• A propos du droit de la nationalité en Suisse...

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    droit du sol, droit du sangDroit du sang ? Droit du sperme...

    Le parlement fédéral, a, comme on pouvait s'y attendre (et on s'y attendait), refusé de substituer au "droit du sang", qui reste le fondement du droit de la nationalité dans notre pays, le "droit du sol", concept doublement suspect puisque républicain et français. Et si la gauche (suisse et française) peut tirer fierté de le défendre, il y a en même temps de quoi être inquiet de son abandon par une droite républicaine française (car elle existe, ou elle existait) de plus en plus à droite et de moins en moins républicaine, puisque à la poursuite de cette part de son électorat passée dans les escarcelles de Le Pen ou Zemmour -l'une et l'autre proposant d'ailleurs l'abolition du droit du sol et le retour vichyste au droit du sang. Le "droit du sang", c'est celui de la transmission de la nationalité par héritage de la nationalité des parents -et, traditionnellement, du père, même si cet transmission par le sperme a été privée de son caractère exclusif au fur et à mesure qu'on acceptait de faire quelques pas en direction de l'égalité de la mère et du père -ne serait-ce que parce que si on ne peut guère avoir de doute sur l'identité de la mère, on peut toujours en avoir un sur celle du père. Reste que le "droit du sang", droit du sperme, est bien un héritage, celui du patriarcat.  Et de la tribu. Le "droit du sol", que résume la formule "je suis né.e ici, je suis citoyen.ne d'ici", c'est la réponse républicaine à cet héritage. La réponse de la nation à la tribu.

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  • Référendum contre le financement de Frontex  : Il est encore temps de signer

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    migrants naufragés.jpgLes Chambres fédérales ont accepté la proposition du gouvernement de contribuer pour 61 millions de francs aux méfaits de l'agence européenne de garde-frontières, pour ne pas dire la milice européenne anti-migrants, Frontex, régulièrement impliquée, directement et indirectement, dans des opérations illégales de refoulement, et prête pour cela à collaborer avec n'importe qui -par exemple  avec les garde-côtes libyens qui récupèrent les bateaux de migrant-e-s pour en enfermer les passagers dans des camps de rétention où les brutalités, les viols, les vols, sont la norme. Frontex est le principal instrument de militarisation des frontières extérieures, non seulement de l'Union Européenne, mais en fait de tout le semi continent. Contre la contribution de la Suisse à cette milice, un référendum a été lancé par 33 associations -mais il patine : il lui manque encore près de 40'000 signatures pour aboutir, et il ne reste que dix jours pour les obtenir. Signez ! C'est ici : https://frontex-referendum.ch/fr/

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    Lien permanent Catégories : Immigration, Suisse 1 commentaire
  • Faire employer par la Ville ceux qui travaillent pour la ville : Un bon (petit) pas

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    pas de victoire sans lutte.jpgNous en étions samedi, lors de la séance budgétaire du Conseil municipal de Genève à un quatrième débat sur l'internalisation du nettoyage des toilettes publiques. Nous étions, et restons, d'ailleurs prêts à en avoir un cinquième, un sixième, autant qu'il en faudra pour arriver à nos fins : faire employer par la Ville ceux qui travaillent pour la ville. Avec les décisions du Conseil municipal de samedi, un vrai processus d'internalisation du nettoyage des locaux de la Ville, et d'intégration des nettoyeuses et des nettoyeurs dans la fonction publique municipale, a été engagé. Il pourra se poursuivre par étape, en fonction des disponibilités financières de la commune et des échéances des contrats passés avec des entreprises privées de nettoyage. Samedi nous avons fait un pas. Un premier, un petit, mais un bon.

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  • L'aide publique aux media soumise à votation : Utile, mais mal ciblée...

