• Vers des des "cartes d'habitants" dans les villes suisses

    Imprimer

    Capture d’écran 2021-10-28 161931.jpgNOUS TOUS SOMMES LA VILLE...

    C'est quoi, une ville ? un espace bâti, une histoire, un territoire politique, oui, bien sûr. Mais se demander "c'est quoi, une ville ?", c'est mal se poser la question. Bien se la poser, c'est se demander "c'est qui, une ville ?". Parce qu'une ville, c'est d'abord, toujours, des gens. Des habitantes et des habitants. Une ville, c'est un peuple. "Celles et ceux qui" : qui ont des droits politiques ou n'en ont pas, ou ne les ont pas tous. Qui ont une adresse ou qui n'en ont pas, mais qui sont là même quand ils n'ont pas d'adresse. Qui ont des papiers ou qui n'en ont pas, sont riches ou pauvres, ou ni l'un ni l'autre. Qui croient au ciel ou n'y croient pas. Des gens, donc. Tous les gens possibles et imaginables. Des vrais gens. Qui toutes et tous ensemble font nos villes. Ce qui, en ce moment, semble fâcher beaucoup le premier parti du pays (qui, il est vrai, retrouve là ses racines, lorsque les forces qui le créèrent comme parti agrarien montaient des milices pour casser du gréviste dans les villes).

    Lire la suite

  • Manifestation nationale décentralisée  pour plus de justice sociale en Suisse

    Imprimer

    sans vous rien ne se fera.jpg "Pas de reprise sans nous !"

    On commence à distinguer quelque chose qui pourrait ressembler à une sortie de la crise sanitaire : la vaccination a joué son rôle, les mesures de distanciation sociale aussi, et même le pass sanitaire. Mais pour la sortie de crise sociale, les perspectives sont moins réjouissantes : les écarts de richesse s'accroissent (la crise n'a pas atteint les hauts revenus et les grosses fortunes, et même a contribué à en gonfler certains), la pauvreté progresse,  la précarité s'étend. Les travailleurs l'ont payée cher, la crise sanitaire, et la paient cher, la crise sociale, malgré les milliards de fonds publics investis pour y parer, en soutenant massivement les entreprises. Les besoins auxquels les collectivités publiques doivent répondre croissent, dans le temps même où leurs ressources sont réduites par d'incessantes contre-réformes fiscales, où la droite projette encore de priver les communes de l'apport de la taxe professionnelle et  que le canton veut reporter sur elles des dépenses supplémentaires. A Genève, la gauche veut répondre à cette situation par un prélèvement temporaire (dix ans) et mesuré (0,5 %) sur les fortunes de plus de trois millions (https://www.ps-ge.ch/wp-content/uploads/2021/09/IN-FISCALE.pdf). Et samedi, les syndicats appellent à une manifestation samedi (13 heures, place Lise-Girardin, ex-place des 22 cantons) pour plus de justice sociale. Et pour que la reprise ne se fasse pas sans les travailleuses et les travailleurs.

    Lire la suite

  • Horaires d'ouverture des magasins genevois : Au bonheur des patrons

    Imprimer

    Capture d’écran 2021-10-24 035129.jpgLe référendum lancé par les syndicats, et soutenu par la gauche, contre la nouvelle tentative patronale d'extension (malgré les apparences) des horaires d'ouverture des magasins ayant abouti, on votera le 28 novembre à Genève sur ce nouvel épisode d'un roman-feuilleton, triste adaptation par le patronat du commerce de détail et la droite parlementaire du "Bonheur des Dames" de Zola, devenu "Au Bonheur des patrons" : "c'est à l'usure que le patronat et ses commis politiques veulent pérenniser l'ouverture dominicale des magasins sans contrepartie pour les vendeuses et les vendeurs" (encore des travailleuses et travailleurs qu'on avait applaudis dans les premières semaines du confinement...), avec en prime une extension à 19 heures de l'ouverture du samedi. Seule contrepartie : la fin des "nocturnes" du jeudi (jusqu'à 21 heures). Une fin qui était de toute façon prévue, ces soirées n'ont jamais répondu aux attentes des commerces qui les pratiquaient -elles finissaient par leur coûter plus cher que ce qu'elles rapportaient. Ce projet patronal genevois, accepté dans une vote droite contre gauche au Grand Conseil, est aussi un test national, un "cheval de Troie" pour donner aux cantons la possibilité d'autoriser l'ouverture dominicale des magasins douze fois par an, toujours sans contrepartie. La Conseillère d'Etat PLR zurichoise, se prévalant de représenter le "canton économiquement le plus fort", a ainsi exigé de la Confédération qu'elle autorise les commerces à rattraper les dimanches fermés" en 2020...

