L'école de Pépé ou l'école de Papa ?

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Votation cantonale sur le Cycle d'Orientation :
L'école de Pépé ou l'école de Papa ?


On votera le 30 novembre prochain sur le Cycle d'Orientation. On aura le choix entre une initiative réactionnaire et un contre-projet centriste, le Grand Conseil ayant adopté à l'unanimité un contre-projet, proposé par le Conseil d'Etat, aux deux initiatives contradictoires (une de gauche, une de droite) sur le Cycle d'Orientation, les deux initiatives étant donc condamnées soit à se mesurer l'une après l'autre au contre-projet gouvernemental (si celui passe le vote du 30 novembre), soit à se mesurer l'une à l'autre l'année prochaine (si l'initiative réac est acceptée). Et c'est d'ailleurs là que se trouve la principale qualité du contre-projet : être le moyen de se débarrasser d'une initiative (celle de REEL) qui ressemble furieusement à une machine à remonter le temps. Choisir entre l'initiative de REEL et le contre-projet, c'est un peu choisir entre le Cycle d'Orientation d'il y a plus de quarante ans, celui des débuts, et le Cycle d'Orientation d'aujourd'hui, un peu (pas trop) rénové. En soutenant le contre-projet dans dix jours, on évacue le risque d'un retour en arrière. Pour aller de l'avant, on attendra 2009, et le vote sur l'initiative de la Coordination enseignement.

Cycle d'Orientation ou de sélection ?

A ma gauche, une initiative proposant l' " hétérogénéité " de l'école moyenne; à ma droite, une initiative qui en revient à une sélection précoce et rigide, réintroduit les notes de " comportement " et ressuscite une filière ghetto pour les élèves en difficulté. Au centre, un contre-projet gouvernemental qui refuse à la fois l' " hétérogénéité " prônée par la gauche et la sélection exclusive prônée par l'initiative réac. Dire que le choix du 30 novembre nous enthousiasme serait excessif. Mais enfin : ce choix est d'abord un choix tactique : vaut-il mieux que l'initiative de gauche soit opposée en 2009 à celle de REEL ou au contre-projet du Conseil d'Etat et du parlement ? Nous en tenons pour le contre-projet parce qu'à le comparer à l'initiative, il dessine une " école moyenne " acceptable. Sans plus. Mais avec un peu plus de moyens. Le contre-projet " rénove " prudemment le Cycle d'Orientation, sans en changer grand chose. Le changement, c'est l'initiative " de gauche " qui le propose. Coût de la réforme proposée par le Conseil d'Etat et le Grand Conseil : une paille, 32 millions, pour engager 244 professeurs et ouvrir 80 classes supplémentaires. Devoir choisir entre l'école de pépé prônée par REEL et l'école de Papa rénovée par le contre-projet ne nous fait pas bondir d'admiration devant la qualité du choix proposé, mais quand on sera débarrassé des propositions les plus réactionnaires (celles de REEL), on pourra commencer à débattre sérieusement des nôtres. Et commencer à se battre pour qu'elles soient acceptées l'année prochaine. En clair : le contre-projet fait le ménage en balayant une grosse poussière. Au pays de la putze, on peut se résigner, temporairement, à ce retour aux traditions.

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Commentaires

  • L'association REEL étant formée d'enseignants de gauche pour la plupart, il est curieux de les voir être traités de droitiers et de qualifier leur initiative de réactionnaire. Ces qualificatifs sont tout à fait hors sujet. Ils sont certes très confortables intellectuellement mais ne correspondent pas à la réalité. D'ailleurs, c'est sur ce principe de réalité, très étranger à Pascal Holenweg que cette initiative a été lancée.

  • Manifestement Monsieur Holenweg n’y connaît rien ou ne sait pas lire. Son billet est truffé de mensonges. Un parfait exemple de mauvaise foi.
    Sans s’éterniser sur ses élucubrations, il suffit de prendre objectivement connaissance du texte de l’initiative 134 « Pour un cycle qui oriente » pour constater que les propos de ce monsieur sont fallacieux.
    Depuis quand orientation et sélection sont ils synonymes ? Est-ce un crime que d’offrir un large choix de possibilités d’orientation aux adolescents ? Chacun ne pourra-t-il pas, ainsi, trouver la voie qui lui correspond au mieux ? Est-ce sanctionner les élèves que de leur offrir une 7ème année qui peut remettre à niveau ceux d’entre eux qui seraient en difficulté scolaire pour ensuite effectuer leur parcours dans les meilleures conditions possibles ?
    Quant à la parfaite idiotie de prétendre à un retour à une école de "pépé", on est en droit de se demander où était Monsieur Holenweg ces dernières années. Le cycle proposé par l’IN 134 est tout à fait novateur et ne peut pas être comparé avec ce qui se faisait auparavant. Souvenez-vous :les fameuses 3 sections (latine/scientifique, générale et pratique) puis plus récemment les fières A, B, C qui ne changeaient pas grand chose si ce n’est de nom….puis le contre-projet qui encore une fois ne fait que reprendre ces 3 filières en les renommant de manière pompeuse.
    Il n’en est rien avec l’IN 134 qui offre un cycle totalement novateur et différent : au sortir de la 6ème primaire, une année de remise à niveau (si besoin) et ensuite 6 sections variées et modernes. Un large éventail de possibilités qui permet à chacun de trouver sa voie.
    André Duval

