A propos de la " libre circulation "

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A propos de la " libre circulation "

On votera donc l'année prochaine, une fois de plus, et avec grosso modo la même configuration politique que la fois précédente, sur la " libre circulation " et son extension. La même configuration politique, c'est-à-dire la droite radicale et libérale, le centre-démocrate chrétien, la gauche socialiste, alternative et verte, les organisations patronales et les syndicats pour le " oui ", contre l'UDC, les petites organisations d'extrême-droite, l'ASIN et quelques groupes d'extrême-gauche, appelant à voter " non ". Les arguments n'ont changé dans aucun des deux camps, et dans aucune de leurs composantes (quoique l'UDC se soit livré à un exercice assez périlleux de retournement de veste, changeant trois fois de position en quelques mois, pour finalement retrouver sa position initiale, celle du refus). Au delà de la question posée par le vote de 2009, c'est bien celle de la réponse à donner à la mondialisation capitaliste : une réponse par la protection nationale, ou une réponse par la lutte internationale.

" Les frontières, on s'en fout ! "

Il n'y a pas de réponse nationale à la mondialisation capitaliste, pas plus qu'il n'y avait de réponse féodale à la révolution industrielle : le repli à l'intérieur des frontières, le retour au cloisonnement national, l'usage purement défensif, quand il n'est pas fétichiste, des instruments de l'Etat-nation, sont non seulement inefficaces, mais également, et au sens propre du terme, réactionnaires. A la globalisation et à la mondialisation capitalistes, nous n'avons pas à opposer l'enfermement national, pas plus que les socialistes du XIXème siècle n'opposaient à la révolution industrielle le retour aux institutions féodales, mais l'internationalisme, la solidarité internationale, l'élargissement du processus de décision à l'ensemble des nations, et la généralisation à l'ensemble des personnes et des peuples des droits fondamentaux conquis (fût-ce partiellement et précairement) dans notre partie du monde -droits qu'il convient en outre de renforcer et d'élargir ici-même. C'est en tant qu'elle est négatrice de ces droits que nous combattons la globalisation capitaliste, et c'est pour élargir ces droits que nous y opposons notre propre internationalisme. Mais si le mouvement socialiste est fondé sur l'internationalisme, et sur l'exigence de la solidarité internationale, son pluralisme a permis l'expression en son sein ou à ses marges de conceptions fort éloignées de ces exigences. Ces conceptions défensives, nationalistes, isolationnistes, conservatrices, perdurent. La mondialisation capitaliste leur a même redonné, en même temps qu'un vernis de " résistance ", des forces et une audience nouvelles -sans leur donner plus de pertinence qu'elles n'en eurent jamais. Nous avons à nous en défaire, et à les combattre.

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Commentaires

  • Nous avons, bienentendu peur, des partis national-socialistes, ou national fascistes, partis au départ de gauche, arrivant au pouvoir et devenant des dictatures, de facto.

    Roumanie

    La Suisse doit avoir peur de la Roumanie, elle doit s'inquiéter.
    Voila un pays qui copie l'Eldorado américain, pays de toutes les opportunités, accueillant toutes les nationalités de la Terre.
    Mais aussi un bassin d'émigration, pour des gens avides de découvertes.
    La Roumanie ne manque pas d'emplois, bien au contraire, les employeurs manquent de personnel.
    Manque à un tel point, que des ouvriers turcs du bâtiment, illégalement arrivés dans le pays, sont expulsés manu militari, alors que les entreprises pleurent de ne pouvoir finir leur chantiers à temps.
    Il faut craindre la Roumanie, parce que ses ressortissants partent pour des meilleurs salaires, pour le goût de la découverte, peu importe le salaire.
    Ils ne partent pas à cause de guerres, ni par manque d'emplois, mais bien à cause de la rémunération de leurs emplois.

    UE

    L'opinion publique roumaine, contraire à celle du gouvernement roumain, est celle de la sortie de cette union, au destin certain, celui de l'implosion, tout comme celui de l'URSS.
    La population est mécontente de devoir payer et contribuer au budget UE, sans aucune contrepartie, les fonds se font attendre.

  • "Il n'y a pas de réponse nationale à la mondialisation capitaliste",etc.,blablablaaa o.k!
    D'accord... Mais... (ah, ce "mais", qui vous mets illico là où on ne veut pas aller!) Elle est OU la solidarité, nationale ou internationale? ... Comment elle agit, la solidarité internationale? c'est un voeu pieu comme disait un vampire bien connu! En tout cas, je ne la vois pas...
    Je vois des "pays émergeants" qui veulent une plus grosse part du gateau CAPITALISTE! (et au nom de quoi les capitalistes pourraient-ils le leur reprocher?)
    N'étant pas de ces derniers, permettez-moi de le leur reprocher, cet alignement! Le tiers-mondisme est un leurre! S'il existe effectivement partout des individus (en gras) prêts à vivre différement, le nouveau modèle fantasmé "du bon sauvage" (de l'est de l'ouest du sud du nord, pourvu qu'il soit "l'autre") vu cette fois de la "gauche socialiste", ne paraît être qu'une illusion, et la "solidarité" ne pas être forcément induite de par leur origine ou dans leurs gênes!
    Il est certain que les "immigrés" viennent pour être solidaires avec nous, autant qu'un cadre de multinationale en Afrique s'y trouve pour aider au développement et à la "création de solidarité".
    Il viennent probablement nous aider à nous libérer de toutes possesions et de l'aliénation induite...
    Il va en falloir des bagnoles, il va en falloir des appart's, mais je suis sûr que vous mêmes êtes capable de vivre avec dix personnes A DEMEURE dans votre studio... (ou duplex, ou villa)
    Et puis, au vu de la "solidarité" telle qu'elle se vit au quotidien, dans nos frontières ou celles des autres, comment vivrez-vous l'affrontement (pas forcément de classes, si vous avez les yeux ouverts)induit de par vos idéaux certes généreux, mais peu réflechis au-delà du slogan de paroisse... Comment le vivez- vous déjà...

