Un printemps genevois de la mobilité douce ?

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Prise de conscience

Mardi soir, au Conseil municipal, on a adopté trois propositions qui, toutes trois, participent du soutien à la mobilité douce et à la libération de la ville de l'emprise de l'automobile. Trois votes acquis au grand déplaisir de la droite (MCG, UDC, PLR) qui a presque tout tenté pour les éviter et qui, n'ayant pu les éviter, a quitté la salle très fâchée, et plus vexée encore. Trois propositions acceptées, donc : une proposition d'"Ensemble à Gauche" d'accorder un crédit de 500'000 francs pour subventionner l'achat ou la réparation de vélos par les habitants, une demande socialiste de négocier avec le canton la fermeture des quais à la circulation automobile (mais seulement le samedi et le dimanche et seulement jusqu'au 20 septembre), et une résolution proposée par les Verts, et s'opposant au projet de parking "Clé-de-Rive", soumis au vote populaire. Ces votes municipaux s'ajoutent à trois votes cantonaux, au Grand Conseil, début juin : une motion du MCG et une résolution du PLR qui demandaient le retrait des aménagements cyclables installés par la ville ont été refusées, et une résolution d'"Ensemble à Gauche" qui demandait non seulement leur maintien mais leur pérennisation et leur renforcement a été acceptée. Y'a des mois, comme ça, où on a l'impression que les vieux réflexes laissent place à quelque chose comme une prise de conscience : celle qu'il est temps de penser la ville sans la bagnole.

« Eppur si muove »... doucement...

Très fâché, le président du "Groupement transport et économie" (GTE), le lobby patrono-bagnolard, a annoncé que le Conseiller d'Etat Dal Busco (oui, le traître, le PDC verdi...) lui avait annoncé que les bandes cyclables provisoires installées en mai allaient être maintenues jusqu'à mi-septembre et que le processus de leur pérennisation, avec mise à l'enquête et demande d'autorisation, allait être lancé (la Ville et le canton viennent d'ailleurs d'annoncer la prolongation jusqu'en septembre du dispositif)... et le GTE en est tout retourné : il exigeait la disparition de ces bandes cyclables. Le Département de Dal Busco, lui, veut promouvoir une évolution vers des "aménagements de qualité pour les mobilités douces", y compris sur les grands axes (Cornavin, Plainpalais) que le GTE voudrait réserver aux déplacements en bagnole...A droite, l'UDC et le MCG ont déposé chacun leur projet de loi contre les bandes cyclables tracées par la Ville : l'UDC veut inscrire dans la loi la largeur minimale (3m50) des voies réservées aux bagnoles, et la largeur maximale (1m55 en ville) de celles réservées aux vélos. Rien n'est prévu pour les voies réservées aux chars à bœufs. Le MCG, lui, veut que le Grand Conseil se prononce sur toute restriction de la circulation automobile sur les rues et routes des réseaux primaire et secondaire. On ajoutera à ce florilège bagnolard l'appel à la manif lancé par Lulu Barthassat et le bon docteur-candidat Morel, vendredi 3 juillet au Jardin Anglais. Appel auquel on s'associera bien volontiers : d'abord parce qu'il nous convient assez que les fétichistes de la bagnole bloquent eux-mêmes la circulation automobile après avoir hurlé à son blocage par les bandes cyclables; ensuite parce qu'on se réjouit déjà de la comparaison de la participation à leur manif avec celle de la nôtre, en mai dernier : nous fûmes 2000, en plein confinement...

Cela posé, il convient tout de même de signaler que les cyclophobes ne semblent n'être qu'une minorité au sein même de la masse des automobilistes, puisque le Touring-Club lui-même, qui s'illustra longtemps par une défense obsidionale du privilège accordé à l'automobile sur tout autre moyen de transport, a pris conscience, encore un peu timidement (mais cela, témoigne son président, a suffi pour qu'il reçoive "quelques volées de bois vert de certains membres") que le "tout voiture des 30 glorieuses (a) cédé le pas aux adeptes du multimodal". Certes, il ne démord pas de son soutien au funeste projet de parking Clé-de-Rive, mais il reconnaît que l'usage du vélo en ville est en progression constante, qu'il s'agit pour des distances de deux à cinq kilomètres du mode de transport le plus rationnel et que "qui dit usage du vélo en ville implique des équipements en matière d'aménagement du territoire, notamment l'ouverture de pistes cyclables au détriment des avenues, boulevards, rues et ruelles habituellement réservées aux voitures"... N'est-ce pas précisément ce qu'ont fait ce printemps Rémy Pagani pour la Ville et Serge Dal Busco pour le canton, et que si 7500 personnes l'ont contesté dans une pétition, 17'500 l'ont applaudi dans une autre ? L'évidence s'est ainsi imposée au TCS, et à une partie de la droite. Sans doute le camp du "tout bagnole" ne s'est-il pas dissout, mais il ressemble de plus en plus à un camp retranché, grignoté de partout, infiltré, subverti...

« Eppur si muove »... doucement...



Commentaires

  • La ville sans voitures et les commerces ou restos sans clients ! Il faudra prévoir une indemnisation pour tous ces emplois perdus et ses commerces en faillite ! Ceux qui se marrent c'est les commerces de France voisine qui accueillent les genevois avec le sourire, les parkings gratuits et des prix très favorables ! Personnellement, après avoir bossé pendant plus de 30 ans en ville je n'y fout plus les pieds !

  • la Ville devrait survivre à votre absence...

  • Heureuse qu’elle puisse également survivre sans moi. L’élégante ville de Genève n’existe plus! Je suis effarée de voir les quais aussi défigurés!

  • Vous aussi vous avez eu vos 30 glorieuses ... des jeunes au Municipal SVP

  • Il n'a jamais été aussi jeune, et le groupe socialiste est le plus jeune du Conseil municipal le plus jeune depuis 175 ans...

  • Ils devraient faire leurs réunions dans un EMS !

  • Ah! Alors faire leurs réunions dans une garderie d’endants!

  • Il a un tigre dans son moteur... ;-)

  • Il semble que depuis que les voitures ne peuvent plus circuler et stationner en ville les commerces souffrent. La preuve : Le célèbre grand magasin Globus (Grand Passage autrefois) est à vendre mais ne trouve pas de preneur. Les clients ne pouvant pas approcher il est illusoire de pouvoir rentabiliser cet emplacement ! Ce n'est que le début car beaucoup d'autres vont fermer.

  • Le tentative de revente du Grand Passage par Globus n'a rien à voir avec les restrictions de circulation, mais avec le choix de faire de ce qui était un grand magasin s'adressant à toute la population un grand magasin ne s'adressant qu'à la clientèle de luxe...

  • Vous avez raison car ce commerce de luxe avait un secteur qui s'appelait "Tout à 1 franc" C'est vachement du luxe !!!

  • "Tout à un franc" c'était à l'Uniprix, pas au Grand Passage. Et c'était il y a cinquante ans. Et le virage vers le Bling-Bling, correspond au passage du GP vers Globus.

  • Faux ! Ce n'était pas à Uniprix puisque le rayon "Tout à 1 franc" au GP était sous la responsabilité d'un chef de rayon qui s'appelait M. Hari que j'ai bien connu.

  • Peut-être y'en avaiut-il aussi un au GP, mais j'allais régulièrement à celui de l'Uniprix... et de toute façon, je le répète, le bling-bling, ce n'était pas le GP, c'est le Globus...

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