Cité de Calvin et bûcher de Servet

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Commémorations : choisis ton camp, camarade…
Cité de Calvin et bûcher de Servet


Lundi 27 octobre, cela fera 455 ans que Michel Servet, médecin, philosophe, théologien et géographe aura été brûlé vif pour hérésie à Champel. L'année prochaine, on célébrera le 500ème anniversaire de la naissance de son accusateur : Jean Calvin. Calvin n'a pas allumé lui-même le bûcher de Champel. Il a seulement produit le réquisitoire théologique qui a mené Servet au bûcher. On commémorera abondamment la naissance de Calvin, et la fondation du Collège, dans les mois à venir. On parlera peut-être un peu de Servet, pendant quelques jours. Le premier a sa statue, imposante, sur le mur, imposant, des Réformateurs. Le second, une petite stèle expiatoire érigé par quelques " disciples fidèles " (et contrits) du " grand Calvin ", plaidant pour qu'on lui pardonne une " erreur qui fut celle de son siècle ". Qu'on la pardonne, ou qu'on l'oublie ?

Calvin vous gonfle ? Gonflez Calvin !

Le Grand Conseil a décidé de contribuer pour un demi-million au financement des manifestations de la commémoration calvinienne : congrès scientifique, spectacles et animations au centre-ville, concerts, " village huguenot " dans le parc des Bastions (avec participations de hooligans le jour de la Saint-Barthélémy ?) expositions au Musée de la Réforme et à la Bibliothèque de Genève, conférence à Saint-Pierre, publications diverses, timbre-poste spécial, calendrier illustré par des bédéistes, édition d'un " Calvin pour les nuls ", culte en Eurovision et gadgets divers (swatch, stylo, pilulier...), les édits somptuaires étant passés de mode (quoiqu'une bonne récession pourrait les y ramener). Mais il manque quelque chose à ce programme. Quelque chose sans quoi aucune manifestation d'envergure ne saurait plus se tenir à Genève : une baudruche au-dessus du jet d'eau. Nous lançons donc ici une souscription pour le financement de ladite baudruche, à l'effigie de Jean Calvin. Baudruche qui devra, elle, résister au vent, à la bise, aux encycliques papales, à Tariq Ramadan, aux vengeurs de Michel Servet et aux partisans de Sebastien Castellion. Envoyez vos chèques à Jean-Pierre Jobin : s'il n'y a pas assez pour se payer une baudruche, on se payera un banquet.

Lien permanent Catégories : Genève 17 commentaires

Commentaires

  • Banquet ou baudruche, c'est le même prix !
    Celui de la mégalomanie

  • CALVIN PERE DU TERRORISME MODERNE ?

    La cruauté de Calvin- Le suicide de Jean Vachat
    Le 22 janvier 1545, épuisé, suffocant, les poumons tenaillés par un asthme asphyxiant depuis des mois qui l'empêche de dormir, Jean Vachat se donnera la mort en se trucidant avec un couteau apporté par la gouvernante, il "se l'estoit fourré au ventre ". Pierre Vachat, le frère de ce dernier s'en va aussitôt quérir Jean Calvin qui dans un premier mouvement exhorte le pauvre Jean Vachat à se repentir, le menace, le condamne, l'extrait du lit pour l'inciter à prier et demander pardon à Dieu.


    Le rapport circonstancié de Jean Calvin met en exergue un personnage rigide, froid, exempt de compassion pour son prochain tout investi qu'il est dans sa mission de convertir les âmes pécheresses et de chasser le démon omniprésent.

    Calvin fit beaucoup de remontrances au pauvre bougre qui avait tant souffert et dont le mal était incurable. Il l'interrogea sur ce qui l'avait poussé à commettre un tel outrage sur son corps. Lui montra enfin que le diable l'avait bien séduit et transporté. Après les répréhensions, i l lui demanda de se repentir pour avoir offensé Dieu et avoir été vaincu par une telle tentation.

    Malgré les lettres réitérées du frère du suicidé, rien n'y fera. Le corps de Jean Vachat fut mené sous le gibet et enterré.

