• Financement des partis politiques : La transparence à petit pas...

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    pompe à phynance.jpgDans le Jura, le peuple a largement accepté (par 11'354 suffrages contre 7596) il y a deux semaines une initiative populaire socialiste prévoyant la publicité des donations aux partis politiques, et de leurs auteurs,  dès un montant de 750 francs, et a refusé (par 10'179 voix contre 8256) le contre-projet moins contraignant présenté par le parlement et soutenu par la droite (PLR, PDC, UDC). Le texte adopté prévoit la publication des comptes annuels des partis, et de leurs sources de financement, ainsi que des comptes des comités de campagne de votations et d'élections cantonales et communales. L'identité des donateurs de plus de 750 francs pour les personnes physique, dès le premier franc pour les personnes morales, doit être rendue publique. Pendant ce temps là, à Genève, où une telle loi existe déjà (avec quelques différences), la majorité de droite de la commission du règlement du Conseil municipal a refusé la proposition socialiste de conditionner le subventionnement des groupes parlementaires du Conseil au respect de la loi. On dit que Genève fait partie de l'Arc jurassien ? la corde de l'arc semble un peu distendue.

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  • L'Ukraine est seule, les Ukrainiens ne doivent pas l'être

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    Potemkine escaliers.jpgLes gens nous importent, pas les Etats

    Ce serait "le plus grave conflit en Europe depuis 1945", ce qui est un peu vite oublier les guerres du démantèlement de la Yougoslavie : la Russie a envahi l'Ukraine. On reviendra sur les justifications poutiniennes de cette invasion , on tentera d'y démêler ce qui tient de l'irrationnel (les Russes seraient victimes d'un "génocide" en Ukraine, des "nazis" sont au pouvoir à Kiev, il n'y a pas de nation ukrainienne, l'Ukraine est un Etat illégitime), de l'obsession (la reconstitution d'une Grande Russie, l'obsession de l'encerclement) et du calcul. On pourra revenir aussi sur l'histoire et sa réécriture poutinienne, celle de l'Ukraine et celle de la Russie, on pourra remonter jusqu'aux Varègues et à la Rus, arriver à Makhno et à Petlioura, évoquer la grande famine des années vingt et la seconde guerre mondiale : Ici et maintenant, la seule question à laquelle nous devrions répondre est : "maintenant, qu'est-ce qu'on fait ?". L'"Occident" n'enverra personne mourir pour Kiev et laissera l'Ukraine à son sort, à quelques discours, quelques gesticulations et quelques sanctions près. Nous, ici, ce qui doit nous importer, ce ne sont pas les frontières, mais celles et ceux qui vivent derrière elles, entre elles. Pas l'Ukraine mais les Ukrainiens et les Ukrainiennes. Pas Poutine, même pas la Russie (la grande, la petite, la blanche), mais les Russes. Pas les Etats, mais les peuples. Pas les potentats, mais les gens.

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  • #SuisseSecrets de polichinelles

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    Suisse Secrets.jpgPublication de données fuitées sur les clients douteux du Crédit Suisse : pas une révélation, mais une confirmation

