La sinistra in Europa non è da rinnovare, o da ricostruire, o da ripensare, o da ricomporre, ma da inventare. Radicalmente e dacapo. (Paolo Flores d'Arcais)

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S’il fallait en un mot qualifier l’état de la gauche (1) politique en Europe, et plus précisément encore l’état de ses partis et organisations politiques, nous userions sans doute du mot « débilité », en son strict sens, qui désigne une faiblesse maladive.


Certes, cette débilité des partis de gauche ne les frappe pas eux seuls : en vérité, depuis la Guerre Mondiale, les partis politiques ne sont plus nulle part dans notre monde (celui du « centre », celui qui se qualifiait lui-même, et lui seul, de « développé »), les lieux de l'inventivité sociale, et tout au plus pouvaient-ils encore être les réceptacles de la créativité sociale telle qu'elle s'exprimait -et s'exprime encore- ailleurs. Cette dernière ambition reste pour l'heure la plus haute que nous puissions avoir pour les partis politiques de la gauche européenne.

Reste que le maximum du possible ici et maintenant n'atteint pas le minimum du souhaitable, ni même le médian du nécessaire.

Nous sommes encore nombreux à considérer comme inacceptables et, pour des millions d'habitants de notre semi-continent, invivables,  le monde tel qu'il est, la société telle qu'elle est, les règles du jeu social telles qu'elles nous sont imposées. Nous savons (pour parfois en être) que la « gauche » institutionnelle, des partis politiques aux syndicats, de la social-démocratie aux reliefs de feue la gauche révolutionnaire, a pris sa part de la construction de ce monde, de la constitution de cette société et de la définition de ces règles. Nous conviendrons enfin que nous ne sommes pas sortis du capitalisme, et que notre problème est toujours celui que se posèrent les fondateurs du mouvement ouvrier international : celui du dépassement du capitalisme. Mais nous ne nous trouvons plus dans la situation ni dans le rôle de ces grands anciens. Si le problème est toujours celui du capitalisme, et si nous persistons à penser sa solution par le socialisme, nous devons aussi admettre que la gauche telle qu’elle est fait désormais partie du problème, non plus de la solution, et qu'il nous faut par conséquent faire ressurgir une gauche qui, pour être porteuse d’une réponse socialiste au problème du capitalisme, soit aussi radicalement socialiste que radicalement anticapitaliste. Or nous savons que ces deux radicalités ne se confondent pas. Il nous importe donc de préciser les conditions de leur conjugaison, conditions hors desquelles le projet socialiste se dissout dans la quotidienneté des pratiques institutionnelles, en même temps que l’anticapitalisme dans la démagogie des populismes réactionnaires.

(1) Nous userons du mot « gauche » comme d’un synonyme de « mouvement socialiste », au sens le plus large du qualificatif, de la social-démocratie au socialisme libertaire, la question de la propriété étant finalement celle sur laquelle se joue le clivage entre ce mouvement et ses adversaires : est socialiste toute organisation pour qui la propriété collective prime sur la propriété individuelle et la propriété publique sur la propriété privée. Tout le reste est accessoire, et plus accessoires encore que tout les références au « progrès » et à la « modernité »..

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