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    presse.jpgUn référendum de droite (surtout alémanique), soutenu par Economiesuisse et la plupart des PLR cantonaux, ayant été lancé, et ayant abouti, on votera le 13 février sur une  (modeste) aide de 151 millions (100 millions sur sept ans, financés par le budget fédéral, et le reste sans limitation de temps, financé par la redevance radio-TV) aux media écrits et à leur acheminement par La Poste, aux media en ligne,  aux radios et télés locales, aux agences de presse et aux centres de formation.  Le référendum a été lancé au prétexte (fallacieux, mais mobilisateur) qu'une telle aide rendrait les titres qui la recevraient dépendants de l'Etat et contrôlés par lui. On retrouvait dans le comité référendaire l'ancien président de l'UDC Toni Brunner et l'ancien parlementaire PLR Peter Weigelt, opposés à un projet voté par la gauche et le Centre. Ce référendum menace une aide dont de nombreux petits journaux locaux aux ressources publicitaires raréfiées ont besoin pour survivre, contrairement aux grands groupes  nationaux comme Tamedia, et aux titres basés dans les grands centres urbains. 70 journaux ont disparu depuis vingt ans  et une trentaine de petits journaux régionaux sont menacés à court terme de les rejoindre dans la fosse commune de la presse écrite : ce sont eux qu'il s'agit d'aider. Or l'aide votée par le parlement reste largement insuffisante... et imprécisément ciblée, puisque pourraient en bénéficier des groupes médiatiques qui n'en ont pas besoin (comme Tamedia, précisément...), même s'ils ne pourront pas obtenir plus de 20 % des fonds disponible (ce qui est déjà trop).

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    Lien permanent Catégories : Médias 1 commentaire
  • Contre-réforme de l'AVS :  Le référendum est lancé

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    vignette AVS.jpgVoilà, c'est fait : la majorité de droite des Chambres fédérales a adopté le projet de contre-réforme de l'AVS contenant le report d'un an de l'âge de la retraite des femmes, et les syndicats (l'Union syndicale et Travail Suisse) ont annoncé le lancement d'un référendum contre cette navrance. Le référendum sera soutenu par le PS, les Verts et la gauche de la gauche. Des dizaines de milliers de femmes sont descendues dans les rues de nos villes au printemps dernier, en dénonçant (entre autres) les baisses de rentes de retraite et le report de l'âge de la retraite des femmes, au début de l'année plus de 300'000 personnes avaient signé l'appel de l'Union Syndicale contre ce report, et il y a trois mois 15'000 personnes manifestaient devant le Palais fédéral contre le démantèlement du système public de retraites (pour le plus grand profit du "*troisième pilier" individuel et privé)  mais il n'est pire sourds, aveugles et imbéciles que ceux (surtout) et celles (parfois) qui ne veulent rien entendre, rien voir et rien comprendre : le projet AVS-21, que les Chambres fédérales viennent d'adopter,  fait reposer sur les femmes des économies de dix milliards en dix ans sur les rentes à verser, alors que celles qu'elles touchent, que ce soit du premier ou du second pilier, sont inférieures à celles de hommes. Mais c'est à elles qu'on demande de travailler un an de plus pour pouvoir continuer à recevoir des rentes trop basses...

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  • Une Genève sans budget, l'autre avec...

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     sapindenoel.jpgDouzièmes imprévisionnels

    A Genève, une majorité PLR, PDC, UDC et MCG -une majorité de droite, quoi-  a refusé jeudi dernier d’entrer en matière sur le projet de budget du Conseil d’État. Ce qui met le canton, pendant une année (puisque le Conseil d'Etat ne déposera pas de nouveau projet de budget : "le blocage est sans issue", a soupiré la ministre des Finances, Nathalie Fontanet), sous le régime des «douzièmes provisionnels" qui l'oblige à fonctionner mois après mois, avec un douzième du dernier budget adopté. Cela signifie  l'abandon de 365 postes  notamment dans la santé, la politique sociale, la formation et l'éducation et la sécurité, et l'impossibilité de maintenir les prestations et les services les plus indispensables à la population en temps de double crise sanitaire et sociale : pas d'augmentation de la subvention à l'Hospice Général, pas de postes supplémentaires aux HUG, pas d'aide supplémentaire aux entreprises frappées par la crise, pas de prise en compte de l'augmentation de la population générale, et de populations particulières (dont les élèves des écoles). Et cerise sur le gâteau, ce refus du budget remet à une commission du Grand Conseil le pouvoir d'accepter ou refuser à la place du Conseil lui-même les demandes de crédits supplémentaires déposées par le Conseil d'Etat pour tenter de sauver une partie de ce qui était prévu dans le budget poubellisé par la droite.  Cela dit, si le canton commencera l'année sans budget, la Ville, elle, en aura un  (le Conseil municipal en décidera entre vendredi soir et mardi matin). Pas forcément un budget "de gauche", puisque contraint par un cadre "de droite", mais au moins un budget. Moralité : pour qu'une collectivité publique ait un budget pour l'année à venir, il vaut mieux que son parlement soit à majorité de gauche plutôt qu'un parlement à majorité de droite : le premier au moins fera son boulot... A partir de quoi, il restera peut-être qu'à rappeler ce qu'est un budget à des députés de droite infoutus d'en doter la République... mais capables en revanche de rouvrir la chasse aux mendiants.

