Ville de Genève : La droite s'attaque au statut du personnel (mercredi, 05 décembre 2018)

Ubu.jpgPrise d'otage

Prenant les 4000 employée de la Ville en otage de l'animosité qu'elle cultive à l'égard du Conseil administratif, la droite municipale veut imposer, sans négociation, sans discussion même au Conseil Municipal, une modification du statut de ce personnel, et s'autoriser elle, et elle seule, à ne pas accorder aux salariés de la fonction publique l'indexation de leurs salaires. Et cela sans concertation, sans discussion, sans débat, sans négociation avec le personnel, sa commission et ses syndicats. Rien, strictement rien, ni financièrement, ni règlementairement, ne justifie qu'on modifie ainsi un statut résultant d'une négociation, en méprisant totalement le "partenariat social" pourtant rituellement invoqué à chaque grève (pour la condamner). Rien ne le justifie, mais une pulsion l'explique : le besoin désespéré (et désespérant) de la droite municipale genevoise d'exister face à un Exécutif de gauche.

Mais grandissez, bon sang !

Que la détestation en laquelle la droite municipale se complaît à l'égard d'un exécutif municipal au sein duquel elle n'arrive plus à faire élire qu'un seul magistrat (actuellement Guillaume Barazzone, qui y a succédé à Pierre Maudet... avant que Pierre Maudet éjecté du Conseil d'Etat ne lui succède, dans une réinvention locale du mouvement perpétuel ?) la pousse à s'attaquer à cet exécutif est de l'ordre de la normalité -une normalité lestée d'une bonne dose d'infantilisme, mais une normalité tout de même, et on n'attend d'ailleurs pas grand chose d'autre de cette droite-là. Mais qu'elle s'attaque au personnel de la Ville, là on n'est plus dans l'infantilisme, mais dans quelque chose qui tient de la compensation de l'impuissance.

La droite coagulée a donc, dans un premier temps, coupé en commission des finances la moitié de la ligne budgétaire assurant, conformément au statut du personnel, l'indexation des salaires du personnel de la Ville et des institutions de la petite enfance. Cette proposition doit encore être ratifiée par le plénum du Conseil municipal, lors du débat budgétaire, dans dix jours, mais comme elle est contradictoire du respect du statut du personnel, la même droite mêmement coagulée, le PDC se mettant à la traîne du PLR, de l'UDC et du MCG, doit donc modifier ce statut. Et elle s'y est mis hier, et s'y remettra aujourd'hui en troisième débat. Enfin, "débat", faut le dire vite : non seulement la droite municipale refuse toute négociation avec le personnel, mais elle refuse aussi tout débat au Conseil municipal : le vote doit se faire sans discussion, avec un deuxième débat où on ne débat pas, et un troisième débat qui s'annonce lui aussi sans débat.

Et puis quoi ? La modification du statut du personnel étant soumise à référendum facultatif, elle ne peut entrer en vigueur qu'à l'expiration du délai référendaire de 40 jours, plus 11 jours de vacances de fin d'année, ce qui nous amène au moins à fin janvier, voire, si le référendum est lancé et qu'il aboutit, à la date de la votation. Et un deuxième référendum est même possible, contre le budget 2019 cette fois (si le Conseil municipal en vote un...) puisque la réduction de l'indexation modifie une ligne budgétaire de dépenses. Et là, c'est à nouveau, comme en 2018, comme en 2017, sous le régime des "douzièmes provisionnels" que la Ville fonctionnerait, à partir du dernier budget adopté. Celui de 2018. Qui contient une indexation intégrale, sur la base du statut du personnel actuel, non modifié.

Bref, on l'aura compris, l'attaque de la droite municipale contre le statut du personnel ne relève ni d'une ligne, ni d'une stratégie, ni d'une stratégie politiques. Juste d'une posture, d'une gesticulation, de l'expression désespérée d'un besoin prépubère d'exister. Mais grandissez, bon sang !

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