don d'organes : Faire survivre quelque chose de nous après nous...

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coeur sur la main.jpgOn vote le 15 mai, mais s'il est trop tard pour le faire par correspondance. Il ne l'est pas encore pour voter : les locaux de vote sont ouverts dimanche entre dix heures du matin et midi... Il vous est donc encore possible de soutenir la proposition du parlement de substituer le principe du consentement présumé au don d'organe à celui, actuellement posé par la loi, du refus présumé, qui a pour conséquence que lorsque le donneur potentiel n'a pas explicitement fait état de son don à venir, on part du principe qu'il refuse. Résultat : entre 40 et 60 % des proches interrogés par le corps médical refusent le don d'organe de leur parent ou de leur conjoint. Comme s'il leur appartenait. Comme si nous étions propriétaires de nos proches et de leurs organes.

Une mort qui sauve une vie

450 personnes par an, en moyenne depuis cinq ans, ont bénéficié en Suisse de dons d'organes (484 en 2021) prélevés sur des personnes décédées, mais fin 2021, elles étaient 1434 à en attendre une, et elles devront attendre entre plusieurs mois et plusieurs années. Et des dizaines d'entre elles (une ou deux par semaine) mourront de ne pas en avoir reçu à temps -car il n'est dans certains cas pas d'alternative à une transplantation, notamment de foie ou de moelle osseuse. Comment faire pour augmenter les dons d'organes, sauver plus de vies, faire attendre moins longtemps les bénéficiaires potentiels de ces dons, et du même coup réduire le temps des soins nécessaires pour qu'ils soient encore en état de les recevoir ? Une initiative populaire proposait d'instituer le principe, quasiment sans conditions, du consentement présumé du donneur potentiel d'organes à ce don : s'il n'avait pas explicitement exprimé son refus, on partait du principe qu'il l'acceptait : qui n'a pas dit mot contre le don d'un ou plusieurs de ses organes est réputé y consentir. Le Conseil fédéral et le parlement, eux, proposent un consentement présumé avec de nombreuses réserves, notamment celle de l'exigence d'une acceptation des proches en cas de doute sur le choix, de son vivant, du donneur présumé.  Mais cette proposition prudente est encore excessive pour une partie des acteurs sociaux : les églises catholiques et protestantes, notamment, s'y opposent : pour elles, le silence n'est pas un consentement. Qu'est-il alors, puisqu'il ne peut être non plus un refus ?  Les églises ont parfaitement le droit d'exprimer leur avis. Et nous, de ne pas le suivre. C'est cela, la liberté de conscience. Et cela aussi, la laïcité...

C'est tout de même un peu de moi qui me survivrait si d'aventure on trouvait à l'un des organes une utilité après ma mort. Ce n'est pas moi qui survivrait, mais tout de même quelque chose de moi. Or cette pensée parfaitement égoïste rencontre un besoin altruiste : celui des 1500 personnes vivantes qui attendent de bénéficier du don d'un organe du personne morte. Qui, par ce don, permettra de sauver une autre vie.

 

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