    Aujourd'hui, un homme comme Calvin serait taxé d'extrêmiste, de fanatique religieux, "d'ayatollah de la bonne conscience genevoise." A quand la réhabilitation de Jean Vachat ?

    alvin, père du terrorisme moderne ? Brûler impitoyablement ceux qui s'opposent à lui.
    Michel Servet a eu la singulière infortune d'être brûlé deux fois: "en effigie par les catholiques, et par les protestants en chair et en os.» Brûlé sur un bûcher à Champel, le 27 octobre 1553, coupable de penser et d'écrire librement : A 42 ans, il est brûlé vif. Son corps est enchaîné, au cou un câble entouré cinq fois et sur sa tête une couronne de paille graissée au soufre, entourée de bois pour assurer une lente et pénible agonie.


    Né entre 1509 et 1511 à Villanueva, en Espagne, Michel Servet (ou plutôt Miguel Serveto) parcourt le Vieux Continent : droit à Toulouse, médecine à Paris, vit en Allemagne, en Suisse et en Italie. Il se passionne pour les questions religieuses. Mais ses idées vont le mener à être considéré en ennemi autant par les catholiques que par les protestants. Qu'écrit donc Michel Servet? De Trinitaris erroribus (Des Erreurs de la Trinité) .Calvin avec qui il a eu une longue correspondance le dénoncera à l'Inquisition.

    Michel Servet est arrêté. Il réussit à s'enfuir mais est condamné par contumace au bûcher et brûlé en effigie avec son livre. En août 1553, il passe par Genève, en route vers l'Italie. Il est reconnu et arrêté alors qu'il se rend à un prêche au temple de la Madeleine. Son crime? La «propagation d'hérésies» liées au rejet de la Trinité, de la divinité de Jésus et du baptême des enfants. Le Conseil (le gouvernement civil de Genève) lui intente un procès sur une plainte de Calvin. Sa condamnation à mort sera approuvée par la majorité des Eglises protestantes de Suisse. Calvin, qui a pris Servet en haine, se rallie aux partisans de la condamnation à mort.
    Mais, avant l'arrestation de Servet à Genève, Calvin a écrit à d'autres collègues du consistoire :
    " Il me faut parler franchement. On ne doit pas se contenter de mettre à mort de tels hommes, on doit les faire brûler impitoyablement.
    Théodore de Bèze est d'une virulence rare : " Qu'on extermine les hérétiques comme des chiens. Le crime de sang ne fait périr que le corps, la corruption par l'hérésie touche l'âme éternelle, les corrupteurs de l'âme sont pires que les criminels ".

    Sébastien Castillon, s'élèvera contre l'exécution: «Tuer un homme, ce n'est pas défendre une doctrine, c'est tuer un homme.» Reste que l'idée de tolérance est combattue par Calvin et par son successeur, Théodore. Sébastien Castillon sera le premier qui s'opposera à cette condamnation et accusera le calvinisme d'intolérance.

    Où est l'humanisme de Calvin ? On y voit qu'intolérance et folie meurtrière ?



    Le moucheron contre l’éléphant ou Castellion contre Calvin

    Castellion accuse publiquement Calvin d’avoir tué un homme par fanatisme et par là même la liberté de conscience au sein de la Réforme, Michel Servet.
    Lutte inégale contre un Calvin qui contrôle tout , rien n’échappe à son pouvoir, ni le Conseil et le Consistoire, ni l’Université et les tribunaux. La finance c’est lui, la morale c’est lui, les prêtres, les écoles, les sergents, les prisons c’est toujours et encore lui.

    Jusque là Castellion n’était qu’un pauvre diable de savant, mais la mise à mort de Servet, le révolte, c’est sa propre liberté de pensée qui est outragée. Personne ne le soutiendra, on craint trop la colère de Calvin. Castellion n’a que sa conscience indomptable dans une âme intrépide. Il proclame que les idées ne s’imposent pas, qu’aucune puissance terrestre n’a le droit d’exercer une contrainte quelconque sur la conscience d’un homme.

    Calvin le condamne au silence, fait déchirer ses livres qui sont confisqués, brûlés, on le fait interdire d’écriture. Il commence une campagne de calomnies.

    Castellion fera publier sous un pseudo Martin Bellius son Traité des hérétiques et cachera le lieu d’impression. Ce traité met en évidence le traitement des hérétiques et qui surtout réprouve l’emploi de la torture et de la peine capitale. Seule la tolérance peut préserver l’humanité de ces barbaries.

    Calvin fera tout son possible pour interdire la diffusion du livre, il faut lutter coûte que coûte contre la liberté de conscience qui est une doctrine diabolique.