  • J'ai suivi de très près (même de trop près pendant longtemps) l'évolution de l'école secondaire depuis l'époque du Collège division inférieure (latin pour tous), du Collège moderne (pas de latin) et de l'Ecole du Grütli (pour les cancres), tout cela pour les garçons, à compléter par l'Ecole supérieure des jeunes-filles division inférieure (latin pour toutes) et l'Ecole ménagère (pas de latin); si je me souviens bien, il n'y avait pas de cancres chez les filles. Ajoutons que les élèves qui se destinaient au études, comme on disait, quittaient l'école primaire à la fin de la 6ème année, alors que les autres y passaient une année de plus. Outre cette évolution du Cycle d'Orientation, J'ai également suivi de très près l'introduction du Collège du Soir de Genève, fondé à l'époque comme le moyen ultime d'accéder aux études universitaires pour ceux qui avaient "raté le coche".
    Ma formation est en (petite) partie scientifique, en (grande) partie littéraire, dans plusieurs facultés et plus d'un pays, et j'en retire la conviction que du point de vue de l'accès aux hautes études, deux choses semblent sinon essentielles, du moins très importantes:
    - Que les élèves se trouvent à l'entrée à l'Université ou autres Institutions supérieures suffisamment armés, soit du point de vue des connaissances scientifiques de base, soit du point de vue des connaissances dites littéraires (plus largement "sciences humaines") pour pouvoir opter pour l'une ou l'autre de ces orientations sans réorientation trop coûteuse en temps et en argent;
    - que les élèves fourvoyés dans un type ou une filière d'enseignement inférieure à leur capacités trouvent toute l'aide pour se réorienter et rattraper des retards éventuels. Remarquons qu'il existe un assez grand nombre d'hommes et de femme éminents qui ont été formés au départ dans des disciplines totalement différentes de leur champ de compétence ultérieur, mais ils restent néanmoins une minorité.

    Ces deux points semblent pouvoir se réaliser assez facilement, si on accepte cette première sélection mentionnée plus haut, et qui était, comme nous allons le voir, fondée moins sur les capacités des élève que sur un simple fait de société. En effet, avant la naissance du Cycle d'Orientation environ 2% d'élèves provenant de milieux ouvriers trouvaient leur chemin jusqu'à l'Université, souvent grâce à un système de bourses de fondations privées, comme l'Avenir. Cette proportion est restée stable assez longtemps, si mes souvenirs des statistiques fournies par Walo Hutmacher sont exactes et je ne sais pas ce qu'il en est maintenant. Il est vrai que nous entrons avec cette remarque dans un domaine différent, où la pédagogie est confrontée violemment avec la sociologie et les divers courants idéologiques qu'elle relaie. Autrefois, une famille qui n'appartenait pas à la bourgeoisie n'envisageait même pas que son enfant puisse faire des études réservées à ceux que l'on appelait souvent les "gros" ou les "riches", traduisons par "notables". Elle ne savait d'ailleurs souvent pas quelles études cela demandait. "La République est au Collège" (avec sa divisions inférieure) disait Monnier et c'était vrai, si on entendait par là les médecins, notaires, avocats, politiciens et autres. Une séparation était donc déjà faite à la fin de l'école primaire
    Aujourd'hui il peut arriver que des familles modestes ne comprennent pas que leurs enfants puissent échouer dans le cursus scolaire et universitaire, car elles ont le sens de l'injustice sociale, mais ne savent pas toujours ce qu'est la capacité et l'effort d'apprendre ni ce qu'est le savoir. Il n'est donc plus possible de réserver le Collège aux futurs notables et d'ailleurs ce terme engloberait aujourd'hui bien des professions ou des activités méprisées autrefois. Toute réforme est donc confrontée à ces changements de mentalités et d'organisation sociale, auxquelles s'ajoutent de manière de plus en plus aiguës celui des débouchés et des finances publiques ou privées.
    Non seulement il est de plus en plus difficile de séparer relativement tôt les élèves qui se destinent aux études longues, ce qui ne devrait se faire dans l'idéal que sur les critères d'aptitudes et (encore plus idéalement) de goût, mais les études sont en train de s'allonger également au niveau de l'Université, avec l'introduction du système anglo-saxon des masters et certainement bientôt des PhD presque obligatoires. Ce phénomène tient en même temps des besoins de la globalisation, qui affecte toutes les activités humaines, et d'une tendance générale à la dévaluation des diplômes et des titres jusque dans les activités professionnelles les plus humbles. Il n'est cependant pas relayé, pour l'instant du moins, par les mesures qui sont censées faciliter les études des moins fortunés, puisque les allocations familiales et autres allocations de formation de l'AVS et de certaines caisses de pension s'éteignent toujours à l'âge de 25 ans. Remarquons, en passant, que tout élève qui suit une école proposant le bac français ou international aura déjà gagné une ou deux années, qui peuvent être lourdes de conséquence pour lui et sa famille.
    Proposer dans ces conditions un système d'orientation-sélection (car parler de l'un sans parler de l'autre n'est que poussière aux yeux, ce qui n'est pas nécessairement un reproche grave en politique) qui soit cohérent, efficace et acceptable de point de vue de toutes les conditions que j'ai énumérées (et elles sont certainement imparfaites, incomplètes, et peut-être même incohérentes et mal pensées) tient évidemment de la gageure, sinon du miracle.
    C'est pourtant ce qu'ont fait ou essayé de faire les initiants des différents projets et je leur envie leur courage et leur énergie, et les remercie en tant que parent. Mais que voter? Comme le veut le vocabulaire rénové des années septante (soixante-dix) "C'est pas évident."