  • Eh bien, pour une fois, cher Pascal, nous voilà entièrement d'accord: "Il n'y a pas de réponse nationale à la mondialisation financière". J'irai même plus loin: toute tentative de réponse nationale à la mondialisation ne fait qu'accentuer les déséquilibres et les inégalités au profit des plus riches qui, eux, se rient des frontières.
    Après sur le détail des mesures à prendre, ou plus exactement sur la position du curseur entre libéralisme encadré et socialisme (dans une économie de marchés, tout de même ? - question perso ), nous divergeons sans doute à nouveau et cela m'apparait très sain. Mais l'essentiel est d'abord de mettre en place les structures, démocratiques, qui permettront qu'il y ait un curseur à déplacer, démocratiquement. Pour l'heure c'est uniquement la loi de la jungle, sans contrôle d'aucun des 3 pouvoirs.
    Baronrouge, la solidarité nationale existe, discutable, apparemment insuffisante à vos yeux, mal conçue sur un mode d'assistanat débilitant aux miens, mais elle existe. Tout au moins dans des sociétés occidentales, européennes en particulier. Pour s'en convaincre il suffit précisément d'aller voir dans les pays où elle n'existe pas.
    La solidarité internationale, en revanche, est pour le moins balbutiante. En regard des budgets considérables que nous dépensons pour nos solidarités nationales, elle tend vers zéro. Or les habitants de ce que l'on appelait jadis le tiers-monde sont des êtres humains, comme vous et moi. Ils ont droit à une vie descente. Tout comme "nos" pauvres ou les plus faibles d'entre nous, que nous aidons et soutenons.
    La solidarité internationale, ce n'est pas ouvrir les frontières sans contrôle et laisser venir à nous tous les émigrés. C'est créer, sur place là-bas, les conditions cadres qui font qu'ils n'auront plus de raison de venir ici, car ils seront aussi bien là-bas.
    Cela signifie une augmentation de leur niveau de vie (donc de la pollution) et une réduction du notre, puisque nous partageons et parce que la pollution (ou les ressources disponibles) installent des limites. Limites qui nous imposent des changement de mode de vie pour réduire notre empreinte écologique ET un accroissement de la recherche, fondamentale et appliquée, pour trouver le moyen de faire bouger ces limites.
    Clairement, la civilisation de la croissance infinie et gaspilleuse à la mode étasunienne a plus que du plomb dans l'aile. Même si elle parvient à survivre à cette crise qui ne fait que commencer, elle ne survivra pas à la suivante. Il nous faut changer de lunettes, et de valeurs. Des tas de gens dans nos pays viennent de perdre des tas d'argent. Ils ne sont pas morts pour autant.
    La vie continue, c'est là l'essentiel du message. Cela peut, cela doit être l'occasion, pour tous ces gens dont un certain nombre de leaders "naturels" (par leur dynamisme, leur intelligence, les études qu'ils ont faites, leurs dents de requins etc...) de passer à autre chose, une vision de la vie qui soit axée sur autre chose que le fric roi. Ce qui n'implique pas forcément de supprimer l'argent et la liberté de commerce, qui restent des outils fantastiques, mais de les canaliser et de les utiliser à meilleur escient, ce qui est tout à fait possible.
    Là où nous divergeons peut-être encore, c'est que je crois préférable d'opérer ces changements avec tout le monde, y compris ces élites économiques (et intellectuelles, quoi qu'on en dise), plutôt que de pendre nos nouveaux aristos à la lanterne.
    Meilleurs messages

  • "C'est créer, sur place là-bas, les conditions cadres qui font qu'ils n'auront plus de raison de venir ici..."

    Comme ils ne bénéficieront jamais du niveau de vie de cette société de consommation qu'ils voient à la télé, plus on les aidera, plus il y en a qui auront les moyens de tenter le voyage.

    Croire qu'on s'en débarrassera en... croyant les aider à s'en sortir, est de ces inepties d'utopiste qui pourrissent complètement le débat politique, quand ce n'est pas la politique elle-même !

  • Scipion, je ne m'attarderai pas sur le racisme à peine larvé qui sous-tend généralement vos propos. Nous sommes actuellement vis-vis des pays pauvres dans la même situation que la bourgeoisie européenne à la fin du XIXème vis à vis de la classe ouvrière. Si l'on veut éviter d'avoir des grèves, des émeutes, des problèmes incessants, il faut passer de la charité des dames patronnesses à la mise en place d'un vrai système social, de construction d'infrastructures aussi dans les quartiers pauvres etc...
    Idem pour l'Afrique et le reste. Les 0,4 ou 0,7% du PIB à l'aide au développement doivent passer à 10% au moins. Notre niveau de vie (celui qu'on voit à la télé baissera un peu (de 10 %...), le leur augmentera de 800% et cela peut nettement suffire à les retenir chez eux. S'il y a du boulot, une sécurité sociale, un espoir... les gens ne quittent pas leur région si facilement.

