Obama président ? Tout changer pour tout restaurer

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Difficile d'y échapper : l'Obamania s'est emparée de l'Europe et d'une bonne partie du monde (celle qui peut se permettre d'être requise par autre chose que sa survie immédiate). Si le président des Etats-Unis était élu par les peuples du monde, le successeur de Dobleyou s'appellerait Barack Hussein Obama. Manque de pot, le président des Etats-Unis est élu aux Etats-Unis. Et pas par le peuple, mais selon un système archaïque qui permet à un candidat battu dans les urnes d'être élu tout de même. Reste que l'élection d'Obama tournerait une page : celle des  " années Bush " et de la prédation néo-conservatrice. Cette élection serait donc un vrai changement. Mais pas un changement de société, ni, fondamentalement, un changement de politique; un changement pour une restauration : celle de la puissance économique, militaire et culturelle des Etats-Unis, mise à mal par l'irresponsabilité et l'incompétence des  gouvernants actuels des USA et de leurs conseillers.

Renaissance ou hara-kiri ?

Les deux candidats à la présidence américaine s'opposent par leur âge, leur milieu, leur parcours personnel, par quelques points importants de leur programme (sans d'ailleurs qu'il faille se faire d'illusions sur leur capacité à les concrétiser), mais ils ont en partage la même culture politique et la même conception du rôle des Etats-Unis. Pour l'un et l'autre, l'enjeu est le même : restaurer la puissance, intérieure et extérieure, américaine. Pas par les mêmes moyens, pas en lui donnant le même visage, pas en tenant le même discours, mais pour les mêmes raisons. Elu, Obama deviendrait certainement, pour quelques mois, le politicien le plus aimé de la planète. Jusqu'à ce que la réalité des intérêts et des rapports de force s'imposent et le rattrapent. Il n'empêche : une élection de McCain et de Palin serait une formidable victoire pour ce que les USA comptent de forces les plus caricaturalement réactionnaires. Et donc une formidable régression politique. Non que McCain soit pire que Bush -mais parce que son élection, après huit ans de la présidence la plus calamiteuse de l'histoire américaine, serait le signe d'une incapacité de l'électorat américain à tirer les leçons des désastres politiques, sociaux, économiques et militaires du néo-conservatisme. L'élection du ticket MacCain-Palin serait une victoire d'Oussama Ben Laden : quand vos ennemis vont plein pot, tout seuls, comme des grands, droit dans le mur, on peut faire l'économie de kamikazes. On n'a pas besoin d'envoyer des assassins contre des suicidaires.

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Commentaires

  • Le petit Holenweg, qui n'a jamais mis les pieds de sa vie aux Etats-Unis, nous livre aujourd'hui sont commentaire prophétique sur l'élection présidentielle.

    On croit rêver à la lecture de tant de platitudes.

    Certains gauchistes des années soixante, dont le camarade Holenweg se réclame sans doute, tenaient des propos au vitriol. Lui est un peu fatigué. L'âge, les bouffes, la clope papier maïs vraisemblablement.

    Et il n'a même plus d'humour. Ses billets font penser à la pénible relecture de la collection complète de l'Humanité clandestine durant la prériode 1939-1941. D'un autre âge.

    Bonne nuit.

  • Il faut être vraiment naif pour croire qu'il va y avoir du changement avec Obama. Surtout en ce qui concerne les relations avec l'Europe. Les pays qui ont laissé tomber les USA, seront tout autant ignoré que maintenant (la France et l'Allemagne).

    C'est domage que la mémoire collective soit restreinte. Car avant Bush, le président le plus calamiteux était Bill Clinton qui a réussit à paralyser un pays entier avec de l'administration et des problèmes légaux. Ce que Bush a quand même réussit à décoincé. Eh oui, l'économie mondial ne s'est jamais aussi bien porté que durant la présidence de Bush, jusqu'à il y'a encore un peu plus d'une année. La chutte de l'économie n'étant pas vraiment à attribuer à la responsabilité du président, puisqu'il n'est juste QUE président et non dieu.

    "Et pas par le peuple, mais selon un système archaïque qui permet à un candidat battu dans les urnes d'être élu tout de même"

    En Suisse aussi nous avons ca. Les associations écologiques, les associations de gauche en général réussisent souvent à ne pas faire appliquer une initiative majoritairement acceptée. Il n'y a pas qu'aux USA...

  • « Il faut être vraiment naif pour croire qu'il va y avoir du changement avec Obama. »

    En fait, le vrai changement a déjà eu lieu, indépendamment du résultat de l’élection. Et c’est un bouleversement dont nous ne nous sommes pas avisés : les Etats-Unis sont en voie de tiers-mondisation, c’est-à-dire de désaméricanisation.

