour de 75 % d'acceptation) que dans les campagnes (autour de 65 %), en Romandie et en Alémanie qu'en Suisse italienne, chez les jeunes (autour de 80 % des 18-39 ans) que les plus de 65 ans (autour de 55%). Le "mariage pour toutes et tous" est un "jalon historique" dans une lutte émancipatrice, écrit le PS suisse. Un jalon, certes,. même si ce n'est pas le plus fondamental, le mariage en tant que tel, qu'il soit pour toutes et tous ou seulement pour les hétéros, restant ce qu'il est : la réduction des sentiments à un contrat... "L'amour ne connaît pas de genre", nous assure le PS. Il n'a "jamais, jamais connu de loi", chantait déjà Carmen. Hélas, il se heurte souvent aux lois -et c'est, avec le respect du principe d'égalité, la raison essentielle de notre soutien au changement de loi qui nous est proposé : la loi n'a rien à nous dire sur nos amours... 

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  • La Cité, la musique, la démocratie

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    Cité de la musique2.jpgLe NON qui rouvre les possibles

    Le 13 juin dernier, après une campagne dont, par euphémisme, on dira qu'elle fut vive de part et d'autre (la Fondation pour la Cité de la Musique et le comité référendaire notant tous deux des "attaques personnelles, insultes, menaces, harcèlement, pressions" du camp adverse), la Ville de Genève donnait, à un peu plus de 800 voix de majorité sur 53'000 votantes et votants, un préavis négatif au plan localisé de quartier nécessaire à la réalisation d'un projet de Cité de la Musique sur la parcelle des Feuillantines, en bordure de le place des Nations. C'était un vote municipal consultatif, dont, légalement, le canton peut faire ce qu'il veut, y compris, avec toute la délicatesse que nos communes lui connaissent, s'asseoir dessus ("on ne saurait considérer que la volonté populaire d'une seule commune s'impose de facto à l'échelon cantonal" déclarait Antonio Hodgers, avant même le vote de la Ville). Mais politiquement, c'est une autre histoire : 53'000 personnes qui votent, dans une commune de plus de 200'000 habitants qui concentre 40 % de la population (et du corps électoral) du canton, ça pèse un peu plus qu'un simple mouvement d'humeur, et soir même du vote le Conseil d'Etat rouvrait le débat, le dossier et les consultations sur le projet, sans exclure de le faire passer de celui d'une Cité DE LA musique à celui d'une Cité DES musiqueS... Or si le débat va se poursuivre et si des "plans alternatifs" peuvent être évoqués (comme l'installation, proposée par le député indépendant à la Douma Guy Mettan, d'une Cité DES musiqueS sur le terrain occupé naguère par l'Opera des Nations)  c'est bien parce que la Ville a refusé le plan localisé de quartier : si elle l'avait accepté, sur le projet aurait été posé cet avertissement définitif : "circulez, y'a plus rien à voir, rien à dire, rien à voter".

    "Nous ne sommes pas prêts à attendre encore dix ans pour voir émerger une Cité de la musique", plaident les députés socialistes. Nous, et une majorité de votantes et de votants en Ville, n'étions pas prêts à nous précipiter sur n'importe quel projet de Cité de la Musique -et s'il faut attendre dix ans pour un bon projet (avec un nouveau PLQ, lui aussi soumis à référendum populaire...), nous sommes prêts à l'attendre dix ans. Et pendant dix ans, à renforcer le soutien financier aux musiques actuelles et de création : c'est d'un tel soutien dont elles ont le plus besoin, pas de salles dans une Cité de la musique ou des musiques.

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  • Heures d'ouverture des magasins genevois : Le référendum a abouti. On votera. Non.

