• Covider les lieux culturels

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    Baltard.jpgUn nouveau semi-confinement qui ne dit pas son nom

    Face à la pandémie qui a repris de la vigueur ("La dégradation de la situation est spectaculaire" a annoncé le 28 octobre Alain Berset. ), la Suisse , qui compte désormais, en pourcentage de la population plus de contaminés (762 cas pour 100'000 habitants, 8600 nouvelles infections pour la seule journée du 28 octobre), plus de malades en soins intensifs et plus de morts (24 mercredi), reconfine sans vraiment reconfiner tout en reconfinant un peu, en annonçant que si ça ne stoppe pas la progression de la covid, on ira encore plus loin dans les mesures de restrictions des libertés personnelles et collectives, et que déjà, s'ils le veulent, les cantons peuvent eux-mêmes aller plus loin. Le président de la Fédération des entreprises romandes, Ivan Slatkine "salue ces mesures pondérées", et le président d'EconomieSuisse, Christoph Mäder soupire (d'aise) : "pour l'économie, c'est supportable". Et pour la culture ? La quoi ? D'ores et déjà, la jauge des spectacles culturels est plafonnée à 50 spectateurs. Comme les cultes et les messes (la pandémie ramène le cultuel ou culturel...). Une jauge impossible à tenir financièrement  pour les moyennes et grandes institutions (comme à Genève, le Grand Théâtre, le Théâtre de Carouge, le Forum-Meyrin, bientôt la Nouvelle Comédie...). Commentaire du magistrat en charge de la culture en Ville de Genève : Sami Kanaan : "Coup de massue pour la culture! Le Conseil fédéral décide de faire porter aux acteurs culturels (théâtres, opéras, cinémas, festivals, etc.) la responsabilité de fermer ou annuler lorsque la jauge maximale de 50 personnes n’est pas tenable économiquement, afin d’éviter de devoir verser les indemnités fédérales. Cynique et choquant!". Et, de plus, absurde, arbitraire et injuste :  les milieux culturels, théâtres, opéras, musées, bibliothèques, cinémas, sont ceux qui ont le plus scrupuleusement observé les prescriptions sanitaires : "il n'y a pas de cluster dans les théâtres", rappelle le directeur du Théâtre de Carouge, Jean Liermier : comme les lieux de concerts et les cinémas, ils arrivaient à fonctionner en respectant les mesures de précaution sanitaires (masques, distances, gel hydroalcoolique), des places numérotées et une jauge adaptée à la capacité de la salle. Ils n'y arriveront pas avec une jauge plafonnée à 50 spectateurs dans des salles qui peuvent en accueillir cinq, dix ou vingt fois plus. 

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    Lien permanent Catégories : Culture, épidémie, pandémie, Suisse 0 commentaire
  • Après l'incendie du camp de Moria (Lesbos) : Le compte-goutte suisse

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    camp de Moria.jpgLe 8 septembre, sur l'île grecque de Lesbos, un incendie a complètement détruit le camp de stockage des migrants de Moria, où 13'000 personnes, dont 4000 enfants. étaient entassées dans une infrastructure prévue pour 2000 personnes. La Covid et les mesures prises pour tenter d'en freiner la propagation dans le camp (couvre-feu) y avait rendu les conditions de vie  encore plus insupportables. Neuf villes suisses, dont Zurich, Genève, Lausanne, Delémont, Fribourg, ont annoncé qu'elles étaient prêtes à accueillir des réfugiés en provenance de Lesbos. Les Maires socialistes de Genève et Lausanne, Sami Kanaan et Grégoire Junod, plaident pour un "engagement plus important de notre pays pour l'accueil de réfugié.e.s", le magistrat popiste (du Parti du Travail, donc) lausannois David Payot ajoute que l'objectif des villes est "que la Confédération organise dans les plus brefs délais une conférence nationale urgente sur le sujet" pour "coordonner les acteurs plutôt que de diluer les responsabilités". Et en face, en haut, au Conseil fédéral, on dit quoi, on fait quoi ? La Conseillère fédérale Keller-Sutter a annoncé que la Suisse ne pouvait accueillir, au compte-goutte, que 20 jeunes migrants, mineurs et non-accompagnés (MNA). A comparer aux 1500 personnes, plus 150 MNA, que la chancelière allemande Merkel a annoncé vouloir accueillir, la France se déclarant prête à en faire autant. Et à comparer aussi aux 14'000 demandes d'asile déposée en Suisse en 2019, presque trois fois moins qu'en 2015.