    Lire la suite

  • Grève du climat : Manifestations aujourd'hui

    Imprimer

    vignette Grève du Climat.jpg"Arrêtons l'incendie"

    Les collectifs de la Grève du climat n'entendent pas relâcher la pression sur les "décideurs" (et, d'entre eux, en Suisse, le peuple lui-même) pour qu'aux postures mimant une prise de conscience de l'urgence climatique, succèdent enfin des décisions claires. Le Collectif genevois résume : "Après un été marqué par une multiplication d'événements météorologiques extrêmes, rendant l’urgene climatique toujours plus dramatique, en l’absence de réponses crédibles, et avant la conférence des gouvernements sur le climat (COP 26, en novembre à Glasgow), prenons la rue et exigeons une transition écologique immédiate et socialement juste ! Plus on attend, plus les destructions seront importantes ! Arrêtons l’incendie : le climat et la vie, avant le profit !". On ne cherchera pas à dire mieux. Aujourd'hui sont annoncées des manifestations à Bâle, Bellinzone, Berne, Bienne, Genève, Neuchâtel. A Genève, rendez--vous 16h. place Lise-Girardin ex-place des 22 cantons

    Lire la suite

  • Au nom de l'"indépendance de la justice" : s'en remettre au sort plutôt qu'au vote ?

    Imprimer

    Justice2.jpgC'est une vieille idée qui ressurgit à l'ordre du jour des votations du 28 novembre : celle de recourir au tirage au sort plutôt qu'à l'élection pour désigner les membres d'une autorité. Une initiative populaire lancée, à ses frais, par un multimillionnaire du textile, Adrian Gasser, propose, au nom de l'"indépendance de la justice", de faire désigner les juges du Tribunal fédéral par tirage au sort plutôt que les faire élire par le parlement, pour les rendre plus indépendants des partis politiques. Mais l'initiative ne s'en remet tout de même pas à l'égalitarisme du hasard : elle propose un système où pour soustraire les juges au jugement des parlementaires, elle les fait choisir, avant tirage au sort, par une commission dont les membres seraient nommés... par le gouvernement.

    Lire la suite

  • Loi Covid : on votera "oui", comme il y a quatre mois

    Imprimer

    Quasimodo.jpgL'urgence et les grelots

    Le 13 juin, 60 % des votantes et votants acceptaient la première loi  Covid. La refuser n'aurait pas empêché le Conseil fédéral de continuer à prendre des mesures de lutte sanitaire (fermeture de magasins, interdiction de manifestations, port du masque, vaccination), ces mesures relevant d'une autre loi (la loi Covid sur les épidémies), mais de nombreuses mesures de soutien nécessaires n'auraient plus eu de base légale.  Battue dans les urnes, l'opposition à la loi n'a pas désarmé,  elle a lancé un référendum contre les modifications de la loi concernant le pass sanitaire, mais contenant aussi les aides pour les cas de rigueur, les indépendants, le secteur de l'événementiel ou les indemnisations en cas de chômage partiel. Le référendum ayant abouti, on est reconvoqué au vote le 28 novembre. Et on votera "oui". Pour la même raison qu'il y a quatre mois : pour répondre à une urgence qu'on ne fera pas disparaître en se secouant les grelots dans des manifs.

    Lire la suite

  • Initiative populaire "pour des soins infirmiers forts" : Un "oui" d'évidence

    Imprimer

    infirmiers.jpgAu menu (copieux) des votations du 28 novembre prochain, on trouve une initiative populaire lancée par l'Association suisse des infirmières et infirmiers (ASI), déposée en 2017 avec 120'000 signatures,  soutenue par la gauche, des personnalités du "centre" et de la droite, la Fédération des médecins suisses, les organisations de patients et les syndicats  : l'initiative "pour des soins infirmiers forts". Elle réclame davantage de places de formation, une formation mieux indemnisée, des horaires stables, de meilleures possibilité de progression dans une carrière, une revalorisation salariale, un nombre suffisant de soignantes et de soignants -toutes revendications dont la pandémie a confirmé plus encore que révélé la pertinence. Le parlement fédéral a concocté un contre-projet indirect(une loi entrant en vigueur si l'initiative est rejetée) qui reprend partiellement quelques unes de ces revendications, mais pas toutes, et n'accorde à leur concrétisation qu'un milliard de francs sur huit ans. Bien moins que ce qui a été mobilisé en moins de deux ans pour tenter de maîtriser une pandémie face à laquelle les infirmières et les infirmiers ont été en première ligne, jusqu'à épuisement. On soutiendra donc l'initiative, parce que ses revendications sont d'évidence.

    Lire la suite

  • Après le refus populaire de l'initiative "99 %" : Cent fois sur le métier...

