Un référendum pour un débat

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Centre pour l'image contemporaine
Un référendum pour un débat


En décembre, lors du grand débat budgétaire, le Conseil municipal a décidé de transférer la subvention accordée au Centre pour l'image contemporaine (CIC) au Centre d'art contemporain (CAC) et au Fonds municipal d'art contemporain (FMAC). Cette décision, totalement contradictoire d'une motion votée six mois plus tôt par le même Conseil municipal, à propos du même Centre pour l'image contemporaine, condamne celui-ci à mort. Le référendum municipal lancé contre la décision de décembre, et qui peut donc s'appuyer sur celle de juin, est une sorte de demande de grâce -non pour le principe même de la grâce, mais pour laisser le temps à un projet d'émerger, qui soit alternatif à la fois à la pétrification du CIC dans son état actuel et à sa suppression pure et simple. Entre deux solutions, la troisième est souvent la meilleure.

Donner du temps à un projet

En l'absence de toute possibilité constitutionnelle de " référendum constructif " ajoutant au refus d'une décision, une proposition de décision alternative, un référendum est par définition un acte d'opposition, mais cette opposition " dégage le terrain " politique, en maintenant ouvert le champ des possibles afin qu'ensuite, sur le terrain dégagé, quelque chose de nouveau puisse être construit. Encore faut-il concevoir ce " quelque chose de nouveau ". Le référendum contre la suppression de la subvention au CIC se justifie par le fait même qu'en proposant de revenir sur la décision qui, de facto, abolit cet acteur culturel, il obligera, s'il aboutit, à se poser quatre questions :
- Genève doit-elle se doter d'une institution autonome active dans le champ de l'imagerie contemporaine ?
- quel contenu, quel mandat, donner à une telle institution : produire, représenter, expérimenter, constituer un patrimoine, ou tout cela à la fois ?
- quelle forme cette institution doit-elle prendre ? publique ou privée ? municipale ou cantonale ?
- enfin, que faire de l'actuelle Fondation de Saint-Gervais, fondation de droit privé mais dépendant presque totalement du financement public, et dont l'organe " suprême ", le Conseil de fondation, n'est composé que de représentant de collectivités et de services publics ?
Ce sont ces questions qui devront être posées si le référendum aboutit. Et elles ne pourront vraisemblablement être posées que s'il aboutit. Parce que le CIC mort et ses dépouilles dispersées dans d'autres institutions, un projet culturel pour l'imagerie contemporaine à Genève sera très vraisemblablement le dernier des soucis des acteurs politiques locaux.

Signez le référendum contre la disparition du Centre pour l'image contemporaine (CIC) de Saint-Gervais
feuilles de signatures téléchargeables sur
www.sauvons-le-cic.ch
Dernier délai de renvoi : jeudi 22 janvier


Lien permanent Catégories : Culture 3 commentaires

Commentaires

  • Contrairement à ce qui se dit dans la République les conseillers municipaux ce sont battu toute l'année pour le CIC, un an de travaux de commission, des dizaines d'interventions, une motion qui finalement avait votée en juin. Bref tout ce qui se compte de politiques engagés dans la culture étaient sur pied de guerre. Une conseillère municipale avait en septembre fait appelle à SolidaritéS sur ce dossier. Il lui a été répondu que ce dossier était trop sectoriel et élitiste pour que cela vaille la peine de le défendre. Conclusion les conseillers préoccupés par l'avenir du Centre pour l'Image en mouvement se sont retrouvés à poils pour défendre ce dossier.

    Au moment des pourparlers sur le budget, Les verts ont été clairs si vous mettez en danger le transfert du CIC nous ne voterons pas le budget. douzièmes provisionnels, embrouilles, tout le monde à baster sauf "A Gauche toute" et une socialiste.

    Merci de défendre cette institution qui le mérite même si ce référendum à un relent de réccup.

  • Un relent de récup', peut-être, mais il n'y a pas d'autre moyen d'éviter la disparition du CIC, ni même de permettre de le réformer...

  • La disparition de CIC est bien une perte qui sera perceptible par toute la communauté. Est-il tellement difficile de comprendre ou bien des manipulations pareilles forment une partie intégrante de quelque rite ?

Les commentaires sont fermés.