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    horaires d'ouverture des magasins.jpgLe référendum lancé par les syndicats et les partis de gauche contre la loi (votée par la droite du Grand Conseil)  prolongeant jusqu'à 19 heures l'ouverture des magasins le samedi et les autorisant à ouvrir trois dimanches par an, a facilement et largement abouti, avec 9224 signatures récoltées en un mois et demi, grâce à la mobilisation du personnel de la vente.  Cette loi, passée sans négociation avec les syndicats, modifie un cadre horaire datant de 2002 et qui, lui, avait fait l'objet de longues négociations, et avait abouti à la signature de deux conventions collectives de travail. Dont il ne reste plus qu'une seule, sans force obligatoire, n'engageant que les entreprises qui ont consenti à la signer.  Et le projet de loi voté par le Grand Conseil ne prévoit aucune CCT étendue, alors que c'était une condition posées par la loi. On votera donc sur la loi, et l'élargissement des heures d'ouverture des magasins -et la prolongation des heures de travail de leur personnel. Et on votera NON !

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  • Retour sur le refus de la loi CO2

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    stationservice.jpgUne étape, rien qu'une étape

    La nouvelle loi CO2 a été refusée au plan national par 51,6 % des suffrages, mais acceptée à 61,4 % à Genève. Hors des villes, dans la Suisse rurale et périurbaine, "la Suisse des pendulaires et des propriétaires de villas, la Suisse qui dépend le plus du pétrole", comme la résume Antonio Hodgers. ce n'est pas sur l'urgence climatique qu'on a voté, c'est contre les taxes. Et peu importe que leur produit devait être redistribué : on était contre les taxes, point barre. Payer son essence plus chère ? Nan ! Payer son billet d'avion plus cher ? Nan ! Prendre le train plutôt que l'avion pour aller s'abreuver sur les ramblas ? Nan ! On est écolo, si ça ne coûte rien. Céline Amaudruz peut donc saluer une "victoire de la classe moyenne". Et Simonetta Sommaruga annoncer que qu'elle s'engagera pour prolonger la loi CO2 actuelle. Pour la gauche et les Verts, c'est insuffisant, et il faut revenir avec de nouvelle mesures, en sortant des taxes et de la redistribution. Une initiative populaire pourrait être lancée pour la "décarbonisation de la place financière", et une autre sera soumise dans les mois à venir au vote populaire : l'"initiative des glaciers", plus radicale dans son contenu que la loi qui vient d'être refusée : elle propose en effet l'interdiction pure et simple de l'utilisation d'énergies fossiles d'ici trente ans, au plus tard.

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  • Refus du préavis municipal sur la Cité de la Musique :  Et maintenant ?

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    cor des Alpes.jpgLe préavis municipal sur le plan localisé de quartier lié au projet de Cité de la Musique a été refusé, par 800 voix d'écart en Ville de Genève. Tous les arrondissements de gauche disent NON. Tous. Cela devrait nous parler un peu... et que seuls des arrondissements de droite votent OUI, cela aussi devrait nous parler un peu... Ce NON, même de justesse, c'est tout de même, pour le PS, une sanction: celle d'un soutien souvent totalement a-critique à un projet présenté comme atteignant à la perfection, sans aucun défaut, ne posant aucun problème... or si la base électorale du PS s'était mobilisée pour ce projet, il serait passé -et il n'a été repoussé que parce qu'une bonne partie de la base socialiste l'a repoussé... et qu'elle devait bien avoir quelques motifs de le faire. Reste que 800 voix de différence dans un vote qui a mobilisé 50'000 des 200'000 habitants de la Ville (40 % de participation, c'est une bonne participation, pour un vote municipal), ça n'est pas un raz-de-marée, d'autant moins qu'un vote de nature référendaire est plutôt favorable aux oppositions, qui peuvent s'additionner sans égards à leurs contradictions, alors que les soutiens doivent s'élargir... Maintenant, parole au canton. Plus précisément, au Grand Conseil, si le Conseil d'Etat veut contourner le préavis municipal de la Ville. Et si le Grand Conseil le suit dans cette voie périlleuse... Bref, le débat va se poursuivre -mais c'est bien parce que la Ville a refusé le plan localisé de quartier qu'il va se poursuivre : si le PLQ avait été accepté, le débat aurait été clos, ou se serait réduit à des oppositions aux autorisations de construire (et de démolir la villa des Feuillantines). Une approbation aurait sacralisé le projet; le refus le laisse  modifiable. Vertus de la démocratie semi-directe... et municipale.