    Grâce à un collectif d’enquête international, autour de l' Organized Crime and Corruption Reporting Project, la disponibilité du Crédit Suisse à accueillir l'argent de criminels, de dictateurs, de patrons corrompus, a été confirmée par l'enquête #SuisseSecrets . Et nous disons bien "confirmée", pas "révélée". Parce que cela fait des décennies qu'on sait que les banques suisses sont bien plus tolérante qu'elles le disent à l'égard de l'argent sale. C'est peut-être alors le moment de ressortir du carton des vieux livres descendus à la cave celui de Jean Ziegler qui, il y a bientôt cinquante ans (il date de 1977), avait dénoncé "une Suisse au-dessus de tout soupçon". #SuisseSecrets est une enquête internationale de journalistes et de dizaines de journaux de plusieurs dizaines de pays. Mais pas de journalistes suisses, pas de journaux suisses : les journalistes et journaux suisses ont renoncé à y  participer pour éviter de se retrouver poursuivis du fait de l'existence dans le droit helvétique d'une disposition (l'article 47 de la loi sur les banques), imposée par le PLR, qui permet de condamner qui a publié des informations couvertes par le secret bancaire et obtenues illégalement. L'enquête internationale n'a donc pas eu seulement le mérite de confirmer la permanence du recel bancaire à la Suisse, mais aussi de mettre en cause l'instauration d'une censure construite sur un chantage pesant sur les media suisses : faites silence, ou  retrouvez-vous au tribunal. Voire en prison. Le PS exige  l'abrogation immédiate de l'article sur la censure, des lois plus strictes  et une meilleure surveillance contre la criminalité fiscale, des sanctions efficaces contre les banques fautives et la fin du secret bancaire dans notre pays. Ce serait la moindre des choses, mais la moindre des choses, c'est déjà beaucoup trop pour la majorité de droite du parlement fédéral (et du Conseil fédéral). Reste la voix populaire : donnez la vôtre sur https://suissesecrets.ch/fr/?mtm_campaign=nl&mtm_content=0222

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    Lien permanent Catégories : Banques, Suisse 0 commentaire
  • Mineurs péruviens en grève contre une filiale de Glencore

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    Capture d’écran 2022-02-23 012342.jpgPartenariat social : slogan ici, mot creux là-bas

    A Andaychaga, au Pérou, une filiale de la multinationale suisse Glencore, l'entreprise Volcan, répond par la répression à une grève de mineurs exigeant l'impossible : le respect du "partenariat social" que le patronat suisse glorifie ici, mais laisse piétiner par ses filiales ailleurs. Car que revendiquent les mineurs d'Andaychaga ? que Volcan négocie avec leur syndicat et respecte les droits syndicaux et les décisions des tribunaux péruviens. Le SOLIFONDS soutient le syndicat des mineurs en grève, appelle au soutien de ce soutien et exige, avec les mineurs, que la filiale péruvienne d'une multinationale suisse accepte de négocier avec leur syndicat. C'est par ici que ce soutien peut se faire :

    SOLIFONDS, www.solifonds.ch, mail@solifonds.ch, PC 80-7761-7

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  • L'Ukraine, la Russie, l'OTAN, l'Europe : Concours de bites

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    bites.jpg"C'est pas moi qui ai commencé, M'sieur, c'est l'autre"... on est dans une cour d'école primaire ? Non : on est à la frontière ukrainienne. Il y a sans doute des guerres justes -guerres de libération, guerres révolutionnaires, guerres de résistance à l'oppression. Il y a plus sûrement encore des guerres idiotes, stupides, imbéciles, comme des concours de bites, à kicèkika la plus grosse. Et d'entre ces guerres stupides, celle dont Joe Biden et Boris Johnson nous annoncent tous les dimanche l'imminence, et qu'Emmanuel Macron et Olaf Scholz tentent les six jours qui suivent d'éviter en allant au Kremlin de Canossa essayer de convaincre Poutine, qui assure ne pas vouloir de guerre,  de ne pas pousser le bouchon trop loin, tout en sachant qu'il le poussera le plus loin possible. Pendant quoi provocations, manipulations, intoxications (évacuations plus ou moins forcées de la population civile du Donbass, par exemple) et violations du cessez-le-feu  (411 en trois jours, et plus d'un millier dans l'autre région pro-russe, celle de Lougansk) se succèdent. Et tout cela pour quoi ? pour obtenir, côté russe, la neutralisation de l'Ukraine (sur un modèle finlandais plutôt que suisse) et le rattachement des deux territoires à la Russie et, côté ukrainien, l'intégration dans l'OTAN et l'Union Européenne ? En 2014, un accord de paix (protocole) avait été conclu à Minsk, sous l'égide de l'Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE), entre la Russie et l'Ukraine, puis un second une année plus tard sous l'égide de la France et de l'Allemagne, mais  ni la Russie ni l'Ukraine n'en ont respecté les termes*. En eurent-elles jamais l'intention ? Depuis ces derniers jours, ils sont morts et archivés.