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    Lien permanent Catégories : asile, réfugiés, Immigration, Suisse 0 commentaire
  • Les fonctions publiques genevoises face à l'austérité budgétaire

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    fonction publique.jpg

    Mobilisations

    Le Conseil d'Etat genevois n'a pas retiré son budget et s'accroche à sa proposition de faire payer une partie des conséquences de la crise au personnel de la fonction publique, y compris à celles et ceux qui sont au front de la lutte contre la pandémie depuis ce printemps. Le Conseil administratif de la Ville, lui, n'exclut pas de revenir sur les propositions du même genre (quoique plus modérées, sans ponction sur les salaires, mais avec aussi un blocage des mécanismes salariaux) contenues dans son projet initial. On ne criera pas victoire trop tôt, le personnel de la Ville a d'ailleurs tenu hier aux Bastions, devant la Mairie, une assemblée générale qui a décidé de maintenir l'exigence d'un retrait de la proposition de modifier le statut du personnel pour permettre la suspension des mécanismes salariaux,et a déposé un préavis de débrayage pour le 12 novembre,  Quant au personnel de la fonction publique cantonale, dont le personnel municipal soutient la mobilisation, il a maintenu son préavis de grève jeudi, toute la journée, sa manifestation (14 heures 30, Place Neuve) et son assemblée générale au terme de la manifestation, place des Nations. Enfin, dans toute la Suisse, le personnel de santé manifeste pour dénoncer les conditions de travail qui lui sont imposées, et revendiquer une revalorisation salariale, plus de droits sur les lieux de travail, et de meilleures conditions de travail. Parce que les applaudissements et les bonnes paroles compatissantes (genre "je comprends le courroux et le désarroi du personnel soignant", Nathalie Fontanet dixit) ne suffisent pas. Surtout quand les actes les démentent.

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  • Quand l'"économie" nourrit la pandémie

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    dansemacabre.jpgDanse macabre

    Un  sondage en ligne de l'institut Gfs entre le 22 et le 27 avril accordait une confortable cote de confiance aux zautorités (Conseil fédéral, Office fédéral de la santé publique, gouvernements cantonaux -on a évidemment oublié les communes...) et aux scientifiques dans la lutte contre le virus, et même dans le processus de sortie de confinement : 80 % des sondés faisaient confiance aux scientifiques, 78 % au Conseil fédéral, et à l'Office fédéral de la santé publique, 74 % au gouvernement de leur canton (mais quelque chose nous dit qu'il doit y avoir de fortes variations cantonales : 78 % des Genevois faisant confiance au Conseil d'Etat genevois, ça tiendrait du miracle...). Que reste-t-il de cette belle confiance après les navrantes prestations de nos sept supposés (et supposées) sages, la semaine dernière (une conférence de presse gouvernementale où on nous a parlé pour ne rien dire, sinon qu'on nous dira peut-être quelque chose une semaine plus tard)... On note que les cantons, chacun pour lui-même en Alémanie, ensemble en Romandie, prennent les décisions que la Confédération n'ose pas prendre, incapable qu'elle semble être de choisir entre défendre la population et défendre "l'économie" à tout prix de contaminations,  d'hospitalisations, de morts. Il faut dire que le patronat a pesé de tout son poids, et il est considérable, pour qu'aucune mesure ne soit prise qui entrave l'activité des entreprises... Et c'est ainsi que l'obsession de l'"économie" nourrit la pandémie... Danse macabre...

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  • Que faire de la nouvelle loi sur le CO2 ?

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    bris de verre.jpgTrop petit pas (tapon) ?

