Initiative pour la protection contre la violence des armes : Le débat plonge dans le ça...

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bpWalker.jpgAu fur et à mesure que l'on s'approche de l'échéance du vote populaire, le 13 février, sur l'initiative  « pour la protection contre la violence des armes », le débat s'échappe du discours rationnel pour sombrer dans les affres de l'angoisse existentielle du mâle rupestre que l'idée même de ne plus disposer de sa pétoire militaire à la maison renvoie à la vieille terreur de la castration. Tout y passe : si l'initiative est acceptée, le tir sportif, la chasse, l'armée de milice, les traditions nationales, le principe du citoyen-soldat, l'honneur du mâle et du pays sombreraient derechef. Quelques voix pourtant tentent de ramener ce débat dans les limites d'un discours rationnel sur l'utilité, en 2011, de laisser près d'un million et demi d'armes militaires en stabulation domiciliaire ou en circulation plus ou moins contrôlée dans un pays de sept millions d'habitants. A Genève, où 18 % de la population dispose d'une arme à domicile, 15 % des suicides se font par armes à feu. En Suisse centrale, où 57 % de la population dispose d'une arme à domicile (trois fois plus qu'à Genève), ce sont 33 % des suicides qui se font par arme à feu (deux fois plus qu'à Genève).

Godemiché et vache sacrée

Voter « oui » à l'initiative « pour la protection contre la violence des armes » ne signifie pas mettre fin à l'armée de milice, ont tenté d'expliquer à qui ne veut pas les entendre quelques anciens officiers de ladite armée. Le capitaine Urs Honegger regrette de n'avoir «pas encore entendu un seul officier articuler un argument fondé et objectif en faveur du maintien de l'arme personnelle à domicile » , le lieutenant-colonel Jean-Marc Guinchard essaie d'expliquer que « la guerre de nos jours est économique, terroriste ou informatique », une guerre dans laquelle un fusil n'a guère que l'utilité d'un gri-gri... Quant à justifier le maintien de l'arme à domicile par l'argument des tirs obligatoires (cet argument étant avancé notamment par le Conseil fédéral), le même lieutenant colonel le balaie d'une phrase :  « ces tirs ne servent qu'à financer les sociétés de tir  ». D'un point de vue strictement militaire, plus rien ne justifie donc  le maintien de la pratique actuelle. Mais on ne se place plus, du côté des partisans de cette pratique, d'un point de vue strictement militaire. On n'est plus dans Clausewitz, on est dans Groddeck. On est dans le ressassement du mythe, dans la négation de l'évidence, dans la phobie de la castration, dans la confusion des calibres des armes et des sexes -bref, on a quitté le monde du raisonnement pour entrer dans celui du fantasme et du fétichisme : pour la Société suisse des officiers, l'initiative est un cheval de Troie des antimilitaristes, et ne vise en réalité qu'à hâter l'abolition de l'armée -comme si le Conseiller fédéral Ueli Maurer ne suffisait pas à accomplir cette mission, en effet légitime, mais que le stockage des armes militaires dans des arsenaux militaires ne rendrait ni plus aisée, ni plus difficile. La Conseillère aux Etats, socialiste genevoise, Liliane Maury Pasquier observe qu' « en Suisse, chaque voiture, chaque vache, chaque chien sont enregistrés. Il est donc temps de faire de même avec (...) les armes à feu ».  Sauf que, étant sortis de l'argumentation rationnelle, on est aussi entrés dans l'argumentation religieuse: l'arme militaire à domicile est un totem, y toucher est un tabou et si les armes à feu ne sont pas enregistrées dans un registre central, comme le sont les vaches, c'est que cette vache-là est sacrée. A Genève, un jeune-vieux UDC prognathe pose à peu près nu sur une affiche, son godemiché militaire entre les jambes, en menaçant de l'enlever si l'initiative passe. C'est dire on ne peut plus clairement la place prise par ledit instrument dans le cerveau reptilien des opposants les plus résolus à l'initiative, si ce n'est pas dire très clairement à quel vote, « oui »  ou  « non » à l'initiative, incite réellement la promesse de strip-tease du jeune-vieux UDC en question...

Lien permanent Catégories : Suisse 7 commentaires

Commentaires

  • Mais bien sûr Pascal, ce jeune-vieux UDC prognathe qui veux garder sa pétoire sous la main, c'est sans doute qu'il n'a rien d'autre de fonctionnel pour tirer un coup !

  • Excellent! Bravo!