    Imprimer

    tax trhe rich.jpgLes 1 % des contribuables les plus fortunés de Suisse (la cible de la défunte initiative "99%" de la Jeunesse Socialiste), ce sont 50'000 ménages, 70 à 100'000 personnes possédant ensemble une fortune de 1300 milliards de francs, soit 25 millions par ménage. Ils tirent de leur capital un revenu de 940 francs par jour, en gros 29'000 francs par mois : c'est quatre fois et demie le salaire médian en Suisse. Ils possèdent les trois quarts des actions de tous les ménages suisses et 15 % du parc immobilier. Et les deux tiers de l'électorat, si on en juge par le résultat de l'initiative "99%" de la Jeunesse socialiste. Toutefois, presque un million de personnes ont soutenu cette proposition d'une plus forte imposition des revenus du capital, et à Genève, la Ville a été à un doigt de l'accepter (elle l'a été dans tous les arrondissements de gauche). Le rapport de force politique dans le canton, et plus clairement encore en Ville, est à portée de la gauche. Qui vient de lancer une initiative populaire cantonale (législative) pour une contribution temporaire de solidarité des grandes fortunes. Cent fois sur le métier fiscal nous avons à remettre l'ouvrage solidaire... Avons-nous jamais agi autrement ?

    Lire la suite

    Lien permanent Catégories : budgets publics, Fiscalité, Genève 0 commentaire
  • Le "Saint Peuple"et son serviteur

    Imprimer

    populisme.jpgA propos du "populisme" de droite, de gauche et d'ailleurs

    Le populisme (dans la définition ou la perception qu'on en donne aujourd'hui, et qui n'a pas grand'chose à voir avec les origines, russes et révolutionnaires, du populisme, pas même avec les populismes latino-américains à la Chávez) a-t-il déjà gagné ? Les "populistes" de notre temps ont en tout cas réussi à imposer leur manière de faire de la politique, et contraint leurs adversaires (tel Emmanuel Macron) à en user aussi. Reste à le définir, le "populisme", à faire l'inventaire de ce qu'on met dans ce mot. Les populistes russes, les narodniki, étaient des révolutionnaires qui voulaient faire du peuple lui-même, et non d'une avant-garde de révolutionnaires, l'acteur et l'auteur de la révolution, ceux d'aujourd'hui sont des démagogues, qui n'attendent du "peuple" (qu'ils confondent avec l'ethnie, surtout quand elle n'existe pas) qu'un soutien à leurs ambitions ou, lorsqu'ils l'ont pris, à leur pouvoir. En quoi ils ressemblent à cet autre "populiste" d'il y a un siècle et demi : Louis-Napoléon Bonaparte, qui se fit élire (au suffrage universel masculin) à la présidence de la Deuxième République en se proclamant serviteur du "Saint Peuple", puis se fit plébisciter empereur en se présentant comme son incarnation.

    Lire la suite

    Lien permanent Catégories : Histoire, Politique 0 commentaire
  • L'"Accord-cadre" entre la Suisse et l'Union européenne enterré... Et maintenant, on fait quoi ?

    Imprimer

    Capture d’écran 2021-10-08 041416.jpgSortons un peu de l'immédiate actualité : Le Conseil fédéral a, il y a cinq mois, décidé de mettre fin aux négociations avec l'Union Européenne pour la conclusion d'un "accord cadre" institutionnel. La Commission européenne s'était pourtant montrée "flexible", et prête à "examiner des solutions aux problèmes que les Suisses pourraient avoir" sur les trois points litigieux du dossier de l'accord-cadre : les aides d'Etat, la protection des salaires et la citoyenneté européenne, avec les droits sociaux qu'elle implique, mais elle refusait d'extraire ces trois points du projet d'accord, fût-ce pour en faciliter l'adoption. Enfin, la Suisse avait obtenu que les différends entre elle et l'UE ne soient pas tranchés par la Cour de Justice européenne mais par un Tribunal arbitral paritaire euro-suisse. De son côté, le Conseil fédéral avait fait une concession qu'il pensait décisive : la "reprise dynamique" du droit européen. Rien n'y a fait. Pas même la proposition de la Conseillère fédérale Viola Amherd d'une "clause de sauvegarde" pour la directive sur la citoyenneté européenne. En fait, les sept Conseillères et Conseillers fédéraux avaient chacun.e leur propres réticences face au projet d'accord cadre. Qui a donc succombé à l'addition de ces réticences, sous les applaudissements contrapuntiques de l'Union Syndicale Suisse et de l'UDC. Et maintenant, on fait quoi, puisque l'accord-cadre enterré, il n'y pas de statu quo concevable pour autant ?

