Budget municipal : Faire notre boulot... avec ou sans la droite

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Premier débat budgétaire au Conseil Municipal de la Ville de Genève, mardi soir, lors du débat d'entrée en matière sur le projet de budget présenté par l'exécutif communal.  Enfin, « débat » il faut le dire vite et se contenter de peu : parlons plutôt d'une succession, pendant deux heures, de déclarations générales, d'expression d'états d'âmes, de frustrations des uns, de satisfaction obligée chez les autres. Un exercice un peu vain, dont le terme était évident : le renvoi en commission du projet, pour examen attentif, ligne par ligne, et pour amendements multiples et variés, avant le marathon budgétaire de décembre. Et cela, c'est le travail du Conseil Municipal, pas celui du Conseil administratif. Et on le fera, ce boulot...


... avec ou sans la droite...

Après la présentation par le Conseil administratif de la Ville de Genève d'un projet de budget 2012 déficitaire (de 23 millions), la droitunie avait clamé urbi et orbi que ce projet était illégal puisque déficitaire, et avait cru pouvoir à l'appui de cette accusation invoquer la loi cantonale sur l'administration des communes qui leur impose, en principe, d'équilibrer leur budget de fonctionnement. Sandrine Salerno a mardi soir fait litière de cette accusation absurde : la loi impose aux communes d'avoir en principe un budget équilibré (mais autorise néanmoins des déficits s'ils ne dépassent pas les amortissements et sont couverts par la fortune nette), mais n'impose nullement aux exécutifs municipaux  de présenter des projets de budget équilibrés. L'équilibre budgétaire est imposé au résultat final, pas à un projet qui est une base de travail. Pour le dire plus clairement encore : l'équilibre budgétaire est imposé aux conseils municipaux, qui votent les budgets, pas aux conseils administratifs, qui les proposent. L'accusation d'illégalité portées par la droite municipale contre l'exécutif municipal de gauche était donc absurde.
Le deuxième reproche fait au projet de budget du Conseil administratif est celui de l'absence de priorités claires. De la part de forces politiques dont la seule priorité décelable est celle que la Ville de Genève n'ait pas de budget, l'accusation est assez farce. Elle l'est d'autant plus qu'elle émane de gens qui n'ont jamais proposé quoi que ce soit de plus consistant que des baisses d'impôt et la suppression de la taxe professionnelle municipale, c'est-à-dire l'assèchement des caisses publiques.

Ce que la droite reproche au projet de budget de la Ville tient en une seule, unique et brève proposition : c'est le budget d'une municipalité de gauche. Tout le reste est littérature, et mauvaise littérature -littérature de buvette parlementaire. Et en touillant dans les arrières-pensées de ceux qui portent cette accusation, on retrouve vite la frustration de n'avoir pas réussi à abolir la Ville en tant que commune, d'où la tentative de la priver des moyens de mener quelque politique que ce soit -à plus forte raison si elle devait être de gauche, la droite municipale traditionnelle (UDC comprise) n'ayant jamais été aussi faible, qualitativement et quantitativement, en Ville de Genève qu'elle l'est aujourd'hui.

Et puis enfin, il y a ce reproche fait par la droite au Conseil administratif de gauche de laisser au Conseil Municipal et à ses commissions le soin de « faire le budget ». Etrange reproche, en vérité, puisque c'est précisément au Conseil Municipal, et non au Conseil administratif, que revient ce pouvoir, celui qui a toujours et partout constitué le socle des pouvoirs parlementaires. On a ainsi entendu des Conseillers municipaux se plaindre de ce que le Conseil Administratif ne leur présentait pas un budget abouti, bouclé, qu'ils n'auraient plus qu'à accepter ou refuser sans avoir à l'étudier et à l'amender. Mais s'il l'avait fait, le Conseil Administratif aurait fait à la place du Conseil Municipal le travail du Conseil Municipal.
A gauche, nous n'entendons pas abandonner le seul pouvoir réel dont le délibératif dispose. Le travail de « faire le budget », c'est précisément le travail du Conseil Municipal, et si la droite ne veut pas le faire qu'elle s'en révèle incapable, nous, nous le ferons. Avec ou sans elle.

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