• Votations fédérales :  Pas déçus en bien...

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    Capture d’écran 2020-11-29 203024.jpgAprès une campagne qui fut celle d'une mobilisation jamais vues depuis longtemps, la déception est au rendez-vous : on aurait bien aimé être surpris d'un résultat démentant nos prévisions, on ne sera pas "déçus en bien"  puisque l'initiative pour des entreprises responsables, acceptée (comme espéré) par une petite majorité (40'000 voix d'avance) du peuple suisse, a été refusée (comme prévisible) par une majorité des cantons, l'initiative contre le financement des armes de guerre étant refusée par le peuple suisse et les cantons (mais acceptée à Genève, dans le Jura, à Bâle-Ville et à Neuchâtel). On reviendra un de ces jours sur la seconde initiative, on s'en tiendra ici à la première : l'initiative pour des entreprises responsables ayant succombé à la vieille règle confédérale de la double majorité du peuple et des cantons, le contre-projet indirect entrera en vigueur, sans avoir été soumis au vote. Ce contre-projet est une tartufferie, un semblant de tout petit pas qui n'aurait même pas pu être fait si l'initiative n'avait exercé une pression et suscité une crainte suffisante pour que la droite parlementaire, et les multinationales elles-même, se résolvent à le proposer. Voilà donc la Suisse dotée d'une loi qu'il va falloir renforcer. Beaucoup renforcer. Sous pression européenne, puisque l'Union européenne va se doter d'une directive sur la responsabilité des multinationales, qui ressemblera beaucoup à ce que proposait l'initiative, ce qui nuance notre déception d'un soupçon de ricanement : que la Suisse ne soit pas membre de l'Union européenne n'exemptera pas "nos" multinationales des obligations posées par cette directive, puisqu'elle s'appliquera à toutes les entreprises actives dans l'Union Européenne -y compris, donc, des entreprises suisses ayant leur siège en Suisse... qui hurlaient à la mort à l'idée de devoir se retrouver devant des tribunaux suisses mais qui pourront être accusées devant des tribunaux européens... Amusant, non ?

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  • Initiatives populaires soumise au vote dimanche : Partie gagnée ou partie remise ?

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    Bandeau multinationales.jpg

    La procédure constitutionnelle encadrant le droit d'initiative est telle que l'acceptation d'un texte proposé dans ce cadre n'est qu'exceptionnellement accepté : la double majorité du peuple et des cantons est un obstacle considérable. Les derniers sondages sur les intentions de vote lors du scrutin de dimanche laissent supposer qu'aucune des deux initiatives populaire que nous soutenons n'obtiendra cette double majorité (à nous de les faire mentir, ces sondages), mais que toutes deux pourraient obtenir celle qui nous importe le plus, celle du peuple (à nous de les confirmer sur ce point, ces sondages). Si tel devait être le cas, elles ne seraient évidemment pas acceptées, mais elle seraient constitutives d'un nouveau rapport de forces pour un contrôle plus réel des actes des entreprises et de ceux des investisseurs. De sorte que, même si la partie ne devait pas être gagnée, elle ne serait alors que remise. Car nous sommes constants et endurants. Récidivistes et relapses.

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  • Journée internationale pour l'élimination de la violence à l'égard des femmes : Contre TOUTES les violences

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    viol,violencesAujourd'hui se célèbre, se manifeste, se marque de quelque manière que ce soit, la journée internationale pour l'élimination de la violence à l'égard des femmes. De toutes les violence, contre toutes les femmes. Les collectifs romands de la Grève féministe et des femmes ont décidé de faire de cette journée une journée de lutte* pour une révision du Code pénal qui fasse valoir que tout acte sexuel non consenti n'est plus tolérable, ce que la Convention d'Istambul, ratifiée par la Suisse et en vigueur depuis deux ans, exprime en terme clairs : "le consentement doit être donné volontairement comme résultat de la volonté libre de la personne concernée dans le contexte de circonstances environnantes". Sans ce consentement, ainsi défini, et qui doit être explicite et  préalable à l'acte sexuel, celui-ci tient du viol. Cela posé, le viol n'est pas la seule forme de violence exercée contre les femmes, s'il en est le paroxysme -et cette journée est bien une journée de lutte contre LES violences faites AUX femmes -du viol au harcèlement de rue et à l'injure.

