L'après Covid : Relance de restauration plutôt que de (r)évolution ?

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Coronavirus.jpgUne occasion manquée ?


On ne sait pas au juste si on vit la fin de la première vague ou le début de la seconde de la pandémie de Covid, mais en même temps qu'on commence à trouver un peu lassantes les mesures de prudence assez élémentaire qu'on nous impose (le masque, la distance, la désinfection), il nous vient d'étranges bouffées de nostalgie d'un passé immédiat -passé depuis quelques mois seulement : Le chef de mission de Médecins sans Frontière-Suisse, Patrick Wieland, se souvient que le confinement "a aussi généré des choses merveilleuses : le calme et le silence, la ville complètement vide dans une ambiance irréelle, l'aéroport sans un seul avion, des biches arrêtées au bord de l'autoroute Genève-Lausanne... Le monde animal et végétal avait repris un peu ses droits, et c'était beau". Beau, mais fugace... La routine, masquée, distancée, désinfectée, a repris bon nombre de ses droits, et on n'a pas franchement l'impression que le monde ait changé, ni que la volonté de le changer se soit renforcée par la pandémie. Et on ne peut que constater que les plans de relance qui se succèdent et s'additionnent visent tous à relancer le statu quo ante plutôt qu'à lancer un changement. Même pas forcément révolutionnaire (encore qu'il faudrait qu'il le soit). La pandémie ne serait-elle qu'une occasion manquée de "changer la vie" ?

"Pour éviter l'hécatombe, on a besoin de l'Etat social, pas de l'Etat carcéral"

Michel Foucault, dans "Histoire de la folie à l'âge classique", considérait les épidémies comme "le phénomène par excellence capable de pulvériser nos rêveries modernistes de maîtrise absolue". Et de Tite-Live, 2000 ans avant Foucault, on peut tirer l'enseignement qu'elles sont aussi des moments privilégiés de manipulation politique : vers 398 av.JC, Rome est ravagée par la peste : en lutte contre les plébéiens, les patriciens expliquent qu'elle est le fait du courroux des dieux devant le pouvoir donné au peuple... On y ajoutera les vieux petits calculs économiques : dans "Mort à Venise", Thomas Mann décrit il y a un siècle une ville dont la Municipalité dissimule qu'elle est le théâtre d'une épidémie de choléra, parce que si ça se savait, ça compromettrait la saison touristique... Et on ajoutera pour parfaire le sentiment de permanence historique ce constat que pour se protéger du virus, on utilise les mêmes méthodes qu'il y a des siècles : la distance, le confinement et les masques. Et le nettoyage des mains depuis Semmelweiss... A Genève, au XVIe siècle, on  s'était doté d'un hôpital pestilentiel sur les lieux de l'ancienne léproserie, on isolait les malades, on désignait et on murait leur demeure, on y confinait leurs familles, on  multipliait les passages de la voirie, on interdisait tout rassemblement public (sauf les cultes dominicaux, forcément) et les fêtes privées, on fermait les écoles, les tribunaux, les marchés... ou on les déplaçait hors les murs, et on désinfectait l'argent avec du vinaigre..

"La caissière a été plus importante que le banquier. Il faut le dire" et Christian Levrat le dit. Et on le dit aussi.  "Pour éviter l'hécatombe, on a besoin de l'Etat social, pas de l'Etat carcéral" assène Thomas Piketty. D'ailleurs, un peu partout le confinement a été imposé quand on a commencé à craindre sérieusement que les hôpitaux pussent être débordés et le système de santé dépassé. Le Covid a eu cet effet de révélateur : celui de la nécessité de l'intervention publique (de l'Etat, des cantons, des communes) dans l'économie en temps de crise. Et de la nécessité de traiter correctement les services publics et leur personnel. Une infirmière de Contamine-sur-Arve résume : "il fallait une crise pour que les gens se rendent compte de l'étendue de nos besoins. Les professions paramédicales sont aussi hypersollicitées, personne n'en parle jamais. On aimerait vraiment que le jour où tout ça sera fini, la dynamique suive"... Pour l'heure, elle ne suit pas.