    *Notamment : cessez-le-feu bilatéral immédiat, décentralisation des pouvoirs, autonomie locale dans les oblasts de Donetsk et de Lougansk,  surveillance permanente de la frontière russo-ukrainienne par l'OSCE, instauration d'une zone de sécurité sur cette frontière, libération immédiate des otages et personnes illégalement détenues, amnistie en Ukraine de toutes les personnes impliquées dans la guerre du Donbass, élections anticipées dans les oblasts de Donetsk et de Lougansk, démilitarisation de la zone de conflit, retrait du territoire ukrainien  du matériel militaire, des forces armées et des combattants étrangers.

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  • Refus de l'interdiction en Suisse de l'expérimentation animale et humaine

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    expérimentation animaleRAPPORT AUX BETES

    L'initiative pour une interdiction de l'expérimentation animale et humaine a été littéralement balayée (à 79 % des suffrages) par le peuple. Non par mépris des animaux, mais par crainte de ne plus pouvoir bénéficier des résultats médicaux de cette expérimentation : l'humain pense d'abord à lui-même avant que de penser aux animaux. L'échec cinglant de l'initiative est cependant trompeur, en ceci qu'il ne clôt nullement le débat fondamental sur le rapport que l'animal humain doit entretenir avec les autres animaux -"les "autres animaux", puisque si,  dans ce début de ce texte comme dans le langage courant, on utilise les mot "animaux" et"humains" en opposition, à tout le moins en distinction, de ce que l'un et l'autre désignent, on ne cède qu'à une commodité de langage, alors que les humains sont des animaux. Qui tiennent à se distinguer des autres animaux, mais n'en constituent pas pour autant un genre distinct -seulement une espèce spécifique : il y a bien une espèce humaine, mais pas de "genre humain" et fondamentalement, il n'y a pas plus de différence entre un humain et un chat qu'entre un chat et un chien, bien moins entre un humain et un chimpanzé (nous ne sommes après tout que des primates, comme eux, les gorilles, les orang-outangs et les bonobos) qu'entre un chimpanzé et un ouistiti... De différences entre animaux, la société humaine en fait quand elle accorde des statuts différents aux animaux de compagnie, de boucherie et de laboratoires : "jamais les animaux n'avaient été traités avec à a fois autant de violence et autant de bienveillance", note l'anthropologue Charles Stépanoff, qui ajoute que "ces deux modes sont en réalité complémentaires puisque nous nourrissons nos animaux de compagnie avec la viande que nous ne consommons pas des animaux que nous abattons"... 

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  • Les Suisses refusent d'aider leurs media (mais les Romands et les villes l'acceptent)

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    presse romande.jpgCompromis foiré

    On s'y attendait, mais, contrairement à l'éditeur de GHI qui jubile (les "gratuits" ne bénéficiaient pas de cette aide, etil ne voit donc pas pourquoi d'autres auraient pu en bénéficier...) on est tout de même déçus : à 54,6 %, les Suisses et les Suissesses ont refusé de renforcer l'aide publique fédérale aux media, malgré  la Romandie (sauf le Valais, majorisé par sa partie alémanique), Uri, Bâle-Ville, Zurich et les autres plus grandes villes,  qui l'ont accepté. La Conseillère fédérale Simonetta Sommaruga, qui portait le projet, en a tiré la conclusion qu'il fallait "prêter une attention particulière aux minorités linguistiques". Le projet refusé par la majorité du peuple avait tous les défauts d'un compromis : il accordait aussi une aide à des media qui n'en avaient pas besoin  et en vouant agréger des soutiens contradictoires, il agrégeait aussi des oppositions diverses. Les battus du jour sont d'ailleurs tout aussi divers : le vote fédéral est une défaite pour le Conseil fédéral et le parlement, c'est une défaite pour la gauche et le Centre qui soutenaient cette proposition, c'est une défaite pour la Romandie, mais c'est aussi une défaite pour un secteur qui tant qu'il était globalement florissant refusait hautement toute intervention publique pour maintenir les journaux en difficulté, et ne s'est mis à considérer favorablement  une telle aide qu'à partir du moment où ses recettes publicitaires ont commencé à être siphonnées par les nouveaux media et leurs maîtres, les GAFA. De sa défaite, le secteur est bien l'un des responsable.