    En août, la Grève du climat annonçait vouloir remettre la pression sur les institutions, après l'adoption de la loi fédérale sur le CO2, pour aller plus loin que la loi. Et en septembre, les groupes romands de la Grève du climat annonçaient vouloir lancer, ou soutenir, un référendum contre cette même loi, qu'on voulait en août dépasser, et qu'on veut en septembre abroger -ce qui aboutirait à un statu quo, inconciliable avec toute reconnaissance de l'urgence d'une réponse à la dégradation climatique. La loi CO2 ne prévoit que de réduire de 50 % les émissions de CO2 en 2030 (par rapport à 1990), au lieu que de les ramener au niveau de 1990, et ne se fixe comme objectif que 75 % de ces réductions soient effectuées en Suisse, au lieu que d'y effectuer 100 % et de renoncer à ratifier le"marché des droits de polluer" ailleurs,  accordé aux pollueurs depuis le protocole de Kyoto. Il  faudra la purger de cette compromission (comme d'autres), mais refuser la loi ne serait pas refuser "le droit de polluer", puisque ce droit est accordé sans elle. Si rien n'est fait (et si la loi devait être refusée), la Suisse prendrait part à un scénario planétaire de 6°C d'augmentation de la température. La nouvelle loi, adoptée un an et demi après le refus du premier projet,  renforce la faible protection climatique dont la Suisse s'est dotée. Elle ne la renforce pas assez, mais un refus de la loi laisserait cette protection dans l'état où elle est actuellement, et la priverait même de base légale puisque la loi de 2011 ne court que jusqu'à la fin de l'année -et c'est précisément ce que cherchent l'UDC et ses alliés (l'Automobile Club, l'association des aérodromes, le Centre patronal vaudois, le lobby pétrolier). Et d'en appeler, pour refuser la loi (et donc signer le référendum) aux propriétaires de maisons individuelles, aux habitants des régions de montagne et, évidemment, à la "classe moyenne". La loi CO2 attaquée par l'UDC et ses alliés fait un petit pas", juge la climatologue Martine Rebetez. Elle va un peu plus loin (notamment en introduisant une taxe sur les billets d'avion) que le projet initial du Conseil fédéral, que les socialistes et les Verts avaient refusée lorsqu'elle avait été soumise aux Chambres fédérales. La nouvelle loi, nul à gauche n'en disconvient, est insuffisante : elle ne permet pas de relever le défi du réchauffement climatique et elle accorde à la place financière une sorte d'immunité sur les effets de ses investissements dans les énergies fossiles et les activités génératrices de CO2.  Mais ces insuffisances sont-elles une nuisance telle qu'il s'imposerait de combattre la loi par un référendum aux côtés de l'UDC, du lobby pétrolier et du patronat le plus réac, par un référendum, plutôt que la renforcer, la compléter, l'élargir ?

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  • "Multinationales responsables" : rien n'est encore joué

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    multinationales responsables.jpg

    Le mois le plus long

    A en croire les derniers sondages, l'initiative "Pour des entreprises responsables" serait acceptée (à 57 % selon un sondage Tamedia de la mi-octobre) par le peuple -mais une initiative populaire doit aussi obtenir une majorité des cantons. Des majorités écrasantes des électorats socialistes et verts (plus faible chez les Verts libéraux) la soutiennent, une moitié de l'électorat PDC la soutient plus ou moins fermement, ainsi que des minorités de l'UDC et du PLR. Les femmes lui sont également très favorables (à 66 %) à l'initiative), et les Romands le sont un peu plus que les Alémaniques et les italophones. Rien n'est cependant joué -non seulement du fait de l'obstacle de la double majorité du peuple et des cantons, mais aussi du fait des hésitations de l'électorat centriste (malgré l'engagement des églises), et de la campagne des adversaires de l'initiative. Il nous reste un mois pour imposer aux multinationales d'assumer leurs responsabilités : le mois le plus long...

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  • Après le sauvetage du "Plaza"

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    plaza,cinémaRenaissance d'un bijou

