"Construisons des logements pour toutes et tous" (jeudi, 14 novembre 2019)

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En finir avec la pénurie

Un vote chasse l'autre : dans dix jours, les urnes genevoises scelleront le destin de l'initiative populaire cantonale "Construisons des logements pour toutes et tous : une priorité en période de pénurie !". Lancée par la gauche, l'initiative propose de rendre obligatoire, tant que sévira une pénurie de logements (moins de 2 % de logements vacants) le recours à la zone de développement en cas de modification des limites de zones pour construire des logements. La droite, fidèle aux milieux immobiliers, combat l'initiative. Aux côtés de la gauche, les syndicats, les associations d'habitants, l'Asloca et la Cigüe (coopérative de logements pour étudiants) soutiennent l'initiative.
Par ailleurs, un référendum a été lancé contre une modification de la loi sur les zones de développement, modification qui permettrait d'y construire 70 % de logements destinés à la vente alors que 80 % de la population n'a pas la possibilité financière de cette acquisition. Signez-le, et renvoyez la feuille de signature (téléchargeable sur https://www.fichier-pdf.fr/2019/11/14/referendum-asloca/) avant le 6 décembre.

Soustraire le droit au logement aux "lois du marché"

Au temps où nous écrivons et où vous nous faites la grâce de nous lire, 8500 personnes, inscrites sur les listes de l'Etat et de la Ville, attendent un logement dont le loyer leur soit accessible. Dans le même temps, pourtant, on construit. Mais que construit-on ? Près de la moitié des nouveaux logements sont en PPE, en propriété par étage. Autrement dit : des logements à acheter, inaccessibles à la majorité des personnes en manque de logement. Et le but de 30 % de logements sociaux dans les zones de développement n'est toujours pas atteint, treize ans après avoir été fixé.

L'initiative "Construisons des logements pour toutes et tous" est une réponse à cette situation : pour y répondre, et répondre aux besoins de la population , il faut construire en zone de développement des logements accessibles à l'écrasante majorité de la population -celle qui est directement et durement frappée par la pénurie de logements, celle pour qui, quand elle est logée, doit s'acquitter de loyer dont le montant atteint une part insupportable du revenu (plus du tiers du budget familial pour les revenus inférieurs à 4000 francs, par exemple).

À Genève, le taux de logements vacants est de 0.54%, alors qu'on estz en situation de pénurie dès que ce taux est inférieur à 2 %. Cette pénurie provoque une très forte augmentation des loyers, dans un canton qui compte plus de 80% de locataires. Pour construire de nouveaux logements, le canton dispose d'un instrument : la zone de développement, où, au contraire de la situation en zone ordinaire, totalement dérégulée, des garde-fous ont été instaurés contre la spéculation :
contrôle des prix de vente et de location, quotas de logement subventionnés ou sociaux, exigence que les acheteur-euse-s de logements en propriété par étage habitent leur logement, cession de terrains au profit du domaine public, pour construire par exemple des écoles sans que les commune doivent racheter à des privés et au prix (d’or) du marché les terrains nécessaires.

C'est cet instrument indispensable d'une politique du logement répondant aux besoins réels de la majorité de la population que l'initiative veut défendre. Et c'est donc pour rendre possible une telle politique, et soustraire le droit au logement au "lois" d'un marché qui n'a que faire de la concrétisation de ce droit qu'il importe de soutenir l'initiative, dans les dix jours qui viennent.

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