• Dégrappons, dégrappons !

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    Capture d’écran 2022-06-29 031358.jpgGenève : La droite picrocholine, Frédérique Perler et la guerre du bitume

    Nous avons appris une nouvelle expression : "dégrappage du bitume". C'est joli, ça sonne bien, et ça décrit le crime commis par quelques militants de la mobilité douce et quelques habitants du quartier contre le bitume de places de parking des Pâquis, qu'ils ont percé au marteau piqueur pour y planter des fleurs. Un crime qui a été relayé assez normalement par la presse locale, jusqu'à ce que la polémique enfle, non plus contre les militants, mais contre la Conseillère administrative (verte) Frédérique Perler, accusée d'avoir été complice de leur action. Une action certes illégale, mais parfaitement légitime, dans le quartier le moins végétalisé de Genève. L'exécutif municipal s'est même dit  «sensible» à la revendication de végétalisation du quartier, et prête à y créer une «trame verte». Bref, toute la droite est montée au créneau pour dénoncer la Conseillère administrative, voire la sommer de démissionner. On a tartiné dans les media écrits, glosé dans les media audio, fait la roue sur les plateau télé. Et 29 Conseillères et Conseillers municipaux de droite ont exigé que le Conseil municipal tienne une séance extraordinaire le 5 juillet pour "entendre la magistrate Perler en lien avec le dégrappage du bitume à la rue des Pâquis". On s'en réjouit. Non pas qu'il y serait pris quelque décision que ce soit, mais parce que ça  nous offrirait un petit  moment festif, joyeux, quelques jours après la Fête des Ecoles, histoire de rappeler que sous nos apparences d'adultes sérieux, nous, élues et élus municipaux, avons toutes et tous gardé une âme d'enfant. 

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  • La Cour Suprême des USA abroge la légalisation fédérale de l'avortement : Post Lucem Tenebrae

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    chasse aux sorcières.jpgL'assaut trumpiste contre le Capitole avait échoué en janvier 2021 ? Celui contre la Cour Suprême a réussi après que Trump y ait porté trois juges conservateurs et y ait fait basculer la majorité : la semaine dernière, elle a révoqué son propre arrêt "Roe versus Wade", rendu il y a un demi-siècle (1973), légalisant l'avortement sur tout le territoire des USA. Désormais, chaque Etat légifère comme il veut : interdiction totale, restriction maximale, légalisation... Sept Etats ont d'ores et déjà interdit totalement l'avortement sur leur territoire, une dizaine d'autres promettent d'en faire autant. Le tiers des Etats  "unis" se met ainsi en marche arrière en brandissant la Bible, vers l'instauration d'une théocratie. La semaine dernière, on chantait à Genève les vertus de Sébastien Castellion, adversaire de Calvin lors de la condamnation et de l'exécution de Michel Servet. Castellion, c'est celui qui écrivit que "ceux qui veulent contraindre les hommes à la foi sont comme celui qui voudrait introduire de force, à l'aide d'un bâton, de la nourriture dans la bouche d'un malade qui s'y refuse"... Et c'est aussi celui qui se demandait "Est-ce que nous ne quitterons jamais les ombres de la loi, pour venir à la lumière ?" Aux USA, aujourd'hui, on a déjà aux USA 40 % de créationnistes prenant la Genèse biblique à la lettre et les vindictes de l'Exode, du Lévitique et du Deutéronome pour lois.. De toute évidence leur devise n'est pas celle de la République de Genève, "Post Tenebras Lux", mais celle, sinon des fous, du moins des crétins de Dieu : "Post Lucem Tenebrae".

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    Lien permanent Catégories : Femmes, USA 2 commentaires
  • L'hommage de Genève à Sébastien Castellion : Il était temps !