    * A Genève :  Dès 12h: Action Servantes Ecarlates dans toute la ville et à  18h30: Rassemblement devant le palais de Justice (Bourg-de-Four)
    www.grevefeministe-ge.ch

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    Lien permanent Catégories : Femmes 2 commentaires
  • Illibéralisme, démocrature et démocratie : Courber le Droit

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    armalamaison.jpgL'Union Européenne doit faire face au refus des gouvernements de la Pologne, de la Hongrie et de la Slovénie d'accepter que le respect de l'"Etat de droit" soit une condition pour pouvoir bénéficier du plan de relance de750 milliards d'euros prévu par l'UE pour répondre aux conséquences sociales et économiques de la crise covidienne -un plan dont pourtant ces Etats réfractaires seraient d'entre les principaux bénéficiaires. Ce qui pose deux questions : qu'est-ce donc que cet "Etat de droit" dont ces régimes, dits par eux-mêmes "illibéraux", refusent de garantir le respect, et pourquoi s'y refusent-ils ? Et ces deux questions en contiennent une troisième : ces régimes se disent "illibéraux", dont réfracaires au "libéralisme"... mais à quel "libéralisme" ? le politique ? le social ? l'économique ? L'Etat de Droit, dans sa définition la plus simple, c'est un Etat qui respecte le Droit. Or comme dans notre monde, le Droit, c'est toujours le Droit de l'Etat (ou de ses subdivisions régionales ou locales), ou des Etats définissant ensemble le droit international, l'Etat de Droit, ce n'est que l'Etat qui respecte son propre Droit (c'est le moins que l'on puisse exiger de lui tant qu'on n'a pas renoncer à l'abolir), et les principes de sa constitution : la séparation des pouvoirs, le pluralisme politique, l'indépendance de la justice, la liberté de la presse, les libertés individuelles, et même, si possible, la laïcité et le droit d'asile... L'"illibéralisme", ou la "démocrature", c'est un Etat qui veut courber son droit...

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  • Le véritable contre-projet des multinationales à l'initiative pour des "entreprises responsables" : "C'est pas moi, c'est l'autre"

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    Syngenta exporte des pesticides très toxiques,interdits en Suisse et dans l'Union Européenne. LafargeHolcim exploite au Nigeria une cimenterie qui pollue l'air et les sols  et empoisonne les voisins. Glencore contrôle des mines qui font travailler des enfants. Mais dans une pleine page achetée au "Matin Dimanche", Glencore se défend, sur le mode de "c'est pas moi, c'est l'autre" : ce n'est pas moi, Glencore, qui "pollue l'eau, empoisonne les enfants et encourage le travail des enfants", ce sont les "coopératives minières locales (...) soumises au contrôle de la société minière d'Etat" et pas à celui de Glencore, qui ne peut "pas décider du lieu où les coopératives opèrent, ni de leurs conditions de travail".  Et Glencore ne peut pas contrôler si les coopératives font ou non travailler des enfants, "elles sont indépendantes". D'ailleurs, c'est à peine si Glencore les connaît. La multinationale n'est même pas "responsable, pas coupable", elle n'est ni responsable, ni coupable, totalement étrangère à ce qui se passe sur le terrain, et de ce que font les entités qui travaillent pour elles. C'est cela, le contre-projet des multinationales à l'initiative pour des "entreprises responsables" de leurs actes : des multinationales irresponsables des actes de leurs sous-traitants locaux...

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  • La culture indépendante sinistrée par la pandémie

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    musée en ruine.jpgRésister au (co)vide cuturel

    Lieux de création, de représentation, d'exposition, de concerts fermés, tournées annulées, festivals suspendus, artistes indépendants privés de revenus et sans possibilité de toucher le chômage partiel ni les allocations pour perte de gains : le secteur culturel, qui pèse 5 % du PIB suisse, 7 % de celui des centres urbain et autour de 10 % de celui d'un canton comme Genève, a sans doute été le plus touché par les mesures de lutte contre la coronapandémie -plus touchés encore que que ceux de l'hôtellerie et de la restauration, et du petit commerce. Et au sein de ce secteur, si les grandes institutions ont les reins assez solides pour passer cette sale période, et des subventions assurées par les collectivités publiques, les petits acteurs culturels, et plus encore les créateurs indépendants, se retrouvent les plus durement précarisés. Ce n'est pas que les aides fédérales, cantonales, municipales aient été inexistantes -c'est qu'elles n'ont pas atteint ceux qui en avaient le plus besoin. Et que parfois, il ne s'agit que de prêts, ou d'aide accordées comme des dons avant qu'on en demande le remboursement, comme Suisseculture sociale l'a fait pour 104 des 1903 aides qu'elle avait accordée entre mars et septembre (dont la moitié à des musiciens).