Le "think-thank" de gauche suisse Denknetz a lancé un manifeste, signé par un millier de personnes,  pour un nouveau contrat social de l'après-Covid. Denknetz ne veut pas d'un retour au monde d'avant la pandémie mais que l'on tire de celle-ci les enseignements nécessaires à un changement social, et à la réponse aux enjeux révélés par la pandémie. Ce nouveau contrat social devrait être fondé sur quatre principes : le "care" (la prise en charge des personnes, l'assistance aux autres), la coopération , la justice et la durabilité. Les activités de "care", principalement assumées par des femmes et des migrant.e.s, doivent être réévaluées, les services publics et les infrastructures communes (fourniture d'énergie et d'eau, transports publics, moyens de communication, sécurité sociale, éducation...) doivent être renforcés, les richesses redistribuées (notamment par un impôt de solidarité de 3 % sur les actifs financiers), le contrôle public de l'industrie pharmaceutique instauré...

"Nous ne saurons pas avant un bon bout de temps de quelle manière tout ça nous aura changés", écrit le romancier américain Douglas Kennedy. Mais "tout ça" nous aura-t-il vraiment changés ? "Personne ne sortira de cette crise comme il y est entré", assurait en avril le Conseiller d'Etat genevois Mauro Poggia. Personne, vraiment ? Et qu'est-ce qui peut sortir d'une crise comme elle-là ? celle de 1929 a produit d'un côté le Front Populaire, de l'autre mis le nazisme au pouvoir. De quoi accouchera celle de 2020 ? à s'en tenir à ce qui a été fait à ce jour : d'un avorton. Le fondateur du Forum de Davos (le "World Economic Forum"), Klaus Schwab, a beau prêcher que "nous ne reviendrons pas au bon vieux monde d'avant", sitôt la première alerte passée, on a tout fait pour revenir, au "bon vieux monde d'avant", à la "normalité" antérieure, et pour ne rien en changer, ou le moins possible, ni à nos comportements. Les gouvernements n'ont pas changé, ni l'organisation des pouvoirs et de leurs rapports. Ni leurs priorités : ils auront consacré pour "relancer l'économie" une proportion du PIB quatre fois plus importante, et des montants quatre fois plus importants, que ce qui serait nécessaire à une transition écologique. "Arrêter l'économie pour sauver des vies, c'est inédit dans l'histoire de l'humanité", croyait pouvoir observer en mai l'économiste Daniel Cohen... l'inédit n'aura pas duré, et dès qu'on a pu déconfiner, on a déconfiné, au risque d'une reprise de la pandémie. C'est que, suggèrent les chercheurs de l'enquête "Covid-19 : le regard des sciences sociales" (Editions Seismo, 2020) : plutôt qu'une rupture avec le monde d'avant, la pandémie et le confinement ont plutôt accentué des tendances préexistantes, dans les comportement individuels comme dans le fonctionnement de l'Etat, l'évolution de l'économie, les pratiques sociales. Le confinement n'a pas inventé le télétravail, s'il l'a étendu. Il n'a pas inventé la mobilité douce, s'il l'a favorisée. Il n'a pas découvert les dommages environnementaux de l'utilisation massive de l'avion, ni ceux de la surconsommation, s'il les a freinés. Pourtant, on s'est posé des questions qu'on se posait peu auparavant : qu'est-ce qui nous est indispensable, seulement utile, ou parfaitement superflu ? Questions personnelles, mais aussi collectives -et donc politiques : Genève a-t-elle besoin d'un Salon de l'Automobile et d'une hôtellerie de luxe hyper développée ? Est-ce que je choisis de respecter les recommandations de l'OFSP ou de m'y soustraire ? de porter le masque ou non ? Et au nom de quoi faire ce choix : au nom de ma liberté personnelle d'infecter les autres ? "Ceux-là même qui se plaignent aujourd'hui (des restrictions liées au confinement) seront sans doute ceux qui reprocheront sans vergogne aux autorités leur absence de réactivité si par malheur nous devions être dépassés par l'évolution de l'épidémie"... c'était assez bien vu...

 

 

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Commentaires

  • Je ne lis pas tout mais je n'ai pas souvenir vous avoir lu sur cette crise, l'avant, le pendant.
    Ce billet me donne l'impression de vouloir esquiver une remise en question en espérant raviver quelque espoir qu'avait fait naître le confinement. Cacher la merde au chat, foutre la poussière sous le tapis en regardant ailleurs. Surtout ne pas revenir sur la quantité incroyables de mesures contradictoires édictées. Isoler les messages discordants, minimiser et diaboliser ceux qui pensent autrement ou qui, comme la Suède, ont fait autrement avec les résultats que l'on sait aujourd'hui.