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    plaque Castellion.jpgHier, à deux pas du Collège Calvin, la Ville de Genève a dévoilé une plaque épigraphique à la mémoire de Sébastien Castellion (1515-1563), humaniste et théologien protestant, régent du Collège de Rive, traducteur de la Bible et dénonciateur de la condamnation à mort de Michel Servet par les autorités genevoises, sur recommandation, de Jean Calvin. C'est ce Castellion-là qui est sorti de l'ombre. De l'ombre, pas de l'oubli : Il fut évoqué par Montaigne, Voltaire, Michelet, Stefan Zweig. Genève rend donc hommage à Castellion presque 500 ans après sa réfutation de la justification par Calvin de la mise à mort de Servet pour hérésie. Il nous a bien fallu alors rappeler que Servet n'avait pas été condamné par Calvin, ni exécuté sur ordre de Calvin, mais condamné par les autorités politiques de Genève, et exécuté sur leur ordre. Elles avaient besoin d'une référence théologique, besoin de s'appuyer sur une autre autorité que politique, une autorité religieuse personnelle, mais ce sont bien elles, les autorités politiques de la République, qui ont jugé, condamné et brûlé vif Michel Servet pour hérésie. Et c'est ainsi que se répartissaient (mais pourquoi le dire à l'imparfait ?) les compétences entre l'idéologue et le magistrat : l'idéologue dit ce qu'il faut faire mais ne le fait pas, le magistrat fait ce que l'idéologue lui dit de faire, qu'il pourrait ne pas faire mais fait tout de même, tant est grande sur lui l'emprise de l'idéologue... Qui est coupable, qui est complice, de celui qui dit et de ceux qui font ?

    Sur la vie et l'oeuvre de Sebastien Castellion, on vous recommande  la présentation par Etienne Barilier de la première traduction française de la réponse de Castellion à Calvin, "Contre le libelle de Calvin", édité chez Zoé en 1998. Et tout athée qu'on soit, on vous recommande aussi  sa traduction de la Bible : Castellion y  invente à la fois une langue et une méthode de traduction, des mots et une approche : sa Bible en français ne ressemble à aucune autre, ni plus ancienne, ni plus récente...

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  • Révolution en France : un parlement représentatif du paysage politique...

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    ego.jpgTout ça pour ça ?

    Si on voulait banaliser le résultat des législatives françaises, et on est assez tentés de le faire à la lecture des commentaires apocalyptiques qu'elles ont suscités, on userait benoîtement de la métaphore horlogère : elles ont "remis les pendules à l'heure", en donnant à chaque grande famille politique une représentation parlementaire illustrant sa force et sa place : pour la première fois peut-être sous la Ve République, les élections législatives ont accouché d'un parlement à peu près représentatif des choix politiques de l'électorat actif. C'est notable, mais y voir une rupture, un bouleversement, une révolution sortie des urnes, tient à la fois de l'amnésie et du francocentrisme. En 2017, au deuxième tour des législatives, les candidats macronistes avaient recueilli 49,2 % des suffrages exprimés, cinq ans plus tard, ils n'en recueillaient plus que 38,63 % : c'est un recul de près d'un million de voix. Pas le pire recul (les Républicains et l'UDI ont perdu trois millions de voix en passant de 25,17 à 7,27 % des suffrages), mais un recul tout de même. Pas une déroute, mais une défaite. En face, la NUPES rassemble 32,64 % des suffrages et progresse de plus de 4,6 millions de suffrages, et le Rassemblement national 17,3 % des suffrages, soit deux millions de plus en cinq ans. Et le résultat en termes de sièges, s'il n'est pas proportionnel au résultat en termes de suffrages, est tout de même moins éloigné de la réalité électorale qu'il est de coutume en France. Et si une élection a réellement été historique, dimanche soir, c'est en Colombie, le candidat de la gauche a été élu à la présidence de la République. C'est la première fois depuis 200 ans. Et la première fois aussi que la vice-présidence sera occupée par une femme, afro-américaine.

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  • Ukraine : le lourd tribut social de la guerre

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    Capture d’écran 2022-06-21 021227.jpgSoutenir un peuple

    Depuis les premiers affrontements au Donbass, en 2014, le peuple ukrainien paie le prix social de la guerre. Et ce prix s'est encore élevé avec l’invasion russe, cette année. Et ce sont, comme toujours, les femmes qui le paient le plus lourdement : la militarisation de la société ukrainienne s'est accompagnée d'une hausse de la violence domestique, et la conjonction du coût de la guerre et des réformes "libérales" imposées par l'"Occident" a eu pour conséquence la baisse des dépenses sociales dans la santé, la formation, la prise en charge des enfants. Aujourd'hui, c'est une population appauvrie qui supporte le poids du conflit provoqué par la Russie. Mais il y a en Ukraine des forces qui ne se résignent pas : les syndicats qui combattent pour défendre les emplois, par exemple dans l'aciérie ArcelorMittal dont ils assurent le fonctionnement alors que la direction s'est réfugiée à l'étranger, et l'organisation Sotsialnyi Rukh, qui combat le démantèlement des droits sociaux et maintient vivant l'espoir d'une société ukrainienne plus juste. Le SOLIFONDS appelle à soutenir les syndicats et le mouvement social ukrainiens :
    SOLIFONDS, mail@solifonds.ch, www.solifonds.ch, PC 80-7761-7

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    Lien permanent Catégories : Solidarité 0 commentaire
  • Sunil doit rester en Suisse

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    Capture d’écran 2022-06-20 002247.jpgMenacé d'expulsion là où il est en danger...

