Plus de mille postes de travail supprimés par Novartis en Suisse : Casse sociale maximale pour profit maximum

Imprimer

Mardi dernier, 25 octobre, le groupe pharmaceutique Novartis publiait ses résultats du 3e trimestre 2011 : Un bénéfice net de 2,2 milliards de francs, en hausse de 7%. Au même moment, à Nyon,  le personnel local de Novartis, convoqué par la direction, apprenait la fermeture du site et la suppression de 320 postes de travail (sur 5 ans). A Bâle, ce sont 760 postes de travail qui vont disparaître. Plus de mille en Suisse, donc, sans compter les effets de ces suppressions sur les sous-traitants. Et un millier d'autres postes supprimés dans le reste du monde. 2,2 milliards de bénéfices en un trimestre, 2000 postes de travail en moins : on vous laisse faire le calcul de la rentabilité de la casse sociale... Et on vous invite à manifester à Bâle, samedi prochain :
https://www.facebook.com/event.php?eid=179001552185829

Travaillez plus pour gagner moins. Et indignez vous !

Les suppressions d'emplois par Novartis pourraient bien être la première salve d'une série de délocalisations d'entreprises suisses (ou installées en Suisse) vers des espaces à salaires plus bas, à protection sociale plus faible, à libertés syndicales plus réduites. Et ces délocalisations, et ces suppressions d'emplois, pourraient bien se produire dans tous les secteurs économiques puisque tous sont frappés, sinon de récession, du moins d'une chute de la croissance (le secrétariat d'Etat à l'économie a revu à la baisse ses prévisions pour 2011 : il en est à une croissance moyenne prévue de 1,9 %). Que la chute de la croissance ne soit pas forcément celle des profits (Novartis le prouve, avec en neuf mois une hausse de 20 % de son chiffre d'affaire et un bénéfice net de plus de dix milliards de dollars) n'y change rien : ce ne sont ni les dirigeants, ni les actionnaires qui vont faire les frais des mesures que prendront les entreprises, mais les salariés.  Avec, à chaque fois, la même justification : les coûts salariaux ou les impôts sont trop hauts et le franc est trop fort, faut dégraisser, et déménager. Ou les deux à la fois. L'Union Syndicale Suisse a recensé plus d'une centaine d'entreprises qui, au motif ou au prétexte du « franc fort », ont augmenté le temps de travail sans compensation salariale, ou ont diminué le salaire, ou se sont mises à payer les salariés-e-s frontalier-e-s en euros. La plupart de ces entreprises ont fait d'importants bénéfices avant la crise de l'euro : où les ont-elles investis, ces bénéfices ? Pas dans la constitution de réserves conjoncturelles, apparemment : le plus grand employeur privé de Suisse, la Migros, qui a fait 5 milliards de bénéfices cumulés en dix ans, avait augmenté en 2008 de 10 % le temps de travail des employés de ses restaurants et de ses services de logistique et de transports. Et demande aujourd'hui à celles et ceux qu'elle faisait désormais travailler 43 heures par semaine, de travailler deux heures de moins, avec une réduction de salaire... Il faut une morale à cette triste histoire ? La voilà : « Pour nous les traders, ça nous est égal que l'économie aille bien ou mal. Notre job, c'est de gagner de l'argent quelle que soit la situation. (...) Chaque soir en allant me coucher, je rêve d'une autre récession. (...) Quand l'euro et les grandes Bourses s'effondrent, vous pouvez gagner beaucoup d'argent, par exemple en investissant en bons du Trésor »... Qui parle ? Un trader, Alessio Rastani, dans un grand accès de franchise. Elle a scandalisé, cette franchise. Mais pourquoi diable ? On devrait pourtant le savoir depuis longtemps, que la finance se fout de l'économie « réelle » et plus encore de la société réelle (celle qui n'est pas anonyme), que pour faire monter le cours de ses actions il suffit à une entreprise de licencier, que les plans d'austérité suscitent l'enthousiasme des Bourses, qu'une bonne guerre ça vous relance une économie, et que faire 10 milliards de bénéfices ne doit pas empêcher de supprimer 2000 postes de travail... C'est quoi, déjà, le mot d'ordre ? Ah oui : « Indignez-vous ! » ...

Lien permanent Catégories : Economie 4 commentaires

Commentaires

  • Et vous pensez que l'initiative de S.Salerno sur les régimes fiscaux vont arranger les choses ?

  • oui

  • Dans quelle mesure, par quelle magie, l'augmentation des impôts des multinationales va t'il favoriser l'emploi ? J'avoue que j'ai du mal à comprendre la logique qu'il y a derrière.

  • Le problème, c'est que cette profitabilité accrue de ces entreprises profite à nos caisses de pension, qui sont bourrées d'actions Novartis, Nestlé, etc.

    Le revers de l amédaille, c'est donc que, pour assurer nos vieux jours, il faut augmenter encore cette profitabilité, licencier encore plus.

    Et le choix est cornélien : des emplois ou une retraite correcte ?

Les commentaires sont fermés.