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  • La "deuxième vague" déprime plus les Suisses que la première

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    Hokusai.jpgBis repetita non placent

    Une majorité des Suissesses et des Suisses sont déprimés, ou aux limites de l'être, selon un sondage de la SSR. Au printemps, lors de la "première vague" de la coronapandémie, ils n'étaient qu'un quart à rechercher leur moral dans leurs chaussettes. C'était déjà beaucoup, mais cela suggère que cette "première vague" fut mieux supportée que l'est la deuxième... et on se demande pourquoi, alors que les mesures prises pour l'endiguer étaient plus strictes que celles prises aujourd'hui. La première vague nous prit par surprise, la deuxième était prévisible, et même annoncée. Mais elle nous est de trop. Nous n'avons même pas su faire bon usage de la première vague,  profiter de cette étrange occasion pour "changer les choses", pour faire d'un mal,un bien, et nous savons encore moins que faire de la deuxième, sinon attendre qu'un vaccin nous permette de retrouver nos routines, nos réunions familiales, professionnelles, politiques en "présentiel", avec de vraies personnes à qui parler et à entendre, et pas seulement de mauvaises images sur des écrans. Tout ce qu'on sait, ou devrait savoir, c'est qu'il va falloir vivre avec ce virus comme nous avons à vivre avec d'autres (ceux de la grippe, par exemple), et avec d'autres parasites -les puces, les poux, les punaises, les acariens... En attendant quoi, les beaux élans de solidarité constaté il y a quelques moins se sont ratatinés, et on recommence à chipoter, jusque dans les débats budgétaires de nos parlements cantonaux et municipaux, sur les efforts à faire pour soutenir celles et ceux qui ont, ici et maintenant, besoin d'un soutien...

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    Lien permanent Catégories : épidémie, pandémie 4 commentaires
  • Initiative pour des"Entreprises responsables" : Un débat politique, pas un débat religieux

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    Capture d’écran 2020-11-16 011958.jpgLe débat sur l'initiative pour des "entreprises responsables" fait rage. Et quoique les églises y prennent part en soutenant l'initiative, ce qui est leur droit le plus strict en tant qu'organisations sociales et culturelles comme bien d'autres (c'est ce qu'elles sont, dans une société sécularisée), ce n'est pas un débat religieux mais un débat politique. Pas un débat entre le bien et le mal mais un débat entre l'efficace (l'initiative) et l'inefficace (le contre-projet). D'ailleurs, les opposants à l'initiative passent leur temps à dire qu'elle poursuit des "buts louables", et qu'ils ne s'y opposent que parce qu'elle "va trop loin". Et nous, partisans de l'initiative, passons le même temps à dire qu'elle ne va que là où elle doit aller, vers ses buts "louables", alors que le contre-projet, lui, ne va nulle part. Ce pourquoi les "milieux de l'économie" et la plupart des grands patrons (mais pas tous) le soutiennent avec une ardeur aussi suspecte que leur conversion à une responsabilité des actes de leurs entreprises cimentières, agroalimentaires, minières, bancaires  : Le Crédit Suisse nous apprend, dans une pleine page de pub dans les quotidiens,  qu'il "partage (les) objectifs de 'initiative, à savoir améliorer encore la protection des droits de l'homme et de l'environnement" et qu'"il ne fait aucun doute que les entreprises doivent assumer la responsabilité de leurs activités". Et que telle est sa conviction, on doit le croire sur parole. D'Evangile.

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  • Régularisation des "sans-papiers" : Esprit de Genève

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    Sans-papiers.jpgLe  28 mai dernier, le Conseil municipal de la Ville de Genève adoptait une résolution exprimant "son attente impatiente d'une régularisation de toutes les travailleuses et de tous les travailleurs sans statut légal ("sans-papiers") vivant et travaillant à Genève", et son attente que le Conseil administratif (l'Exécutif de la Ville) "soutienne cette position, la relaie auprès du Conseil d'Etat et agisse dans toute la mesure de ses moyens pour qu'elle se traduise en décisions et en actes. Le 28 octobre, le Conseil administratif répondait à cette attente (on trouvera cette réponse sur https://www.fichier-pdf.fr/2020/11/13/r-267/) : il "s'inscrit dans la lignée" de la résolution. On ne pourra ici que l'en féliciter. Ne serait-ce qu'au nom de l'"Esprit de Genève"...