  • "Scipion, je ne m'attarderai pas sur le racisme à peine larvé..."

    Il n'y a pas de racisme ! Il n'y a que de la lucidité et du réalisme.

    Prenez six pays : l'Allemagne, l'Italie et le Japon en 1945, la Corée du Sud en 1953 d'une part, le Kenya, la Côte d'Ivoire, le Togo et le Ghana en 1960, considérez la situation dans laquelle ils se trouvaient alors, reconstituez leurs évolutions respectives jusqu'en 2008, et racontez-moi ce que vous voyez.

    En 1985, pour ne parler que d'elle, l'Allemagne ruinée, sinistrée, saignée, était devenue la première puissance économique européenne. C'était quarante ans après l'indépendance... Ah non, l'indépendance, c'était ailleurs.

    C'était dans des pays où les infrastructures étaient bien développées, bien entretenues, et où il ne fallait donc pas commencer par tout rebâtir... Je vous laisse le soin de préciser où, après ce départ éminemment favorable, ils en étaient arrivés en l'an 2000.

    Le racisme à peine larvé... Pfffffffff...

  • Le Kenya, le Togo, la Côte d'Ivoire et le Ghana en 1960, "des pays où les infrastructures étaient bien développées, bien entretenues" ? ça doit être une plaisanterie...

  • Pour Philippe Souaille, et qui à envie de lire. Tout dépend évidemment de ce qu’on entend par solidarité, ce mot comme beaucoup d’autres a été cuit à toute sorte de sauce… Lorsque j’écris son absence tant nationale qu’internationale, je pense cette solidarité au sens large, éthique et réalisée, et non comme « l’assistanat » (débilitant ou non) qui semble faire preuve de sa réalité à vos yeux.
    Il ne me semble pas qu’elle puisse servir d’alibi à l’exploitation ni de garantie pour la pérennisation de la richesse des propriétaires (des moyens de production, ainsi que du moindre mètre carré de terre, même immergée).
    La solidarité n’est pas l’aumône ou le filet social, elle est le garant de la liberté des êtres, représentée par la confiance que ceux-ci peuvent porter aux autres individus composant toute société.
    Elle ne se mesure pas à l’aune de la seule monnaie.
    Ceci étant posé, on peut sans peine trouver des modèles de cette solidarité dans l’histoire : des sociétés anhistoriques, de l’Afrique* à l’Amérique du sud, et certainement au cours de son histoire, sur le continent européen…
    Mais le sujet commenté est autre. Il s’agit des frontières, de leur ouverture ou de leur abolition. Ceci peut être un but, intégré à une vision globale (éh, oui) d’un monde effectivement globalisé ou chacun vit ou il a Envie de vivre et non poussé par une obligation qui tient justement des divers modes locaux d’exploitations, et d’aboutissement des luttes sociales.
    Mais nous ne vivons hélas pas dans cette société là. Et je trouve fallacieux l’argument qui tend à considérer tout « immigrant » comme fatalement révolutionnaire. Il est d’ailleurs étonnant de voir, alors que la « société de consommation » et d’exploitation était sévèrement critiquée et remise en cause en occident (mais pas seulement), le pouvoir changer soudainement de discours et d’actes par rapport à l’immigration, par rapport à la « nation » pour laquelle elle envoyait au massacre sur les frontières des milliers de ces citoyens. Évolution humaniste ? Permettez-moi d’en douter !
    Et de douter aussi, vu l’état chaotique actuel, qu’il soit le moment de permettre à ce même pouvoir l’organisation de massacres interethniques ou religieux à l’intérieur des ex-frontières des nations de par leur « abolition virtuelle» même. Nous avons vu dans les années 90 un pays servir de laboratoire à un tel conflit, puis ceux-ci se multiplier à travers le monde, pendant que s’affaiblissait l’idée d’un changement collectif de masse, et se créer ainsi la faiblesse de l’unité d’un mouvement subversif transnational ou international.
    Il faut parfois pour atteindre son but, savoir différer une partie de l’idéal, surtout si cette partie donne l’impression d’être manipulés par l’adversaire.
    Cela écrit, c’est aussi une évidence pour moi, ce que vous écrivez sur « la création sur place… »…
    J’irais même plus loin, je suis pour la rétrocession sans contre-partie aux divers PEUPLES concernés.
    Et l’augmentation de leur niveau de vie ne ferait pas fatalement baisser le nôtre, si par ex. , lors de la production d’objets « utiles » n’était point intégré l’ « usure calculée » entre autres…

    Pon ! exguzez-moi, mais che fatigue, là… Le pruit de mon DR1 ? aber une ternière choze… « ce que l'on appelait jadis le tiers-monde » à evvectifement été remblazé dans la novlangue par « pays émergeant » aber che ne fois ba la divvérence opchective, zinon une akrafazion zoziale, unt che parle des « tiers-mondiste » en tant que mouvement politik. Che ne sais ba si « sont des êtres humains, comme vous et moi » m’était sbécialement testiné, aber, che ne foi pas ou tans mon textde, ch’aurai dépouillé guigonque de zon humanité.
    Zalutations

    *voir le livre de Fodé Diawara « le manifeste de l’homme primitif »

  • "envoyait au massacre sur les frontières des milliers de ces citoyens"... erreur, che sui vatiquer, pardon, il s'agit aux siècle derniers de Millions, de millions de millions
    "-On dit des milliards!"