  • J'ai suivi de très près (même de trop près pendant longtemps) l'évolution de l'école secondaire depuis l'époque du Collège division inférieure (latin pour tous), du Collège moderne (pas de latin) et de l'Ecole du Grütli (pour les cancres), tout cela pour les garçons, à compléter par l'Ecole supérieure des jeunes-filles division inférieure (latin pour toutes) et l'Ecole ménagère (pas de latin); si je me souviens bien, il n'y avait pas de cancres chez les filles. Ajoutons que les élèves qui se destinaient au études, comme on disait, quittaient l'école primaire à la fin de la 6ème année, alors que les autres y passaient une année de plus. Outre cette évolution du Cycle d'Orientation, J'ai également suivi de très près l'introduction du Collège du Soir de Genève, fondé à l'époque comme le moyen ultime d'accéder aux études universitaires pour ceux qui avaient "raté le coche".
    Ma formation est en (petite) partie scientifique, en (grande) partie littéraire, dans plusieurs facultés et plus d'un pays, et j'en retire la conviction que du point de vue de l'accès aux hautes études, deux choses semblent sinon essentielles, du moins très importantes:
    - Que les élèves se trouvent à l'entrée à l'Université ou autres Institutions supérieures suffisamment armés, soit du point de vue des connaissances scientifiques de base, soit du point de vue des connaissances dites littéraires (plus largement "sciences humaines") pour pouvoir opter pour l'une ou l'autre de ces orientations sans réorientation trop coûteuse en temps et en argent;
    - que les élèves fourvoyés dans un type ou une filière d'enseignement inférieure à leur capacités trouvent toute l'aide pour se réorienter et rattraper des retards éventuels. Remarquons qu'il existe un assez grand nombre d'hommes et de femme éminents qui ont été formés au départ dans des disciplines totalement différentes de leur champ de compétence ultérieur, mais ils restent néanmoins une minorité.

    Ces deux points semblent pouvoir se réaliser assez facilement, si on accepte cette première sélection mentionnée plus haut, et qui était, comme nous allons le voir, fondée moins sur les capacités des élève que sur un simple fait de société. En effet, avant la naissance du Cycle d'Orientation environ 2% d'élèves provenant de milieux ouvriers trouvaient leur chemin jusqu'à l'Université, souvent grâce à un système de bourses de fondations privées, comme l'Avenir. Cette proportion est restée stable assez longtemps, si mes souvenirs des statistiques fournies par Walo Hutmacher sont exactes et je ne sais pas ce qu'il en est maintenant. Il est vrai que nous entrons avec cette remarque dans un domaine différent, où la pédagogie est confrontée violemment avec la sociologie et les divers courants idéologiques qu'elle relaie. Autrefois, une famille qui n'appartenait pas à la bourgeoisie n'envisageait même pas que son enfant puisse faire des études réservées à ceux que l'on appelait souvent les "gros" ou les "riches", traduisons par "notables". Elle ne savait d'ailleurs souvent pas quelles études cela demandait. "La République est au Collège" (avec sa divisions inférieure) disait Monnier et c'était vrai, si on entendait par là les médecins, notaires, avocats, politiciens et autres. Une séparation était donc déjà faite à la fin de l'école primaire
    Aujourd'hui il peut arriver que des familles modestes ne comprennent pas que leurs enfants puissent échouer dans le cursus scolaire et universitaire, car elles ont le sens de l'injustice sociale, mais ne savent pas toujours ce qu'est la capacité et l'effort d'apprendre ni ce qu'est le savoir. Il n'est donc plus possible de réserver le Collège aux futurs notables et d'ailleurs ce terme engloberait aujourd'hui bien des professions ou des activités méprisées autrefois. Toute réforme est donc confrontée à ces changements de mentalités et d'organisation sociale, auxquelles s'ajoutent de manière de plus en plus aiguës celui des débouchés et des finances publiques ou privées.
    Non seulement il est de plus en plus difficile de séparer relativement tôt les élèves qui se destinent aux études longues, ce qui ne devrait se faire dans l'idéal que sur les critères d'aptitudes et (encore plus idéalement) de goût, mais les études sont en train de s'allonger également au niveau de l'Université, avec l'introduction du système anglo-saxon des masters et certainement bientôt des PhD presque obligatoires. Ce phénomène tient en même temps des besoins de la globalisation, qui affecte toutes les activités humaines, et d'une tendance générale à la dévaluation des diplômes et des titres jusque dans les activités professionnelles les plus humbles. Il n'est cependant pas relayé, pour l'instant du moins, par les mesures qui sont censées faciliter les études des moins fortunés, puisque les allocations familiales et autres allocations de formation de l'AVS et de certaines caisses de pension s'éteignent toujours à l'âge de 25 ans. Remarquons, en passant, que tout élève qui suit une école proposant le bac français ou international aura déjà gagné une ou deux années, qui peuvent être lourdes de conséquence pour lui et sa famille.
    Proposer dans ces conditions un système d'orientation-sélection (car parler de l'un sans parler de l'autre n'est que poussière aux yeux, ce qui n'est pas nécessairement un reproche grave en politique) qui soit cohérent, efficace et acceptable de point de vue de toutes les conditions que j'ai énumérées (et elles sont certainement imparfaites, incomplètes, et peut-être même incohérentes et mal pensées) tient évidemment de la gageure, sinon du miracle.
    C'est pourtant ce qu'ont fait ou essayé de faire les initiants des différents projets et je leur envie leur courage et leur énergie, et les remercie en tant que parent. Mais que voter? Comme le veut le vocabulaire rénové des années septante (soixante-dix) "C'est pas évident."

  • Ouhlala il a laché la bombe atomique des "progressistes"..l'initiative des "réactionnaires" (comme si on parlait de fascistes ou de nazis)..

    Juste une question: a-t-on le droit de ne pas partager vos positions ""progressistes"" sans être taxé directement de "réactionnaire"?

    D'ailleurs je ne vois pas où est le mal de réagir face à une politique qui a clairement démontré son échec.

  • "A ma gauche, une initiative proposant l' " hétérogénéité " de l'école moyenne; à ma droite, une initiative qui en revient à une sélection précoce et rigide, réintroduit les notes de " comportement " et ressuscite une filière ghetto pour les élèves en difficulté."