    Je ne m'explique cette réticence à évoquer tous ces doutes qu'éprouvent une bonne moitié de la population que par le simple fait qu'en tant que conseiller municipal vous avez directement participé à ces mesures dévastatrices et qu'il vous est impossible de vous désolidariser des mots d'ordres de votre formation même si vous ne partagiez pas ces choix. L'Etat d'urgence n'est décrété que lorsque le législateur a renoncé à exercer sa fonction pour laisser le pouvoir et la responsabilité à l'exécutif. Mais ce devoir vous rattrapera. Vous devrez demander des comptes lorsque nous disposerons de tous les éléments. Et si vous ne le faites pas, alors ce seront des commissions extraparlementaires comme en Autriche et en Allemagne qui feront le boulot réduisant d'autant la confiance des citoyens envers les institutions.

    Si je suis donc déçu de pas vous entendre plus clairement sur ce que vous pensez de toute cette affaire, je suis en revanche plutôt d'accord de consacrer notre énergie à en tirer le meilleur possible. Mais avant même de mettre en route le chantier qui permettrait de retrouver toutes ces belles sensations provoquées par le confinement, il s'agit de s'assurer que nous n'aurons plus jamais à vivre ça. Et pour ce faire, un mea culpa des autorités s'impose.

    Autant dire que rien ne se fera. On assiste plutôt à la fuite en avant dans le déni avec la prolongation artificielle de l'anxiété généralisée et à la censure ou marginalisation systématique de tout discours dissonant. Le débat n'a pas lieu mais la dispute fait rage.
    Cela risque donc de bien mal finir. Mais j'en suis à me demander s'il ne serait pas plus favorable d'accélérer la déchéance car, comme vous, je ne vois aucun remise en question de nos valeurs que le confinement aura mis en lumière. Votre billet est comme un cri dans le désert d'un rêveur décalé. Il ne suffira pas à vous exonérer.

  • Une fois n'est pas coutume, je ne viens pas vous critiquer de manière acerbe.

    La remarque de Pierre Jenni est exacte, on assiste à une capitulation des législatifs, fédéral et cantonaux. Je serais bien moins critique s'agissant des municipaux dans le canton de Genève (c'est mon jour de lucidité et de bonté).

    Il faut voir ce que découvrira le reflux du coronavirus une fois qu'il aura reflué. Il n'en prend pas la direction. La contamination augmente presque partout en Europe et se met à tuer de manière visible. Pour cela il faut un taux de contamination assez élevé, mais il est atteint en Espagne où la mortalité a atteint 1.2 (par 100'000 sur les quatorze jour, donc retardé) , notamment à Madrid où la contamination explose (nombre de positif et taux de positivité). Cela va arriver chez nous, où les Poggiesque mesures sont fort mal appliquées, et nous auront donc bien plus 3 morts par mois comme au mois d'août.

    On peut cependant entrevoir ce qui se découvre. Un tissu de TPE et PME qui s'effondre. Le nombre de chômeurs qui est en train d'exploser. De nouvelles TPE qui, agiles, s'en tirent. Des mastodontes qui péclotent et d'autres qui caracolent. Destruction créatrice à la Shumpeter ? Sans doute. Mais la création est plus lente que la destruction et n'est peut-être pas favorable à la société dans son ensemble. Je ne vois pas de mesure en faveur de la création ou orientant celle-ci, mais des politiques de soutient à ceux qui vont s'effondrer. Est-ce judicieux ?

    La Ville ne peut-elle pas soutenir celles des pousses innovatives qui sont souhaitables ? Par exemple, en intervenant en matière de locaux.

    Tout cela peut mener à un statu quo avec accélération d'une évolution, sans changement de trajectoire . A moins que le fantôme Oltramare ( cf. le 27 septembre) ou celui de Nicole (grâce à vos efforts) ne ressurgisse.

  • Excellent billet, merci M. Holenweg.

    Le droit en vigueur impose à nos autorités de veiller à la protection de la population. S'agissant de la protection contre les pandémies, la “loi fédérale sur la lutte contre les maladies transmissibles de l'homme” est entrée en vigueur le 1er janvier 2016. Elle accorde des pouvoirs étendus au Conseil fédéral et aux exécutifs cantonaux.