  • "Le Kenya, le Togo, la Côte d'Ivoire et le Ghana en 1960, "des pays où les infrastructures étaient bien développées, bien entretenues" ? "

    Absolument. Dans les villes principales : écoles, hôpitaux, routes, voies ferrées, équipements portuaires, distribution de l'électricité, réseaux d'égoûts, centraux téléphoniques, etc., etc.

    Toutes choses qui coûtait déjà fort cher aux puissances impériales, puisque dès qu'elles se furent débarrasser du boulet colonial, commença la période des trente glorieuses. Et aussi, hélas, les migrations vers les pays des colonialistes "honnis".

  • C'est bien ce que je pensais : c'était une plaisanterie. "Dans les villes principales : écoles, hôpitaux, routes, voies ferrées, équipements portuaires, distribution de l'électricité, réseaux d'égoûts, centraux téléphoniques, etc., etc.". Ouais. Pour être plus précis : au centre du centre des villes principales, et dans les administrations coloniales. Et tout autour ? Voyez les taux d'alphabétuisation des populations "*indigènes", le nombre d'enseignants, le nombre d'écoles, de lycées, d'universités (quand il y en avait), le réseau routier...
    Quant à l'émigration de "colonisés", elle n'a pas commencé à l'indépendance, mais en 1918. Pour remplacer la main d'oeuvre massacrée sur les champs de bataille européens.

  • "Pour être plus précis : au centre du centre des villes principales, et dans les administrations coloniales."

    Et alors ? Comme "conditions de départ", c'étaient toujours mieux que d'être pratiquement "rasé au sol" comme l'Allemagne ou la Corée du Sud.

    "Et tout autour ?"

    Une bonne impulsion de départ ayant été donnée, il n'y avait plus qu'à continuer sur la lancée... Enfin, il n'y avait plus... Ca, c'est ce qui aurait dû se passer... Enfin, aurait dû... Aurait pu, plutôt...

    "Quant à l'émigration de "colonisés", elle n'a pas commencé à l'indépendance, mais en 1918. Pour remplacer la main d'oeuvre massacrée sur les champs de bataille européens."

    Numériquement parlant, c'était sans comparaison avec ce qu'on observe depuis les années 70. Il n'y avait pas de "regroupement familial" et l'allogène était alors perçu comme une composante naturelle de la population française.

    C'était à un point tel, jusque dans les années 60, que personne ne remarquait l'accession d'un métis à la fonction de deuxième personnage de l'Etat. Il faudra l'immigration-invasion que j'évoquais pour que la nomination d'un autre métis à la présentation du "20 heures" nourrissent des commentaires pendant quinze jours...

    C'est une évolution d'autant plus intéressante à observer qu'à l'époque du président Monnerville, les gens parlaient sans complexes de nègres, de moricauds, de macaques. Le zouave Banania était hilare sur tous les panneaux d'affichage de France et de Navarre...

    Il y avait condescendance, paternalisme, sentiment de supériorité, mais ni rejet, ni mépris. De nos jours, l'expression du mépris est réprimé par des lois et le rejet est de tous les instants. Naturellement, le personnel politique, ensuqué aux "valeurs de la République", n'en tire pas les conséquences. Il pose les jalons d'affrontements interethniques violents et personne, sauf quelques francs-tireurs n'actionne le signal d'alarme. Mais cela, c'est une autre histoire...

    D'autres fines objections ? Faites quand même attention de ne pas vous enfoncer davantage.

  • Désolé Redbaron, mais vous êtes un peu obscur en plusieurs points de votre discours. Et pour faire court, laisser tomber l'internationalisme prolétarien au profit de la construction du socialisme dans les seuls pays riches (si je vous ai bien compris) me parait aussi irréaliste qu'égoïste. Sans compter quelques relents de stalinisme, qui en tant qu'ancien trotskyste, me hérissent le poil.
    C'est déconnecté de toute réalité, comme votre discours sur les migrations. Ce qui fait que les gens ont envie de vivre dans tel ou tel pays, pour l'immense majorité d'entre eux, c'est d'abord le fait qu'ils y ait des attaches familiales, amicales, culturelles, bref qu'ils s'y sentent chez eux. Ce qui fait qu'en général, ils y restent.
    L'émigration ne concerne qu'une infime minorité d'individus particulièrement aventureux, en temps normal. C'est à dire lorsque la misère et l'insécurité économique ne deviennent pas hurlantes.
    Scipion, pour oser parler de réalisme, il faut partir de données réelles. S'il est vrai que les infrastructures existantes à l'Indépendance ont souvent périclité ensuite, les comparer à ce qui existait en Allemagne en 45, est tout simplement odieux.
    Certes les usines et les gares étaient détruites et passablement de maisons en dur, mais ils avaient des usines, des gares et des maisons en dur... Et des routes et des écoles, et des taux d'alphabétisation, et un plan Marshall. Au Togo, pays que je connais particulièrement bien, il y avait une route, 3 rues goudronnées, un port, quelques centaines de maison. Aucun immeuble, pas d'université, quelques centaines de personnes ayant fait de vraies études et 90% d'analphabètes, plus au lieu du plan Marshall, un plan économique qui s'appelait néo-colonialisme et qui consistait à détourner le gros des richesses du pays (essentiellement des phosphates dans le cas du Togo) au profit de la France, sans plus avoir à payer pour l'entretien des infrastructures. Juste à faire un peu l'aumône au titre de la "coopération", dont le ministre des années 80, Jacques Pelletier (grand bonhomme) déplorait publiquement qu'elle rapporte bien davantage à la France (en données économiques brutes) qu'elle ne lui coûte.