    C'est difficile de faire plus caricatural. Les notes de comportements n'auraient jamais dû être supprimées. C'est un baromètre, ni plus ni moins. Maintenant sans note, c'est l'arbitraire le plus complet dans les sanctions, car les annotations de comportement n'ont pas disparu. Quand il gèle M. Holenweg vous cassez le thermomètre parce que vous préférez ne pas savoir qu'il fait froid?

    L'hétérogénéité elle est en 7me dans l'initiative, suivi d'une orientation. Le système actuel pérennisé par le contre-projet sélectionne en regroupements dès l'entrée au cycle.

    L'initiative ne ressuscite rien du tout. La filière ghetto existe et continuera d'exister quel que soit le résultat de la votation. Actuellement elle s'appelle "regroupement B", oui, exactement B comme Bête.

    Je préfère nettement l'école de Pépé Chavannes à celle de Maman Brunschwig-Graf ou de Papa Beer.

    Les partis politique et Beer en tête ne veulent pas la meilleure école, mais celle qui coûte le moins cher. C'est très triste. La meilleure école, c'est celle de la réforme 2. Celle qui oriente le mieux et sélectionne le moins (avec options et niveaux). Celle qui coûte le plus cher donc. Les caisses sont vides (sauf pour les banquiers). A la trappe!

  • Monsieur Holenweg,
    En lançant vos anathèmes sur l'initiative 134 vous vous trompez de cible.
    L'initiative 134 garantit une formation digne de ce nom à tous et en particulier à ceux qui n'ont que l'école pour apprendre, car ils n'ont pas la chance de trouver ailleurs ce que l'école a cessé de transmettre.
    Espérer balayer l'initiative 134 pour faire la place à l'hétérogénéité, relève d'un angélisme pédagogique que l'expérience du terrain condamne sans appel. Dans un système hétérogène les élèves les plus faibles pataugent seuls dans leurs lacunes. A la sortie de l'école obligatoire le camouflage de l'hétérogénéité tombe et le désastre éclate au grand jour!
    L'initiative 134 oriente et prépare le mieux possible chaque élève à réussir après le cycle d'orientation. Où est le crime?

  • @ Johann

    parfaitement d'accord avec vous

    "Je préfère nettement l'école de Pépé Chavannes à celle de Maman Brunschwig-Graf ou de Papa Beer."

    J'ai eu l'honneur de connaître Chavannes
    Il n'aurait jamais laissé faire les dérives qu'on a vu sous MBG et que Beer semble vouloir pérenniser.

    Elle est très bien l'Initiative dite 134 pour un CO qui oriente.
    Pourquoi tant de haine ?
    Et puis la brochure de vote est un beau scandale, rien que pour cela, je voterai l'initiative.

  • En tout cas une chose est certaine: les classes hétérogènes sont un cauchemar pour les élèves les moins scolaires et pour les plus doués. Les derniers s'ennuient terriblement et les premiers sont pas pris en charge comme ils devraient. Car l'enseignant adapte son enseignement juste à peu près à la "moyenne".

    Et encore une chose: Pourquoi les profs dans les écoles du CO réforme II s'accrochent tellement à leurs classes hétérogènes, surtout les profs de français, de géographie et d'histoire, bref ceux qui enseignent dans ces classes hétérogènes ???

    Réfléchissez un instant: ils n'on qu'un SEUL cours par degré à préparer, et donc une seule épreuve pas degré et classe, et oui puisqu'ils font la même chose dans toutes les classes du même degré !! Vous voyez un peu, le travail en moins ????

  • Cher Camarade Pascal,

    En te lisant, je me souviens du temps d’Alex, de Catherine, de Fred, de Max, de François, d’Anne (devenue députée, elle), de tous les copains. T’en souvient-il de ce beau temps où nous fréquentions ensemble les jeunesses socialistes genevoises en nous tapant sur le ventre avec nos « ennemis » gauchistes, parfois sur le nez avec l’extrême-droite. Où le monde était à nous, la révolution pour demain, où on avait passé commande de pain et de roses pour tout le monde, où nous avions l’impression de voler en marchant par les rues. Où nous fumions tous deux nos pipes dans nos innombrables défilés, - parfois avec le tout jeune Charles Beer lui-même -, où nous nous nous égosillions contre le secret bancaire par exemple, que défend maintenant une ministre socialiste...

    Tu me trouves vieux con ? J’accepte le titre, et même je le revendique. Toi, tu joues aux petits jeunes et fais mine de mépriser le passé - ou plutôt de t’en moquer, le mépris ce n’est pas ton genre, tu vaut beaucoup mieux que ça.

    Il se trouve, vois-tu, que les temps ont changé. Pour commencer, ils ont passé.

    Tu ne vois pas, camarade, que nous avons largement l'âge d'être des papas, pas si éloignés de celui d'être grands-pères. Certains des copains le sont. Veille-toi donc de ne pas te reprendre ton boomerang dans les gencives, de te mépriser toi-même, nous-mêmes, et nos grands-mères et nos grands-pères eux-mêmes, qui n'ont pas tout réussi, certes, mais qui n'étaient pas des idiots pour autant.

    Tu parles de l’école de pépé. Moi je ne la méprise pas. Je lui dois beaucoup de ce que je suis (oh ! je ne suis pas grand’chose, mais mon ensemble tient à peu près, je peux me regarder dans la glace tous les matins sans trop de peine). Je me rappelle du nom de certains de mes instituteurs et institutrices, avec reconnaissance, et même, maintenant, à quarante ans de distance, avec tendresse. Madame Piguet, qui officiait à l’école de Montchoisy. Madame Pellissier, qui en plus était jolie femme, de Monsieur Gabioud, si fanatiquement impartial, qui enseignaient aux Eaux-Vives. M. Rothen, de l’école Ber (rien à voir avec celle de Beer), si gentil et si attentif. Chez les bons Pères (tu le sais, j’ai eu une enfance assez bousculée, 3 ou 4 écoles privées) du père Pascal, de Monsieur Lucchetti, qui racontait si bien et m’a fait adorer l’histoire, de Benno Saal, qui noua apprenait l’allemand avec un humour éclatant. De pas mal d’autres. Pour toi, sans doute ce sont des « pépés » et des « mémés » (de fort beaux titres du reste, je serai fier comme Artaban de d’en être à mon tour, le moment venu, quand j’aurais les petits de mes petits à aimer). Même si certains sont morts, pour moi ils sont encore bien vivants et vifs comme hier, parce qu’il avaient le respect de leur métier, et qu’il ont rendu un fier service à l’enfant hypersensible et un peu perdu que j’étais. Loin de les mépriser ou de me moquer, je les salue bien bas.