    On pousse Castellion à sortir du trou, il quitte l’anonymat publiquement. Il le fera avec un des plus beaux pamphlets Le Contra libellum Calvini. Entretemps Calvin censure son ouvrage, fait croire à une insurrection projetée contre lui et ordonne le massacre de tous ceux qui s’opposent à lui.
    Castellion abandonne la polémique et reprend ses cours à l’Université à Bâle, empêché d’écrire, il parle, soutenu dorénavant par de grands humanistes. Calvin excédé finira par s’attaquer personnellement à Castellion par un pamphlet haineux “Calomnies d’un vaurien”. Castellion y est insulté, couvert d’injures et se termine par un “Que Dieu t’écrase, Satan”.
    Castellion mourra à l’âge de 48 ans "arraché par la bonté de Dieu aux griffes de ses adversaires" selon ses amis. Ses obsèques seront à la hauteur de l’homme, on porte haut son deuil à Bâle, tandis qu’à Genève on se réjouit.
    Castellion est le seul adversaire qui ait résisté à Calvin, ce “tue-joie” !


    Source : Stefan Zweig- Conscience contre violence – tuer un homme ce n’est pas défendre une doctrine, c’est tuer un homme……..

  • Cette bien lamentable affaire, comme l'assasinat de Pierre Fation, nous rappelle que ce n'est jamais celui qui écrit le livre ou déclame les vérités que les gouvernants veulent cacher qui a tort, mais celui qui le brûle ou le fusille.

  • Mes excuses, lire Pierre Fatio et non Fation.

  • Calvin, sinistre personnage dont les 8 enfants TOUS morts en bas âge (par manque de soins)n'a rien amené à notre Cité. Le Collège, l'Hospice général ont été créés par des grands hommes et femmes restés dans l'ombre qui ont voué leur énergie à l'éducation et l'aide aux malades, défavoriés, orphelins.

    Il nous légué sa mine renfrognée, son air radin et moralisateur à 2 balles, ça oui!

    Et puis, on ne mesure la grandeur d'un personnage aux nombres de gens tués! Cessons avec ces références. Nietzsche nous a appris qu'avec ce type de représentation, on arrive à cette "vérité" : "si je tue un homme, je suis un assassinat à vie; si je tue beaucoup, je suis un héros; si je tue tout le monde, je suis Dieu!"... A méditer!

  • Pour les gens sensés il est clair que la religion n'empêche pas les cruautés et les injustices. Elles les tolèrent souvent et les encouragent parfois.
    Il y a un curieux paradoxe pourtant (que d'habiles théologiens ne manqueront pas d'interpréter comme la preuve que l'athéisme n'existe pas): j'ai l'impression, fausse je l'espère, que les athées s'accommodent moins bien des injustices commises par des croyants, puisqu'elles ajoutent la cruauté à la prétention de connaître la source du bien, alors que les croyants les attribuent à des faiblesses humaines qui ne mettent pas en cause leur foi, étant donné que ces faiblesses sont la preuve-même de la bonté de dieu, qui a laissé l'homme libre de ses actes.

  • @Micheline Pace: merci de cette citation. Et que votre nom soit un présage d'avenir pour l'humanité, malgré tous les signes contraires qui dominent l'horizon.

  • MERCI, Mère!

  • On nage en plein obscurantisme ! On ne peut PAS pardonner à Calvin l'assassinat de Michel Servet, pas plus au pape de l'époque celui de Giordano Bruno, et à tous les lycheurs de "sorcières", etc. (il y a eu beaucoup d'"inquisiteurs"). Seules leurs victimes le peuvent, mais elles ne sont plus là. Reste à comprendre comment une religion monothéiste s'est arrogé le droit de tuer des gens au nom de sa foi, simplement parce qu'ils pensaient différemment, alors que l'on ne retrouve RIEN de cela dans le textte fondateur. Mais c'est vrai, cela s'est vu partout, qunad il y avait le même mélange du religieux et du goût du pouvoir. Même maintenant c'est encore possible, et on nous le démontre chaque jour. Et on pourrait même se demander: si la religion ne dissuade pas de tuer parce que l'on n'est pas d'accord avec l'autre, quel progès depuis l'âge des cavernes ? On ferai bien de se désolidariser publiquement et officiellement de ces agissements si on veut faire devoir de mémoire.