  • @ Ph. Souaille… un peu obscur ? o.k, j’allume ! Je crois effectivement que vous me comprenez mal. Autant dans mon premier commentaire je n’ai dépouillé quiconque de son humanité, autant dans le second je n’ai fait aucune allusion à « l’internationalisme prolétarien » ni sous-entendu « qu’il fallait le laisser tomber » au profit de sa « constuction » « dans les seuls pays riches »… J’aurais de la peine à l’écrire, vu que je ne pense pas « construire le socialisme » dans aucun lieu, mais souhaite plutôt l’anarchisme libertaire partout !
    Quant au « relents de stalinisme » « qui en tant qu’ancien trotskyste vous hérisse le poil », ceci ne m’étonne guère que vous en renifliez entre les lignes, vu que Trotzsky lui-même oeuvra à la mise en place de Staline! Inutile de suffoquer! La preuve historique par Kronstadt, Mahkno, etc.
    Quant à ce même Trotsky, il est dommage qu’il n’ait pas rencontré le docteur Freud : Fils de « Koulak »*, il appliqua ensuite ce terme à tous les insurgés contre le bolchévisme (particulièrement les anarchistes « Makhnovistes » 1918-1921) pour justifier leurs exécutions (chose qu’il ne pratiqua évidemment jamais de sa propre main), et même s’il est votre ex « maître à penser », sa technique de « projection » semble encore guider votre raisonnement.
    Je ne vais pas ergoter plus longtemps, vu que selon vous je dois être déconnecté DE TOUTE réalité. Vous avez raison ! Il est effectivement impossible actuellement de savoir de quoi on parle, les mots ayant perdu toute signification. La mauvaise foi s’y ajoutant, on peut tordre n’importe quel discours, et même les actes!
    Je vous laisse donc à votre « libre circulation » des hommes transformés en marchandise.
    Ach, teufel, la Grande Tornade en Formation s’aggrandit… unt che me tis que si l’intelligence était « te gauche », il y a longtemps ke cette Coach aurait kagné !

  • *= "Ma vie" tome 1 Leon Trotsky

  • "Aucun immeuble, pas d'université, quelques centaines de personnes ayant fait de vraies études et 90% d'analphabètes, plus au lieu du plan Marshall..."

    Le Togo est un très mauvais exemple. En 1918, c'était encore une colonie allemande, donc germanophone, que la France a hérité sans grande conviction. La situation de "vraies" colonies françaises, comme le Sénégal ou la Côte d'Ivoire était beaucoup plus favorable, et c'est grâce à cela que ces deux pays s'en sortent un peu mieux que le Togo. Mais juste un peu...

    Par ailleurs, ceux qui ont décidé le plan Marshall pour l'Europe savaient où ils mettaient leurs billes. Je vous rappelle ce que des ministres européens ont répondu à Cristoph Blocher qui évoquait l'adoption d'un "plan Marshall", justement, pour l'Afrique :

    « J'ai abordé cette question avec des ministres européens et proposé un Plan Marshall pour l'Afrique, tel que celui adopté pour l'Allemagne après la guerre. On m'a tout de suite répondu que pour cela, il faudrait une population qui a envie d'avancer économiquement, or ce n'est pas le cas en Afrique. »
    (Le Matin-Dimanche, 15 octobre 2006).

    P.S. - Il est toujours intéressant de savoir ce que pensent "nos" Excellences et qu'ils disent, quand les "micros sont éteints"...

  • Christoph Blocher est sans appel.
    Il n'hésite pas non plus à s'immiscer dans les dossiers du Département des affaires étrangères de Micheline Calmy-Rey :

    «Rien que pour l'Afrique, nous payons aujourd'hui 400 millions de francs.Je ne veux pas parler de son utilité.En tant qu'homme d'entreprise, je n'en vois aucune.»

    Blocher fait ensuite part de son expérience :

    «J'ai quelques expériences personnelles, étant donné que j'ai construit deux usines en Afrique il y a 20 ans. Après 2 ans, on ne pouvait même plus pénétrer à l'intérieur.Il n'y a là-bas pas de culture correspondante, même chez les Africains qui ont été formés en Suisse.»

    Christoph Blocher avoue son désarroi («Ce qu'on doit faire avec l'Afrique, je n'en sais rien»).
    Mais il concède tout de suite après avoir sa petite idée («Une possibilité serait de la laisser à son propre sort»).

    En tout cas, le système actuel ne plaît pas au ministre UDC :

    «Se borner à donner de l'aide au développement ou à leur acheter (aux Africains) leurs produits à des prix élevés, ce ne sont pas recettes!»

    Lorsqu'il aborde les discussions menées avec ses homologues européens, le conseiller fédéral ne craint pas de véhiculer les stéréotypes :

    «J'ai abordé cette question avec des ministres européens et proposé un Plan Marshall pour l'Afrique, tel que celui adopté pour l'Allemagne après la guerre.On m'a tout de suite répondu que pour cela, il faudrait une population qui a envie d'avancer économiquement, or ce n'est pas le cas en Afrique.»

  • Le problème actuel, c'est qu'après avoir rendu la Chine forte, l'usine du monde, le Vietnam prends le relais, même des entrepreneurs chinois y vont.
    Le salaire moyen tourne autour de 50-55-60 euros par mois.