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  • Présidentielle française : 33 % d'intentions de vote pour l'extrême-droite

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    Capture d’écran 2022-02-16 022941.jpgTiers-Etat d'âme

    Candidat sans l'être officiellement mais tout en l'étant réellement, Macron survole les intentions de vote (si l'élection avait lieu au moment où se fait le sondage qui les évalue) à la présidentielle de dans quelques semaines. Le dernier sondage, paru hier, lui accorde 25,5 % d'intentions de vote, loin devant Martine Le Pen (17,5 %), Eric Zemmour (15 %), Valérie Pécresse (14,5 %) et Jean-Luc Mélenchon (11,5 %). Le seuil pour se retrouver au deuxième tour de cette élection cardinale du système français n'aura jamais été aussi bas. Quant à la gauche, ses candidates et candidats, Mélenchon mis à par, sont à la ramasse, en particulier la candidate socialiste, Anne Hidalgo,à propos de laquelle on se demande quand son propre parti admettra l'inutilité, et même la nocivité de la version électorale de l'acharnement thérapeutique, puisque qu'elle e traîne à 2 %, derrière Christiane Taubira (qui échoue dans sa tentative de se présenter comme une "solution unitaire") et le candidat du PC, Fabien Roussel, qui, à défaut de représenter une chance pour la gauche d'être au second tour de la présidentielle, a au moins réinstallé le PCF dans le paysage politique français. Ce serait d'ailleurs la première fois depuis 1969 qu'un candidat communiste obtienne plus de suffrage qu'un.e candidat socialiste... Roussel ne fera certainement pas aussi bien que Duclos, mais Hidalgo fera encore pire que Defferre. Quant à l'extrême-droite, ses deux candidatures confondues (on s'abstiendra même d'y ajouter celles, anecdotiques et pas certaines, faute de parrainages, d'être validées de Dupont-Aignan et de Phillipot), elle n'aura jamais été aussi forte avant un premier tour depuis la présidentielle de 1965, où elle était représentée pat Tixier-Vignancourt. : dans les sondages, elle en est à 33 % des intentions de vote. Sans doute ces intentions ne sont-elles pas des engagements, et les sondages ne sont-ils pas l'élection, mais tout de même, ce Tiers-Etat d'âme, s'il n'est pas tout, n'est pas rien, et arrive à être quelque chose...

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  • Refus de l'abolition du droit de timbre sur les émissions d'actions

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    Négation de la négation

    Le refus populaire, à une majorité d'une ampleur inespérée (une proposition de droite refusée à une majorité équivalant à celle dont la droite dispose aux élections, ça se savoure...), d'abolir le "droit de timbre" perçu sur les émissions d'actions, au-delà d'une franchise d'un million, ne souffre guère de contestation : à presque deux contre un, le peuple a envoyé à la majorité de droite du parlement, au Conseil fédéral, au patronat, une véritable baffe -d'autant que tous les cantons ont donné une majorité de "non" à cette abolition, à la seule exception du canton boîte-aux-lettres de Zoug. Ce sont 250 millions de recettes que la Confédération ne perdra pas, et c'est une première victoire de la gauche (tout particulièrement du Parti socialiste puisque c'est lui qui avait lancé le référendum) dans un combat qui promet d'être long et d'être farci d'autres épisodes référendaires -dont le prochain sera lui aussi un combat contre une abolition, celle de l'impôt anticipé frappant des transaction financières qui, sans cet impôt, pourraient tout simplement ne pas être taxées -un véritable cadeau à la soustraction fiscale (on signe ici :  https://holdup-fiscal-non.ch/?src=stmpfr). Le peuple suisse a refusé une abolition. Il a donc exprimé ce qui est une condition fondamentale de toute dialectique : une négation de la négation. Le peuple suisse est hégelien -mais qu'il prenne garde : on commence hégelien, et on finit marxiste...

