Ueli der Soldat et les beaux navions (jeudi, 22 octobre 2009)

Il n'en dort plus, le Conseiller fédéral UDC, ministre de la Défense : son armée a besoin d'un demi-milliard de francs pour être encore capable de quelque chose, on ne les lui donne pas, et en plus, on veut lui faire acheter de nouveaux avions de chasse pour remplacer les Tiger F5 qui seront bientôt aussi utiles à la Suisse que des Messerschmidt, des Spitfire ou des Stormovik de la deuxième guerre mondiale. Lesquels ont au moins une valeur patrimoniale. Et donc, à bout d'insomnies, Ueli Maurer a lancé une sorte d'appel au secours : donnez-moi 500 millions, ou renoncez à l'achat de nouveaux avions ! ça tombe bien, une initiative du GSsA a abouti, qui demande précisément que l'on renonce à l'achat de nouveaux avions de combat. Et du coup, quelques casques à boulons songent à lancer une initiative dans le sens contraire : pour que l'on garantisse un tel achat. Mais qu'ils le fassent : avec un peu de pot, on pourrait voter le même jour sur les deux initiatives (si la seconde aboutit)…

L'intendance suivra

Ça avait fait l'effet d'une bombe. Une petite bombe, lâchée de pas très haut, mais une bombe quand même. Disons une bombinette : Le Conseiller fédéral Ueli Maurer proposait au gouvernement d'abandonner l'achat de nouveaux avions de combat. Pourtant, il se disait, et se dit toujours, convaincu que notre Luftwaffe en a besoin, de ces nouveaux navions, mais voilà : elle a plus urgemment encore besoin de 500 millions pour éviter de sombrer complètement dans le folklore et le ridicule... Et donc, Ueli der Soldat a proposé au Conseil fédéral d'interrompre la procédure d'évaluation des trois offres encore en compétition pour remplacer les Tiger F5 : l'offre française de Dassault, l'offre suédoise de Saab, et l'offre allemande d'Eurofighter. Les trois avionneurs, après des mois de lobbying intensif (certains y ajoutant même un léger soupçon d'achat de votes parlementaires) se retrouveraient ainsi le fuselage dans l'eau, tous marris d'avoir dépensé des efforts considérables pour des prunes. Il y a de la cohérence, dans l'attitude de Maurer : on voit mal en effet l'urgence d'équiper l'armée d'avions dernier cri quand les toits des casernes tombent sur la gueule des recrues faute de moyens pour entretenir les bâtiments. Mais par 18 voix (la droite) contre huit (la gauche), la Commission de la politique de sécurité du Conseil national recommande tout de même au gouvernement de poursuivre l'évaluation des offres des avionneurs et de mettre à disposition les moyens financiers nécessaires. En les prenant où, à qui ? En faisait des économies sur quoi ? En rognant sur quel nécessaire pour se payer ce superflu ? Elle ne l'a pas dit, la commission. C'est pas son problème, à la commission. Elle veut des navions la commission, elle ne voit pas plus loin que ça, l'intendance suivra, comme on disait dans l'armée française, en mars 1940…

01:14 | Lien permanent | Commentaires (5) | Tags : armée, avions, gssa, dassault, saab | |  Facebook | | | |