    On est de plus en plus contents d'avoir contribué à sauver le Plaza de la démolition, et à inciter le Conseil d'Etat à le re-classer au patrimoine, après l'en avoir déclassé. Le président de la Fondation Plaza, créée par la Fondation Wilsdorf quand elle a racheté le bâtiment abritant le cinéma, a annoncé que des événements culturels y seraient organisés avant que les travaux de réhabilitation de la salle aient réellement commencé. Le Plaza va devenir, comme on le proposait depuis des années, un centre culturel voué au bâti (manière de rendre hommage à son architecte, Marc-Joseph Saugey) et au cinéma. La première manifestation prévue pourrait se tenir en novembre, en lien avec le GIFF (Festival international du film de Genève), et avec la présence de Stefan Eicher. La deuxième pourrait se tenir au printemps 2021, avec des projections de films du vendredi soir au dimanche, dont un film reprenant la programmation du cinéma avant de son ouverture en 1952 à sa fermeture en 2004... Quinze bureaux d'architectes, choisis par le Conseil de fondation, ont été invités à travailler sur une rénovation des lieux en respectant leur état initial mais en les équipant des dernières technologies et en respectant des normes sécuritaires et environnementales qui ne sont plus celles de 1952. Deux à quatre bureaux seront retenus au terme du premier acte du concours, et un sera finalement retenu au deuxième acte, en juin 2021. Les travaux devraient démarrer en janvier 2022 pour une inauguration à l'automne 2023 de ce qui sera, à nouveau, le plus grand cinéma de Genève, avec une grande salle de 750 places assises en parterre et balcon, et un centre culturel, un bar glacier, une boutique, un restaurant, des arcades, une librairie, une bibliothèque, un centre de documentation, une espace d'exposition...

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    Lien permanent Catégories : Culture, Genève, Patrimoine 8 commentaires
  • Samuel Paty, décapité pour avoir enseigné la liberté d'expression

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    islamisme, djihad, Samuel Paty"Je suis Samuel"

    Il s'appelait Samuel Paty. était prof d'histoire (et donc, forcément aussi des religions). Il donnait un cours sur la liberté d'expression dans un collège de Conflans-Sainte-Honorine. Il l'avait illustré par les dessins de "Charlie Hebdo" sur le Prophète de l'islam, après avoir autorisé par avance celles et ceux que ces dessins choqueraient de pouvoir quitter le cours. Il a été assassiné et décapité devant son collège par un Tchétchène de 18 ans, beuglant "Allah Akhbar" mais inconnu pour radicalisation par les services de renseignement, que la police abattra peu après. Le nom du professeur et son domicile professionnel avaient été publiés sur les réseaux sociaux par le père d'une élève, qui avait exigé le renvoi du professeur de l'éducation nationale.  Neuf personnes (dont six de l'entourage de l'assassin) ont été placées en garde à vue.  La condamnation de l'acte a été quasi unanime en France. Mais on voit déjà poindre, les "mais", sur le mode du célèbre "je ne suis pas raciste, mais..." : "Je condamne l'assassinat, mais"... Mais quoi ? le tueur n'avait que 18 ans ? il était Tchétchène ? "il ne faut pas manquer de respect aux religions" ? "le prof a été maladroit en montrant les caricatures" ? Ce "mais" ne précise, ni ne nuance, ni ne contextualise la condamnation, mais l'annule. Ce n'est même pas une circonstance atténuante, c'est un acquittement. Une absolution. Le début en tout cas d'une résignation, si ce n'est d'une complicité.

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  • A moins de trois semaines de l'élection présidentielle américaine...

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    Trump boudeur.jpgQuatre ans de purgatoire ?

    Tous les sondages donnent Joe Biden vainqueur de Donald Trump à la présidentielle américaine (dont toutefois le mécanisme électoral peut réserver des surprises, puisque le président n'est pas élu au suffrage universel direct... et que l'élection n'est pas réellement une élection nationale, mais une élection fédérale, qui se joue cinquante fois, Etat par Etat), alors même que la campagne de Biden était bien plus discrète que celle de Trump et que c'est moins un vote pour Biden qu'un vote contre Trump qui s'annonce le 3 novembre, mais qui ne fait que s'annoncer : rien n'est encore certain -et les soutiens de Trump comptent bien, comme il y a quatre ans, démentir les sondages grâce aux soutiens "cachés" dont Trump bénéficierait auprès de gens qui n'ose pas annoncer leur choix avant le vote. En outre, rien ne dit que, même battu dans les urnes, puis lors de la désignation du président par les "grands électeurs", Trump acceptera sa défaite. Lui, en tout cas, se garde bien de le dire. Et son adversaire démocrate, Joe Biden, confirme : "Nous savions tous (...) que nous arriverions au moment où Donald Trump serait si désespéré qu'il ferait tout pour rester au pouvoir" : l'élection présidentielle étasunienne se tiendra le 3 novembre mais le nom de l'élu pourrait bien n'être connu que plusieurs semaines, jusqu'à deux mois plus tard, et être donné par des tribunaux, Trump menaçant de ne pas reconnaître le verdict des urnes s'il lui est défavorable. Cela étant, Trump peut encore être réélu. Pour quatre ans. Pas plus. Pour les Etats-Unis, ce seraient sans doute quatre ans de trop. Mais ce purgatoire, après tout, c'est leur problème.

