Part à deux

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Conseil d'Etat : le PS joue la prudence

Les socialistes se contentent donc de revendiquer, au gouvernement, le statu quo politique -autrement dit : le maintien d'un rapport de force qui n'a en rien, ou presque, permis d'opposer une résistance efficace à la mise en oeuvre de la politique la plus droitière menée à Genève  depuis un bon demi-siècle. Pour un parti dont l'existence n'a de sens, et de légitimité, que s'il est capable de se poser en force de changement, se contenter de n'avoir pour ambition suprême que celle d'en rester là où il en est aujourd'hui, n'est pas franchement de nature à susciter un enthousiasme délirant de son propre électorat. L'indispensable troisième candidature de gauche, il faudra donc l'attendre de l'extérieur du PS -de forces qui se disent à sa gauche, et qui ne peuvent réellement peser sur le débat politique que si elles s'unissent. Ou à tout le moins, se coordonnent. L'exercice devrait être à leur portée, si du mot " gauche " elles ne retiennent pas que le substantif dérivé : " gaucherie ".

Statu quo hanté
En ne présentant que deux candidatures au Conseil d'Etat, le PS semble dire qu'il se contente, ou pire qu'il se satisfait du rapport de force politique genevois actuel. Mais de ce rapport de force, quel bilan pouvons-nous tirer, et quel bilan notre propre électorat tirera-t-il ? Nous avons présenté et fait élire deux socialistes dans un gouvernement à majorité rose-verte pour que ce gouvernement soit le garant des droits démocratiques, préserve les espaces de la culture alternative, mène une politique sociale de gauche -pas pour qu'il construise des prisons, couvre de son autorité l'ouverture de la chasse au Rroms, interdise une manifestation soutenue par la Communauté genevoise d'action syndicale, organise l'éradication policière des espaces de création non-institutionnelle ou supprime les aides municipales aux plus pauvres des plus vieux tout en proposant de balancer deux millions par an pendant cinquante ans dans un trou béant à la Praille… La gauche ne peut se résigner à sa propre impuissance, même si sa principale force politique s'y résigne en se contentant  d'une position acquise dont elle n'a su que faire.  Elle a à se donner les moyens et d'exprimer la volonté de changer, de bas en haut, de la population au gouvernement, le rapport des forces politiques dans cette République -autrement dit : s'y renforcer, pas y rester pour toucher une rente de situation que les socialistes (et encore : pas tous...) sont à peu près seuls à considérer comme méritée. En ces temps de crise, cette rente comme toutes les rentes, a plutôt tendance à partir en fumerolles qu'à convaincre le bon peuple que ce qui fut une volonté de changement ne s'est pas dissout dans l'impuissance à changer.

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