    Je me demande à quand le tour de l'Afrique ?

  • Le tour de l'Afrique viendra quand on devra commencer à payer les Chinois correctement...

  • Scipion, le Togo est un exemple que vous aviez choisi vous-même, faudrait savoir.
    Par ailleurs en 1918, le Togo était français depuis 2 ans. C'est en 1916 que Français et Britanniques se sont partagés le Togoland qu'ils avaient conquis militairement. Cela étant, le passé allemand de ce pays est plutôt en sa faveur, car les infrastructures laissées étaient de qualité, même s'il y en avait peu. Mais surtout, ni plus ni moins qu'ailleurs.
    D''ailleurs jusqu'à la crise de 91, le Togo était considéré comme la Suisse de l'Afrique. Ce que j'ai dit du Togo est applicable à n'importe quel pays d'Afrique noire, même le Kenya: la quantité d'infrastructures et le niveau d'instruction de l'ensemble de la population étaient bien inférieures en 1960 à ce qu'ils étaient en Allemagne en 1945 après les bombardements... ou dans les pays de l'Est en 1990.
    Vous pouvez rajouter le climat (le paludisme et diverses joyeusetés qui ne facilitent le travail de personne) et l'inverse d'un plan Marshall et vous pouvez commencer à comprendre. Accessoirement, je ne sais pas ce que les Ministre européens ont raconté à Blocher. Ministres de quoi d'ailleurs ? De la justice et de la Police, je présume ? Et quels ministres, combien ? Cela frise la grosse blague raciste de corps de garde... Et je doute fort que cette réponse ait été faite en plénière officielle. Donc en aparthé, autour d'un verre, dans les salons de la conférence. Instructif effectivement, qui se ressemble s'assemble.
    Je sais moi ce qu'un Ministre français, Jacques Pelletier, un radical qui fut ministre (sous Mitterrand comme sous Chirac), de la Coopération, de la Francophonie et des Universités, me disait en privé de l'Afrique: un continent exsangue que nous continuons de piller effrontément.
    Les 400 millions dont parlent Blocher servent aussi à payer des cadres et des services suisses sur place. Blocher qui se contredit magistralement. Pourquoi aurait-il parlé sincèrement d'un plan Marshall aux européens, si depuis des années il préconise en Suisse de laisser tomber l'aide ???
    Pour ce qui est de la Chine et du Vietnam... (et de l'Inde, Victor, car de plus en plus d'entrepreneurs occidentaux renoncent à la Chine, pour cause de lois sociales jugées trop coûteuses, au profit de l'Inde...), il existe dans ces pays une tradition industrieuse qui fait effectivement défaut en Afrique.
    Actuellement, l'Asie est en train de recoloniser l'Afrique. De recoloniser vraiment, en investissant massivement dans les infrastructures. C'est peut-être une chance pour ce continent. C'est à tout coup une grande perte pour l'Europe, car il sera plus difficile d'échanger avec des gens qui auront laissé tomber le français ou l'anglais pour le mandarin ou le coréen.
    Les asiatiques sont prêts à investir sur le long terme. Nous ne pensons que profit immédiat...
    Ah et puis Redbaron, Cronstadt, Makhnov, tout ça, ouais... Vous devriez aller faire un tour en Afrique, ça vous ferait comme un puissant "reset" de vos circuits préimprimés.

  • Puisque certains estiment que l'on ne fait rien ou pas assez pour l'afrique, je vais vous donner un magnifique exemple de dévouement. Un portugais a quitté, il y a de nombreuses années, son pays pour s'établir en Angola. Arrivé sans ce pays, il a créé une ville : Negage. Il a construit et fait construire un dispensaire, une école, les infrastructures routières, l'aéroport, installé l'électricité, etc. Il a vécu pendant de nombreuses années dans cette ville puis, lors de la récolution communiste, il a été prévenu pas des amis angolais qu'il allait être liquidé ainsi que sa famille. Il a fuit en avion de tourisme et, en survolant sa maison, il a vu qu'elle était déjà en flamme ! Après ça, on vient nous dire, la gueule enfarinée, que l'on ne fait rien pour aider les africains ! Cette histoire m'a été expliquée par la fille de cet homme car elle vit à Genève. Au fait, depuis le départ des portugais, cette ville est en ruines, bien entendu !

  • "Je me demande à quand le tour de l'Afrique ?"

    Jamais ! S'il avait dû venir, ce serait chose faite depuis longtemps. Les investisseurs ne croient manifestement pas, eux, à l'égalité des races humaines... Ils peuvent, ce n'est pas pénalement répréhensible.

    En attendant, en Zambie, ce sont les Chinois qui poussent la brouette (voir ci-dessous). Ca non plus, ce n'est pas pénalement répréhensible.

    "Le tour de l'Afrique viendra quand on devra commencer à payer les Chinois correctement..."

    Comme disent les Italiens, "La speranza è l’ultima a morire" :o)

  • "D''ailleurs jusqu'à la crise de 91, le Togo était considéré comme la Suisse de l'Afrique. Ce que j'ai dit du Togo est applicable à n'importe quel pays d'Afrique noire, même le Kenya: la quantité d'infrastructures et le niveau d'instruction de l'ensemble de la population étaient bien inférieures en 1960 à ce qu'ils étaient en Allemagne en 1945 après les bombardements... ou dans les pays de l'Est en 1990. »

    Ce que je retiens de votre longue réponse, c'est qu'en 1991, un pays pouvait être considéré comme la "Suisse de l'Afrique" avec des infrastructures et un niveau d'instruction inférieurs à ceux de l'Allemagne en 1945.