    Il s'appelle Sunil. Il est bangalais, journaliste, et issu de la minorité hindoue. Il a fui en 2012 son pays, le Bangladesh, où il avait été kidnappé et menacé de mort, où les droits humains sont constamment violés et où les membres des communautés religieuse minoritaires sont visés par un pouvoir allié aux islamistes du  « Jamaat-e-islami ». Sunil est en Suisse depuis dix ans. Il a sollicité l'asile politique,la Suisse le lui a refusé, et veut l'expulser vers le pays qu'il a fui : son renvoi forcé est prévu le 11 juillet. Et en attendant, il est détenu à Genève, à Frambois.  Le député socialiste Sylvain Thévoz interroge le Conseil d'Etat genevois :  va-t-il intervenir auprès de l’Office cantonal de la population et de la migration (OCPM) afin  de permettre à Sunil de demeurer dans le Canton ? Et a-t-il pris soin de se documenter sur la situation politique au Bangladesh actuellement ? En attendant que le Conseil d'Etat réponde, et intervienne pour que Sunuil, qui vit parmi nous depuis dix ans, puisse continuer à vivre libre parmi nous, on peut, on doit, faire pression en signant la pétition de soutien à Sunil (sur https://www.change.org/p/urgent-p%C3%A9tition-de-soutien-%C3%A0-sunil-c) et en se rassemblant mercredi 22 juin à 12h, aux canons, devant l'Hôtel-de-Ville de Genève.

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    Lien permanent Catégories : asile, réfugiés, Genève 0 commentaire
  • Deuxième tour des législatives françaises dimanche : un test de Rorschach

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    test de Rorschach.jpgC'est une étrange partie d'un jeu étrange aux règles étranges qui va se jouer dimanche en France, lors du deuxième tour des législatives. Une partie qui se joue dans une élection où aucun des deux principaux joueurs n'est candidat : Emmanuel Macron parce qu'il a déjà été élu, à la présidence de la République, et Jean-Luc Mélenchon, parce que s'il fait mine de croire qu'il peut être Premier ministre, il n'est pas candidat à sa propre réélection comme député. Macron ne pourra pas se représenter en 2027, la constitution limitant à deux le nombre de mandats présidentiels consécutifs (il pourrait cependant se présenter en 2032...). Dès lors, au sein même de la majorité présidentielles, les envies, les ambitions, les illusions présidentielles commencent à être visibles. Et le seront d'autant plus que la majorité présidentielle sera réduite au parlement. En attendant quoi, de tout bois les partis en présence font feu, du calcul d'épicier pour savoir qui est arrivé en tête au voyage de Macron en Roumanie, Moldavie et finalement Ukraine, sans pour autant susciter la passion des électeurs : on s'attend à une abstention massive, à l'aune française. Il est prévisible que le parti de Macron obtiendra au moins une majorité relative de sièges à l'Assemblée nationale. Il est tout aussi prévisible que la coalition de Mélenchon sera la principale force d'opposition à Macron. Savoir ce que cela présage des cinq prochaines années de présidence et de gouvernance en France tiendrait en revanche de la prédiction prophétique ou du test de Rorschach...

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    Lien permanent Catégories : élections, France, Politique 0 commentaire
  • Réduction du temps de travail :  Ce-n'est-qu'un-début-continuons-le-combat !