    Lire la suite

  • Elargir la démocratie à celles et ceux qu'elle ignore

    Imprimer

    Bienvenue chez nous.jpgQuestion de citoyenneté

    Un peu partout, dans nos vieilles démocraties plus ou moins représentatives, des nouveaux modes de participation directe des habitants (en sus du droit de pétition et, là où ils existent, de référendum, et d'initiative) sont instaurés : budgets participatifs comme à Lausanne, ateliers citoyens, groupes d'habitants tirés au sort qui planchent sur des projets comme en Allemagne, démocratie délibérative comme dans l'Oregon ou bientôt en Valais, à Sion. Ces procédures fonctionnent : elles ont fait la preuve de leur efficacité et de leur légitimité. Or Cette pratique de démocratie directe, non contradictoire mais complémentaire de celles, institutionnelles, dont nous disposons en Suisse, mais qui ne s'adressent qu'à la part de la population qui dispose des droits politiques, n'a jamais été instituée à Genève comme une pratique structurée et pérenne. En outre, il n'y a pas à Genève d'espace de quartier politiquement constitué : la démocratie représentative et semi-directe ne connaît que la Ville entière : le Conseil municipal est le parlement de la Ville, pas celui des quartiers. Et, élu à la proportionnelle, il est formé de représentants non de la population dans son ensemble, mais de l'électorat des différents partis et des candidates et candidats élus. La démocratie participative fait des citoyens réels de  ceux qui ne le sont pas au sens légal : elle élargit donc la citoyenneté en même temps que la démocratie.

    Lire la suite

  • De la politique culturelle en temps de pandémie

    Imprimer

    falaise de livres.jpgPremière nécessité

    La pandémie, et surtout les mesures prises pour la combattre (confinement, fermeture des lieux de spectacle, notamment) a provoqué une crise du secteur culturel qui n'a guère d'équivalent que celles provoquées dans par des guerres mondiales. Le président de la Fondation du Grand Théâtre de Genève résume : "La culture a été placée à un niveau inférieur aux biens de première nécessité. C'est très problématique, même d'un point de vue juridique, au nom de l'égalité de traitement. Or, à ce qu'on sache, aucun cluster ne s'est déclaré dans les lieux culturels lorsqu'ils ont rouvert l'automne dernier". Et, note Serge Regourd dans "Le Monde Diplomatique" de juillet, cette crise "ne constitue cependant que la mise en lumière d'une situation plus ancienne et de plus grande amplitude : celle d'une déliquescence des politiques culturelles depuis plusieurs décennies, et d'une perte de repères dans ce domaine par ceux qui nous gouvernent". L'auteur parle de la France -mais ce qu'il en dit ne vaut pas que pour elle : la place de la question culturelle dans les campagnes électorales est "réduite à la portion congrue, sinon au néant", et le contexte est "dominé par les logiques du management et la croyance aveugle dans les vertus du marché", mais aussi par une "dérive incontrôlée des médias de masse dans les flots du pur divertissement", une "révolution numérique" qui entraîne la "prévalence des algorithmes et de leurs recommandations". Fermez le ban, sonnez le glas pour la création culturelle... qui n'est pas un "bien de première nécessité"...

    Lire la suite

    Lien permanent Catégories : budgets publics, Culture, Politique 0 commentaire
  • Végétalisation de la ville : Les stades aussi !

    Imprimer

    Capture d’écran 2021-10-02 040225.jpgA l'automne 2016, le Maire annuel de Genève, Guillaume Barazzone défendait dans "Immorama" la politique de végétalisation de la Ville, et expliquait qu'au nombre de ses objectifs principaux, il y avait un objectif écologique : "les végétaux en milieu urbain sont utiles pour lutter contre la pollution, car ils fixent les particules fines (et) permettent d'atténuer les effets du réchauffement climatique". Dès lors, planter des arbres, fleurir les pieds d'arbres, transformer des surfaces bétonnées en surface végétales, installer des toitures végétalisées, entretenir les espaces verts sans produits chimiques, relève d'un choix pertinent, que le Conseil municipal a d'ailleurs ratifié en lui accordant un crédit de 6,4 millions de francs. Avec le programme "Urbanature", on veut ainsi végétaliser les quartiers pauvres en verdure, en remplaçant des surfaces goudronnées par de la prairie fleurie ou du gazon. Du vrai gazon. Du gazon naturel. Et dans le "plan stratégique de végétalisation" de 2019, Guillaume Barazzone enfonçait le clou : "nous allons passer d'une politique végétale aléatoire à une politique planifiée", "la végétalisation entre en effet à part entière dans les politiques urbaines, avec des bénéfices qui sont à la fois sociaux, écologiques et économiques" ... Tout cela est fort bien... sauf que... quelle cohérence y-a-t-il a engazonner les surfaces goudronnées d'une main, et à remplacer le gazon naturel, végétal, des stades par du gazon synthétique de l'autre main ? A voter un crédit de 6,4 millions pour la végétalisation de la Ville et un autre pour remplacer de l'herbe pas du plastique ? Quel cohérence y'a-t-il à végétaliser les toits et plastifier les stades ?

    Lire la suite