    « Cela frise la grosse blague raciste de corps de garde… »

    Et quand Mitterrand dit, à propos des massacres du Rwanda : « Un génocide dans ces pays-là, ce n’est pas trop important », on reste dans le registre « grosse blague raciste de corps de garde », ou on passe dans une catégorie différente, voire supérieure ?

    « Pourquoi aurait-il parlé sincèrement d'un plan Marshall aux européens, si depuis des années il préconise en Suisse de laisser tomber l'aide ??? »

    Vous êtes très décevant quelquefois. Il a parlé sincèrement pour la bonne raison qu'il n'y a aucun rapport entre l'inutile saupoudrage helvétique et un plan mondial, ou continental, d'assistance... à des pays qui ne disposent pas des ressources humaines de sa mise en oeuvre.

    Les philanthropes du Milieu, eux, ont très rapidement pris la mesure de la main d'oeuvre locale, puisqu'ils amènent les projets, les fonds et… les ouvriers. Au mois de février de cette année, le Ministre zambien du Commerce, des Echanges et de l’Industrie, Felix MUTATI, se plaignait publiquement : « Il y a des travailleurs chinois qui poussent la brouette. »

    « Actuellement, l'Asie est en train de recoloniser l'Afrique. De recoloniser vraiment, en investissant massivement dans les infrastructures. C'est peut-être une chance pour ce continent. »

    Sûrement. D’ailleurs les Chinois cartonnent littéralement partout là où ils sont. En Zambie toujours, ils se sont même déjà vu gratifier d’un dicton pour eux tout seuls : « « Nous avons déjà eu des gens mauvais avant, le Blanc était mauvais, les Indiens furent pires, mais les Chinois sont les plus méchants de tous. »

    « Vous devriez aller faire un tour en Afrique, »

    Si Redbaron voit ce que j’y ai vu et qu’il en tire les conclusions que j’en ai tirées, vous regretterez votre conseil.

  • Les chinois construisent des autoroutes et des bâtiments en Algérie, aussi.

    Allez comprendre.

  • "Allez comprendre."

    Mon expérience du bâtiment - parce que j'ai ça aussi, en magasin - m'indique qu'ils ont des plannings extrêmement précis et qu'ils se mettent en situation de les tenir, avec des ouvriers fiables, les leurs !

  • @ Ph. Souaille...Trotzsky lui-même oeuvra à la mise en place de Staline! La preuve, ex-troskinette: "Ah et puis Redbaron, Cronstadt, Makhnov, tout ça, ouais... Vous devriez aller faire un tour en Afrique, ça vous ferait comme un puissant "reset" de vos circuits préimprimés"... JE VOUS FAIT DONC RISETTE, vous dis que je n'ai pas assez de tune pour l'essence... Et vous laisse, vous et les autres formatés idéologiques adeptes de Léon (me cassaient les pieds déjà dans les années '70! On sait ce qu'en sont devenus les chefs: les nouveaux directeurs des nouvelles entreprises du néo-libéralisme et les instillateurs discursifs de celui-là... les autres, la piétaille, sont soit suicidés, soit junkies, soit alcooliques), ajoute qu'avec de tels ennemeis, le capitalisme n'a plus besoins d'amis!
    Et puisque vous semblez aimer l'invective, je pense que si ce n'est déjà fait vous finirez dans la première catégorie! Celle des chefs, làààààààààààà!
    By-ye! Keine nachste!fou pouffez fous époumonner, acheter une D.C.A lors de vos brochaines vacances humanitaires en Afrique, vous n'arriverez bas mêm au résultat te... te... Snoopy!

  • Ben oui, troskinette au lieu de Trotskinette, ennemeis au lieu d'ennemis, le fots d'frapp n'empêche ba t'atteintre l'obchectif, un prêté poiur un rendu, "Makhnov" tsk, tsk...
    Gniaaaooon... touchours la GTF...