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    Lien permanent Catégories : Culture, Genève, Musique, votations 0 commentaire
  • Loi sur les mesures policières "antiterroristes" : Se tromper de cible, ou la cacher ?

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    vignette mesures policières.jpgIl ne reste plus que trois jours et demi pour dire "non" à la loi fédérale sur les mesures policières de lutte contre le terrorisme.  Le Conseil fédéral le promet : ni les militants d'extrême-gauche, ni les rebelles climatiques ne sont menacés. Mais rien dans la loi, et dans la définition du "terrorisme"qu'elle donne, n'offre la moindre garantie que cette promesse soit tenue, puisque la plupart des mesures rendues possibles par la loi pourraient s'appliquer sans contrôle judiciaire, la police fédérale pouvant en décider seule. La Suisse avait déjà durci ses lois après les attentats djihadistes de Paris, ces durcissements suffisent. Leur efficacité ailleurs, là où des mesures semblables ont été prises, est même contestable: la France s'est dotée il y a cinq ans d'un dispositif policier du même type que celui que le gouvernement suisse propose, et ce dispositif n'a pas empêché les attentats suivant à Paris et à Nice... En Suisse, aujourd'hui, envisager, et à plus forte raison préparer un attentat est déjà criminel, passible d'arrestation, de condamnation, d'emprisonnement. En Suisse, aujourd'hui,on peut déjà être surveillé, filé, écouté, filmé, interpellé, interrogé, mis en garde-à-vue si on est suspecté de radicalisme violent. En suisse, demain, aucun "radicalisé" ne sera impressionné par des mesures du genre de celles sur quoi on se prononcera dimanche, sinon ceux dont le "radicalisme" n'est qu'une posture velléitaire. La loi soumise au vote n'est finalement dangereuse que pour celles et ceux dont le gouvernement assure qu'elle ne les vise pas... Mais est-ce elle qui se trompe de cible, ou lui qui cache sa cible réelle ?

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    Lien permanent Catégories : Justice, Suisse, terrorisme, votations 5 commentaires
  • Cité de la Musique  et musiques de la Cité

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    prova d'orchestra.jpgOn s'échauffe beaucoup, en ce moment, à Piogre, autour du projet de Cité de la Musique dans le quartier des Nations. On s'échauffe même jusqu'aux insultes et aux menaces, partisans et opposants dénonçant fort équitablement, les uns sur leur site Facebook, les autres par communiqué de presse, les attaques personnelles fusant des autres sur les uns et des uns sur les autres. Ambiance "prova d'orchestra" fellinienne, dont il ne nous souvient pas qu'elle accompagna d'autres projets d'envergure, comme la Nouvelle Comédie...  Objectivement, il ne s'agit pourtant que de voter sur un préavis municipal à  un plan localisé de quartier, préavis sur lequel le canton pourrait parfaitement, avec toute la délicatesse que nos communes lui connaissent, s'asseoir. Si on peut douter qu'il y pose son séant, c'est en raison du rapport des force entre le canton et une commune qui à elle seule pèse 40 % de la population et de l'électorat du canton, et qu'il convient de ménager à deux ans d'élections cantonales. Sauf à vouloir s'asseoir sur un gros clou. Le rapport de force entre le clou municipal et la fesse cantonale décidera... Reste la question qui devrait nous tarauder : sur quoi s'échauffe-t-on ? les arbres ? la villa des Feuillantines ? les musiques ? la Fondation des montre-que si-t'en-as-pas-une-à-50-ans-t'as-raté-ta-vie ? A quelques jours de la votation, le mystère nous reste entier, et on doute qu'il soit dissipé dimanche à midi, vu l'ambiance de la campagne... En attendant quoi, que l'on s'écharpe sur les réseaux nous aura au moins permis de prendre une posture commode, celle du sage, mi-cynique mi-stoïcien, planant au dessus des bas règlements de compte...