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    Capture d’écran 2022-06-16 014040.jpgNous avions demandé par motion au Conseil municipal de Genève que le Conseil administratif ouvre des négociations sur le passage aux 32 heures de travail hebdomadaire pour la fonction publique municipale, sans aller plus loin dans la concrétisation de ce passage, laissant cette concrétisation à la négociation avec les syndicats et la commission du personnel de la Ville. Cette proposition a été refusée, quoique le Conseil municipal (comme le Conseil administratif) soit à majorité de gauche : les Verts ont voté contre, avec toute la droite, au prétexte qu'on ne pouvait opérer une réduction du temps de travail des seuls employés de la fonction publique municipale. Or c'est pour eux seuls que le Conseil municipal pouvait -et peut encore, puisque nous avons redéposé la proposition, opérer le passage aux 32 heures (ou aux 35 heures, ou à la semaine de quatre jour, comme on voudra). Ou le passage aux 38 semaines de congé parental. D'ailleurs, les Verts cantonaux ont inscrit  la semaine de 32 heures dans leur programme et les Verts municipaux ont soutenu le congé parental de 38 semaines. Toujours pour la fonction publique municipale -parce que nous n'avons pas le pouvoir de l'imposer au-delà :  nous ne pouvons en effet, en tant que parlements, agir que sur la fonction publique, et sur la part de cette fonction publique qui dépend du statut du personnel. Quelque regret que nous en cultivions, nous ne pouvons régir le temps de travail ou le congé parental de toute la population active de la Ville ou du canton, de la Suisse, de l'Europe, du monde ou de la galaxie, mais seulement de la part que la Ville ou le canton emploie, soit tout de même des milliers de personnes personnes, ce qui fait de la Ville de Genève l'un des principaux employeurs du canton et du canton le premier employeur... du canton . On commence par là où on peut commencer. Parce qu'en 2022 comme en 1918, l'important, c'est de commencer.  Pour finir là où on veut finir...

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  • La dernière arme du secret bancaire : l'art. 47 de la loi sur les banques

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    Capture d’écran 2022-06-14 005336.jpgAinsi périssent les lanceurs d'alerte !

    A partir du 20 février, des "Suisse Secrets" furent publiés par un consortium de journaux européens : transmis à la Süddeutsche Zeitung par une source anonyme, ils contenaient des données sur plus de 18'000 comptes au Crédit Suisse, soit 30'000 clients (personnes et entreprises) et des avoirs de plus de cent milliards de dollars. Les données les plus anciennes dataient des années septante du siècle dernier, les plus récentes des années dix du siècle présent. Elles concernaient des personnes "exposées politiquement" (comme le roi Abdallah de Jordanie, le président algérien Bouteflika, le président philippin Marcos et sa femme), des hauts fonctionnaires et des ministres (comme le vice-ministre vénézuélien de l'Energie), des dirigeants d'entreprises publiques ou privées, des responsables de services de renseignement, des mafiosi... L'enquête qui a permis la publication des "Suisse Secrets" a été menée sans la participation de media suisses, et n'a été relayée en Suisse que sous forme de résumé et de commentaires, après sa publication par le consortium de journaux européens. Parce qu'elle n'intéressaient pas les media suisses ? non : parce que la loi sur les banques fait peser sur eux l'épée de Damoclès de son article 47, la dernière arme du secret bancaire : qui dénonce les tripatouillages des banques peut être condamné jusqu'à trois ans de prison.

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    Lien permanent Catégories : Banques, Suisse 0 commentaire
  • 14 juin, journée de lutte pour les droits des femmes

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    La fête et la colère

    Demain mardi, 14 juin, comme désormais chaque année. c'est le jour de la lutte pour les droits des femmes. Certes, cette lutte ne peut se contenter d'un jour -il lui faut toute l'année, et même plus, si on en juge par le temps qu'il a fallu pour que ces droits soient proclamés, à défaut encore d'être respectés, mais ce jour est celui de l'expression de toutes les revendications encore non satisfaites, des luttes toujours à mener. A Genève, la grande manifestation, précédée de plusieurs rendez-vous, partira de la place Neuve à 18 heures, après un rassemblement dès 17 heures. La journée (et donc la manif) sera, annoncent les organisatrices,  placée sous le signe de la fête mais surtout de la colère, que scandent huit mot d'ordres :

    Non à AVS21, la réforme des retraites ne se fera pas sur le dos des femmes
    Stop aux inégalités salariales 
    Stop aux discriminations contre les personnes LGBTQIA 
    Stop aux violences sexuelles et sexistes 
    Non au racisme 
    Oui à la solidarité avec les migrant-e-x-s et oui à l'accueil de tou-x-te-s les  réfugié-e-x-s 
    Oui à l'introduction du consentement dans le code pénal 
    Oui à la convergence des luttes : justice environnementale, justice sociale,  justice de genre, même combat pour un monde sans domination.

