L'Ukraine, la Russie, les réfugiés, la Ville de Genève...

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Manifestation  Russie.jpgUn soutien essentiel et impossible à l'opposition russe à la guerre

Hier soir, le Conseil Municipal de Genève a débattu de l'Ukraine, de la Russie, de l'accueil de celles et ceux qui fuient la guerre. Il a adopté la proposition d'un soutien d'un demi-million à la Chaîne du Bonheur, pour son opération de solidarité avec les populations d'Ukraine, y compris celles et ceux qui l'ont fuie et se retrouvent, dans un premier temps, dans les pays voisins. Nous sommes intervenus dans le débat, pour évoquer le sort de ces réfugiés, et le soutien à leur accueil en Suisse, "sans distinction de nationalité", puisque fuient aussi l'Ukraine des étrangères et des étrangers qui y résidaient, mais aussi pour dire à quel point était essentiel un soutien que nous ne pouvons pas apporter : celui à l'opposition russe à la guerre. Ce soutien, de notre part, ne peut être que rhétorique : une association russe qui reçoit un soutien de l'étranger est considérée désormais par la loi russe comme un service étranger, et peut être ipso facto interdite, et ses responsables traduits en justice. Nous n'avons donc que notre parole, nos mots,  pour dire notre soutien, notre solidarité et notre admiration à une opposition russe qui pourrait parler d'elle-même en reprenant les mots d'Anna Akhmatova :

Non, ce n'est pas sous un ciel étranger,
à l'abri des ailes étrangères que j'étais,
Mais au milieu de mon peuple,
Là, où pour son malheur, mon peuple était.

Une guerre menée au nom de la Russie, mais qui injurie la Russie et les Russes.

Ce sont bien les Russes, pas les "Occidentaux", qui peuvent arrêter la guerre. Les Russes qui dès le déclenchement de la guerre se sont mobilisés contre elle, ont manifesté contre elle, l'ont dénoncée et ont dénoncé le pouvoir qui  l'a déclenchée. Ce n'est pas en Ukraine que se joue, politiquement, le sort de ce pouvoir, mais en Russie, où l'opposition à la guerre commence à être exprimée même par des militaires nationalistes et des oligarques, comme, récemment l'a exprimée le roi de l'aluminium.... 

Si nous pouvons, ici, faire quelque chose, dire quelque chose, proposer à nos parlements communaux, cantonaux, nationaux, de dire et de faire politiquement quelque chose, au-delà de l'aide humanitaire nécessaire et que le Conseil municipal de Genève a accordé hier, via la Chaîne du Bonheur, c'est de soutenir les mouvements sociaux qui, en Russie s'opposent aux guerres de Poutine, de soutenir les derniers media libres de Russie, de soutenir les intellectuels, les artistes, les sportifs, les simples citoyens et citoyennes qui depuis des jours par dizaines de milliers dans des dizaines de villes, de St-Petersburg au fin fond de la Sibérie, affirment, à leurs risques et périls leur opposition à la guerre de Poutine. Des milliers d'entre elles et eux ont déjà été arrêtés. Des milliers le seront encore. Nous devons mesurer les risques qu'ils prennent, quand nous manifestons, nous, sans aucun risque, contre la guerre que mène le pouvoir contre lequel ils se dressent.

La guerre s'arrêtera quand le sol russe, celui de la société russe, se dérobera sous Poutine. Et cela, c'est l'affaire des Russes eux-mêmes. Notre affaire, ici et maintenant, c'est la solidarité immédiate avec les victimes de la guerre, en ayant un peu plus qu'une brève pensée pour ces dizaines de milliers de Russes qui se dressent contre une guerre menée au nom de la Russie, mais qui injurie la Russie et les Russes.

 

 

Lien permanent Catégories : guerre, Russie, Solidarité 2 commentaires

Commentaires

  • 100 % d'accord avec toi... mais leur envoyer notre soutien, c'est risquer de les faire arrêter...

  • Il faut essayer d'agir à son niveau.
    Trois journaux scandinaves publient désormais des articles concernant la guerre dans leurs éditions en ligne : Dagens Nyheter ( Suède), Politiken ( Norvege) et Helsingin Sanomat ( Finlande).

    Voici de quoi ça a l'air :

    https://www.hs.fi/newsinrussian/art-2000008670338.html

    Le premier article que l'on voit, raconte l'arrivée des passagers du train St Petersburg-Helsinki.

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