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    Lien permanent Catégories : élections, Politique, USA 5 commentaires
  • La fonction publique genevoise, variable d'ajustement budgétaire

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    Service_Public.jpgPonctions publiques

    Le projet de budget 2021 du canton de Genève est lourdement déficitaire. Et encore pourrait-il l'être plus lourdement encore, si le Conseil d'Etat ne proposait un paquet de mesures touchant directement la fonction publique, au sens large : baisse linéaire de 1 % du traitement, suspension de l'annuité, alourdissement de la cotisation à la caisse de pension, non-indexation du salaire -et tout cela, en ne faisant aucune différence entre les hautes et les basses classes des échelles de traitement : on tape aussi fort (autrement dit : plus fort encore) sur les plus bas salaires que sur les plus hauts. Bref, la fonction publique n'est plus le moyen pour la République d'agir dans tous les domaines où le peuple lui demande d'agir, elle n'est plus qu'une variable d'ajustement budgétaire. Ce qui présage, pour les années à venir, d'une succession de mesures du genre de celles proposées pour 2021, d'une détérioration des conditions de travail de celles et ceux qu'on ne s'était pas privé d'applaudir ce printemps précisément pour leur travail face à la pandémie, et d'un report massif de charges cantonales sur les communes -sans évidemment donner aux communes la compétences de définir ces charges.  La gauche et les syndicats appellent à manifester contre les projets gouvernementaux cet après-midi de jeudi, dès 15h30 à la Place Neuve (départ du cortège à 16h30), le Cartel syndical de la fonction publique appelant à un débrayage cet-après-midi et le 29 octobre, à moins que le Conseil d'Etat retire son projet.

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  • Action sociale d'urgence : Dialogues de sourds

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    vive-la-commune.jpgLe débat sur le partage de la responsabilité de l'action sociale d'urgence, entre toutes les communes et entre elles et le canton, est récurrent -cela fait des années qu'on l'a au Conseil municipal de la Ville et qu'on s'y plaint de ce que l'hébergement des sans-abris et l'aide sociale d'urgence reposent en partie démesurée sur la Ville. D'autres communes y participent, mais de loin pas toutes et les plus riches ne sont pas celles qui s'illustrent le mieux par cet effort de solidarité. Le Conseiller d'Etat Thierry Apothéloz a, sur le fond, parfaitement raison de constater le "manque de coordination pour assurer un nombre de place suffisant". Et parfaitement raison, aussi, de proposer la création d'un fonds intercommunal pour l'assurer. La preuve qu'il a raison de le proposer ? on le propose aussi : une motion de gauche (PS-Parti du Travail) pour la création d'un fonds intercommunal de soutien à l'action sociale a été déposée au Conseil municipal de la Ville de Genève,  a été adoptée en commission de la cohésion sociale et est à l'ordre du jour de la prochaine séance du Conseil municipal (reste à savoir s'il consentira à en traiter...). De son côté, ou sur son trône, le Conseil d'Etat a concocté un avant-projet de loi pour, selon lui, "clarifier les responsabilités" entre les communes et l'Etat. Mais en fait de clarification, on a surtout un conflit de plus entre un canton qui veut faire payer les communes, et des communes qui ne sont d'accord de payer qu'en échange de compétences réelles, dans un canton qui est celui, en Suisse, qui leur en accorde le moins.

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  • Initiative contre le commerce des armes : L'argent suisse tue