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  • Premier tour des législatives françaises : Les habit neufs du président Macron

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    Cent fleurs.jpgDimanche, pour le premier tour et le 19 juin pour le deuxième, la France est convoquée aux urnes pour ce que désormais tous les commentateurs (et une bonne partie des acteurs) considèrent comme le "troisième tour" de la présidentielle : les élections législatives. En avoir fait un "troisième tour" entre entre l'élu et le recalé de la présidentielle, Macron et Mélenchon, est certainement absurde institutionnellement, mais sans doute pertinent politiquement. Comme est institutionnellement absurde mais politiquement pertinent l'appel de Mélenchon à "l'élire Premier ministre". Cela a au moins eu comme effet bénéfique de marginaliser l'extrême-droite... La campagne s'est faite longtemps, assez inhabituellement en France, en l'absence du président de la République, et dans une grande discrétion du gouvernement lui-même, comme si leur mot d'ordre était "surtout pas de vague", et tant pis pour l'abstention. Ou tant mieux, l'électorat de Macron et des siens votant plus que celui de Mélenchon et de la NUPES. Du coup, la stratégie présidentielle s'était, jusqu'à cette semaine, résumée en un évitement de tous les sujets qui fâchent (la retraite, par exemple) ou en un renvoi de ces sujets à des débats au sein d'une nouvelle instance que veut créer Macron, un "Conseil national de la refondation" supposé être représentatif des acteurs de la "société civile" (ce que le Conseil. économique, social et  environnemental était déjà supposé être mieux que l'Assemblée nationale). Le Grand Timonier de la Ve République a-t-il repris sous ses habits neufs  le mot d'ordre du Grand Timonier de la République populaire : "Que cent fleurs s'épanouissent, que cent écoles rivalisent" au sein de ce nouveau Conseil ?. En Chine, si cent fleurs se sont bien épanouies, elles ont été coupées une fois la fête finie. Et si cent écoles ont bien bien rivalisé -elles ont été transformées en camps de rééducation. La France y échappera, Macron n'est pas Mao -mais créer une nouvelle instance de débats n'a de sens que s'il sort autre chose de ces débats que l'impression d'y avoir perdu son temps...

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    Lien permanent Catégories : élections, France, Politique 1 commentaire
  • "Pour une politique culturelle cohérente" à Genève : Qui paie, parle...

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    GTGnuit.jpgLe Conseil municipal de Genève a voté, hier soir, avec la seule opposition de l'UDC (qui n'a pas jugé bon d'expliquer pourquoi elle votait contre, à supposer qu'elle le sache) une résolution "pour une politique culturelle cohérente" que proposait, unanime, la commission des arts et de la culture. Cette unanimité  de la commission exprimait un consensus, sans effacer les divergences qui peuvent distinguer les uns et les unes des autres les projets, les priorités, des groupes parlementaires et des partis politiques municipaux. Le projet de texte émanait du PS. Nous aurions pu l'imposer - il n'aurait exprimé que les positions communes des groupes de gauche -nous ne l'avons pas fait. La droite aurait pu refuser d'entrer en matière sur un texte proposé par le PS et soutenu par les commissaires de gauche, elle ne l'a pas fait.  Nous avons adopté, les uns, les unes et les autres, cette attitude parce qu'il nous a semblé qu'il était indispensable que le Conseil municipal de Genève dise quelque chose de la politique culturelle genevoise, en ce moment où nous sortons de la consultation publique sur  "l'avant-projet de loi pour la promotion de la culture et la création artistique" et le "projet de lignes directrices de la politique culturelle du canton de Genève". Cela nous est paru indispensable, parce que le Conseil municipal est tenus hors de cette consultation. Et même de la négociation qui lui succède et se fait entre acteurs institutionnels, le Conseil d'Etat, le Conseil administratif, l'ACG. Mais pas le Conseil municipal de Genève, qui est pourtant l'acteur institutionnel qui accorde la plus grande part des moyens accordés à Genève, par la collectivité publique, à la politique culturelle...

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    Lien permanent Catégories : Culture, Genève, Politique 0 commentaire
  • Hébergement des sans-abri : les communes genevoises acceptent de payer

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    sdf geneve.jpgL'urgence, seulement ?

