Gaza : Encore dix jours de massacre ?

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Gaza :
Encore dix jours de massacre ?


Depuis le 27 décembre, l'armée israélienne bombarde Gaza. Gaza, c'est la plus forte densité de population au monde : un million et demi de personnes sur la surface du canton de Genève. Quand on bombarde la ville, on ne peut que bombarder la population civile. Tout est concentré, entassé, mélangé : les hôpitaux et les dépôts d'arme, les écoles et les locaux du Hamas, les mosquées et les casernes. L'armée israélienne le sait -et elle le sait d'autant mieux qu'elle a déjà occupé Gaza, pendant trente ans. Aujourd'hui, elle l'isole, en proclamant qu'elle ne songe nullement à la réoccuper. Pour ceux qui y vivent, la différence est notable : le blocus, s'ajoutant aux bombardements, est encore pire que l'occupation : électricité coupée, relais téléphoniques détruits, pénurie de médicaments, approvisionnement alimentaire aléatoire...


En attendant le nouveau Pharaon

Jamais Israël n'avait consacré autant de moyens et d'efforts à entraver l'information sur une campagne militaire. Sa guerre, Tsahal veut la mener hors du regard des media. Mais elle entend bien, en revanche, utiliser les media pour légitimer ses opérations à Gaza, en organisant des visites guidées sur les lieux bombardés par le Hamas -qui de son côté met en évidence les écoles, les mosquées, les hôpitaux bombardés par Israël et les morts civils relevés après ces bombardements. La dissymétrie des moyens rend toute comparaison des bilans absurde, et dans l'affrontement d'un Etat et d'une organisation armée, le plus puissant est forcément le plus coupable. La Suisse, dépositaire des Conventions de Genève (dont la quatrième érige la protection des populations civiles en devoir pour les acteurs d'un conflit) a donc le devoir de " faire quelque chose " pour mettre fin à la boucherie. Mais le massacre de Gaza arrange trop de monde pour qu'il y soit peut-être mis fin tant que ceux qui le commettent, et ceux qui l'utilisent, y trouvent quelque intérêt. C'est-à-dire avant le 20 janvier, date du couronnement d'un nouveau Pharaon à Washington, que les gouvernants israéliens n'ont aucun intérêt à gêner s'ils veulent obtenir son soutien. D'ici là, le Hamas, qu'Israël manipulait autrefois pour l'utiliser contre le Fatah, aura sans doute été très affaibli militairement, mais peut-être renforcé politiquement -comme le Hezbollah le fut au Liban. Le Hamas avait pris Gaza parce que la misère y régnait, le Hamas pourrait bien garder Gaza parce que la guerre y est revenue. Or cette organisation caricaturalement réactionnaire est parfaitement indigne du statut de martyr qu'Israël lui offre.

Lien permanent Catégories : Monde 18 commentaires

Commentaires

  • Quand on veut, on peut.

    "..les lieux bombardés par le Hamas .."

    "Le Hamas avait pris Gaza .." et de quelle manière ont-ils (le Hamas) pris Gaza ?

  • "Gaza, c'est la plus forte densité de population au monde : un million et demi de personnes sur la surface du canton de Genève."

    Vous répétez froidement ce que vous avez entendu dire, parce que ça vous arrange, ou bien vous avez dûment comparé, à partir de différentes sources, avec Paris, Le Caire, Bombay ou Mexico par exemple ?*

    "Tout est concentré, entassé, mélangé : les hôpitaux et les dépôts d'arme, les écoles et les locaux du Hamas, les mosquées et les casernes."

    Comme dirait l'autre, c'est vraiment la poisse, ce boxon... Moi, je suis sûr que le Hamas a vraiment fait tout ce qui était en son pouvoir, pour mettre d'un côté, les objectifs militaires, les cibles, et de l'autre, les civils, vieillards, femmes et enfants, et que s'il n'y est pas parvenu, le Hamas, et bien, c'est qu'il n'y avait vraiment pas moyen de moyenner.

    On n'imagine pas ces fervents humanistes, mettant délibérément des victimes, par définition innocentes, sous le feu des Israéliens...

    * Faut vous méfier, le web, c'est pas le café du Commerce où vous pouvez crânement balancé n'importe quoi avec la tranquille certitude que vos interlocuteurs sont incapables de produire la preuve du contraire...

  • "Or cette organisation [la Hamas] caricaturalement réactionnaire est parfaitement indigne du statut de martyr qu'Israël lui offre".

    Peut-être, sûrement même mais ce n'est pas le problème. Le problème c'est qu'à Gaza se mène aujourd'hui un crime, un carnage, une action abject.

    S'en prendre à des civils pour soit disant se débarrasser d'une organisation, qui dois-je le rappeler, à gagner les élections à Gaza est une action particulièrement infâme.

    Ce qui se passe à Gaza est une action préméditée depuis la victoire du Hamas, c'est l'aboutissement à des mois de provocations de la part d'Israël et son embargo imposé en collaboration avec l'Égypte. Il y a quelques mois les palestiniens ont dû faire "sauter" le mur qui les séparent de l'Égypte pour que les gens puissent enfin s'approvisionner. Depuis le mur fût renforcé et fermé encore plus hermétiquement, les conditions des gazaouïs devinrent infernales.