    Concernant l'apparition soudaine de cette nouvelle maladie appelée covid-19, nos autorités ont réagi avec célérité, s'efforçant d'agir au mieux dans l'intérêt général, ce dont je les remercie. Que n'aurait-on pas dit et entendu si le Conseil fédéral et les exécutifs cantonaux n'avaient pas empoigné le taureau par les cornes en prenant des décisions énergiques ? On aurait dit qu'ils fuyaient devant leurs responsabilités.

    La tâche était difficile - et elle continue de l'être.

    Si la critique est facile, elle n'est toutefois pas interdite.
    C'est ainsi que pour ma part et pour prendre un exemple, je déplore la précipitation - sous la pression d'intérêts économiques - avec laquelle nos autorités ont décidé d'autoriser, à partir du 1er octobre, la réunion de milliers de spectateurs à l'intérieur des patinoires et dans les stades de football. L'hiver approchant, il y a tout lieu de craindre un déferlement de nouvelles contaminations, nous faisant courir le risque d'un reconfinement généralisé - ce qui ne serait certes pas dans l'intérêt de l'économie et mettrait à nouveau nos réseaux de soins sous très forte pression.

  • "Que n'aurait-on pas dit et entendu si le Conseil fédéral et les exécutifs cantonaux n'avaient pas empoigné le taureau par les cornes en prenant des décisions énergiques ?"

    La Suède en est un bon exemple. Elle fut mise au ban des nations tant elle leur faisait honte. Il a fallu une sacrée dose de courage aux autorités pour tenir bon face à la psychose collective. On les a accusés de tous les maux et lorsqu'on n'avait plus d'arguments, à mesure que les chiffres venaient confirmer la justesse de leur choix, on s'est mis à les traiter d'arrogants.

    Si je ne conteste pas le fait que les autorités ne disposaient pas de suffisamment d'informations lorsqu'elles ont pris les premières mesures de précaution, je pense que nous disposons aujourd'hui de suffisamment de recul pour ajuster le tir. Seulement voilà, c'est reconnaitre s'être trompé et ça, en politique, ça ne pardonne pas. On assiste donc à une fuite en avant absurde qui ne fait que nourrir les thèses complotistes et réduire d'autant la confiance des citoyens dans les institutions.

    Je suis en outre choqué par la disposition prévue dans la loi proposée au parlement qui vise à exonérer le CF de toute responsabilité dans la gestion de la crise. Et je mesure le degré de dégénérescence de nos sociétés qui autorisent les sociétés pharmaceutiques à mettre sur le marché des vaccins qui, en raison de l'urgence, n'ont pas suivi les protocoles de validation et pour lesquels nous ne disposons pas du temps requis pour mesurer les effets secondaires, sans qu'elles risquent d'être poursuivies en justice.
    Plus personne n'est responsable de rien. C'est donc le début de l'anarchie qui sera réprimée de manière sanguinaire par ceux qui détiennent le pouvoir sans en assumer les devoirs.

  • Pour avoir vécu plusieurs années en Chine, j'ai assimilé naturellement les notions de discipline qui ont permis à cette grande nation d'individualistes de traverser les siècles sans se désagréger. Raison pour laquelle je ne comprends pas pourquoi il est si difficile d'imposer et de respecter des mesures sanitaires simples contre le coronavirus en Suisse, pays dont la population est environ le tiers de celle de la ville Shanghai.

  • Je trouve que vous parlez vachement bien ces temps Pierre Jenni :-)

  • Dans son commentaire du lundi 07 à 12h51, Pierre Jenni cite la Suède comme exemple de bonne gestion de la pandémie, écrivant notamment ceci:
    “Il a fallu une sacrée dose de courage aux autorités [suédoises] pour tenir bon face à la psychose collective. On les a accusés de tous les maux et lorsqu'on n'avait plus d'arguments, à mesure que les chiffres venaient confirmer la justesse de leur choix, on s'est mis à les traiter d'arrogants.”

    Avant toute chose, vérifier:
    les chiffres confirment-ils réellement la justesse du choix des autorités suédoises?