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    Lien permanent Catégories : Genève, Immigration 0 commentaire
  • La construction d'une nouvelle prison refusée à Genève

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    prison2.jpgRompre un cercle vicieux

    "Celui qui ouvre une prison doit savoir qu'on ne la fermera plus" (Marc Twain). Sauf si on la remplace par une autre, plus grande. Comme on l'a fait à Genève de St-Antoine, remplacée par Champ-Dollon, et transformée en Palais de Justice... Et quand on ouvre une nouvelle prison, qu'elle en remplace une autre ou qu'elle s'y ajoute, on la remplit. Et on se retrouve au point de départ. Bref, on se retrouve, volontairement, dans un cercle vicieux., Dont pourtant, on peut parfois sortir, en le rompant :  c'est ainsi que le Grand Conseil genevois a finalement refusé la construction d'une nouvelle prison, celle des Dardelles, à Puplinge : pour 258 millions, le Conseil d'Etat voulait construire une prison de 458 places qui désengorgerait Champ-Dollon, en surpopulation chronique... sauf quand la Justice décide de la vider de tous ceux qui n'ont objectivement rien à y faire, parce qu'ils ne représentent un danger pour personne et que leur détention n'est justifiée par aucune sécurité de procédure judiciaire... Le PS, les Verts, Ensemble à Gauche et le PDC s'inspirent de cet exemple, de cette possibilité de désengorger une prison sans en construire une autre, pour recommander une politique de détention décentralisée en petites unités (dont une réservée aux femmes), et une politique de sanction faisant plus large usage des punitions non carcérales (bracelets électroniques, détention à domicile, travail d'intérêt général etc...). Le député PDC Sebastien Desfaye résumait l'enjeu, avant le vote du Grand Conseil : si on réalise le projet des Dardelles, il n'y aura plus à Genève, pendant des dizaines d'années, de réflexion sur la politique d'incarcération. Il peut donc maintenant y en avoir une. Enfin...

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    Lien permanent Catégories : Genève, prison 1 commentaire
  • Initiative contre le financement des producteurs de matériel de guerre : 51 % de "oui", c'est trop peu..

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    financement des armes de guerre.jpgLe deuxième sondage Tamedia sur les intentions de vote lors du scrutin du 29 novembre donne toujours une majorité en faveur de l'initiative contre le financement des producteurs de matériel de guerre, avec 51 % d'intentions de la soutenir, et plus de 60 % de soutien chez les femmes. La gauche soutient massivement ce texte, la droite le rejette clairement, le centre est indécis (40 % de "oui" au PDC). Ce sondage ne présage nullement de l'acceptation de l'initiative lors du vote populaire, d'autant qu'il lui faut la double majorité du peuple et des cantons : 51 % d'intentions de vote, ce n'est de loin pas assez. Et le vote se profile, pour plus tard,  sur une autre initiative contre les exportations d'armes, visant à interdire cette exportation "dans des pays en proie à la guerre civile". Cette initiative est la cible d'une proposition du Conseil fédéral de lui opposer un contre-projet indirect, c'est-à-dire une loi qui, si elle était acceptée, entrerait en vigueur si l'initiative était refusée. Et là encore, il va falloir batailler dur pour l'emporter... Aux armes politiques, citoyens !

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    Lien permanent Catégories : Suisse, votations 4 commentaires
  • Biden et Harris élus, Trump et Pence battus, une bonne chose de faite ?

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    Capture d’écran 2020-11-08 184756.jpgEvacuation pour Restauration

