Election au Conseil fédéral : Shakespearien ? de rien…

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L'un des ultimes sondages parus avant la nuit bernoise des longs couteaux politiciens suggère que si l'élection du Conseil fédéral se faisait par le peuple au lieu que de se faire par le Parlement, le démo-chrétien Schwaller serait élu devant les radelibes Burkhalter et Lüscher, mais avec une proportion massive de " je ne sais pas " et autres " je m'en fous ". Et seul un " sondé " sur quatre estimait que le siège de Couchepin devait rester radical ou libéral, une majorité (52,6 %) l'attribuant plutôt à un autre parti, et les autres 20,1 % s'en battant les flancs. Du côté des media " lourds ", on a fait ce qu'on a pu pour allumer une lueur d'intérêt au fond de l'œil du citoyen de base, mais rien n'y a fait : le dramaturgie de l'événement n'éveillait qu'une attention à peine polie. Et quand nos commentateurs évoquaient le dilemme " cornélien " des grands électeurs, le bon peuple, lui, avait plutôt tendance à trouver la pièce shakespearienne. Mais pas du Shakespeare de " Macbeth ": du Shakespeare de " beaucoup de bruit pour rien ".

Requiem
Les radicaux (et quelques autres, y compris certains socialistes) semblaient craindre comme un séisme la perte par les radicaux, au profit du PDC, d'un siège au Conseil fédéral. Cette perte, pourtant, ne serait qu'un épisode logique d'une lente régression. De tous les partis représentés au Conseil fédéral, le parti radical (ou radical-libéral, comme on veut) est le seul dont la représentation n'a cessé de décroître depuis plus de 150 ans, le seul qui n'a cessé de perdre des sièges gouvernementaux au profit de concurrents, voire d'adversaires, depuis que le Conseil fédéral existe. Pourquoi s'arrêter en si bon chemin ? de 1848 à 1891, on a eu sept radicaux sur sept Conseillers fédéraux. De 1891 à 1919, six radicaux et un catholique-conservateur. De 1919 à 1929, cinq radicaux et deux catholiques conservateurs. De 1929 à 1943, quatre radicaux, deux catholiques-conservateurs et un agrarien. De 1943 à 1953, trois radicaux (qui perdent donc la majorité gouvernementale), deux catholiques-conservateurs, un agrarien et un socialiste. Suit un intermède de six ans, les socialistes ayant claqué la porte du gouvernement, En 1959, les radicaux perdent encore un siège, et ne sont désormais plus que deux, aux côtés de deux catholiques-conservateurs (PDC), deux socialistes et un agrarien (UDC). En 2003, l'UDC pique un siège au PDC, mais le perd en 2007, puis perd son second siège au profit de son aile agrarienne devenu indépendante, avant de le retrouver en 2008. Bref, si les radicaux devaient lâcher encore un siège en 2009, ça ne serait que la suite logique d'une longue, lourde, lente, inexorable régression. Et une sorte de réparation du chapardage politique commis par l'UDC en 2003, au détriment du PDC, et avec la complicité active des radicaux.

Commentaires

  • Il ne vous reste plus qu'à envoyer une gerbe de fleurs au nouveau conseiller fédéral Burkhalter PLR, .... pour le féliciter!

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