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    vignette commerce des armes,jpg.jpgLe 29 novembre, on ne votera pas seulement pour des "multinationales responsables" de leurs actes, on votera aussi pour une Suisse responsable de sa puissance financière , autrement dit contre le financement des producteurs d'armes de guerre. Abritant un pour mille de la population mondiale, la Suisse gère 25 % de la fortune mondiale, soit 7000 milliards de francs d'actifs. Une initiative, lancée par le Groupe pour une Suisse sans armée, déposée en juin 2018 et soutenue par la gauche et par nombre d'ONG (dont Terre des Hommes), veut interdire aux fondations et institutions de prévoyance, et à la Banque nationale, de financer (par des prêts, des crédits, des donations, des acquisitions de titre) des entreprises réalisant plus de 5 % de leur chiffre d'affaire avec du matériel de guerre. Le texte demande en outre que la Confédération s'engage pour que les banques et les assurances soient soumises à la même interdiction. Le Conseil national a, sans surprise,  l'initiative et renoncé à lancer un contre-projet. Et la droite, comme attendu, et tout uniment (contrairement à son état face à l'initiative pour des multinationales responsables de leurs actes)  a, par la voix du ministre de l'Economie, l'UDC Guy Parmelin, agité le spectre, un peu fatigué, de la mise en danger de l'économie, de la place financière et des PME Agiter ce spectre, ça eut payé... faisons en sorte que ça paie plus. Car l'argent suisse tue. Ailleurs.

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  • Musiques de la Cité

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    Cité de lamusique.jpgLe Conseil municipal donne un préavis positif à la Cité de la Musique

    Mercredi soir, le Conseil municipal de la Ville de Genève a donné, sur proposition du Conseil administratif, un préavis positif au plan localisé de quartier devant permettre la construction d'une "Cité de la musique" dans le quartier des Nations. Ce vote ne portait que sur un préavis municipal -le canton peut en faire ce qu'il veut, mais ceux de la Ville pèsent lourd, autant que la Ville (40 % de la population, et les deux tiers de toutes les charges de politique culturelle genevoise). Et à ce préavis, le Conseil municipal a ajouté, sur proposition socialiste, deux "recommandations"  : l'une excluant une participation financière de la Ville au budget de fonctionnement de la nouvelle institution  et l'autre recommandant le renforcement du soutien matériel de la Ville aux "musiques actuelles de création", qui s'étaient d'ailleurs invitées dans le débat par une prise de position de leur fédération, la Fédération genevoise des musiques de création (FGMC), pour qui "le projet de Cité de la musique ne répond pas aux besoins actuels de la scène musicale genevoise". Elle a raison : ce projet ne répond qu'au désir de ses promoteurs privés. Comme d'autres institutions culturelles genevoises, en leur temps... Le préavis de la Ville sera très certainement la cible d'un référendum, qui ouvrira un débat avec des fronts transcendant le clivage gauche-droite, puisqu'au Conseil municipal,la gauche comme la droite étaient divisées : le PS avec le PLR, le PDC et le MCG d'un côté, les Verts et "Ensemble à Gauche" avec l'UDC de l'autre côté. Le référendum ne portant que sur un préavis, le vote populaire ne sera pas décisif, comme le fut celui contre la rénovation du MAH, mais il sera, s'ils en sont capables, l'occasion pour tous les participants à la campagne de présenter leur projet de politique culturelle. En cela, le référendum sera bienvenu si on arrive à en saisir l'occasion de parler d'autre chose que des arbres qui seraient abattus et de ceux qui seraient replantés. Si au prétexte de la Cité de la musique, on arrive à faire entendre les musiques de la Cité...

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    Lien permanent Catégories : Culture, Genève, Musique 2 commentaires
  • Mobilité : Un vote populaire qui permet de concrétiser une loi

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    giacometti.jpgCohérences

    La suppression facilitée de places de parcage en surface a été clairement (à 58,55 %) approuvée par les votantes et tants le 27 septembre, à Genève. C'est une victoire du Conseiller d'Etat PDC Dal Busco, soutenu par toute la gauche, par son propre parti et par le PLR, mais attaqué par la droite de la droite (l'UDC, le MCG) et le lobby bagnolard. Les Genevois avaient déjà plébiscité le compromis de 2016 pour une mobilité cohérente" et le soutien à la mobilité "douce", ils en ont plébiscité dimanche l'une des mises en oeuvre : la libération de l'espace public de surface pour autre chose qu'y stocker des bagnoles. C'est une douce victoire pour les partisans de la mobilité douce, ne serait-ce que parce que c'est une nette défaite pour le camp des référendaires (l'UDC, le MCG, le TCS et une organisation de petits patrons). Le score en ville ne faisait guère de doute (il est supérieur, comme à Carouge, au score cantonal), mais  les autres villes et les communes périphériques ont aussi (sauf Vandoeuvres et Gy) voté l'assouplissement de la règle de compensation des places de parking supprimées, alors qu'on pouvait craindre que le confort de pouvoir stationner au centre-ville y incite à soutenir la règle de compensation absolue. Ainsi, le vote des Genevois et voises a-t-il été à la fois cohérent d'une commune à l'autre et avec l'air du temps

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  • Deux référendums contre la loi fédérale sur le CO2 : Tout ou rien ?

