Bangladesh : Un syndicat de femmes contre les bagnes du textile (mardi, 02 mars 2010)

Trois millions de personnes, dont neuf sur dix sont des femmes, travaillent dans les 4500 usines textiles du Bangladesh. Travaillent, au sens étymologique du terme, dont on sait qu'il nous vient du "tripalium" latin, c'est-à-dire d'un instrument de torture. Licenciements abusifs et abrupts, salaires de misères (quand encore ils sont versés), heures supplémentaires nocturnes non payées, travail sept jour sur sept, interdictiuon d'appartenir à un syndicat, inégalités salariales et surexploitation des femmes, licenciées dès qu'elles tombent enceintes, harcèlement sexuel. En 1995 a a été créé un syndicat, le GWUF (Garment Workiers Unity Forum), seul syndicat du textile au Bangladesh à être dirigé par des femmes. Ce syndicat est la cible constante d'attaques gouvernementales et patronales. Pour lui permettre d'y résister, il a besoin du soutien international : le SOLIFONDS nous appelle à ce soutien. Si le principe de solidarité internationale ne suffit pas à convaincre de la nécessité de soutenir les travailleuses du textile au Bangladesh, on pourra toujours invoquer le principe de précaution xénophobe : celles et ceux qui ne peuvent vivre dignement chez eux finiront, légitimement, par tenter de vivre dignement chez nous...

L'exploitation et la répression, nues

D'où nous viennent les habits que nous portons ? Souvent, du Bangladesh. C'est-à-dire d'un pays où se joue, dans toute sa brutalité, l'accumulation primitive du capital, sur le dos des travailleuses et des travailleurs. Là, leur exploitation et la répression de leur syndicat sont nues, pur rapport de force, sans fard, sans masque, sans prétexte. Le GWUF revendique un salaire minimum, le droit d'association syndicale, une journée de congé par semaine, le non-licenciement des femmes enceintes, le versement des salaires ? Le GWUF doit être mis au pas, et le silence doit se faire sur ces revendications, parce qu'il doit se faire sur les conditions dans lesquelles travaillent ceux, et surtout celles, qui nous habillent. Lors des manifestations et des grèves organisées par le GWUF, la répression s'abat, sans merci : huit personnes tuées et des centaines blessées en 2009 lors de rassemblements syndicaux, 3000 ouvrières et ouvriers visées par des plaintes sans fondements (pour incendie, vol, meurtre), dont le seul motif était de les dissuader de se battre pour leurs droits et de leur démontrer que tout est permis à leurs employeurs. Le syndicat doit faire face à ce harcèlement légal (27 plaintes ont été déposées contre  sa présidente, Mishu Mushrefa), s'opposer aux plaintes, à défendre celles et ceux qu'elles visent. 1015 ouvrières et ouvriers ont ainsi pu être libérés, mais sous caution, par un syndicat qui mène ses activités dans des conditions invraisemblablement précaires, sans locaux, sans finances (la plupart de ses 85'000 membres n'ont pas les moyens de payer leurs cotisations). Le SOLIFONDS* lance un appel pour lui permettre d'accorder au GWUF (comme, par ailleurs au moluvement des sans terre de Bolivie et au mouvement paysan du Paraguay) le soutien nécessaire, et de financer l'assistance juridique, la publication d'un journal et la formation des dirigeants et des cadres syndicaux. Répondez à cet appel :

Solifonds
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