    Comparons les résultats de la Suède avec ceux de ses voisins et de quelques autres pays, dont la Suisse. Pour ce faire, je me suis appuyé sur deux sites:
    1) https://fr.wikipedia.org/wiki/Liste_des_pays_par_population
    2) https://www.washingtonpost.com/graphics/2020/world/mapping-spread-new-coronavirus/?itid=sf_coronavirus.

    Résultats en nombre de morts dus au Covid 19 par 1000 habitants:
    - Suède: 0,57
    - Norvège: 0,05 (soit plus de 10 fois moins que la Suède)
    - Finlande: 0,06 (soit près de 10 fois moins que la Suède)
    - Autriche: 0,08 (soit 7 fois moins que la Suède)
    - Danemark: 0,11 (soit 5 fois moins que la Suède)
    - Portugal: 0,18 (soit 3 fois moins que la Suède)
    - Suisse: 0,23 (soit 2,5 fois moins que la Suède)
    - USA: 0,57 (soit autant que la Suède).

    Les chiffres parlent d'eux-mêmes. Pierre Jenni considérerait-il par hasard qu'une pandémie doit faire un maximum de morts pour qu'on puisse considérer qu'elle a été bien gérée?

  • "Les chiffres parlent d'eux-mêmes." (Mario Jelmini)

    Hélas, non. On leur fait dire ce qu'on veut. Et Mario nous en fait la démonstration.
    Le seul chiffre qu'on ne peut corrompre est celui des morts toutes causes confondues et celui-ci est catégorique, à ce jour et malgré le pic de l'épidémie en mars, il y a moins de morts que l'an dernier et que les cinq dernières années.
    https://www.levilainpetitcanard.be/surmortalite-2020-en-comparaison-de-2018-en-france/

    Ensuite, comme le relève mal à propos Mario en défendant bien mal sa position, la Suède se trouve dans une bonne moyenne mondiale sans avoir confiné et donc sans toutes les victimes des mesures, qui ne manqueront pas d'être recensées lorsque les enquêtes aboutiront.
    https://lesakerfrancophone.fr/le-match-suede-covid19-le-seul-graphique-qui-compte-vous-est-cache

    Un autre pays qui fait vraiment honte à la doxa c'est la Biélorussie qui se trouve parmi les meilleurs élèves au monde si nous considérons les chiffres que mentionne Mario. Or ce pays dérange tant que le FMI a procédé à un chantage hallucinant en conditionnant leur aide à des mesures de confinement.
    https://www.youtube.com/watch?v=3z5QX78z3QI

    Et non, Pierre Jenni ne pense pas en termes de seuil de morts pour la gestion d'une "pandémie" pour la simple raison que ce n'en est pas une et qu'elle ne tue pour ainsi dire personne.
    https://www.mondialisation.ca/personne-nest-mort-du-coronavirus/5647224

  • "Je trouve que vous parlez vachement bien ces temps Pierre Jenni :-)" (absolom)

    Apparemment un pneu-pseudo.

    }:-)~>

  • "Les chiffres parlent d'eux-mêmes." (Mario Jelmini)

    Les tests aussi, hélas.

    Et les interprétateurs de tests aussi.

    https://www.bmj.com/content/369/bmj.m1808

    https://unilabs.ch/fr/node/1702

    "Interprétation : Sur la base des connaissances actuelles, la présence d'anticorps contre le virus SARS-CoV-2 ne signifie pas qu’il y a une immunité ou une protection contre la réinfection. "

  • (1ère partie)

    ENFIN UNE BONNE NOUVELLE !
    Oyez, oyez, braves gens: le covid-19 n'a fait aucun mort! Le covid-19 n'a fait aucun mort pour la bonne raison que ce n'est pas une maladie.
    Puisqu'on vous le dit!
    Si on l'avait su plus tôt, nous n'aurions jamais été confinés…

    Mais rendons à César ce qui est à César.
    Dans le dernier paragraphe de son commentaire du mercredi 09 à 16h29, Pierre Jenni nous explique que la pandémie “n'en est pas une et qu'elle ne tue pour ainsi dire personne”. Et de nous renvoyer, en guise de démonstration, à un article publié sur un site géré par le «Centre for Research on Globalization» (CRG), en français «Centre de recherche sur la mondialisation».
    Il vaut la peine de lire cet article, intitulé «Personne n’est mort du coronavirus» et commençant par cette phrase:
    “Un célèbre pathologiste européen rapporte que lui et ses collègues de toute l’Europe n’ont trouvé aucune preuve de décès dû au nouveau coronavirus sur ce continent.”
    Ce soi-disant “célèbre” pathologiste, le Bulgare Stoian Alexov, n'a aucune renommée internationale. J'ai cherché en vain sur le web des références à son sujet. Ses dires ne sont appuyés par aucun scientifique digne de ce nom.

