Sunil doit rester en Suisse

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Capture d’écran 2022-06-20 002247.jpgMenacé d'expulsion là où il est en danger...

Il s'appelle Sunil. Il est bangalais, journaliste, et issu de la minorité hindoue. Il a fui en 2012 son pays, le Bangladesh, où il avait été kidnappé et menacé de mort, où les droits humains sont constamment violés et où les membres des communautés religieuse minoritaires sont visés par un pouvoir allié aux islamistes du  « Jamaat-e-islami ». Sunil est en Suisse depuis dix ans. Il a sollicité l'asile politique,la Suisse le lui a refusé, et veut l'expulser vers le pays qu'il a fui : son renvoi forcé est prévu le 11 juillet. Et en attendant, il est détenu à Genève, à Frambois.  Le député socialiste Sylvain Thévoz interroge le Conseil d'Etat genevois :  va-t-il intervenir auprès de l’Office cantonal de la population et de la migration (OCPM) afin  de permettre à Sunil de demeurer dans le Canton ? Et a-t-il pris soin de se documenter sur la situation politique au Bangladesh actuellement ? En attendant que le Conseil d'Etat réponde, et intervienne pour que Sunuil, qui vit parmi nous depuis dix ans, puisse continuer à vivre libre parmi nous, on peut, on doit, faire pression en signant la pétition de soutien à Sunil (sur https://www.change.org/p/urgent-p%C3%A9tition-de-soutien-%C3%A0-sunil-c) et en se rassemblant mercredi 22 juin à 12h, aux canons, devant l'Hôtel-de-Ville de Genève.

La surdité volontaire de la capitale mondiale du droit d'asile...

Menacé au Bangladesh, Sunil a été contraint de fuir son pays en janvier 2012. Il a demandé l’asile politique à la Suisse, qui le lui a refusé au prétexte que les violences qu'il a subies et les menaces qui pèsent sur lui ne sont pas du fait des autorités bangladaises. Qu'est-ce que ça change, pour lui, que ces autorités sous-traitent la répression à des groupes criminels ou des milices islamistes ? Rien. Mais c'est sur cette sous-traitance que s'appuient les autorités suisses pour décider de le renvoyer aux mains de ces groupes et de ces milices. Et de la bangladaise persuadée qu'il a déjà été expulsé et se trouve au Bangladesh et qui se sont pointés pour l'arrêter au domicile de son épouse malade, en faisant acte de violence sur elle. Amnesty International, Human Rights Watch et l’ONU dénoncent la violation constante des droits humains et des libertés fondamentales (dont celles d'expression, de religion et de la presse) au Bangladesh, mais les ONG ne doivent pas parler assez haut et assez fort pour que les entendent les sourds qui régissent le droit d'asile en Suisse. Et ceux qui l'appliquent à Genève.

Sunil n'est ni une menace, ni une charge pour la Suisse et pour Genève  : il travaille dans la restauration, est indépendant financièrement, a remboursé l’aide sociale à laquelle il avait droit et avait perçue en arrivant en Suisse. Il est intégré à Genève, il est membre du parti socialiste, son casier judiciaire est vierge, il est sans dette. Son parti le soutient, son patron le soutient, ses collègues le soutiennent, ? Les autorités migratoires n'en tiennent aucun compte : en janvier dernier, elles le font arrêter pour le renvoyer au Bangladesh. . Le Tribunal administratif de première instance refuse de le libérer, fait fi de ses nombreux problèmes médicaux et ne prend pas en considération les risques auxquels il s’expose en retournant au Bangladesh, étant doublement ciblé, en tant que journaliste et en tant qu'hindou. L'Office cantonal de la population  refuse de transmettre au Secrétariat d'Etat aux Migrations sa demande de le considérer comme un "cas de rigueur", dont il remplit toutes les conditions (il aurait même rempli celles de l'opération "Papyrus").   Aux termes de l'article 14 alinéa 2 de la loi fédérale sur l'asile (LAsi), le canton peut, sous réserve de l'approbation du Secrétariat d'État aux migrations, octroyer une autorisation de séjour à toute personne qui lui a été attribuée (tel est le cas de Sunil), aux conditions suivantes, que Sunil remplit toutes : séjourner en Suisse depuis au moins cinq ans à compter du dépôt de la demande d'asile ; avoir toujours séjourné dans un lieu connu des autorités; être un cas de rigueur grave en raison de l'intégration poussée de la personne concernée ; ne pouvoir être l'objet d'aucun motif de révocation au sens de l'article 62 de la loi fédérale du 16 décembre 2005 sur les étrangers (LEtr).

Encore faut-il que le canton condescende à faire usage de son droit de solliciter le SEM. Le canton de Genève, siège du Haut Commissariat des Nations Unies pour les Réfugiés, et lieu de signature des conventions internationales sur le droit d'asile, ne l'a pas fait.  Il ne manque pourtant rien à Sunil pour que le droit lui soit accordé de pouvoir rester en Suisse. Rien, sauf une volonté politique de ceux qui peuvent décider de son sort. Les soutiens de Sunil se demandent, comme le fait le député socialiste Sylvain Thévoz qui questionne le Conseil d'Etat, si le gouvernement genevois a pris soin de se documenter sur la situation politique au Bangladesh actuellement ? La réponse, de toute évidence, est : "non".

C'est loin, le Bangladesh. Plus loin que Frambois, ou Sunil est détenu, la brasserie où il travaille, l'aéroport où il est menacé d'être conduit pour un renvoi forcé dans le pays où il est menacé.

Plus loin, aussi, que les canons, en face de l'Hôtel de Ville de Genève, où on se rassemblera mercredi (22 juin) à midi, pour soutenir Sunil, exiger sa libération et que l'asile en Suisse lui soit accordé. Et que prenne fin la surdité volontaire de la capitale mondiale du droit d'asile.

 

 


 

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