Election de la Cour des Comptes : On avoue : on n'a pas voté...

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On avait bien l'intention de faire son devoir de citoyen en participant, aussi, à l'élection de la Cour des Comptes (en votant pour les seuls candidats socialistes, François Paychère et Marco Ziegler comme a voté pour l'élection municipale partielle pour la seule candidate de gauche, Salika Wenger)... las ! Dans notre enveloppe de matériel de vote, on n'a pas trouvé les bulletins pour la Cour des Comptes. Un oubli malheureux du service des votations et élections, qu'on n'a même pas cherché à faire réparer en demandant les bulletins qui nous manquaient. Et donc on a voté à une élection en prenant un bulletin du Parti du Travail (pour la première fois depuis au moins 35 ans...), et on a « courbé » une élection (pour la première fois depuis au moins 20 ans). Faut vous dire, Monsieur, que l'élection des magistrats de la Cour des Comptes, cette année (comme d'ailleurs la partielle d'il y a un an) ne nous inspirait guère... et que l'oubli du service des votations et élections, fournit un heureux prétexte à notre coupable désertion...

C'est nouveau, ça vient de sortir : une élection « apolitique »

La Cour des Comptes n'a épargné personne », titrait hier la Tribune de Genève. La Cour ne s'est surtout pas épargnée elle-même, les débordements comportementaux dont elle a été le théâtre n'incitant pas franchement à la mobilisation électorale -même si on devait finalement admettre que, derrière les baffes, les scellés et les seaux d'eau, il devait y avoir autre chose, et plus grave, que l'affrontement de deux caractériels. On ne peut en tout cas oublier que des quatre magistrats titulaires de la Cour ayant fonctionné depuis cinq ans, un seul se représente : l'imperméable Vert Stanislas Zuin. Les trois autres ont soit démissionné en cour de mandat, soit renoncé à se représenter.

Mais le problème que nous pouvons avoir avec la Cour des Comptes n'est pas celui de son fonctionnement ou de son dysfonctionnement actuel, ni celui de son mandat constitutionnel :c'est celui du cadre politique dans lequel elle s'insère. La Cour doit contrôler l'activité et le fonctionnement de l'Etat et des communes. Mais elle ne les contrôle que d'un point de vue formel, comptable, et cette limitation du contrôle politique est en soi l'expression d'une conception à la fois réductrice et idéologiquement déterminée du rôle des collectivités publiques -ce qui n'enlève rien à son utilité (le nombre de sollicitations d'audits qu'elle reçoit a d'ailleurs presque doublé en un an), puisqu'il faut bien que l'Etat (au sens large) soit contrôlé dans son fonctionnement, mais relativise tout de même son importance.

Cela dit, en cinq ans, la Cour des Comptes a publié cinq rapports, « épinglant » tous les magistrats cantonaux et de la Ville, à la seule exception de Rémy Pagani et de Manuel Tornare (Esther Alder et Sami Kanaan étant entrés en fonction trop récemment pour avoir eu le temps d'être honorés de l'attention de la Cour). De tous les partis politiques genevois comptant dans leurs rangs des magistrats communaux ou cantonaux, seuls le MCG et Ensemble à gauche ont échappé aux audits de la Cour -mais, assez paradoxalement, ce sont ces partis dont les magistrats ont été épargnés par les enquêtes de la Cour, qui l'accusent de partialité...

Présenter une liste « interpartis gouvernementaux » au renouvellement de la Cour n'est en tout cas pas de nature à mobiliser les masses : quelles garanties d'un fonctionnement compatible avec les missions de la Cour peut donner, en elle-même, une liste commune des partis gouvernementaux ? Après tout, deux des trois magistrats titulaires de la Cour sortante y avaient été présentés par des partis gouvernementaux, dont Stéphane Geiger, le désormais célébre porteur d'eau, émargeant au PDC, le troisième, Daniel Devaud, étant tout de même membre d'une formation politique représentée dans deux exécutifs municipaux, dont celui de la Ville. Une telle liste «interpartis» correspond par trop au rapport des forces politiques gouvernementales pour écarter le soupçon (nourri par l'épisode d'un procureur PLR se déplaçant pour sceller le bureau d'un magistrat enquêtant sur le rachat par une fondation présidée par un autre PLR d'actions d'une société co-administrée par un conseiller municipal PLR) d'une trop grande perméabilité entre la composition politique de la Cour et celle des exécutifs sur les actes desquels elle exerce son contrôle. Et ce ne sont pas les protestations d'« apolitisme » de la liste interpartis qui convainqueront du contraire : si une liste éformée de candidats de partis politiques à l'élection au suffrage universel direct des membres d'une institution de surveillance de l'Etat n'est pas « politique », qu'est-ce qui peut bien l'être ? Le fait même qu'une liste UDC-MCG s'oppose à la liste PS-Verts-PLR, confirme d'ailleurs le caractère éminemment politique de l'élection...


A part ça, il vous reste encore aujourd'hui pour voter par correspondance, aujourd'hui et demain pour voter par internet et dimanche matin pour voter à l'ancienne : en Ville, ne vous privez pas du plaisir (le devoir n'y rien à faire là-dedans) de voter, si vous ne l'avez déjà fait, pour la seule candidature de gauche à l'exécutif municipal : Salika himself.

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