Guerre des cheffes ou débat politique, il faut choisir

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D'abord " Pourquoi ", ensuite " avec qui "…

La guerre des cheffes au PS français a titillé la " Julie ", qui s'est demandé si, par hasard ou par bonheur, elle ne pouvait pas avoir quelques effets, ou produire quelques dommages collatéraux au PS genevois, qui va devoir déterminer sa liste pou l'élection du Conseil d'Etat l'année prochaine, c'est-à-dire, très précisément, quelle femme pour accompagner Charles Beer. Question légitime, sans doute. Mais surtout, question secondaire. Parce que ce qui importe avant de savoir qui on présente, c'est de savoir pourquoi on la présente. " Pourquoi ", c'est-à-dire pour faire quoi ?. Pour quelle politique ? Seule la droite peut avoir besoin de ministres socialistes, de quelque genre qu'il ou elle soit, si c'est pour mener une politique de droite.


De l'influence des querelles gauloises sur les choix allobroges

On peut comprendre que les media les moins attentifs au contenu des débats politiques s'attachent à les réduire à des concurrences, des querelles ou des affrontements de personnes. On comprendrait moins bien, et on n'admettrait pas du tout, que les militants d'un parti de gauche cèdent à leur tour à ce tropisme. La pipolisation de la politique, c'est la dissolution du choix politique, comme l'illustrent les psychodrames du PS français, passé du combat pour l'égalité des droits au mimétisme des genres dans la guerre pour le pouvoir -ou son apparence. Comme dirait Gramsci, dans l'interrègne entre ce qui est mort (le PS créé par Mitterrand à Epinay) et ce qui peine à voir le jour (une nouvelle force de gauche), tout est possible -même le pire, ou le plus ridicule. On a beau remplacer les éléphants par des éléphantes, on reste chez les pachydermes. Il convient donc de rappeler aux socialistes (d'ailleurs, et d'ici) que la majorité politique qui doit nous importer le plus n'est ni parlementaire, ni gouvernementale, mais populaire, particulièrement dans un système de démocratie " semi-directe " (mais aussi dans toute autre forme de démocratie). Et qu'il ne sert à rien (ou à pas grand chose) d'être majoritaire au gouvernement si on ne l'est pas au parlement, et à pas grand chose (ou à rien) d'être majoritaire au parlement si on ne l'est pas dans l' " opinion publique ". Or nous ne le sommes pas. Ou plus. Il nous faut donc le devenir (ou le redevenir). Grâce à nos camarades français, on sait déjà comment se priver de toute possibilité d'y arriver. Les querelles de Gaulois peuvent éduquer les Helvètes. Et les Allobroges.

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