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  • Achat des nouveaux avions de combat de l'armée suisse : Tricky Lokheed

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    F-35.jpgLes premiers F-35 que l'armée de l'air suisse s'est fait offrir par le Conseil fédéral (quoiqu'il soit encore possible de revenir sur ce cadeau, grâce à l'initiative populaire lancée par la gauche contre tout achat d'avion américain, et peut-être même grâce à un possible refus du parlement d'accepter le crédit d'achat, qui ne lui a pas encore été soumis), n'ont pas encore décollé d'un aéroport helvétique qu'ils sont déjà criblés de balles. Le parlement (la commission de gestion du Conseil national) va même devoir enquêter sur la légalité de la procédure d'évaluation au terme de laquelle c'est l'avion américain qui a été choisi, à 36 exemplaires: des documents importants (les données utilisées pour l'évaluation des différents avions en lice) pourraient être détruits, ce qui rendrait impossible la vérification de la validité du choix entre eux...  Enjeu politique, donc, et enjeu financier : le F-35, c'est quinze milliards et demi de francs sur trente ans, entre son achat et son exploitation. Et c'est le choix d'un avion américain contre un avion européen. Sauf que le choix semble avoir été... comment dire ? un tantinet orienté par de judicieux silences sur son coût réel, le volume réel des "compensations" que son fabricant doit accorder à la Suisse, et la nature des critères qui l'ont fait choisir...

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  • Ré-interdiction de la mendicité à Genève : Une loi anti-Rroms

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    mendicité Genève.jpgDonc, infoutu de doter le canton d'un budget, le Grand Conseil genevois  a juste été capable de rouvrir la chasse aux mendiants. Comme il ne pouvait pas interdire la mendicité en tant que telle, il s'est contenté d'en interdire la pratique partout où elle se pratique. Elle reste donc autorisée là où il n'y a personne ni pour mendier, ni pour accorder une aumône. On pourra toujours mendier à Genève : sur les Pierres du Niton. C'est très con, mais la droite en est très fière, et sans doute le restera-t-elle jusqu'au moment où un tribunal dira que non seulement c'est con, mais que que c'est en outre anticonstitutionnel et contraire à une convention internationale, comme la Cour européenne des droits humains l'avait rappelé à la Parvulissime République quand elle interdisait formellement la mendicité, amendait les mendiants, voire les emprisonnait. Interdire la mendicité est donc contraire aux droits humains fondamentaux reconnus par la Suisse (et Genève, qui se targue d'être capitale des droits humains).  La majorité du Grand Conseil n'en a cure et a produit une loi antimendicité qui ne dit pas son nom et qui de toute évidence ne vise pas le  sdf local : cette loi est en réalité une loi antiroms. En d'autres termes, une loi raciste. Bref, comme d'habitude, il va falloir que le Conseil municipal de Genève fasse ce qu'il peut pour réparer les conneries du Grand Conseil de Genève...

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    Lien permanent Catégories : Genève, pauvreté, exclusion 0 commentaire
  • Abandon du projet de "Cité de la musique" à Genève : Requiem. Aeternam ?