  • Ouah... le français ! Tout ça pour dire que, quand on est à gauche et contre les armes, on est vachement intelligent, mais que, quand on est à droite et pour les armes, on est très très con. On pouvait le dire plus vite et plus simplement. Enfin, moi j'peux: gauche - anti-armes, plus que con, droite - avec armes, un peu moins !

  • c.q.f.d

  • Ben pour une diahrée verbale, c'est pas mal ....mais ca n'en reste qu'un tissu de conneries....

    Voter « oui » à l'initiative « pour la protection contre la violence des armes » ne signifie pas mettre fin à l'armée de milice. Ca doit être pour ca que GSSA veut dire groupement pour une suisse sans armée et que le PS a voté pour l'abolition de l'armée...mais bon vous devez voter sans comprendre.

    que « la guerre de nos jours est économique, terroriste ou informatique », une guerre dans laquelle un fusil n'a guère que l'utilité d'un gri-gri..., je pense que le Kossovo a moins de 200 km ne lui a pas laisser beaucoup de trace, encore un militaire bien planqué dans son bunker, je savais pas qu'il y en avait a l'état major...mais ca semble le cas.

    D'un point de vue strictement militaire, plus rien ne justifie donc le maintien de la pratique actuelle...meme pas le coup d'un stockage centralisé, doit pas savoir compter..encore une connerie quand on peut voler 80 flingues d'un coup et meme dans un stand a Genève...mais bon chut.

    dans la négation de l'évidence, dans la phobie de la castration, dans la confusion des calibres des armes et des sexes -bref, on a quitté le monde du raisonnement pour entrer dans celui du fantasme et du fétichisme ...

    ca c'est pas tout faux quand on fait une initiative pour 6 cas au pistolet et 12 au FASS en 2009 c'est enc...les mouches. Et après on se permet de critiquer l'UDC qui ne ferait que des initiatives inutiles. C'est même tellement ridicule que n'importe quel étudiant de première année en prenant le cas du Japon armes interdites et celui des USA profusion d'armes met par terre les études a Killias qui défend ses convictions et le dit...Une étude c'est sérieux d'habitude...mais bon on peut être expert en chiens, en jeunes, et en armes. C'est surement pour ca aussi qu'il ne retire pas des statistiques les 300 suicides assistés type dignitas et exit, le meme nombre de cas que les armes a feu....la négation de l'évidence certe mais de qui, tel est la question.

    quand a Mauri Pasquier, en tant que conseillère nationale a rallonge (je croyais qu'au PS on laissait sa place aux jeunes, alors ca doit être une vieille jeune) elle devrait savoir que les armes sont déjà enregistrée dans des fichiers cantonaux mais bon c'est surement aussi grace a son incompétence crasse qu'elle veut interdire les armes automatiques (qui le sont déjà) et qui n'ont JAMAIS été utilisé en Suisse pour un crime.... et alors le sommet le fusil a pompe, elle doit avoir fait sa formation devant les séries télé américaines....telement dangereuse que c'est la meme muniton que n'importe quel fusil de chasse qui lui peut être automatique sans meme etre obligé de recharger manuellement... Bon c'est vrai que quand on lit ca, on peut comprendre Ueli Muarer qui dit que les femmes n'y connaissent rien, au moins a gauche c'est vrai et pas que les femmes, certains homme aussi mais c'est de ceux qui croit avoir la science infuse pour insulter la droite...allez c'est vrai on pouvait faire plus court, anti armes plus que con, droite avec arme un peu moins

  • "Ben pour une diahrée verbale, c'est pas mal"... en effet... avouez que ce commentaire là, j'aurais été fautif de ne pas le publier... encore quelques uns du même tonneau, et l'initiative fait un tabac...

  • oui vraiment, supprimons les armes à feu mais aussi les cordes (première manière de se suicider en Suisse) les barbituriques, les trains et les voitures.
    Est ce que cette votation n'est pas un peu bidon ? J'habite à côte de chez vous mais avant j'étais à Paris. Vous croyez vraiment que ceux qui ont les armes les plus dangereuses sont ceux qui les déclarent ? Je vous emmène quand vous voulez dans les cités de banlieue parisienne parler avec les loulous qui se promènent avec des armes, juste pour frimer.
    Perte de temps, perte de salive pour faire croire que l'on vit à Disneyland. Je pense que les Suisses sont des gens réfléchis, que la manière d'aborder ici le service militaire responsabilise ceux qui sont armés. On n'a pas besoin d'être armé pour être BEAUF et vice versa...

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