  • Wikipedia décrit ainsi le site ayant publié l'article sur lequel s'appuie Pierre Jenni (voir https://fr.wikipedia.org/wiki/Michel_Chossudovsky):
    “Le CRG gère globalresearch.ca (en français, mondialisation.ca), un site web consacré aux grands thèmes d’actualité tels que «la guerre au terrorisme» et les conflits du Moyen-Orient et qui, selon le site Conspiracy Watch de Rudy Reichstadt, «compte parmi les principaux vecteurs de conspirationnisme sur l'Internet.». D'autres commentateurs soulignent également que ce site est connu pour faire la promotion de théories du complot et répandre des contrevérités”.

    Dans le même registre, je suis en mesure d'annoncer d'autres bonnes nouvelles (ou fake news, comme on voudra):
    - personne n'est mort du SIDA,
    - personne n'est mort d'un accident de la route,
    - personne n'est mort d'une balle en plein coeur.

    Ouf, je me sens mieux. Merci, Pierre, de nous ouvrir les yeux.

  • Merci, Pierre, de nous ouvrir les yeux. Merci d'ouvrir les yeux à tous ces imbéciles qui croient aveuglément tout ce qui paraît dans la presse mainstream, dont on sait qu'elle à la solde de ceux que nous avons élus et qui nous gouvernent. Merci de réfléchir à notre place et de faire preuve de cet esprit critique qui nous manque tant en nous faisant l'apologie des thèses conspirationnistes [*] ou complotistes. Vous n'êtes pas le seul sur ces blogs, loin de là, à vous en gargariser et nombre de commentateurs se précipitent comme des moutons sur ce ramassis répugnant de fake news.
    Odi profanum vulgus et arceo (Horace).

  • Vous allez le mettre de mauvaise humeur. Pour se venger, il va nous pondre des kilomètres de phrases sans le moindre concept: c'est décoratif, mais il n'y a pas grand chose à manger. Concernant ce genre d'excès, Mme Rabbit aime à citer une réplique des Tontons Flingueurs : «La pragmatique de l'action tend à prendre le pas sur la sémantique de la règle !».

  • Jenni est un grand naïf. Il a réagit de manière dénuée de tout sens critique à une vidéo youtube dont le lien avait été mis en ligne sur un des blogs de la tdg (lien supprimé depuis lors). Celui-ci contait que les vaccins seraient injectés avec des nanoparticule qui seraient en lien avec la 5G, et cela à vie. Cela faisait l'objet d'un brevet détenu par microsoft. La mise en scène était bien faite sauf que le "device" collectant les données n'était pas des nanoparticules mais un capteur que vous choisissez de vous mettre sur le corps (autour de la poitrine, du poignet, etc.). Rappelons que le brevet est public et accessible et décrit de manière compréhensible pour l'homme de l'art en quoi il consiste. Ce n'est pas qu'une première page !

    Relevons que les vaccins à ARNm (RNAm) comportent des nanoparticules qui entourent le fragment d'ARNm lors de l'injection. Celle-ci est la même pour tous les exemplaires du vaccin et n'est rien d'autre qu'une macromolécule lipidique formant coque protectrice de l'ARNm. Si problème il y a, ce n'est certainement pas un traçage possible par cette macromolécule lipidique, qui sera rapidement métabolisée.

  • Oui, je me suis souvent surpris à faire preuve d'une naïveté déconcertante. De là à considérer que j'ai "réagit de manière dénuée de tout sens critique à une vidéo youtube", je ne puis souscrire. Tout au plus ai-je relevé une incongruité pour le moins surprenante avec le brevet de Microsoft qui reprend le chiffre de la bête.
    https://futurism.com/neoscope/invisible-vaccine-ink-tattoos-kids
    https://patentscope2.wipo.int/search/en/detail.jsf?docId=WO2020060606

    Je n'éprouve pas le besoin de me justifier mais j'ai aussi découvert qu'il est pour ainsi dire impossible d'évoluer sans curiosité. Or pour cela il s'agit d'apprendre à relativiser nos aprioris et s'ouvrir à d'autres réalités qui, au premier abord, nous sont parfaitement étrangères. Ce n'est donc que grâce à une certaine innocence, un mot moins connoté que "naïveté", que l'on peut élargir le champ des possibles.