    As-tu seulement observé, autour de toi, ce qui s'est passé ? Bien que nous vivions dans le même monde, n’aurions-nous pas vu les mêmes choses ?

    Tu arrives, toujours fidèlement hirsute, avec ton lance-pierres raccommodé, devant des forteresses inexpugnables, passées maîtres dans l'art de tromper. Parce que précisément elles ont repris une partie de nos idéaux, mais pour servir d'autres causes...

    Comme jadis, tu entonnes courageusement le chant des partisans contre le "vieux monde", qui courait derrière nous comme nous disions, et qu'il s'agissait bien entendu de fuir. Puis, le vieux monde, c'est devenu nous. Ou plutôt eux, - toi et moi je sais que nous avons irrémédiablement raté notre « ascension sociale », tant mieux, nous avions trop d’orgueil pour avoir des ambitions-.

    Eux : cette nouvelle bourgeoisie de gôche, bien pensante, corsetée dans une bonne conscience en tungstène, qui a oublié la lutte des classes pour la lutte des places, sans humour, aussi méprisante et aussi hypocrite que les bourgeoisies du passé. Pour l'hypocrisie c’est bien simple, elle est même meilleure.

    Pour rester fidèle à 68 aujourd’hui, il faut combattre désormais tous ceux qui sont parvenus au pouvoir au nom de 68. Puis qui sont devenus des potentats. Regarde comme le nom de nos anciens camarades s’inscrit un peu partout. Regarde comme ils plastronnent. Regarde comme ils mentent. Regarde comme ils ont oublié la justice sociale pour défendre sans risques la tyrannie morale des minorités, comme ils sont parvenus à incarner le Bien, comme ils sont prêts, au nom du sacro-saint « respect de la différence », à tout accepter, sauf bien sûr ceux qui différent trop de leur « différence ». Comme ils usent en experts de ce discours inattaquable. Regarde comme ils ont réussi à mettre leurs pantoufles dans le sens de l’histoire. Regardent avec quel aplomb ils sont devenus capables de dire n’importe quoi dans leurs brochures électorales, à la télé, ailleurs. Comme ils bétonnent l’information. Comme ils sont en première ligne, avec quel empressement ils précèdent même les néolibéraux, pour confisquer aux citoyens leur Université (Mme Dreifuss), leur Poste (M. Gygi, horizon 2012), leur école (l’ « autonomie des établissements », Beer inventeur)…

    Regarde comme ils méprisent souverainement ce qui n‘est pas eux.

    Il est arrivé qu’on fusille des gens dans le dos pour moins que ça. Et toi, tu les défends ? C’est vrai ? J’ai bien compris ? Tu défens ça ?

    Toi tu n 'es pas hypocrite, je le sais. Jamais je ne te confondrais avec cette boue. Seulement voilà : la guerre a changé de forme. Tu peines à t’en apercevoir.

    Pour ne parler que de l'école, je regrette que tu ne t'en sois pas rendu compte, là aussi, nos beaux rêves ont capoté. J'ai pu le voir, car j'y enseigne depuis près de trente ans.

    Nous pensions que la démocratisation des études permettrait une plus grande égalité dans la distribution des places sociales, parce que nous allions donner à tous la même nourriture raffinée. Le pain et les roses, encore. Trente ans après, il faut être aveugle pour ne pas le voir, et les recherches du SRED le confirment : c’est raté. C’est même pire qu’avant.

    D’abord, on s’est dit qu’il fallait mélanger les élèves, bons, mauvais, moyens. C’était l’hétérogénéité. Il y a 25 ans, dans une autre société, ça marchait. Dans chaque classe des cycles « réformés », on comptait trois ou quatre mauvais, une quinzaine de moyens, deux ou trois bons. Selon l’expression usuelle, les « locomotives tiraient la classe en avant », pas toujours si bien que ça d’ailleurs, mais bon, en gros, ça allait à peu près.

    Pourtant là aussi, ça a changé. L’hétérogénéité à Budé n’a jamais été la même qu’à Sécheron, on le savait, mais désormais il est devenu banal d’avoir quinze mauvais, deux ou trois médiocres, et trois ou quatre repris de justice qui n’ont aucune, mais alors aucune conscience de vivre avec d’autres et des limites que cela comporte. C’est devenu une incongruité de demander à nos élèves de lire, - je veux dire des livres, bien sûr, pour Internet, ça va… Devise répandue au Cycle : « Lire, c’est la honte ».

    On a vachement réussi à « apporter la culture au plus grand nombre », tu trouves pas ?