    Comme d'habitude aux USA (et dans la quasi totalité des démocratie électives), ce sont les media qui ont annoncé le vainqueur de l'élection présidentielle américaine, des jours, peut-être des semaines, avant que soient tombés, Etat après Etat, les résultats définitifs et officiels. Entre l'annonce médiatique et la confirmation officielle, le temps est plus long aux Etats Unis qu'ailleurs, mais la première précède toujours et partout la seconde : en France, on connaît le nom du président élu à 20 heures, alors que le dépouillement n'a même pas encore commencé... Il est vrai qu'en Chine le problème ne se pose pas... Donc, avec (toujours selon les media) 75 millions de votes populaires et au moins 290 "grands électeurs", Joe Biden est président élu des Etats-Unis, contre Donald Trump (71 millions de votes populaires et 220 "grands électeurs"), alors qu'il reste quatre Etats où le résultat est incertain. L'élection annoncée du candidat démocrate et de sa colistière a suscité des scènes de liesses dans les rues des grandes villes, qui ont fait leur élection, pendant que le président sortant se confinait dans son bunker politique et le déni de sa défaite. Partons donc de l'hypothèse que Joe Biden sera effectivement le 46e Président des USA. Pour faire quoi ? lui-même l'a dit : pour restaurer le "rêve américain", le prestige des USA, la démocratie américaine, autoproclamée comme la plus grande du monde. L'évacuation de Trump de la Maison-Blanche n'est donc pas une révolution, mais une restauration. Même si, dans le sillage de Joe Biden, l'élection de Kamala Harris, première femme vice-présidente, est sans doute plus significative des changements sociaux (et donc politiques) en cours aux USA : des centaines de milliers d'électrices et d'électeurs ont probablement voté pour Biden pour pouvoir voter pour elle... en attendant peut-être de voter une fois encore pour elle en 2024 -mais à la présidence, cette fois...

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    Lien permanent Catégories : élections, Politique, USA 7 commentaires
  • Initiative pour des multinationales responsables de leurs actes : Fiat Lux !

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    Capture d’écran 2020-11-06 035355.jpgLe deuxième sondage Tamedia sur les intentions de vote lors du scrutin du 29 novembre donne toujours une nette majorité en faveur de l'initiative pour des "multinationales responsables" (de leurs actes), avec 57 % d'intentions de la soutenir, et près ou plus de 65 % de soutien chez les femmes, les moins de 35 ans et les habitants et habitantes des villes. La gauche soutient massivement ce texte, la droite le rejette clairement, le centre est indécis (44 % de "oui" au PDC). Du coup, fort inquiets, les opposants à l'initiative  tentent tout ce qu'ils peuvent pour rendre le débat confus et le verdict incertain. Il reste trois semaines pour dissiper ces ombres: Fiat Lux !

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  • USA, trois jours avant le 18 Brumaire...

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    dindon.jpgQui est le dindon de la farce ?

    Nous sommes, aujourd'hui, dans le calendrier républicain, le 15 Brumaire. Naguère, ce fut trois jours avant un coup d'Etat. Et le 15 Brumaire, c'est le jour du dindon. Pas la dinde du Thanksgiving, le dindon d'une farce électorale. On a toutefois encore un doute sur l'identité du dindon : Trump ou Biden ? Avec une participation bien plus importante (67 %) que lors des précédentes scrutins, le résultat final du vote pourra difficilement être délégitimé, mais on ne le connaîtra sans doute que le 8 décembre. En attendant quoi, on constate que les résultats par Etats ont reproduit en gros la carte traditionnelle des votes, sans la "vague bleue" qu'espéraient les Démocrates. Au final, si Biden devait, comme cela semble l'hypothèse la plus probable, vaincre, ce sera sans triomphe, et sans déroute pour Trump. Et si le candidat démocrate aura rassemblé son camp, ce fut moins derrière lui que contre Trump, qui sans la pandémie aurait sans doute été nettement réélu . La campagne en demi-teinte, en quart de teinte, de Joe Biden ne fut pas à la hauteur des espérances de ses partisans, malgré l'entrée en scène de Barack Obama. L'"antitrumpisme" n'a donc pas suffi pour creuser un écart définitif en faveur du candidat démocrate, non plus que la mise en valeur de la stature "présidentielle" de Biden, par contraste avec Trump, dont Obama dit qu'il ne s'est "pas élevé à la hauteur de la fonction" présidentielle "parce qu'il ne le peut pas". Ce diagnostic, les partisans de Trump ne l'entendaient pas, ne pouvaient pas l'entendre, n'acceptaient pas de l'entendre...  pas plus qu'ils n'acceptent l'hypothèse même d'une défaite de leur prophète...