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    tortues.jpgUn référendum est donc lancé contre la loi CO2. Deux référendums, en fait : un annoncé par l'UDC et ses satellites, un autre par la grève climatique romande et la gauche de la gauche. Ces deux référendums ne se concurrencent pas, ils s’additionnent. Et si, comme probable, ils aboutissent ensemble, on votera donc sur la loi. Et là encore, les "non" de l'UDC et les "non" de la grève climatique et de la gauche de la gauche s'additionneront : on est dans une pure logique majoritaire, où les motivations des votes ne pèsent, arithmétiquement, en rien sur le résultat et où voter "non" parce que la loi ne va pas assez loin (et en effet, elle est loin de répondre aux exigences de l'urgence climatique)  équivaut à un "non" parce que la loi va trop loin... Le dilemme est le même que celui auquel nous faisions face avec le projet de congé-paternité au rabais, accepté le 27 septembre :  loin de ce pourquoi nous nous battons, mais un premier pas (même un tout petit premier pas) vers cet objectif : un véritable congé parental. Un premier pas, ou un socle sur lequel appuyer un projet plus ambitieux. Fallait-il alors refuser de le faire, ce tout petit premier pas ? Va-t-on plus loin en refusant d'avancer un peu ? Nous avons toutes et tous, de la droite la moins à droite à la grève féministe en passant par toute la gauche accepté de le faire. Le même choix se pose face à la loi CO2 votée par les Chambres : elle est bien en deçà de ce qu'elle devrait être, mais elle est aussi un premier pas vers là où nous voulons aller. Plusieurs organisations et mouvements qui avaient appelé à voter pour le premier pas d'un congé paternité appellent à un référendum contre le premier pas vers une véritable loi climatique. Cette logique du "tout ou rien" n'a guère d'effet positif que l'unité de position de SolidaritéS et du Parti du Travail. C'est bien, mais un peu insuffisant pour que nous nous y rallions. Ou alors, juste histoire de prendre une jolie posture de radicalisme. ça sert à rien, mais ça fait du bien par ou ça passe...

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  • Initiative pour des "multinationales responsables" : Une évidence à soutenir

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    WORLD-CO.jpgLe 30 septembre dernier, deux conférences de presse de droite engageaient la campagne sur l'initiative "pour des multinationales responsables" : une conférence de presse pour combattre l'initiative, une autre pour la soutenir. Les présidents du PLR,du PDC et de l'UDC ont sonné le tocsin contre l'initiative, ceux du PBD et du Parti évangélique  et des élus Verts libéraux et démocrates-chrétiens l'angelus pour l'initiative. On va vivre une étrange campagne, à droite du champ politique (à gauche, pas de problème, tout le monde est pour). Ce que l'initiative demande tient de l'évidence : les entreprises qui ont leur siège en Suisse doivent rendre compte de leurs actes à l'étranger , et celles qui causent des dommages à l'environnement et violeraient des droits humains doivent en être tenues pour responsables devant la justice.  Autrement dit : les multinationales doivent assumer leurs actes. Celles qui n'ont pas à se reprocher des violations des droits fondamentaux n'ont rien à craindre, seules celles qui se comportent comme des gougnafières, et seules les multinationales (les PME ne sont pas concernées) sont visées : comme le rappelle le démocrate-chrétien fribourgeois Dominique de Buman, "seuls quelques groupes ne respectent pas les droits humains. Il faut les empêcher d'agir de la sorte". Et seule l'initiative peut y contribuer, pas le contre-projhet insipide des Chambres fédérales, du Conseil fédéral et des multinationales elles-même.

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  • On ne sera pas président du PS genevois...

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    Pascal+Romain.jpgOuf !