    L’attribution, au terme d’ascensions occultes dans les coulisses de la Maison-Blanche, à des non-Caucasiens, d’un ministère aussi « spectaculaire » que le Département d’Etat ou aussi stratégique que la justice, aurait dû nous mettre la puce à l’oreille. Pour ma part, je ne m’en suis pas avisé parce que les Etats-Unis ne m’intéressent plus guère depuis que le communisme s’est effondré à l’Est.

    Dans cette optique, la régression, ce ne serait pas le vote McCain, la régression est en marche. La montée d’Obama montre que le mouvement est irrésistible. Et les positions de McCain sur l’immigration des Latinos montre que son succès ne contribuerait en rien la freiner le mouvement.

    Les Etats-Unis de Max Weber sont morts !

    Les fondateurs des Etats-Unis, les Wasp qui ont façonné l’âme du pays, ont failli. Les yeux rivés sur de lointains Etats voyous, ils ont oublié de fermer les vannes aux surplus de population des Etats clochards. Et les voici qui apportent l’indispensable complément de voix, sans lequel un Obama n’aurait jamais été possible.

    Par conséquent, dire que l’« élection du ticket MacCain-Palin serait une victoire d'Oussama Ben Laden » est un non-sens absolu. Oussama Ben Laden, c’est le tiers monde, dans son expression la plus agressive, Obama, c’est le tiers monde, dans une expression policée, mais c’est toujours le tiers monde.

    Celui-là même qui s’impose à l’Amérique. Un signe le prouve. C’est un de ces détails infimes que leur imperceptibilité conduit souvent à négliger. Tout à leur fascination, les observateurs n’ont pas vu qu’Obama, c’est l’anti-Kennedy sur un point fondamental. JFK, véritable Américain lui, disait : « Ne demandez pas ce que votre pays peut faire pour vous. Demandez ce que vous pouvez faire pour votre pays. »

    Et bien aux antipodes de cet « esprit pionnier », la victoire d’Obama serait l’épiphanie d’une Amérique qui attend que le pays fasse tout pour elle. Et quoi qu’il en soit d’Obama, quoiqu’il en soit de McCain - Wasp aveugle comme tant d’autres désormais -, sa progression est inéluctable. Les Etats-Unis se sont condamnés à être chaque jour un peu moins « américains » !

    Il est là, et nulle part ailleurs, le véritable enseignement de la présidentielle 2008. On peut s’en réjouir, on peut le déplorer… On peut aussi penser que ce n’est pas notre affaire.

    P.S. - Une victoire d’Obama serait suivie d’une vague de meurtres de Blancs, perpétrés par des allogènes, de souche et immigrés unis, avides de montrer « qui c’est qui commande, maintenant », que cela ne me surprendrait pas du tout.

  • @Scipion

    Vous êtes un brin catégorique tout de même. On parle d'une présidence qui peut changer dans quatre ans, pas d'un changement définitif (Rien n'est définitif dans uen Démocratie faite d'alternance). Et je ne pense pas que des meurtres de "blancs" auront lieux en cas de victoire d'Obama. Par contre, en cas de défaite (peu probable), ça va booster la "riots-attitude", et pour sûr la rue va flamber!

    C'est clair que lère Obama risque d'ouvrir un peu plus le pays au multiculturalisme extravagant, avec une obsession pour les minorités qui va plomber l'économie si Obambi applique son programme (Le pourra t'il?). Reste que son charisme a conquis Démocrates et Républicains, dans toutes les couches sociales, de ce point de vue là "Mister Cool" a fait une campagne exemplaire.

    Pour le reste les USA se sont toujours targués d'être une terre d'immigration, et je pense qu'aux USA l'assimilation des populations allogène est plus aisée qu'en Europe: ce pays garde une identité fondamentale forte, alors que l'Europe, elle, est en plein déni d'elle même...

    Pour la population noire, ma fois, avouons qu'à la base on les a fait venir de force...

  • « On parle d'une présidence qui peut changer dans quatre ans, pas d'un changement définitif... »

    Mais moi je ne vous parle pas d'un changement de majorité politique, je vous parle d'un glissement de l'identité nationale sous l'influence d'une immigration non-européenne qui modifie en profondeur la "mentalité américaine". Et cela se situe dans le droit fil de tout ce qui s'est dit et écrit sur la "décomposition du système américain", pour reprendre la formule d'Emmanuel Todd ("Après l'Empire")

    « Reste que son charisme a conquis Démocrates et Républicains, dans toutes les couches sociales, de ce point de vue là "Mister Cool" a fait une campagne exemplaire. »

    Ca c'est l'effet pop star, c'est très superficiel et c'est le produit de ses conseillers en communication. Il y a pas mal de temps que j'ai dit qu'à la différence des hommes politiques normaux, Obama n'a pas de supporters et de partisans, mais des fans et des groupies. C'est malsain et la politique en sort encore rapetissée. Bien des dirigeants étrangers le prennent certainement déjà pour un guignol…