    Le trumpisme survivra à Trump

    "Pour la première fois de notre histoire, une élection va se transformer en référendum sur l'attachement de notre nation à la démocratie", annonçait l'ancienne procureure générale du Michigan Barbara McQuade. La démocratie à l'américaine, Trump et son gang l'ont réduite à un simulacre : c'est ainsi que le Sénat s'est retrouvé muselé et réduit à la servilité par sa majorité républicaine. Et les Etats, qui sont maîtres chez eux de l'organisation des scrutins fédéraux ont, quand ils sont aux mains des républicains, multiplié les entraves à l'exercice du droit de vote par les "classes dangereuses" : suppression de bureaux de vote, purges des listes électorales, empêchement du décompte anticipé des bulletins de vote par correspondance. A quoi s'ajoutent les tentattives d'intimidation des  électeurs par des groupes d'électeurs de Trump, armés et postés près des locaux de vote,comme en Arkansas. Couronnement de ce processus : le refus, de plus en plus explicite au fur et à mesure qu'on s'approchait du jour du vote, de Trump de garantir qu'il respectera le verdict des urnes, jusqu'à ce que hier il annonce carrément que s'il devait être battu, il demanderait à la Cour Suprême de le désigner tout de même comme élu. Parce qu'il lui est inconcevable de ne pas l'être, d'être battu par un Joe Biden.

    Joe Biden ? Tout le contraire de Trump : un "type bien" qui pourra "réparer l'Amérique", pour son biographe français, Jean-Eric Branaa, qui rappelle que Biden est né dans un milieu défavorisé et s'est fait tout seul, à l'inverse de Trump, héritier de la fortune de son père. Biden est sans doute tout à fait acceptable pour les républicains traditionnels : c'est lui qui avait prononcé l'éloge funèbre de John McCain, l'adversaire républicain d'Obama, et il pourrait nommer des républicains dans son gouvernement. Même son âge a fini par être un atout, alors qu'au début de sa campagne il était un handicap (même si après tout, il n'a que quelques années de plus que Trump), une sorte de gage de sagesse. Et une sorte de promesse de transition : il serait président pendant quatre ans, avant de laisser, éventuellement, place à sa vice-présidente, Kamala Harris.

    Car s'ils devaient finalement perdre cette élection présidentielle, les Démocrates ont le temps pour eux. S'il devait être réélu, Trump pourrait encore sévir, et faire des dégâts, pendant quatre ans, mais pas un jour de plus. Et l'évolution démographique, celle de la structure de la population, va dans le sens des démocrates, pas dans celui de la base électorale de Trump et de celle du parti républicain (ou de ce que le trumpisme a fait du parti républicain) : il y aura aux USA toujours plus de latinos, plus de cathos, plus de musulmans, et le poids, au moins quantitatif, des "wasp" (anglo-saxons blancs et protestants) continuera de s'allèger...

    En quatre ans de présidence trumpienne, les USA se sont divisés (ils l'étaient déjà, mais pas au point où ils le sont aujourd'hui) entre démocrates et républicains, entre urbains et ruraux, entre les côtes et le centre du pays, entre "blancs" et "noirs", entre résidents et immigrants, entre cols blancs et cols bleus, entre croyants fondamentalistes et croyants "libéraux", athées et agnostiques (et on en passe, de ces divisions). En quatre ans, l'Union américaine pour les libertés civiques (ACLU) a intenté près de 400 procès (237 plaintes, 160 autres actions en justice) au gouvernement fédéral, parce que selon son directeur, "les attaques contre les libertés et les droits civiques n'ont jamais été aussi importantes dans l'histoire moderne des Etats-Unis". La majorité des plaintes concerne les droits des immigrants et le droit d'asile, les autres aux droits des homosexuels et des minorités "raciales". Toutes les actions de l'ACLU n'ont cependant pas été victorieuses : l'interdiction d'entrée aux USA de ressortissants de certains pays musulmans a été validée, après avoir été modifiée, comme l'interdiction des transgenres dans les forces armées. L'action de l'ACLU contre Trump et son gouvernement a dopé l'association : le nombre de ses membres a plus que quadruplé, pour atteindre 1,8 million de membres, le montant des donations dont elle a bénéficié a atteint 175 millions de dollars après l'élection de 2016, et le nombre de salariés de l'association est passé de 386 à 605 en quatre ans, dont 122 juristes...