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  • Deux ans attente de plus pour obtenir un logement social à Genève

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    crise du logement.jpg.jpgMauvais coup de droite...

    La bouée de sauvetage offerte au MCG par la droite "bourgeoise" genevoise, qui a besoin de l'apport de ce parti en déshérence et qui confirme, s'il en était besoin où il campe politiquement, ne s'est donc pas dégonflée : La loi cantonale genevoise qui double le temps d'attente pour pouvoir s'inscrire sur la liste, d'attente elle aussi, d'obtention d'un logement social (HBM, HLM, HM) a été fort malencontreusement, à une majorité de 1500 voix (sur plus de 111'000 votantes et votants), acceptée  en votation, hier. Les villes de Genève (à 52 %, jusqu'à 61 % à la Jonction...) et de Carouge (à 53 %), ont voté contre, les Suisses de l'étranger aussi (ils sont directement visés par une mesure qui leur impose deux ans d'attente de plus pour pouvoir retrouver un logement à Genève), mais ce fut insuffisant :   les communes résidentielles de droite ayant massivement voté pour  la loi (plus de 66 % à Vandoeuvres...), le défaut de mobilisation de la gauche a fait le reste. A Genève, le taux de logement vacant est d'un misérable 0,5 %, et entre 7000 et 8000 demandes de logement social sont sur liste d'attente. Une attente qui dure en moyenne trois ans (sauf cas d'urgence, c'est-à-dire d'absence de logement) auxquels vont donc s'ajouter deux ans d'attente pour pouvoir s'inscrire sur une liste d'attente.  La droite prétendait que sa loi allait réduire la liste d'attente d'un logement ? Elle allongera encore celle des demandes d'aide sociale : "cette loi est antisociale parce qu'elle impacterait fortement des gens que nous accompagnons", résumait avant la votation le directeur du Centre social protestant. Le conditionnel n'est plus de mise, le futur s'impose : elle "impactera"...

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  • Allez vous loger à Nyon ou Annemasse

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    vignette logement.jpgDeux ans de résidence de plus pour pouvoir s'inscrire sur une liste d'attente d'un logement social ?

    Entre les principales villes de Suisse, l'écart des loyers s'accroît, et désormais, pour louer un appartement de même type et de même surface, on paie deux fois plus à Genève qu'à Bienne ou Lugano : 3500 francs pour un quatre pièce et demi à Genève, 1700 francs à Lugano. Et le rapport est le même pour des appartements plus petits. Explication ? La crise du logement, c'est-à-dire une offre insuffisante de logements financièrement accessibles à la majorité de la population au regard de la demande croissante, vu que la asse !population augmente. Du coup, les loyers augmentent à Genève et baissent à Lugano, où l'offre est suffisante. Et le climat plus agréable, soit dit en passant. Et où un Genevois n'est pas trop dépaysé, vu qu'il y a aussi un lac et une frontière. Et des frontaliers. Et donc un MCG (la Lega). Bref, on résume : le même logement coûte deux fois plus cher à Genève qu'à Lugano. Et c'est le moment que choisit la droite genevoise pour proposer d'allonger le délai de résidence exigible pour pouvoir obtenir un logement subventionné, à loyer supportable (on vote là-dessus dans dix jours, au cas où vous l'auriez oublié). Ce sens de l'opportunité est ébouriffant. Mais explicable : la droite genevoise espère sans doute qu'on passe entre Genève et Lugano d'un écart de loyer du double à un écart du triple, avec le moins possible de logements sociaux, et la plus grosse part possible de loyers libres et de propriétés par étage. Quant à ceux qui ne pourront pas se loger, ils n'ont qu'à s'établir à Annemasse, devenir frontaliers suisses. La «Grande Genève» de la crise du logement, en somme.