    A l’opposé d’un Philippe Joye, un homme qu'on pouvait croire raisonnable et rationnel... Quand il écrit : « Il saura traiter les faits politIques tels qu'un être moins informé pourrait les comprendre. Il fera ce travail à sa manière, avec son intuition et l'appui de sa hiérarchie. », c’est d’un Messie qu’il nous parle. Il le verrait traverser le Potomac en marchant sur les eaux, pour aller prêter serment, qu’il en pleurerait de bonheur, sans être aucunement surpris… :o)

    « Pour le reste les USA se sont toujours targués d'être une terre d'immigration, et je pense qu'aux USA l'assimilation des populations allogène est plus aisée qu'en Europe... »

    Il n'y a aucune assimilation, au contraire. Le modèle américain est basé sur un communautarisme de tous les instants, qui en est la caractéristique majeure. L’autre jour, j’entendais à la RAI un Américain très distingué reprendre le journaliste qui l’avait "traité" de « descendant d’immigré italien », en lui disant : - Non, Italien de nationalité américaine !

    « … ce pays garde une identité fondamentale forte, alors que l'Europe, elle, est en plein déni d'elle même... »

    Cette identité fondamentale forte était l’esprit pionnier, la prédominance WASP, celle-là même qui est entamée par la latinisation-tiers-mondisation . Mais pas seulement. Regardez ce qu’il reste de « L'Éthique protestante et l'esprit du capitalisme ».

    Le cas de l’Europe est très différent. Elle n’a pas d’identité. C’est la raison pour laquelle elle n’a aucun ancrage dans les tripes des Européens. Ce n’est qu’une construction administrative. En passant, c’est une jolie claque pour ceux qui, comme Benedict Anderson ou Anne-Marie Thiesse, croient encore que l’identité est une création artificielle et délibérée.

  • "Pour le reste les USA se sont toujours targués d'être une terre d'immigration, et je pense qu'aux USA l'assimilation des populations allogène est plus aisée qu'en Europe: ce pays garde une identité fondamentale forte, alors que l'Europe, elle, est en plein déni d'elle même... "

    Je sui absolument d'accord avec vous sur ce point "Carlitos de Unmauno". C'est ce que les socialistes ont fait cette dernière décénie. Et c'est la raison pour laquel l'UDC a pris en Suisse tant d'ampleur.

    Mais quoi qu'on dise, l'europe devra commencer à ce que les USA ait un autre regard avec ce pays. Avant nous étions lié, proche. Nous avions les même fondement. Aujourd'hui les relations entre USA-Europe, sont les même que Europe-ASIE. C'est à dire pas grand chose de point commun...

    Car au delà des compétence du président Bush, le fait que l'Allemagne et la France aient refusé d'aider les USA, aux yeux des américains, c'est toujours resté au travers de la gorge...

  • Petit rappel en passant : les Etats-Unis, comme "natiopn européenne d'exportation", se sont construits sur un génocide (celui des Amérindiens) et une déportation (celle des Africains). La "déseuropéanisation" des USA ne serait après tout qu'une revanche de l'histoire. D'autant que les latinos sont au moins aussi "américains" que les WASP...

    Quant à l'Europe, il faudrait veiller à ne pas confondre une civilisation et un appareil : la civilisation européenne (et dont l'identité européenne, au sens d'identité civilisationnelle) existe, et elle est puissante. Ce qui n'existe pas, en revanche, et sur ce point "Scipion" a parfaitement raison, c'est l'identité de l'Union européenne...

  • "Petit rappel en passant : les Etats-Unis, comme "natiopn européenne d'exportation", "

    Oui tout comme l'europe qui est à la base une nation africaine d'exportation"...

    Nous sommes que le résultat de l'histoire, il ne faut pas utiliser l'histoire pour s'excuser de se venger ou de parler de revanche. Ca riveient un peu à une personne qui tue le petit fils d'un criminel pour se venger.

  • Célébrons ce jour mais un long travail de fourmi va commencer aux USA pour restaurer la confiance mais aussi tous les systèmes ceux de la finance, de la santé... Les Américains le peuvent maintenant.

  • Ils le pouvaient déjà avant, il n'ont rien fait. A rappeller quand même que l'économie américaine ne s'est jamais aussi bien porté que durant la présidence de Bush, excepté pour sa dernière années.

    Franbchement avoir réussi à débloqué tous les système financier d'amérique de la présidence de Clinton, chapeau Bush!

  • L’arrivée de ce nouveau messie, comme on vient de le baptiser, fait le regarder comme un favori implicite. Pourtant ne faisons de jugements que d’après ses gestes qui à l’étape actuelle semblent être bien fondées.

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