  • Octave Vairgebel, la colonisation portugaise a été la plus dure et la plus violente de toutes les colonisations européennes en Afrique. Travail forcé et fouet étaient systématiques. Comment le père de votre amie a-t-il construit ses infrastructures, si ce n'est probablement avec le sang et la sueur des populations qu'il dépossèdait de leurs terres ancestrales? Les conditions de son départ n'ont rien d'étonnantes.
    Scipion, nous étions en train de comparer le Togo de 1960 avec l'Allemagne de 45. En 1991, en 30 ans, le Togo d'Eyadema avait construit quelques immeubles, une université, développé ses routes et des structures bancaires... Le tout avec les miettes qui lui revenait après la mise en coupe règlée du pays par les étrangers, français, suisses, italiens, pakistanais.
    En 1991, il y avait environ 5000 étrangers à Lomé, ville d'alors 300 000 habitants. Qui prélevaient en moyenne 5000 Francs suisses chacun chaque mois sur l'économie du pays ou l'aide au développement, en sus de ce qu'ils dépensaient sur place pour leur train de vie hyper agréable d'expatriés. Soit 25 millions par mois rapatriés dans leurs pays respectifs.
    Le Président et tous ses ministres (accusés de tous les maux par ces mêmes expats, notamment les coopérants) en volaient à peine le centième chaque mois. Et les cadres locaux touchaient royalement 300 Francs suisses par mois. Lorsque j'ai voulu doubler le salaire de ceux que j'avais engagé, je me suis fait tancer par les diplomates européens, qui trouvaient que je déréglais le marché du travail.
    Il y avait à l'époque 2 médecins français à Lomé, au service du consulat. Et 95 médecins togolais, diplômés de facs de médecine françaises, en région parisienne, dénonçait Le Pen. S'ils rentraient au pays, ils étaient payés en poulets vivants et en remerciements. En leur partageant le salaire des deux français, on aurait pu en faire revenir 25. Mais c'était contraire aux usages.
    N'importe quel petit diplômé blanc, en Afrique, sera nommé à un poste supérieur à un africain ayant un diplôme égal ou même supérieur au sien, de la même université européenne. Non seulement le blanc sera le chef, mais son salaire sera dix fois celui de l'africain. Notamment parce que les investisseurs sont blancs et qu'ils ont la tête farcie de ces préjugés racistes que vous colportez abondamment. Comme Mitterrand et ses fils d'ailleurs. Mauvaise pioche.
    Mon assistant de production sur le film Ashakara, Innocent Apetoh, diplômé de l'Institut National de l'Audiovisuel à Paris et caméraman de la Télé togolaise, résumait cela très simplement: "Si je suis payé 100 francs par mois, je travaille pour 100 francs". Et si on le payait correctement, il bossait admirablement.
    Peut-être bien que si Blocher, dans ses deux usines africaines, avaient payé les gens décemment, et pas au lance-pierres, ils auraient eu à coeur d'entretenir un outil de travail qui pour eux n'était qu'un outil d'exploitation honni. Je lisais récemment un livre sur le STO, en Allemagne pendant la guerre et l'effarant taux de sabotage et le délabrement qui règnait dans les usines employant des étrangers. C'est le même principe.
    Quand au cas des Chinois, outre c'est vrai, des différences culturelles, il y a surtout une différence économique abyssale. Au Vietnam et en Chine, les salaires sont très bas, mais les prix aussi. Tous les prix, car tout est produit par le marché intérieur.
    Je me souviens d'un film sur une vice-ministre vietnamienne de la justice qui gagnait... 200 Francs suisses par mois, ce qui est vraiment beaucoup à Hanoï. Sauf que tous les midis j'invitais toute l'équipe à déjeuner dans les meilleurs restaurants du pays et comme nous avions droit aux prix vietnamiens, cela ne me coûtait que 20 francs... pour un vrai banquet de 20 convives!
    Sa moto chinoise, ses habits, son loyer, tout était à l'avenant. Tandis qu'en Afrique, la grande majorité des biens consommés est importé au prix fort et taxé. Donc le coût de la vie est énorme, avec des salaires de misère.
    Les chinois qui travaillent en Afrique ont des contrats chinois à durée déterminée. Ils sont entièrement pris en charge sur place et font vivre leur famille au pays.... Donc ils bossent comme en Chine.
    Redbaron, dans votre brouillard, vous avez raison : quelques uns des copains de mon père (qui était déjà trotskyste avant guerre) ont fondé quelques très belles réussites capitalistes à visage humain: rien qu'en France, la FNAC (Eyssel), Canal + (Rousselet), Le Club Med (Trigano). Rien dont je ne puisse être fier. Je ne suis plus trotskyste et j'ai toujours regretté les massacres d'anarchistes, mais je continue de considérer que c'était une assez bonne grille de compréhension du monde.

  • Aux remarques de Philippe Souaille sur le caractère particulièrement calamiteux du colonialisme portugais, on peut ajouter une chose : ce caractère était en partie déterminé par la pauvreté même du pays colonisateur -qui était le plus pauvre d'Europe, au moment même où il se taillait un empire colonial qu'il n'avait ni les moyens d'administrer, ni ceux d'équiper, en eût-il eu la volonté. Le sous-équipement infrastructrurel des colonies françaises et anglaises était patent (je mets de côté le cas, lui aussi pendable, et même franchement génocidaire dans l'actuelle Namibie), mais du moins le colonialmsie français et anglais s'équipait-il lui-même (c'est-à-dire équipait les centres "blancs" des villes centrales), et si lon fait exception du cas guinéen, ces équipements "centraux" sont restés sur place et ont pu être récupérés par les administrations "indépendantes" qui convenaient aux anciens colonisateurs (en Côte d'Ivoire, au Sénégal, notamment). Dans le cas des colonies portugaises, même les administrations coloniales, et les quartiers "blancs" des colonies portugaises étaient aussi déshérités que les quartiers "noirs" de Dakar ou d'Abidjan...

    Et puis, à propos du trotskysme : sa situation à la fois totalement marginale au sein du mouvement communisme, et culturelle assez élitaire, a eu pour effet de doter d'une formation intellectuelle remarquable des gens qui en ont ensuite fait ce qu'ils ont voulu (quitte à la retourner contre les intentions initiales du marxisme révolutionnaire), mais qui ne les a pas quittés. Ce m^^eme acquis ayant par ailleurs pour conséquence de provoquer une scissiparité quasi compulsive au sein de la "mouvance" trotskyste, dès lors qu'elle était composée de gens qui étaient de taille à ne plus s'en laisser compter...
    Cela n'excusnt nullement, d'ailleurs, les actes de Trotsky lui-même contre Cronstadt ou la Makhnovtschina...

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