    Maintenant, pour revenir au sujet qui nous occupe et aux calculs d'épiciers auxquels se sont livrés Holenweg et absolom, j'encourage ceux qui veulent vraiment comprendre de vérifier les chiffres de la mortalité toutes causes confondues dans le monde. Ils réaliseront que cette épidémie n'a pas fait plus de victimes que les précédentes et donc que les mesures prises furent mal adaptées, pour le dire avec retenue.

    Le mal est fait et il ne sert pas à grand chose de jeter la pierre. Nous sommes tous un peu responsables. Ce qui est inquiétant en revanche c'est la suite. Si nous avons été capables de foutre un tel bordel pour si peu, qu'allons-nous faire avec les prochaines crises qui ne manqueront pas de venir. Dans quel monde allons-nous vivre ?

    C'est là que je rejoins Pascal Hollenweg avec son souci de tirer les leçons de cette crise pour véritablement changer de paradigme. Malheureusement je pense qu'il ne prend pas le bon chemin en participant à la fuite en avant des autorités dans le déni et la création d'anxiété artificielle qui pousse au repli, à la crainte de l'autre et au "sauve qui peut".

    A l'inverse, un mea culpa serait un véritable ballon d'oxygène, un renouvellement de la confiance dans les autorités et les institutions comme nous avons pu l'observer avec la Suède. Je pense même que c'est la condition pour avancer de manière constructive lorsque nous disposerons de tous les éléments probants, si ce n'est déjà le cas.
    A défaut, l'avenir promet d'être sombre et le déficit de confiance donnera un nouveau souffle aux théories complotistes, au clivage et à l'anarchie.

  • Etonné par votre censure Monsieur Holenweg...

    Bref, je me suis amusé à porter 900000 décès covid dans ma calculette, que je divise par 8 milliards d'individus. Je sais, nous sommes 7 milliards et demi, mais ça me complique trop...

    Ca nous donne 0,0001125...si je ne me trompe. On a un peu de marge non ?

    Tout ce bordel pour ça ? Que l'on me corrige si je pense faux...

  • Vous pensez et vous calculez faux : un million de morts (on en est là) sur huit milliards d'habitants, cela fait 0,0125 pour cent, ou 0,125 pour mille. Vous avez au moins deux voire trois zéros de trop, selon que vous voulez établir un pourcentage ou un poumillage. Et il resterait à établir à partir de combien de millions de morts il conviendrait de répondre à une épidémie... A moins d'un million, on s'en fout, à partir d'un million on se bouge ?

  • Ah merci :-)

    Je ne m'en sortais plus avec ces zéros...Je me disais:

    8
    80 Huitante
    800 Huit cent(s)
    8000 Huit mille(s)
    80000 Huitante mille(s)
    800000 Huit cent(s)mille(s)
    8000000 Huit million(s)
    80000000 Huitante million(s)
    800000000 Huit cent(s)million(s)
    8000000000 Huit milliards

    Et j'ai divisé...900000 par huit milliards. Du coup je savais plus. Lorsque je le fais maintenant, j'arrive à 0.001125 ?

    Les "s" entre parenthèses car je ne sais pas...

  • Je pousse un peu plus loin l'analyse et les remèdes que nous propose Pascal Hollenweg. Je ne partage pas l'idée qu'il faille plus d'Etat, de soutiens, de fonctionnaires, d'impôts et tout ce qui alimente cette chaîne vicieuse de consommation-production.
    Sans être un adepte de la décroissance, car tout ce qui vit naît, croit, décroit et meure, je préconise une utilisation intelligente des ressources afin de garantir leur pérennité. Au lieu de faire la part belle au profit ceux qui nous gouvernent devraient garantir la durabilité sur le long terme en respectant les cycles naturels de reproduction pour le monde animal, l'écologie et la diversité du monde végétal et les cycles long du monde minéral et ses dérivés. Il a fallut des millions d'années pour que le pétrole se forme et nous le brûlons à une vitesse hallucinante alors qu'il sert à de nombreuses applications autres que le seul carburant.