    On était donc candidat à la présidence du PS genevois. Toute candidature  à une fonction de ce genre a des motivations avouables et quelques motivations inavouables. Par définition, les motivations inavouables ne seront pas avouées, à la seule exception peut-être d'une seule : faire regretter amèrement la présidence de Gérard Deshusses. Pour le reste, c'était une drôle d'idée, que celle de se présenter à une fonction sans grand pouvoir -à une fonction qui est surtout un titre. Et de ne se présenter qu'à cette seule fonction, sans autre ambition ni plan de carrière.  Il ne faudrait  pas se faire d'illusion sur ce à quoi on postule   :  A la présidence du PS on n'est chef de rien, et cette présidence n'est un tremplin pour rien.  Mais ça n'empêche pas la présidence de donner des impulsions,un rythme, faire des propositions, ouvrir et animer des débats, faire autre chose, en somme, que courir après l'actualité et l'agenda politique institutionnel. Finalement, on n'a pas été élu. On n'aura donc pas à se lever à l'aube (midi) pour défendre des positions politiques officielles avec lesquelles on n'est pas d'accord. On n'ambitionnait pas de sauver le parti, mais on a au moins sauvé notre petit confort... Et puis, quoi ? Obtenir près de 40 % des voix après avoir appelé le parti à lâcher la "classe moyenne" pour devenir le parti du sous-prolétariat, c'est pas si mal, non ?

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    Lien permanent Catégories : autobiographie, Genève, PS 5 commentaires
  • Les beaux zavions des vieux suisse-allemands

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    nouveaux avions de combat.jpgQuelque part entre le rivage des Syrtes et le désert des Tartares...

    Quelque part entre le rivage des Syrtes et le désert des Tartares, un petit pays attend l'ennemi. Qui ne vient pas. Chez Gracq, désespéré de l'absence de l'ennemi, le héros, las de l'attendre, s'en va le provoquer pour provoquer la guerre. Chez Buzzati, le héros passe sa vie entière à attendre l'ennemi et meurt de cette attente quand l'ennemi enfin se montre. Ce petit pays, c'est le nôtre. Dont le peuple vient d'accepter, d'acheter pour six milliards des avions de combat plus modernes que ceux dont il dispose déjà -une décision prise à une majorité aussi étriquée que le besoin de tels avions : 50,1 % des suffrages pour l'achat, 8670 voix d'écart entre les pour et les contre, une opposition majoritaire en Romandie (sauf en Valais), au Tessin et à Bâle, chez les femmes et chez les moins de 35 ans. Les beaux avions de l'armée suisse font surtout bander les vieux suisse-allemands... et le résultat du vote nous fait beaucoup regretter de n'avoir pu convaincre 8671 personnes d'aller voter pour nous rejoindre dans notre opposition é un viagra à six milliards...

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  • L'initiative udéciste rejetée, la cible, désormais, c'est l'"accord-cadre"

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    D'un refus l'autre

    Le rejet, net et sans bavure, à 61,7 % des suffrages, et par tous les cantons sauf quatre (dont le Tessin, mais à une majorité bien moindre qu'attendue) de l'initiative udéciste ouvre le débat sur, et le combat contre, l'accord-cadre avec l'Union Européenne et ses 27 Etats-membres. Un accord très mal parti, dans sa formulation actuelle : patronat et syndicats s'y opposent, et demandent une renégociation sur trois points : la protection des salaires, les aides étatiques aux services publics et à certains secteurs de l'économie et l'octroi (que le patronat refuse) des aides sociales aux ressortissants européens. "L'accord institutionnel (doit être) retravaillé de fond en comble", assène le président de l'Union Syndicale, Pierre-Yves Maillard. Or cette renégociation, l'Union Européenne n'en veut pas. Et la présidente de la commission, Ursula von der Leyden attend du Conseil fédéral qu'il fasse "signer et ratifier l'accord cadre que nous avons négocié en 2018". Cet accord, précisément, qu'il est illusoire de faire accepter par le peuple suisse. Il ne peut en effet être question pour la gauche politique et syndicale de soumettre le cadre légal et constitutionnel aux dérégulations libérales que pourrait décider la Cour européenne de justice. Quant à l'UDC, outre son tropisme europhobe, qui le fera par réflexe refuser tout accord avec l'UE, c'est le droit des ressortissants européens aux aides sociales suisses qui la hérisse le plus. Qu'importe : pour nous, puisque nous nous sommes débarrassés (fût-ce avec l'aide du patronat) de l'initiative de l'UDC, la cible, désormais, c'est l'"accord-cadre". Fût-ce avec l'aide de l'UDC.

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