    Dans quelques jours, ou quelques semaines, Trump aura peut-être officiellement perdu l'élection présidentielle. Mais un "trumpisme" sans Trump est parfaitement concevable  : le "trumpisme" n'est pas un accident, il existe déjà en version européenne avec un Orban en Hongrie, un Kaczynski en Pologne. La spécialiste des Etats-Unis Maya Kandel estime que même si Trump devait être battu, aux USA aussi "le trumpisme a un avenir indépendant de Trump, et (que) cet avenir est nationaliste, religieux et antilibéral", conforme à la base électorale de Trump, "blanche, rurale et non éduquée". Et imperméable à toute information qui remettrait en cause ses certitudes : "républicains et démocrates vivent dans des environnements informationnels si différents qu'ils n'ont plus guère de perception commune de la réalité" (60 % des républicains ont Fox News comme première, voire seule source d'information). Et puis, Trump a fait des petits et des disciples ailleurs qu'en Amérique : que seraient, que feraient, les Bolsonaro, Modi, Erdogan, s'il ne leur avait pas montré la voie ? Et que feront d'autres, tel Netanyahu, sans leur parrain ?  ils en chercheront un autre ? 

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  • Vous êtes anti-américains primaires ? Soutenez Trump !

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    Trump-Biden.jpgL'Amérique d'abord ou l'Amérique devant ?

    Il faudra peut-être (à moins d'une avance considérable d'un des deux candidats) attendre des jours, peut-être des semaines, pour connaître le résultat définitif de l'élection présidentielle américaine. D'ici là, aucune hypothèse (sinon celle de l'élection d'un candidat indépendant...) n'est exclue. Ni une victoire de Biden, ni une victoire de Trump, ni une victoire de Biden dans les urnes et de Trump dans la désignation des "grands électeurs", ni un résultat serré, ni un résultat clair. Dans les derniers jours de la campagne, Trump a multiplié les meetings pour rattraper son retard (selon les sondages) dans les quelques Etats qui, au final, détermineront de quel côté penchera la majorité des "grands électeurs". Car si on élit le président de tous les Etats Unis, on l'élit dans cinquante élections séparées, une par Etat. Cette élection passionne les media (mais dans les opinions publiques, il nous semble tout de même que cette passion est plus mesurée). Et si, en réalité, elle n'opposait que le héraut égocentrique de l'"Amérique d'abord" et le partisan nostalgique de l'"Amérique devant" (les autres) ?

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  • Genève : Pierre Maudet part pour mieux revenir

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    sparadrap Haddock.jpgL'importun sparadrap

    Pierre Maudet, précuseur, a décidé de s'autoconfiner politiquement juste après avoir été privé de l'ultime service qu'il présidait, et juste avant que le Conseil d'Etat décide (et annonce sans lui)  de reconfiner partiellement Genève. Déjà privé d'une bonne partie de ses capacités d'action après l'éclatement de l'"affaire" de son voyage à Abu Dhabi (et des autres "affaires" qui ont suivi), Pierre Maudet a perdu le peu qui lui en restait après que ses collègues aient pris connaissance d'un rapport d'audit, partiel et provisoire (l'audit a été lancé à la fin de l'année dernière), sur la situation de l'ultime service dont il était responsable, celui du développement économique, dont une bonne partie du personnel serait en souffrance physique et psychique à cause des méthodes de management "militaire" de Maudet (un management "basé sur la peur et le dénigrement"), du type de relations instaurées dans le service (genre : une cheffe de cabinet se comportant en cheffe de service) et de l'utilisation du personnel (il lui en restait peu après le premier dépècement de son département : une trentaine de personnes) pour la communication du magistrat. Six des sept conseillères et Conseillers d'Etat ont donc transformé le septième en "ministre sans portefeuille" façon troisième et quatrième républiques françaises, pour éloigner de lui ses collaborateurs. N'acceptant pas cette décision qu'il juge "humiliante" et résultant d'une "cabale", Maudet a donc démissionné du Conseil d'Etat, non sans préciser que cette démission n'entrerait en force qu'au jour de l'élection de son successeur -lui entendant bien se succéder à lui-même, puisqu'il a aussi annoncé qu'il se présentait à sa propre succession. Affamés qu'on est de campagnes électorales, on déprimait en se disant qu'on on allait se faire chier, sans élection jusqu'au printemps 2023, mais c'était sans compter sur Pierre le Grand, se la jouant sparadrap du capitaine Haddock. Qu'importe : son choix redonne, sur son destin politique la parole au peuple -mais dans un processus électoral auquel seule une minorité du peuple participera.

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    Lien permanent Catégories : Genève, Politique 4 commentaires