    Dans des Cycles mieux lotis, on mélange les bons coureurs et ceux qui ont de petites jambes. Et comme on veut que tous soient égaux, on invite les lents à courir pour rattraper les plus rapides. Bien sûr ils finissent par rester en rade. Alors on leur met tout de même de bonnes notes, c’est-à-dire des notes de complaisance, pour avoir bonne conscience, pour ne pas nous faire mal voir par nos camarades pédagogistes, pour ne pas passer pour quelqu’un de cruel. Bref : pour cacher la merde au chat. Et soit dit au passage, avec un mépris des élèves assez étonnant…

    C’est ainsi qu’on est parvenu à ce chef-d’œuvre : selon les chiffres même indiqués par la commission enseignement du Grand Conseil dans son rapport sur notre initiative, alors qu’à la fin des années 60, le Cycle accueillait en section prégymnasiale quelque 35% des élèves, 45% en générale, 20% en section pratique, au milieu des années 90, on en est à 75% de prégymnasiaux. Je connais un Cycle qui, l’année dernière, en comptait 85%... Plus de lents, plus de faibles, plus d’inégaux : tous égaux, tous de futurs astrophysiciens, médecins, sociologues de l’éducation.

    C’est pas beau, ça ? Quel bonheur. Quelle brillante réussite. Nos politiques se rengorgent, nos journalistes de gôche s’exclament, la camp du Bien s’extasie, la pastorale sociale-démocrate carillonne, la chrétienté se recueille.

    Et Tartuffe règne.

    Car, comme toujours, certains sont plus égaux que d’autres, et une fois arrivés au postobligatoire, ils se plantent. Sauf qu’un certain nombre restent sur le carreau, et que nous avons maintenant environ 1500 jeunes qui n’ont rien dans les mains, et qui zonent…

    Et c’est comme ça partout depuis qu’on a eu l’idée géniale d’introduire la fameuse « Nouvelle Grille horaire » en 2000, rendant ainsi les Cycles hétérogènes alors que le peuple, une année après, rejetait nettement l’hétérogénéité en septième.

    Eh oui : le peuple est, ou du moins a été contre l’hétérogénéïté, et tu verras qu’il le sera encore la prochaine fois. Serais-tu partisan, toi, comme notre nouvelle bourgeoisie, d’ignorer ces Deschiens, ces prolos si rétifs à la bonne parole féministe, antiraciste, écologiste, hygiéniste, « les-gay-bi-trans » ? De changer de peuple ? C’est étrange, n’est-ce pas, ces gens sortis d’on ne sait où et qui ont l’insolence de réclamer plus de sécurité, des logements, moins de dumping social, bref, des choses de la vie de tout les jours, pas de la morale, non, du pratique. Et qui, en plus, par désespoir de trouver du répondant à gôche, s’en vont voter très à droite, au grand dam de notre nouvelle bourgeoisie libérale libertaire qui ne comprend pas comment on peut la quitter ainsi, elle si bonne, si belle, si bath.

    Nous les laïques, nous avons décidé de nous adresser à lui, car c’est lui l’arbitre. Bien entendu, toute la gauche nous traite de « populistes », comme tous ceux qui sentent que le peuple leur échappe…

    Tu te trompes : nous ne sommes pas réactionnaires : c’est la réalité qui l’est devenue… Dès lors, de deux choses l’une : ou on continue de rêver dans ses nuages, ou on se remue.

    C’est vrai que dans notre réseau, nous sommes en majorité de gauche. Nos travaillons avec des collègues de droite, ça ne pose aucun problème. Nous avons oublié nos sectarismes parce que le plus important c’est de faire en sorte que les choses aillent un peu moins mal. Parce que la laïcité, comme la démocratie, ça vient avant les convictions partisanes. Parce que nous voulons défendre ce qui appartient à tous indépendamment des différences, parce que nous voulons préserver les biens de la communauté des citoyens, le « laos » grec.

    Nous avons donc décidé d’aller voir les choses un peu plus près du sol.

    D’abord, nous nous sommes dit qu’au lieu de laisser les élèves tremper dans des classes informes dans lesquelles les plus fieffés emmerdeurs finissent toujours par faire la loi, il fallait mieux définit les choses. Que plutôt que de laisser faibles courir derrière d’autres plus forts, plutôt que de les traiter en malades auxquels administrer de « remédiations » et pris en charge par « l’équipe médico-psycho-sociale » (textuel dans le contre-projet que tu défends), il fallait les prendre là où ils sont pour les mener le plus loin possible.. C’est pourquoi nous avons imaginé une classe de transition entre la sixième primaire et la septième pour que les plus faibles puissent se regonfler et entrer en septième par la grande porte. Une sorte de préparatoire au Cycle, en somme, afin de renforcer ces élèves dès le début au lieu de les éjecter au postobligatoire où ils se feront décapiter, comme c’est le cas maintenant.

    La gôche, qui a toujours confondu l’égalité et la similitude, hurle donc à l’apartheid… alors que ces élèves seront ensuite intégrés aux mêmes filières que les autres. Bonjour la bonne foi.

    Pourquoi des filières ? Parce que, même si nous préférions le Cycle de Chavanne à l’actuel, nous savons bien que certaines sections (la « générale » et la « pratique ») étaient devenues des ghettos. Tu as le droit de nous prendre pour des naïfs, mais nous avons beaucoup courgé sur les filières préprofessionnelles, beaucoup plus que sur les filières menant au Collège. Il est faux de dire que tous les élèves sont semblables par principe, également enseignables par principe. Laissons les principes, soyons pragmatiques, nous sommes-nous dit. Plutôt que de sélectionner par l’échec, en écrémant les bons du reste, nous partons de l’idée qu’il existe aussi des élites hors des filières gymnasiales, mais qu’il fallait leur préparer des voies spécifiques. Nous avons la faiblesse de croire qu’un élève qui sera en filière Arts et Métiers, ou commerciale santé-social, loin de se sentir dans un ghetto, pourra être fier d’appartenir à un groupe qui aura sa spécialité. Nous essayons de sortir de cette malédiction selon laquelle les hiérarchies scolaires reproduisent les préjugés sociaux et les jugements de valeur qu’il transportent sournoisement. En nous voyant tenter de changer les critères de la distinction sociale, tu peux nous trouver naïfs, pas assez conscients des déterminismes implacables distingués par le père Marx. Mais nous au moins, à l’opposé du contre-projet qui est totalement fataliste, nous aurons essayé. Et nous croyons même qu’en les temps de crise qui nous attendent, les filières préprofessionnelles pourraient à leur tour devenir de nouvelles voies royales.