  • Le principe qu'on pouvait tuer pour des motifs religieux existait en fait avant le christianisme. A Athènes, il a été appliqué à Socrate, et à Rome, aux chrétiens mêmes - mais pas seulement. A mon avis, la croyance que l'Etat doit aussi veiller à la santé des esprits (et employer, à cette fin, des spécialistes, c'est à dire des théologiens reconnus) vient principalement, en Occident, de la conception romaine de l'Etat. Mais les Romains n'étaient pas les seuls à voir les choses ainsi. D'ailleurs, dans certains Etats totalitaires qui n'avaient pourtant pas de vocation religieuse particulière, le théologien a pu être remplacé par le philosophe officiel, ayant reçu ses patentes de l'Etat. Je crois que le grand apport de la modernité est d'avoir séparé l'Etat de la conscience indviduelle, et c'était le point de vue défendu par Sébastien Castellion, qu'ont repris souvent les fondateurs du concept de la laïcité.

    Notez, sinon, qu'à Annemasse, Michel Servet a été consacré quasiment figute tutélaire de la cité, depuis quelques années : un Collège porte son nom, et il a une statue juste devant l'Hôtel de Ville.

  • @Victor Devaud: "quel progrès depuis l'âge des cavernes?" Il n'y en n'a pas au sens où vous l'entendez, de même que les artistes de Lascaux ne sont pas inférieurs aux artistes de la Renaissance. Simplement les conditions générales de la vie ont changé et dans les meilleurs moments nous montrons donc plus sensibles et raffinés, en accord avec les moeurs du temps. Comme vous le savez il suffit de peu pour que ces qualités fassent place aux pires cruautés, celles dont nous aimons parfois naïvement parer nos ancêtres éloignés: cette naïveté n'est hélas pas le propre des religions, mais en prétendant se faire les interprètes d'un être parfait, elles n'en portent que plus de responsabilité.

  • Le Grand Conseil devrait plutôt attribuer ce demi-million à la mémoire des victimes de Calvin et de son fanatisme aveugle et guerrier ! C'est comme si on prétendait consacrer un demi-million à organiser une fête à la mémoire de Ben Laden, tout aussi intolérant que l'était Calvin. A quand une vraie réforme qui reconnaîtra les erreurs commises par Calvin ?

  • Duda@ vous n'imaginez même pas à quel point vous êtes plongé dans l'idéologie de la culpabilité, qui a au moins un avantage : elle fait bien rigoler nos frères humains des autres continents. Quoique. Nos frères humains d'Afrique sont généralement très choqués de voir comment nous traitons nos frères criminels, et c'est rien de le dire. C'est peut-être cela, la "haine de l'Occident" ?
    Cela dit, la Réforme et ses sbires, l'idéologie des bourgeois, ce n'est peut-être pas très gai mais c'est toujours mieux que cette cochonnerie de catholicisme, doctrine des féodaux propriétaires de serfs et actuellement réservoir de pédophiles ?
    Ou bien je me trompe ?

  • "si je tue un homme, je suis un assassinat à vie; si je tue beaucoup, je suis un héros; si je tue tout le monde, je suis Dieu!"

    Il y a une quatrième position, intermédiaire ... celle de prophète.
    Lisez l'histoire de la vie de Mahomet, écrite par ses propres compagnons, pendant 23 ans ... crimes, assassinats de sang froid, vols, pédophilie, polygamie, mégalomanie ...etc.

    Les athées n'ont changé leur position d'un iota, Dieu n'existe pas.

    Par contre, les croyants et leurs dieux, ont tout le temps changé de nom, d'apparence, de pouvoirs ... etc.

  • On a beau coup tué au nom de Dieu, les philosophes n'ont jamais fait la guerre ! Moins de religion, plus de philo.

  • Les adeptes calviniens semblent ne pas être étonnés par une telle propagande publique de la personnalité de leur leader. Ainsi de la tolérance avant toute chose, même dans les extrémités.

  • C-EST UNE HONTE !!
    ON PAYE POUR LE JUBILé D'UN FANATIQUE QUI SERT LA CAUSE DES RADICAUX...LEUR FILS SPIRITUEL !!

    ALLONS NOUS FAIRE UN JUBILé POUR RENDRE HONNEUR ET PLACE AU mALHEURUEX MICHEL SERVET, PAUVRE ESPAGNOL HUMANISTE TRAHIT PAR LE "BON CALVIN", QUI L'ENVOYA TOUT DROIT DANS LES FLAMMES DU BUCHER ( DES VANITéS?)

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