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  • Refus de l'abolition du "droit de timbre" : une intention à confirmer

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    Droit de timbreD'ici l'année prochaine, les Suisses se prononceront en votations sur deux enjeux décisifs, l'un fiscal et l'autre social :  l’impôt minimum décidé sous l’égide de l’OCDE et les subsides aux primes d’assurance maladie. Avant cela, dimanche, c'est sur la suppression du droit de timbre que nous nous prononcerons. Cette abolition n’aurait qu'un effet important : réduire les recettes fiscales. Et n'aurait qu'une cinquantaine de bénéficiaires (99 % des sociétés ne paient pas ce droit perçu sur l'augmentation de leur capital, ou ne paient qu'une somme symbolique). Pendant quoi, la droite politique et patronale soutient une augmentation de la TVA, le plus "antisocial" des impôts (plus bas est votre revenu, plus importante est la part qu'y prend cet impôt, puisque plus importante est la part de ce revenu qui est consommée, et taxée de TVA), propose l'abolition de l'impôt anticipé  pour faciliter la fraude et la soustraction fiscales, prépare celles des droits de douane, de la valeur locative et des droits de timbre restant, et combat toute amélioration du droit du travail, réduit les droits aux prestations sociales (chômage, AI) ou menace les droits des locataires. Un sondage Tamedia de fin janvier donnait 60 % d'intention de vote "non" à la suppression du droit de timbre, avec une profonde division de la droite puisque seuls les sympathisants du PLR votaient majoritairement "oui" alors qu'une majorité de ceux du Centre, des Verts libéraux et même de l'UDC votaient majoritairement non. Et la gauche massivement "oui". Il nous reste à confirmer ces intentions de vote...

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  • Vote du 13 février sur l'aide fédérale aux media : Pluralisme ou loi du plus fort

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    crise de la presse.jpgUn  "Appel Urgent" a été lancé, signé par de nombreuses personnalités politiques, majoritairement de gauche -mais pas exclusivement puisqu'on y retrouve notamment les signatures de l'ancien Conseiller aux Etats PLR Dick Marty et la magistrate de la Ville de Genève, et du Centre, Marie Barbey-Chappuis),  pour soutenir le projet du Conseil fédéral et du parlement, contesté par la droite politique et économique, d'aide aux media, sérieusement menacé d'être rejeté par le peuple le 13 février, du fait de la forte opposition qui s'y manifeste en Suisse alémanique et à droite, Verts libéraux exceptés (un sondage Tamedia du 28 janvier donne 56 % d'intentions de vote "non", malgré 52 % de "oui" en Romandie). L'enjeu est particulier pour les régions linguistiques minoritaires, d'où peut-être le meilleur soutien que le projet reçoit en Romandie : il s'agit en effet de garantir à toutes et tous une information sur ce qui se passe près de chez elles et eux. Les media locaux et régionaux, et les media associatifs, sont donc un "coeur de cible" du projet (un quotidien comme le "Quotidien Jurassien", tiré à 17'000 exemplaires, lu par 42'000 personnes et tirant les deux tiers de ces recettes des abonnements, pourrait, si le projet est accepté, engager quatre journalistes supplémentaires pour le développement de son offre multimedia). Depuis 2003, plus de 70 journaux ont disparu, la plupart étant des journaux locaux ou régionaux. Qui dès lors va informer leur lectorat orphelin de ce qui se passe chez lui ? CNN ? Les journaux qui survivent encore sont, à quelques exceptions près, menacés : "Le Matin" a disparu en édition papier... "le financement de médias privés par l'Etat est inutile et nuisible", n'en assènent pas moins les référendaires. En d'autres termes, moins choisis mais plus clairs et plus sincères : "laissez crever les media les plus fragiles, le marché reconnaîtra les siens". La loi du plus fort, en somme.