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    Cité de la musique2.jpgC'eût été de l'acharnement thérapeutique que s'y accrocher : le projet de la «Cité de la Musique» est abandonné, a annoncé le Conseil de la Fondation idoine, hier. Elle le fait «avec tristesse», son ancien président, Bruno Mégevand, est "affligé" le Conseil d'Etat en prend acte avec"regrets", déplore que "la culture s'oppose à la culture", évoque un renoncement "douloureux" et au passage reproche  au "Courrier" ses "prises de positions critiques à l'égard d'un projet qui se voulait fédérateur", et qui de toute évidence n'a guère "fédéré"...  On comprend la tristesse de la fondation, vu les efforts qu'elle a déployé pour tenter de faire accepter son projet, mais on n'y compatit pas : on était opposés au projet et on avait appelé à voter «non»... La fondation explique qu' après le préavis négatif donné par les électeurs et électrices de la Ville de Genève au le plan localisé de quartier (PLQ) de la Cité de la Musique le 13 juin 2021, elle a tenté  de susciter un «souffle nouveau» et de donner au projet toutes les chances d’aboutir au lieu-dit «les Feuillantines», en changeant le nom du projet, en modifiant ses statuts, en nommant de nouveaux membres (issus des collectivités publiques et des musiques actuelles) du Conseil de fondation, en élaborant un nouveau programme en concertation avec les acteurs et actrices des milieux musicaux et culturels, en réduisant les coûts de construction et le nombre d'arbres abattus. De son côté, le département cantonal de la cohésion sociale (et de la culture) lançait une série de concertations auprès des milieux musicaux et culturels sur le projet de Cité de la musique aux Feuillantines. Las ! comme l'écrit la Fondation,  «à l’issue de ces concertations, il apparaît que nombre d’entre (les acteurs consultés) continuent d’exprimer majoritairement de fortes résistances à l’endroit du projet. C’est en particulier le cas du Conseil consultatif de la culture qui à l’unanimité de ses membres a demandé le 25 novembre dernier au Conseil d’État, qui caressait l'idée d'ignorer le préavis de la Ville, de stopper le projet de la Cité de la musique». La conclusion s'imposait d'elle même (du moins à la Fondation) : même modifié, le projet des Feuillantines, même rebaptisé en "Cité de toutes les musiques" «ne rencontre pas une adhésion suffisante" et «les conditions nécessaires à une poursuite sereine du projet ne sont aujourd’hui pas réunies». C'est bien vu. Mais tardif : le temps perdu à tenter de maintenir en vie un projet aux Feuillantines, c'est du temps que le canton n'a pas consacré à trouver un lieu unique pour la Haute école de musique, éclatée : cela, et pas de s'acharner à soutenir un projet condamné, c'est son boulot.

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    Lien permanent Catégories : Culture, Genève, votations 0 commentaire
  • La Suisse va-t-elle subventionner pour 61 millions une police européenne anti-migrants ?

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    Frontex: la honte de l'Europe

    Je laisse aujourd'hui la parole à mon vieux camarade Jean Ziegler, auteur du livre (entre bien d'autres) "Lesbos, la honte de l'Europe" (éditions Points-Seuil, 2021), qui nous appelle à soutenir le référendum lancé contre l'augmentation de la contribution financière de la Suisse à la milice européenne anti-migrants, Frontex, fondée en 2005 avec siège à Varsovie : "Ses bateaux d’interception rapides, armés de mitrailleuses lourdes, ses avions, ses drones et son équipement technologique sophistiqué (radars, détecteurs laser, etc.) constituent le bras armé d’une stratégie criminelle ; celle qui est mise en œuvre par la Commission européenne pour empêcher le plus grand nombre possible de réfugiés d’atteindre notre continent et d’y déposer une demande d’asile. La Méditerranée devient "un cimetière froid sans pierres tombales", la "mer des souvenirs (devient) la mer de l'oubli" et nous assistons à un "naufrage de la civilisation", et l'Europe, qui devrait être un "moteur de solidarité", est "déchirée par les égoïsmes nationaux" -mais cela, ce n'est pas Jean (Ziegler) qui le dit, c'est François. Pape de son état. 
    On télécharge le référendum ici : https://www.fichier-pdf.fr/2021/12/07/referendum-non-au-financement-de-lagence-de-garde-frontieres-fro/

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    Lien permanent Catégories : asile, réfugiés, Immigration, Suisse 2 commentaires
  • Les applaudir ne suffisait pas : le peuple soutient les infirmier.e.s Un acte politique fort, encore à concrétiser L'initiative "pour des soins infirmiers forts" a été soutenue par une part très largement majoritaire (61 %) du corps électoral suisse,

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    infirmiers.jpgUn acte politique fort, encore à concrétiser

    L'initiative "pour des soins infirmiers forts" a été soutenue par une part très largement majoritaire (61 %) du corps électoral suisse, chez les hommes comme chez les femmes, dans toutes les classes d'âge, toutes les régions linguistiques, tous les cantons et la majorité des sympatisants des partis (sauf ceux de l'UDC et du PLR) même de ceux qui, comme "Le Centre", officiellement la combattent, apparemment sans arriver à faire comprendre pourquoi). L'engagement du corps infirmier pendant toute la crise covidienne a marqué l'opinion publique, la sympathie qu'elle lui a témoigné s'est traduit en un acte politique fort. Que les Chambres fédérales doivent cependant concrétiser -or elles sont, majoritairement, composée d'élues et d'élus qui combattaient l'initiative.

