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"Sauvetage " de l'UBS: le parlement amorce la pompe à phynances

Le 7 décembre, le Conseil national (c'est-à-dire sa majorité de droite), suivi le lendemain par le Conseil des Etats, a avalé, sans rechigner, et sans condition, le brouet à 68 milliards du " plan de sauvetage de l'UBS ". Une formalité. Du même genre que celle déjà effectuée en son temps pour Swissair : une minorité de bureaucrates privés reçoivent sans condition des sommes astronomiques pour sauver une entreprise mise à mal par d'autres bureaucrates privés du même genre. Dans d'autres pays démocratiques, pas moins capitalistes que la Suisse, et dont les gouvernants ne sont pas moins, économiquement parlant, " libéraux " que les Suisses, les parlements ont eu leur mot à dire, et ont pu redéfinir les accords passés avec les entreprises en péril : en Allemagne, en Grande-Bretagne, aux Eats-Unis... mais pas en Suisse. En Suisse, le mot d'ordre, c'est " raque et ferme ta gueule ". Ou ne l'ouvre que pour ne rien dire. Faut vous dire, Monsieur, que chez ces gens-là, on ne réfléchit pas, Monsieur, on ne réfléchit pas. On compte. Pas les milliards qu'on donne aux banques : l'argent que le parti a reçu des banques.

… et les Shadocks pompaient, pompaient…

Les partis de droite, radicaux et UDC en tête (le PDC aussi , mais un peu moins), bénéficient largement du soutien des banques, qui ont établi, sur la base des prononcements politiques sur des enjeux précis, un catalogue de critères pour déterminer à qui, et combien, payer. Les heureux bénéficiaires de ces largesses n'ont donc aucun intérêt à en froisser les charitables auteurs. Et au contraire tout intérêt à faire ce qu'ils demandent. Surtout s'il s'agit de les " sauver "... Le débat parlementaire avait donc tout d'un faux-semblant. Il était bouclé avant même d'être entamé, sur fonds de chantage : 68 milliards*, ou un krach dévastateur... Et on n'est même pas sûrs que l'exercice ait été indispensable, l'UBS faisant mine -après être assurée de recevoir les fonds- de ne pas en avoir eu réellement besoin. Ce qui n'empêche pas le directeur de la commission fédérale des banques, Daniel Zuberbühler, d'annoncer que si la situation de l'UBS s'aggravait encore, il faudrait à nouveau y balancer quelques dizaines de milliards, sous forme d'augmentation de capital. Une fois la pompe amorcée, pourquoi ne pas continuer à pomper ? Nos banquiers sont des Shadocks heureux. On comprend pourquoi ils tiennent tant à la " concordance " : la pompe, c'est elle.

* 68 milliards, c'est la plus grosse opération jamais réalisée par la Confédération. C'est plus que le budget de la Confédération. C'est le double de toues les rentes payées chaque année par l'AVS. C'est le triple des frais de construction des nouvelles transversales ferroviaires, le plus gros chantier jamais réalisé en Suisse.

Lien permanent Catégories : Suisse 17 commentaires

Commentaires

  • Vous choisissez toujours l'attaque, c'est vrai que c'est la meilleure défense, mais pourquoi ne pas publier vos chiffres en premier, pour forcer la main aux autres partis de le faire à leur tour ?

  • Vous ne dites pas toute la vérité et c'est dommage. Les 2 chambres se sont prononcées uniquement sur 6 milliards. C'est-à-dire la souscription à l'emprunt convertible émis par l'UBS à un taux de 12,50%. Le parlement n'a pas eu à se prononcer sur le prêt consenti à la société de portage créée par la BNS. La BNS étant indépendante, cette décision n'est pas soumise au parlement!
    En ce qui concerne les 6 milliards, il ne s'agit pas de fonds perdus comme l'étaient les 2 de Swissair. Nous avons affaire là à un prêt remboursable en actions. Ce sera la valeur des actions au moment de la vente qui déterminera le bénéfice réalisé. La détention d'actions n'étant pas limitée dans le temps, la perte est pratiquement impossible puisqu'il suffit d'attendre (nous avons le temps) que les cours de l'action remontent pour les vendre et réaliser en fin de compte une bonne opération.

  • Si je ne me trompe, le parti socialiste expose clairement ses sources de financement, qui se base majoritairement sur les cotisations de ses membres.

  • "La BNS étant indépendante, cette décision n'est pas soumise au parlement!"

    C'est d'ailleur une chose qui devrait être corrigée si on veut que l'Etat puisse exercer sa souverainté également dans le domaine économique. Il n'y a AUCUNE raisons, autres que celles avancées par les idéologue néo-libéraux, que la BNS soit une S.A. indépendante de l'Etat.

  • La BNS n'est pas une SA indépendante de l'Etat. La confédération et les cantons sont les actionnaires de la BNS. C'est l'action de la BNS qui est indépendante. La constitution lui donne la mission de défendre la valeur de la monnaie et la bonne santé économique du pays. Si les gouvernants se mêlaient de vouloir diriger la BNS, ce serait une gabegie complète. La BNS sous sa forme actuelle n'est pas politisée et c'est très bien.

  • Mais c'est encore pire! Personne ne la contrôle! C'est évident que les crédits ne valent pas 60 milliards et toutes les pertes au delà de 6 mia seront à notre charge!! C'est incroyable de laisser cette banque centrale utiliser l'argent public sans aucun contrôle démocratique!!!