    Réunies en assemblée générale de leur association, l'ACG, les communes genevoises  ont accepté le 6 avril de verser ensemble 6,2 millions de francs pour financer 200 places d'hébergement d'urgence pour les sans-abris, et de verser cette somme à la Ville de Genève, qui assume quasiment seule l'hébergement d'urgence pour tout le canton depuis vingt ans. Depuis novembre, la loi cantonale attribue aux communes la compétence exclusive de l'hébergement collectif d'urgence (y compris les repas et les soins élémentaires d'hygiène, l'appui social, l'orientation de premier recours). La compétence, et la charge financière, le canton n'assumant guère que le suivi sanitaire, les soins infirmiers, les consultations ambulatoires et l'accompagnement social des personnes ayant droit à des prestations sociales. La décision de l'ACG de débloquer 6,2 millions pour l'hébergement des sans-abri a suscité l'opposition des conseils municipaux de Thônex, Satigny et Hermance, qui ont fait usage de leur droit d'opposition pour protester contre la méthode utilisée par le canton et l'ACG pour débloquer des fonds et rouvrir des locaux, et contre le fait que la proposition de la Ville de Genève a été la seule à être soumise aux communes. Ces oppositions ne suffisent toutefois pas à remettre en cause la décision, même si d'autres conseils municipaux devaient eux aussi s'y opposer, puisqu'il faudrait une double majorité des 45 communes et de la part de leur population totale sur celle du canton pour que le vote de l'Assemblée générale de l'ACG soit contrecarré. Mais rien n'est résolu pour autant : la contribution des communes répond à une urgence, mais sa pérennité reste à assurer.

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    Lien permanent Catégories : commune, Genève, pauvreté, exclusion 1 commentaire
  • Renforcer l’AVS au lieu de repousser l’âge de la retraite :

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    Capture d’écran 2022-06-03 025112.jpgSignez l'initiative BNS !

    Une initiative de l'Union Syndicale, soutenue par le PS, propose de faire contribuer la Banque nationale au financement de l'AVS, en redistribuant chaque année une part de son bénéfice supplémentaire à celle qu'elle redistribue déjà à la Confédération et aux cantons. L'USS évalue ainsi à deux milliards par année cette contribution nouvelle, qui ne réduirait pas celle aux cantons mais uniquement celle à la Confédération et ne serait prélevée que si les réserves de l'AVS sont élevées. La réserve de distribution de la BNS se montait à 120 milliards à la fin de 2020, et elle dégage un bénéfice annuel de 40 milliards, sur un bilan de mille milliards... L'USS note que les 26 milliards de bénéfices engrangés par la BNS pour la seule année 2021 couvriraient les besoins de l'AVS pour dix ans. Et que la BNS avait, fin 2021, plus de 100 milliards de francs de réserves. On télécharge l'initiative ici : https://initiative-bns.ch/

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  • La Suisse, sa neutralité et la guerre d'Ukraine

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    janus.jpgPragmatique hypocrisie

    Le 25 février, le Conseil fédéral décidait de s'aligner, "en toute indépendance", sur l'Union Européenne et les Etats-Unis, et les sanctions imposées à la Russie de Poutine. Fut-ce violer la neutralité ? La neutralité imposée à la Suisse en 1815, confirmée par les Conventions de La Haye de 1907, est "protectrice" de la Suisse, nous dit le Conseil fédéral. Elle est donc dans son intérêt -mais pas seulement le sien : celui des puissances qui la lui ont imposée aussi (et d'entre ces puissances, en 1815, il y avait la Russie...). Et quand à Davos, le Président de la Confédération, par ailleurs ministre des Affaires étrangères, évoquait le concept assez flou de "neutralité coopérative", on pourra trouver qu'il est de l'intérêt de tout le monde que la Suisse soit neutre. Parce que la neutralité de la Suisse n'est pas une neutralité politique, encore moins une neutralité économique, et absolument pas une neutralité humanitaire, mais seulement une neutralité armée. Qui n'exclut aucun choix politique ni aucun engagement humanitaire -de tels engagements étant même une légitimation de la neutralité armée. Ni même les connivences économiques. Enfin, la neutralité de la Suisse est celle de la Confédération, et des cantons puisqu'ils n'ont constitutionnellement pas le droit d'avoir une politique étrangère propre, mais ne s'impose nullement aux citoyens, ni aux communes, ni aux entreprises. Bref : la neutralité de la Suisse n'est pas la neutralité des Suisses... De là en en conclure qu'elle tient d'une fort pragmatique hypocrisie, il n'y a qu'un pas...

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