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    Lien permanent Catégories : Santé, médecine, Suisse, votations 0 commentaire
  • De quoi Zemmour est-il le nom ?

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    Droitisations

    doigt pointillé.jpgOn s'est trompé en comparant Zemmour à Doriot : il n'en a pas le format. Zemmour, c'est plutôt un Drumont qui aurait réécrit sa "France juive" en "France musulmane". Son discours paranoïaque, à grand renfort d'exorcisme du "grand remplacement", de dénonciation de l'"immigration de masse" et de l'"islamisation de la France", ses projets de Guantanamo à la française, d'abolition du droit du sol (une vieille conquête républicaine), de privation des immigrants non-européens de toute aide sociale, ont déteint sur la droite démocratique (il n'avait pas besoin de déteindre sur celui de Marine Le Pen), qui a désigné comme candidate une Valérie Pécresse, initialement estampillée libérale, et qui a été intronisée, contre encore plus à droite qu'elle, au terme d'une campagne interne qu'elle a placée sous le double signe de l'immigration et de l'insécurité". pour pouvoir récupérer une partie de l'électorat de Le Pen et de Zemmour. On connaît la tripartition de la  droite traditionnelle selon l'analyse qu'en fit René Rémond : une droite légitimiste, une droite orléaniste, une droite bonapartiste. Mais il n'y a pas de place dans cette tripartition pour l'extrême-droite. Or elle est là, et bien là, et depuis longtemps -depuis qu'il y a une gauche et une droite, et peut-être même avant, et on voit mal (même en tordant les références historiques) qui  pourrait aujourd'hui représenter chacune des trois droites de Rémond  : Macron pour la droite orléaniste, cela peut encore s'admettre, mais qui pour la droite légitimiste ? Pécresse ? Et pour la droite bonapartiste, Le Pen, Zemmour ? La seule figure bonapartiste qui puisse nous dire de quoi Zemmour est le nom est sans doute celle de la princesse Marie...

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    Lien permanent Catégories : élections, France, Politique 0 commentaire
  • Vers la piétonisation du centre-ville de Genève

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    Capture d’écran 2021-12-06 021520.jpgLa vraie Clé de Rive

    Neuf mois après le refus en votation populaire municipale du projet "Clé-de-Rive" et de son parking, l'initiative populaire municipale pour piétonniser et végétaliser le centre-ville, lancée en 2020 comme une sorte de contre-projet à "Clé-de-Rive", a été acceptée par le Conseil municipal de la Ville de Genève, seuls le PLR et le MCG s'y opposant. Le Conseil administratif va donc soumettre au Conseil municipal une mise en oeuvre détaillée de l'initiative, qui, incidemment, permettrait à la droite bagnolarde de lancer un référendum, pour, si elle perd, de hurler qu'il aurait fallu faire voter tout le canton, vu que tout le canton passe au centre-ville. Mais comme les 100'000 frontaliers qui bossent à Genève y passent aussi, aurait-il fallu faire voter aussi Annemasse, Ferney-Voltaire et Saint-Julien ? Et toute la Côte vaudoise par la même occasion ? En fait, le Conseil administratif a déjà commencé à préparer un projet, en demandant même à l'architecte du projet Clé-de-Rive de le retravailler, avec une piétonnisation de Rive et de la rue Pierre-Fatio, puis, dans une deuxième étape,  de  la rue de la Rôtisserie, et, dans une troisième étape, des Rues Basses, y compris (hosanna !) la rue du Rhône... Les travaux pourraient commencer à Rive en 2023, avec une enveloppe budgétaire déjà votée (pour Clé-de-Rive, mais utilisable pour le jouveau projhet) de 34 millions. Un crédit supplémentaire de 2,7 millions, proposé par la gauche et le PDC, devra permettre de lancer les études d'aménagement sur le reste du périmètre à piétonniser.

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  • Politique culturelle à Genève : Et si on mettait en oeuvre la Constitution ?