    Que nous perdions ou non, au moins nous aurons gagné dans tous les cas sur un point : les Genevois auront le Cycle qu’ils auront voulu. Ce ne sont pas nos experts des sciences de l’éducation qui le leur auront subrepticement imposé.

    Ton discours jeuniste est un discours de vieux con qui se tire dans le pied. Et tu tires dans les miens par la même occasion, devant une jeunesse qui doit bien rigoler, parce qu'elle est au moins aussi insolente que nous, et même extrêmement insolente. Que veux-tu, elle a appris nos leçons.

    Camus disait que tout homme a un jour le visage qu'il mérite. Tu devrais prendre garde au tien, camarade. Quand le moment sera venu et que le ciel se renversera pour nous, j’espère que chacun aura pu faire honnêtement ses comptes avec soi-même.

    J’ai un autre fantasme : avant notre Dernier Grand Tremblement, quand nous serons bien vieux, - si nous y parvenons et si on ne décide pas de fusiller les fumeurs d’ici là – j’aimerais que bien que nous ayons le temps de fumer encore une pipe ensemble, en s’engueulant.

    Avec toi ça me plaira toujours.

    Yves Scheller

  • Question à Yves Scheller:
    M. Buchetti, non ? faute de frappe ?

    ;o)

  • Vous n'en avez sûrement pas le temps actuellement mais je propose la lecture de ce texte très riche qui cherche à faire le point sur un historique récent en France, mais aussi et surtout sur la dimension idéologique des ruptures et autres réformes que subit l'école genevoise aussi depuis une vingtaine d'années...(lire sur ce lien internet:)

    http://www.re2.freesurf.fr/gene/muglioni.html

  • Bonsoir,
    Moi je dis que: pour avoir édité le fameux paragraphe dans le résumé de l'initiative avec d'aussi pauvres arguments, les opposants ( conseil d'Etat) à l'initiative n'ont fait que se discréditer auprès de la population. Leur "essentiel en bref" montre qu'ils n'ont pas d'arguments intellectuels qui tiennent la route pour défendre leur point de vue et qu'ils ont recours à la tromperie pour tenter d'imposer leur pont de vue aux concitoyens!

    J'espère que l'action de REEL va bloquer la votation! Que la population puisse y voir clair dans les manigances de nos politiciens!

  • Oui, Blondesen, merci, c'est bien M. Buchetti. Il était extraordinaire.

    Mes excuses pour les fautes de frappe qu'on retrouve ici et là, j'étais pressé.

    A vous.

    Yves Scheller

  • Un excellent prof, en effet.
    Passionné par l'Histoire et par son métier,
    et sachant transmettre son savoir.

    ;o)

  • Cher Yves,
    La mémoire est incertaine, les souvenirs fugace, et la nostalgie mauvaise conseillère, si douce qu'elle soit. Je ne souviens pas d'un temps, fût-il (et futile) beau, où j'aurais sévi au sein de la Jeunesse Socialiste. J'étais sans doute déjà trop vieux quand j'ai adhéré au PS (faute de mieux à gauche). Et surtout, je ne vois guère d'utilité ni de légitimité à une organisation politique fondée sur des critères d'âge. Pas plus à la "Jeunesse socialiste" qu'à l'AVIVO.
    En revanche, il me souviens de ces "innombrables défilés" supportés grâce à nos chaudières tabagiques portatives -les mêmes qui me permettent de supporter la dséfense du secret bancaire par Micheline. Le temps passe, certes, et c'est même ce qui le définit, et nous avons l'âge d'être pères (ce qu'à ma connaissance je ne suis pas) et grand-pères (ce qu'à ma connaissance je ne suis pas non plus, forcément)... et alors ? Je n'ai aucune nostalgie de l'époque de "mon" Cycle d'Orientation, ces trois ans que j'ai traversé non pas en faisant le poing dans ma poche en attendant d'en sortir, mais en faisant le maximum de conneries pour en sortir le plus vite possible. Pari gagné : je suis entré au Cycle en section L et en suis sorti en section P, direction La Clairière. Et dans notre litanie à la Perec, "Je me souviens" certes de quelques uns de mes instituteurs et professeurs, des meilleurs (Jean-Pierre Haemmerli, Horace Bouvier, Serge Rossmann, Marco Polli) comme des pires (un certain Stocker, qui sévissait à l'Aubépine), mais ni plus, ni moins que de quelques éducateurs et gardiens de la Clairière, ou de ce brave ultime directeur de Saint-Antoine, Etienne Voldet. A tout prendre, une prison est aussi une école. Elle l'était déjà il y a quarante ans, elle le reste. Comme l'école était déjà, pour nombre d'élèves, une prison. Et le reste. Et le restera.