    Les tirent de roquettes ne sont pas des "provocations que rien ne peut expliquer" mais des ripostes bien dérisoires face à une situation qui devenait franchement terrifiante.

    L'amé israélienne prépare depuis des mois son action contre Gaza, depuis la victoire du Hamas.

    Non les motivations sont bien moins avouables. Les victimes palestiniennes sont aussi un atour électoral. Depuis le début du massacre, Ehud Barack, a gagné 4 points dans les sondages. Il cherche avec Tsipi Livni a perpétué sa présence au gouvernement et surtout empêcher son grand ennemi Netanyahou de gagner les élections.

    D'un massacre, trois coups: on se débarrasse "momentanément" du Hamas, on enterre encore plus profondément la paix pour continuer le rêve coloniale et la colonisation et on garde le pouvoir…

    Le problème ce n'est vraiment pas le Hamas.

  • "On" (Israël) ne se débarrassera pas plus du Hamas qu'"on" ne s'est débarrassé du Hezbollah. D'autant, s'agissant du Hamas, qu'"on" l'avait utilisé contre le Fatah, et qu'il pourrait bien encore être utilisable tant qu'il est prêt à se battre jusqu'au dernier Palestinien.

  • "Depuis le début du massacre..."

    Je signale au lecteur de passage - je me fous de ce que pense l'incurable AGC - que les victimes du MASSACRE représentent, toutes confondues, c'est-à-dire terroristes et victimes collatérales, 0,05 % de la population du territoire.

  • Qui est coupable de la création des définitions ?
    En fonction du nombre, on établit des échelles de valeurs.
    Crime, meurtre, assassinat, massacre, génocide, extermination.
    Juste à titre de comparaison (qui pas raison), la Shoah a vu disparaitre 40% des juifs du monde entier.

  • 0,05 % (un demi pour mille) de la population du territoire : à Genève, ça ne ferait que 240 morts, une paille, une brume, un dommage collatéral presque insignifiant. Et encore : on ne devrait compter les enfants que comme des demi-victimes. Et ne pas compter du tout les vieillards.
    Mais ne désespérons pas : le temps passe, les bombes, les obus et les missiles tombent toujours, on finira bien par arriver à un pourcentage satisfaisant.

  • Je ne crois pas que ce soit le but.

    On dit que le plus intelligent des deux cède.

    Qui nous prouver son intelligence ?

  • C'est une excellente question . Parce que dans ce foutoir sanglant, c'est bien l'intelligence qui paraît la plus absente.

  • Que ce soit une excellente question est une chose, mais qui se la pose ?
    Et surtout ... qui tenterait d'y répondre ?

  • Les victimes...

  • ... encore vivantes ?

  • ... si possible. Mais on peut faire comme Tsahal ou le Hamas : faire parler les morts.

  • ""On" (Israël) ne se débarrassera pas plus du Hamas qu'"on" ne s'est débarrassé du Hezbollah. D'autant, s'agissant du Hamas, qu'"on" l'avait utilisé contre le Fatah, et qu'il pourrait bien encore être utilisable tant qu'il est prêt à se battre jusqu'au dernier Palestinien."

    Le rêve des Israéliens: arriver au dernier Palestinien grâce à la folie islamiste, liquider tous les Sémites de la région.

  • "Je signale au lecteur de passage - je me fous de ce que pense l'incurable AGC - que les victimes du MASSACRE représentent, toutes confondues, c'est-à-dire terroristes et victimes collatérales, 0,05 % de la population du territoire."

    Que cynisme!
    Mais alors pourquoi a-t-on fait tellement d'histoire pour le 911? Les victimes, toutes confondues, terroristes et victimes collatérales, représentaient 0,001% de la population du pays. Aaaaaaaaaaahhhhh, mais les victimes collatérales n'étaient pas Sémites! Ca change évidemment tout pour Scipion le raciste.

  • Monsieur Holenweg,

    La reconnaissance du génocide arménien n'est toujours pas désirée par le conseil municipal de la ville de Genève.

    Faire parler les morts ?

  • Mea culpa, je suis allé trop vite, je voulais parler de la Turquie.
    Quant à la ville de Genève, c'est déjà fait.

    www.ville-ge.ch/fr/media/doc_off/decl_190105.htm

  • Se débarrasser de l'autre ne résout pas le problème.
    Les deux parties n'y arriveront pas à la paix, sans que les intérêts particuliers des grandes puissances ne cessent de peser dans l'affaire.
    Maintenir les camps de réfugiés pendant si longtemps est inhumain.
    C'est l'ONU qui a crée l'UNWRA.
    On dit qu'Israël fait le jeu du Fatah avec le blocus de Gaza.

    C'est faire le jeu de qui, que de continuer à maintenir ces gens dans un état de "réfugiés" ?

    Ricardo Lumengo, lui, est un réfugié angolais.
    Le voila qui réussi.
    Il est naturalisé suisse (contrairement aux réfugiés palestiniens), il fait de la politique après avoir fait des études (bravo à lui).

    Tous les débats qui tourne autour de la question prouvent que le démembrement de l'Empire Ottoman c'est mal faite et que cela continue.

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