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    Capture d’écran 2021-12-03 033600.jpgIl y a désormais, dans la Constitution genevoise, un article 216A, issu d'une initiative populaire (l'IN167) "pour une politique culturelle cohérente à Genève", qui demande à la République de promouvoir "la création artistique et l'activité culturelle", de garantir "leur diversité, leur accessibilité et leur enseignement", d'encourager les échanges culturel, de mettre à disposition  "des moyens, des espaces et des instruments de travail adéquats", de coordonner "une politique culturelle cohérente sur le territoire, en concertation avec les communes",en consultant les acteurs culturels, et, enfin, d'élaborer avec les communes, et de mettre en oeuvre, "une stratégie de cofinancement pour la création artistique et les institutions culturelles". En somme, tout ce que le canton ne fait pas. Il a certes ouvert un processus de consultation sur la mise en oeuvre de la constitution, mais rien ne témoigne d'un particulier enthousiasme cantonal à l'idée de faire ce que la constitution lui demande de faire. D'où la demande faite au Conseil municipal, par un projet de résolution, d'inviter le canton à sortir de son historique apathie culturelle, contrastant avec  "l’engagement historique de la Ville de Genève, depuis plus de 150 ans qu'elle existe comme commune,  pour la politique culturelle de la région"...

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    Lien permanent Catégories : Culture, Genève 0 commentaire
  • Une "Cité de l'immigration" à Genève : Mise en abyme ?

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    Cesar et le pont de Genève.jpgNous (la gauche : PS, Verts, Ensemble à Gauche) avons proposé et fait accepter hier par le Conseil municipal de Genève d'étudier la possibilité d'ouvrir dans la ville un lieu permanent, et central, mettant en perspective, en débat, en visibilité, l'apport pour le moins décisif de l'immigration dans l'histoire genevoise, et, au-delà, dans celles de toutes les villes et toutes les sociétés modernes. Ce lieu, nous l'avons appelé une "Cité de l'immigration",  ce qui pourrait paraître un truisme, ou une mise en abyme, puisque Genève EST elle-même une Cité de l'Immigration. Car si nous avons usé du mot "migration" dans le texte de la proposition, c'est bien de l'immigration dont il s'agit, parce que c'est bien l'immigration qui, aujourd'hui comme hier, ici comme chez nos voisins fait débat. Certes, des centaines de milliers de Suisses ont émigré, jusque dans les années vingt et trente du siècle dernier, en Amérique du Sud, en Afrique du Sud, en Afrique du nord (notamment en Algérie) -mais même alors, ce n'est pas d'eux qui partaient dont ont faisait polémique, mais des immigrants qui arrivaient. Notamment, à l'époque, des immigrants juifs d'Europe centrale et orientale. On a eu beau remplacer ces dernières années le juif par le musulman comme bouc émissaire, le shtetl par le douar comme lieu d'origine de la menace, on est bien resté dans la même paranoïa raciste. Et que tout ce qui peut en réduire l'emprise doit être tenté, même si on peut douter de son éradication définitive. A chaque pays son Zemmour, en somme.

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  • Loi Covid : une bonne claque aux mauvaise odeurs, mais...

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    avuedenezilestcinqheures.jpgUn "oui" sans euphorie

    La nouvelle version de la Loi Covid a donc été adoptée à 62 % des suffrages, malgré une campagne tonitruante, dispendieuse et quasiment trumpiste de ses adversaires, qui subissent un échec d'autant plus rude que la majorité acceptante a progressé, avec un taux de participation record, et que des cantons qui avaient, au début de l'année, refusé la première version de la loi ont basculé dans le camp de l'acceptation de la deuxième. D'où, sans doute, la rogne des perdants : après les menaces, les slogans nauséabonds, les amalgames inacceptables, on a eu droit au refus, trumpiste toujours, de reconnaître le résultat pourtant on ne peut plus clair du scrutin. Peu importe : la Suisse ayant été sans doute le seul pays à se prononcer par un vote populaire national sur les mesures de lutte contre la pandémie et de gestion sociale et économique de ses effets, elle s'est prononcée clairement. Une bonne claque aux mauvaises odeurs. On devrait en être euphoriques, et pourtant on ne l'est pas. Parce qu'on n'a pas vraiment de raisons de l'être. Et que cette loi ne nous suffit pas.

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