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  • Echec annoncé des initiatives antipesticides : Une occasion manquée ?

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    pesticidesLes sondages ont perdu de leur optimisme (et nous ont fait perdre du nôtre) sur les chances qu'ils donnaient naguère aux initiative antipesticides d'obtenir une majorité absolue des suffrages, dimanche prochain : ils annoncent désormais leur défaite, nette mais sans être écrasante. Ce serait alors une occasion manquée, de réformer une politique agricole qui ne sert plus guère qu'aux plus grosses exploitations. Ce qui est en cause dans le dénonciation de l'usage des pesticides dans l'agriculture, c'est bien cette politique basée sur la compétitivité économique et aboutissant à ce que le prix des productions agricoles suisses soit finalement fixé par la Migros et la Coop -la vente directe à la ferme ne pouvant être une alternative à la puissance de ce duopole. Résultat : deux fermes disparaissent en Suisse tous les jours et, comme le dit l'agriculteur jurassien bernois Paul Sautebin, "consomme dix calories pour en produire une", remplace les agricultrices et les agriculteurs "par une technobureaucratie parasitaire hors-sol (...) affaiblit l'immunité, la fertilité et la résistance des sols, qu'elle croit compenser par des artifices chimiques et mécaniques. Les coûts collatéraux en deviennent exorbitants  en termes de pollution, de santé publique, de perte de la biodiversité, de transport, de réchauffement climatique, de chômage, de bio-invasion, d'exode rural (...)". En réalité, l'agriculture sous pesticide détruit ses propres conditions de production, et l'émanciper des pesticides serait lui permettre de se réinventer, pour durer. D'ailleurs, sur les 51'000 exploitations agricoles suisses représentées par l'Union Suisse des Paysans, 8000 seraient favorables à l'une, l'autre ou les deux initiatives antipesticides. Il reste jusqu'à dimanche pour faire mentir les sondages...

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    Lien permanent Catégories : Agriculture, alimentation, Suisse, votations 2 commentaires
  • Incertaine majorité pour la loi CO2

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    vignetteCO2.jpgFaire gagner les pétroliers ?

    On vous le rappellera ad nauseam : dimanche, on aura voté dans toute la Suisse sur une loi CO2 adoptée par le parlement, et combattue par le lobby pétrolier, les importateurs de voitures, l'Automobile Club (mais pas par le TCS, qui la soutient), les transporteurs routiers (leur association faîtière, l'ASTAG), l'UDC, une partie du patronat (le Centre patronal vaudois, notamment), la Chambre genevoise immobilière, l'Association Suisse des propriétaires fonciers,  (mais pas l'association des banquiers, qui a soutient) et des sections cantonales des Jeunes PLR. Que du beau monde. Selon les sondages,  la loi CO2 ne serait acceptée que par une majorité trop faible pour être tenue pour certaine. L'opposition, en effet, est forte hors des grandes villes où la loi est plébiscitée. Les hommes s'y opposeraient, les femmes la soutiendraient. Et si la loi devait finalement être acceptée, ce serait grâce au vote de l'électorat de gauche et des Verts libéraux, alors que le Centre est divisé et que la droite est majoritairement (au PLR) voire massivement (à l'UDC) opposée à la loi, dont le véritable adversaire, est le lobby pétrolier, qui tient à ce que la Suisse continue à dépenser des milliards chaque année pour le pétrole et le gaz, et serait le grand perdant d'une transition énergétique -qui, elle, serait la grande perdante d'un refus de la loi. 

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    Lien permanent Catégories : climat, Environnement, climat, Suisse, votations 1 commentaire
  • Loi fédérale sur les mesures policières de lutte contre...  contre quoi, au juste ?