  • Et maintenant l'affaire Madoff...

    Et Hiler qui voulait (veut?) faire venir les fonds spéculatifs à Genève! MDR!

    Hentsch qui s'associe il y a trois mois et qui veut reprendre ses billes aujourd'hui. Si ce n'est pas de l'incompétence, qu'est-ce que c'est?

    Faut vraiment pas savoir quoi faire de son fric pour spéculer, et vouloir ramasser 8 à 10%/an. Ils ont spéculé, ils ont perdu, pas de quoi pleurer, ils l'ont cherché.

    Tous ces milliards auraient pu être utilisés pour améliorer notre monde. Non, ces crétins préfèrent le jeu de l'avion. Ce doit être grisant de "gagner" des millions sans travailler. Sûr que Madoff a placé quelques biscuits... dans un paradis financier et fiscal...

  • La valeu des crédits est inestimable actuellement (d'ailleurs c'est de là que vient le problème) donc on ne pas lui donner un prix réel MAINTENANT. Avec le temps et l'assainissement des marchés, ces crédits auront une valeur bien plus importante que les 60 milliards dont on parle aujourd'hui.

  • Au cas où, les comptes du PSS sont publics, et publiés (http://www.sp-ps.ch/fileadmin/downloads/DV-AD/2007/06-Olten/070531_einladung_f.pdf)

  • Je vous prends au mot salegeule, mais je vous parie qu'il n'en sera rien.

    Ces crédits sont pourris parce que l'argent a été prêté à des gens qui ne pourront jamais rembourser. Donc leur vraie valeur est celle que leur donne le marché actuellement, soit zéro, malgré tout ce que vous pouvez bien dire à propos d'une hypothétique "normalisation" du marché.

    Le marché a très bien compris que ces "actif" n'en sont que par leur nom. Ils ne valent rien du tout, maintenant, dans 6 mois ou dans 10 ans, et le futur le montrera.

  • "C'est d'ailleur une chose qui devrait être corrigée si on veut que l'Etat puisse exercer sa souverainté également dans le domaine économique. Il n'y a AUCUNE raisons, autres que celles avancées par les idéologue néo-libéraux, que la BNS soit une S.A. indépendante de l'Etat."

    Les banques centrales dépendantes de l'état ont été ou le sont comme le Zimbabwe,source d'hyperinflation.

    D.J

  • Monsieur Holenweg,

    Chapeau bas pour le PS, vous avez osé.
    A qui le tour maintenant ?

  • En ce qui concerne les comptes du PS, quel(s) non-membres ont financer le PS à hauteur de 3'800'000 francs? Des banques peut-être? Si oui lesquelles?

    @Salut:
    C'est vrai que l'argent a été prêté a des gens qui ne peuvent plus rembourser. Cependant contrairement à ce que vous pensez, il y avait des garanties sous formes de biens immobiliers. La valeur de ces maisons, avec le temps remontera.
    Si il est vrai que ces maisons ne valent plus grand chose maintenant, c'est surtout parce qu'il y a abondance d'offre. Pendant ce temps on ne construit plus et dans quelques années il y aura pénurie de logements. Qui sera là pour vendre? A quel prix?

  • Aha, l'immobilier remontra, d'ailleurs, l'immobilier ne baisse jamais, on le sait bien..

    Allez, réveillez-vous, ces villas ne reprendront jamais la valeur absurde qu'elles ont atteintes. Les pertes doivent être amorties, et c'est pour notre pomme.

    Mais bon, on en reparlera. Attendez-vous simplement à lire des nouvelles nous informant que, "selon toutes attentes", les crédits pourris.... sont vraiment pourris et ne valent plus rien.

  • Je voulais dire "contre toutes attentes et à la grande surprise des économistes"

  • Salut a probablement raison sur l'évaluation insensée des biens immobiliers auxquels il se réfère. C'est vrai que dans laps de temps acceptable, ces bien n'atteindront pas le prix sur lequel les banques se sont basées pour fournir leurs prêts. Cependant, il ne faut pas oublier que ces créances ont été reprises à moins de 50% de leur valeur, voir à moins de 30% dans certains cas. Ces prix là sont,eux, tout à fait raisonnable. La surprime moyennes des biens était de l'ordre de 20% de la valeur. Donc si l'on prend 50% de 120 on arrive à une valeur de reprise de 60% de la valeur "normale" du bien. De plus, les prêts ont été échelonnés sur des années, ce qui veut dire qu'une bonne partie d'entre eux avaient déjà commencé à être remboursé. Donc la dette sur ces biens est inférieur à la totalité du montant prêté. Cela relativise le risque pris par la BNS et optimise les possibilité de gains...

  • Oh, quelle surprise, la page 57 (page 71 du doc pdf) du document cité plus bas, indique que le parti libéral suisse à touché 50'000 francs de l'industrie et lobby de la cigarette entre 2001 et 2003.

    C'est donc une réèlle "surprise" de les voir s'attaquer avec autant de véhémence à l'initiative fumée passive et santé ... :-) et après ils viennent nous parler de leur attachement à la démocratie avec une larme à l'oeil.

    Vraiment une bande de charlot !

    http://www.badac.ch/FR/prestations/publications/articles/Gunzinger_financement%20des%20partis%201994_2007_%20Cahier_IDHEAP_no240.pdf

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