    Si j'ai considérablement revisité à la baisse mon appréciation de la responsabilité individuelle, notamment à la suite des travaux de Robert Sapolsky, neurobiologiste qui a attiré mon attention sur l'absence de libre arbitre que j'avais déjà subodorée avec les expériences de Benjamin Libet, je persiste à penser qu'il n'est pas sain d'assister sans participation. C'est la porte ouverte à toutes les dérives opportunistes des petits malins qui ont su profiter d'un tel système.

    Je suis donc favorable au maintien d'un Etat fort sur les questions régaliennes qui assurent la souveraineté et l'indépendance des communautés d'intérêts que ce soient des villages ou des pays. Mais j'observe une dérive dans la gestion de la chose publique qui devient tentaculaire et omniprésente dans tous les domaines pour simplement faire barrière à l'individualisme exacerbé des puissants, de manière réactive au lieu d'être proactive, pour limiter les dégâts. En oubliant au passage que cet égoïsme primaire est uniformément réparti sur l'ensemble de la population tant qu'elle n'a pas eu accès à l'éducation qui lui permettrait de comprendre qu'un altruiste est un égoïste intelligent.

  • Aujourd'hui, et depuis quelques années déjà, il ne m'est plus possible de corréler mes sentiments avec une formation politique particulière. Si j'ai viré à gauche lorsque j'ai observé les dérives du capitalisme financier, j'ai très vite désespéré de la réponse politique à ce défi puisque la gauche a validé le marché libre depuis Tony Blair et perdu son âme.
    Elle jongle dans un équilibre difficile et voit son électorat filer ailleurs en compensant avec le très provisoire ferment des Verts dont les thèses seront reprises par toutes les formations rendant l'approche politique de l'écologie obsolète, voire contre-productive. Car les Verts sont devenus les nouveaux ayatollahs de la bien pensance. Ils seront crucifiés lorsque les populations comprendront qu'elles se sont fait manipuler.
    Les conservateurs ne font pas mieux. Ils se déchirent d'ailleurs entre leurs ailes antinomiques libérale, économique et paysanne, conservatrice. Mais par leur discours franc ils ratissent large et récupèrent dans les rangs des déçus de la gauche.
    Les libéraux sont devenus pour moi l'ennemi. L'humanisme qui animait encore certains de ses membres lorsque j'étais un jeune adulte ne sert plus que de vernis opaque et ne fait pas illusion. Je plains d'ailleurs ceux qui sont obligé d'embrasser la ligne en se bouchant nez, yeux et oreilles.
    Quant au centre opportuniste, il a beau jeu de se placer en modéré, il suit la logique politique des alliances contre-nature, virevolte telle une girouette en fonction du vent et perd toute lisibilité.

    Je ne sais de quoi sera fait demain. Mais j'ai compris que la politique n'est que l'art d'accommoder les restes. Ce ne sera pas suffisant pour aller de l'avant. Mais il me semble sain de relever ces incohérences pour espérer voir émerger une autre façon de vivre qui implique une sincérité impossible en politique tant les règles sont figées, les rapports de force déséquilibrés et le pauvre souverain manipulé par quelques individus aux commandes des plus grands groupes médiatiques.
    Parfois je chéris l'idée d'un retour à l'anarchie qui est un ferment de créativité. Mais l'histoire nous enseigne que l'homme est d'abord motivé par son intérêt personnel et qu'il n'aura accès à une interprétation plus large de ce principe que lorsqu'il aura développé son intelligence intuitive grâce à sa curiosité et non pas au système d'éducation qui ne répond plus aux exigences du moment.
    J'ai compris que je ne savais pas grand chose. En revanche la nature semble suivre une logique qui dépasse notre capacité à comprendre et cela semble plutôt bien fonctionner puisque nous sommes toujours là. J'ai donc fait le voeux de lui donner plus de force dans mon corps en secouant ce sac de peau par du sport, de la méditation et du rire. Je suis devenu un peu malgré moi croyant. Non pas en un dieu personnalisé et vengeur, mais en la magie de la vie à laquelle j'aspire à devenir un serviteur dévoué avec les maigres moyens dont je dispose.
    C'est pourquoi je continue de causer ici et là, comme Pascal qui "Cause toujours".

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