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    vignette mesures policières.jpgLe 13 juin, les Helvètes* se prononceront en votation populaire sur une loi fédérale sur les mesures policières de lutte contre le "terrorisme". La Conseillère fédérale Karin Keller-Sutter martèle que "sans sécurité, aucune liberté ne vaut d'être garantie" ? A leur manière, les jeunes socialistes, Verts, Verts libéraux et même parfois PLR répondent que sans liberté, aucune sécurité ne vaut d'être garantie. Et que les nouveaux moyens qu'accorde la loi à la police fédérale "passent outre l'équilibre" entre liberté et sécurité qu'une "démocratie libre" doit rechercher, estime le vice-président des jeunes PLR, Nicolas Jutzet. De l'avis des jeunesses des trois partis, la loi laisse trop de marge et d'arbitraire à une action des autorités, au nom d'une lutte contre un "terrorisme" que la loi ne définit pas clairement. On est dans une sorte de version helvétique, et donc adoucie, des dispositifs "antiterroristes" adoptés ailleurs (les "Patriot Act" américains, la loi britannique sur la surveillance électronique, la loi française sur la "sécurité globale") avec le même doute qui plane sur la définition du "terrorisme" que l'on prétend vouloir combattre. .  N'entend-on pas donner au Conseil fédéral , voire à la police fédérale, la possibilité de conclure des accords de collaboration policière avec des Etats étrangers, permettant l'échange de renseignements, voire l'autorisation à des policiers étrangers d'opérer en Suisse, sans que le parlement ait à les ratifier... 

    * Cette dénomination parfaitement anachronique étant choisie pour éviter l'assonance vipérine des "s" de la formulation épicène "les Suisses et les Suissesses"

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  • Initiatives antipesticides :  Fragile majorité

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    pesticides2.jpgSelon les premiers sondages, les deux initiatives antipesticides soumise au vote populaire le 13 juin recueilleraient une majorité de soutiens, mais une majorité trop faible pour que nous puissions nous convaincre de leur victoire finale (d'autant qu'une majorité populaire nationale ne leur suffit pas, et qu'il leur faut aussi une majorité populaire dans une majorité de cantons). Les deux initiatives anti-pesticides sont soumises au peuple sans contre-projet, ce qui rend le choix plus sommaire, et nous convainc de les soutenir toutes deux, quelque critique que nous ayons à formuler à l'une ou l'autre. Le soutien quasi équivalent aux deux initiatives suggère d'ailleurs qu'aucune différenciation n'est faite entre elles, alors que certains soutiens de la deuxième s'opposent à la première. Les initiatives sont massivement soutenues dans les villes mais repoussées dans les campagnes, et divisent le monde paysan, parce qu'elles portent une critique radicale de la politique agricole menée en Suisse, et des pratiques agricoles dominantes.

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  • Irminsûl contre la Cité de la Musique

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    Capture d’écran 2021-05-06 160421.jpgPrédire le résultat d'un scrutin est toujours hasardeux (surtout avant ledit scrutin...), mais à humer l'air du temps, on ne donnera pas cher du projet de Cité de la Musique, indirectement soumis à la sagacité des habitantes et habitants de a Ville de Genève le 13 juin prochain. Certes, ils ne se prononceront pas sur le projet lui-même mais sur le préavis, consultatif, donné par la Ville au plan localisé de quartier le rendant possible, mais ce préavis va forcément, dès lors qu'il sera donné par le corps électoral d'une commune qui pèse à elle seule 40 % de la population du canton, lourdement peser sur la décision cantonale. Le débat, pour cette même raison, est d'ailleurs un débat cantonal. Or  il semble moins porter sur le contenu du projet, et ce dont il témoigne des enjeux de politique culturelle à Genève,  que sur le sort des arbres que son édification condamnerait à l'abattage (même suivi d'un remplacement par d'autres, plus jeunes). Si la Cité de la Musique devait succomber dans les urnes municipales, ce serait au culte d'Irminsûl et d'Yggrdasil, les arbres sacrés des Saxons et des Vikings, bien plus qu'à la critique des choix culturels qu'elle manifeste et de la répartition qu'elle implique des tâches, des compétences, des pouvoirs et des charges dans leur mise en oeuvre.

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