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  • La Suisse, le négoce agricole et les droits humains

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    Petit pays, grand empire

    Les plus gros négociants agricoles au monde (Cargill, Archer Daniels Midlang, Bunge et d'autres) gèrent une grande partie de leurs affaires depuis la Suisse, depuis leur siège social, une filiale, un bureau régional. La Suisse est la première place mondiale du négoce de matières premières agricoles comme le soja, le sucre, le café, le cacao, le coton, sans que ces matières premières ne passent par la Suisse : c'est l'argent qui circule, pas la matière. Public Eye, estime, dans une grande enquête (www.plantations-suisses.ch) que depuis la Suisse, les traders contrôlent au moins la moitié du négoce mondial de céréales et d'oléagineux, 40 % du sucre, un tiers du cacao et du café, 25 % du coton. Les multinationales implantées ou représentées en Suisse ont étendu leurs activités sur toute la chaîne de valeur du négoce alimentaire, de la culture de la matière première à sa transformation en produit utilisable pour le fourrage ou l'alimentation humaine. Les plantations contrôlées par des négociants suisses ou installés en Suisse couvrent 2,7 millions d'hectares (27'000 km2), plus de la moitié de la superficie totale de la Suisse, six fois ses terres assolées. La majorité de cette surface contrôlée depuis la Suisse est affectée à la production de canne à sucre, un quart à celle d'huile de palme.  561 plantations sont contrôlées dans 24 pays par des négociants agricoles suisses. Notre pays est petit, son empire est grand... et son insouciance du respect de droits humains dans les plantations et dans les usines contrôlées par des entreprises installées en Suisse, plus grande encore.

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  • Abolition du droit de timbre sur l'augmentation du capital des entreprises :  Gros mensonge pour un gros cadeau

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    digestion.jpgDans dix jours, on saura si la droite a réussi à abolir "le droit de timbre" sur l'augmentation du capital des entreprises -abolition combattue par un référendum de la gauche, et qui, à en croire les sondages, serait refusée par le peuple, malgré une campagne assez considérable pour tenter de le convaincre de finalement le maintenir. Une campagne qui n'hésite pas à franchir le pas de la falsification : ainsi, l’Union suisse des arts et métiers présente le droit de timbre comme un «impôt sur les PME». C'est un gros mensonge : à peine 0,3 % de l’ensemble des entreprises paient un droit de timbre. Et d'entre elles, 55 grosses sociétés financières, bancaires, d'assurance... Le droit de 1 % des augmentations de capital n'est prélevé que sur les montants supérieurs à un million (si une entreprise émet pour 1,5 million d'actions, elle ne paiera de droit de timbre que sur 500'000 francs, soit un droit de 5000 francs). De plus, les crédits et les emprunts n'y sont pas soumis, les entreprises à but non lucratif (les coopérative d'habitation, par exemple) non plus, ni les entreprises de transport dont les fonds propres proviennent du secteur public, ni, souvent, les entreprises qui ne cherchent des fonds propres que pour un assainissement de leur situation. On est donc loin, très loin, à des années lumière, d'un impôt confiscatoire. Ni d'ailleurs d'un impôt que la Suisse serait seule à percevoir : la Grèce et l'Espagne le perçoivent aussi. Et même le Liechtenstein, paradis fiscal et havre de sociétés-boîtes aux lettres...

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  • Grisélidis Réal, 1929-2005. Ecrivain, peintre, prostituée :

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    Grisélidis (Imsand).jpgLire la prodigieuse

    On n'a pas manqué, à Genève, d'être informés des réactions de rejet qu'a suscités la proposition de la Ville, acceptée par le canton, de rebaptiser un tronçon de rue des Pâquis (où, sinon ?) "rue Grisélidis Réal". Avec sans doute, sur la plaque de rue, cette précision qui figure déjà sur sa tombe, au cimetière des Rois (à deux pas de celle supposée de Jean Calvin) : "écrivain, peintre, prostituée". Ce qu'elle avait elle-même inscrit sur la porte de son appartement, rue de Berne. Grisélidis nous a quittés il y a dix-sept ans. Et elle nous revient ces jours. Avec le grand article qui lui a été consacré dans le supplément du "Monde", samedi dernier ("la putain prodigieuse"), et avec deux livres à paraître  dans dix jours : l'hommage qui lui rend Nancy Huston («Reine du réel. Lettre à Grisélidis Réal»), NilLEditions),et l'anthologie que publiera les éditions Seghers, "Chair vive". Grisélidis revient. Et elle revient de loin. Et son retour nous ravit. Lisez là !



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