    Ce qui a changé, autour de l'école, c'est que l'école n'est plus, et ne sera plus jamais, le lieu central de la formation et de la socialisation, sitôt la prime enfance enfuie. Et qu'on pourra bricoler tant qu'on veut, dans le sens qu'on veut, avec les intentions ou les arrière-pensées qu'on a, l'école moyenne, ce n'est plus elle qui "orientera" les préados et les ados. Je ne suis pas plus convaincu que toi que cela soit un progrès, je suis même de plus en plus certain que c'est une formidable régression, mais j'en tire d'autres conclusions que toi. Et d'abord celle-ci : si enchanteresse qu'elle puisse être dans le souvenir que certains d'entre nous en gardent, l'école de notre adolescence (l'école de pépé, puisqu'elle fut conçue par la génération de nos grand-parents) est morte. Et je ne crois à aucune résurrection.
    Je ne crois pas non plus (ou plus précisément : je ne crois plus) d'ailleurs à l'"orientation" Une fonction de panneau indicateur ne fait pas une politique éducative. On peut y voir une manifestation de l'arrogance de l'autodidacte. Mais je crois à la liberté. Y compris à celle de se fourvoyer. Et surtout à celle de ne pas faire de la "réussite" (sociale, politique, économique, conjugale, peu importe, la mesure est la même, et elle est toujours celle de la médiocrité) un projet de vie. As-tu observé comme moi (la question est rhétorique, je suppose que la réponse est "oui") que les "perdants", les largués, les ratés, sont dans l'histoire comme dans la littérature des personnages, réels ou non, infiniment plus intéressants que les "gagneurs", les potentats, les puissants ? De ce point de vue, certainement plus esthétique que politiquement et socialement responsable, l'échec de l'école ne saurait m'attrister, s'il s'avérait. Et surtout si la cause en était l'hétérogénéité, ou pour parler avec des mots qui ont notre âge, le mélange des cancres et des bons élèves.
    Mais s'avère-t-il, cet échec de l'école ? Les adolescents d'aujourd'hui en savent probablement plus sur le monde que la plupart des adolescents d'avant-hier. Ils maîtrisent des instruments et des techniques en nombre et en complications bien supérieurs à ceux que nous pouvions maîtriser. Et quand je revois à la télévision des archives des années soixante, et que j'entends parler et lire à haute voix des enfants et des adolescents de ces années là, je n'ai pas l'impression qu'ils parlaient et lisaient mieux que leurs descendants d'aujourd'hui... Combien étions-nous au Cycle d'Orientation de l'Aubépine au milieu des années soixante à lire autre chose que des conneries -et même à lire ? Combien étions-nous à savoir rédiger un texte qui se tienne, formellement (sans même évoquer son contenu) ?
    Finalement, cancre j'étais et cancre j'espère être resté. C'est une sorte de fidélité que celle qui nous mène de l'état de petit con à celui de vieux con. Pourvu qu'en passant de l'un à l'autre, on ne soit pas devenus entretemps de bons citoyens, de bons travailleurs, de bons consommateurs. Tout ce que l'école de pépé, de papa et de fiston était et reste et restera (quel que soit le résultat des votations de novembre prochain et de l'année prochaine) vouée à apprendre à être.
    On reprendra cette conversation dans l'EMS qui nous accueillera quand, de vieux cons, nous serons définitivement devenus d'indignes vieillards, parfaitement heureux de l'être, et n'ayant plus d'autre ambition que celle d'aggraver encore leur cas...
    Salut et fraternité...

  • Comme c'est triste. Comme toujours sur les mêmes fausse raisonnements, et tout cela garni de belles phrases vides d'intelligeance.
    Qu'est que c'est un éleve en dificulté? c'es un éleve fénéant, et que depuis école enfantine et primaire ont lui à laisser faire. Pour les prof. et institutrices est plus confortable cet état de fait, en lieu de donner des notes hebdomadaires, même si célà attire la colère des parents irresponsables. Le mal est fait à l'école primaire déjà. Tout ses prof. devraient avoir un mois de vacances pendant l'été, et l'autre mois devraient retourner à l'école pour se recycler a des nouveau mhétodes et à réaprendre à apprendre. Ne parlé pas de fatigue, vous vous rendez ridicules. Votre travail il n'est si penible qu'on dit, comparé avec le privé. Dans la vie de tous les jours on est en concurrence permanente pour garder notre place de travail. Je crois que célà suffit. Dans ce moment les deux cotés sont déjà en train de préparer la parade si par malheur perdaient. ( car les deux sont imbibés d'eux mêmes ) Lamentable. Il faut irremediablement remettre les notes hebdomadaires des la primaire. Il faut absolument augmenter les heures de présence des cours, et cèlà des la primaire. Le seuls qui sont contre, sont les enseignants bien sur, ils veulent être juge et partie. Et surtout arrêter ses balades inutles avec vos éleves du Primaire à la piscine, pour papoter! car vous ne les ammenez pas pour apprendre à nager.
    Vous dites que il ne faut pas fatiguer les éleve..futtese.. planqué vous à l'arrêt du bus à la cité du Lignon, et vous verait quotidiannement les éleves qui vont au cicle de Renard attendre le bus pour descendre jusqu'à le terminus. Soit: UN SEUL ARRET, ailleurs dans le Canton c'est paréil. Ah il ne faut pas qu'ils se fatigaient, " les poverinos "Le bon sens pour former les adultes de demain, sérait que un quart d'heure de distance, célà devrait se faire à pied,c'est très bon pour la santé des enfants, et si quel'un s'avère que ses parents veulaient chouchoter ses enfants un max. alors pas de rabais du billet, leur faire payer la part entière. Actuelment ont forme les enfants dans la philosofie du moins effort, une grand partie ils écrivaient mal, ils ont une formation déficiente par rapport au temps jadis, et à 18 ans après 9 ans d'école ils ne sont pas prêts, alors ils se refugient à l'école de culture général, c'est tellement agréable le farniente, ensuite pour trouver une place soit d'apprentissage, soit du travail ils von droit au mur. Les patrons ne sont pas de philantropes, la réalité de la vie ne peut pas commencer dans ce moment, c'est au berçeau qu'ont doit commencer à éduquer nos enfants.A l'adolescence c'est trop tard, et l'école c'est à revoir de A à Z trop des vacances, pas assez d'heures de classe, et c'est les profs. qui en profitent. Et les familles qui travaillaient doivent résoudre les problemes de garde pendant un mois d'été, et quince jours par ici et quince jours par là. Si Mr. Baud pense ecore nous prendre par des dingues, il n'a que s'achêter une pirogue et vite remonter le Rhône via la Finlande.

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