Invalidation de l'initiaive populaire « Le Plaza ne doit pas mourir » : on recourt (jeudi, 22 mars 2018)

logo Plaza.jpg

Dans un mois se tiendra le premier tour de l'élection du Conseil d'Etat. L'un des dernier actes du gouvernement sortant aura donc été de tenter de priver les Genevoises et les Genevois du droit de se prononcer sur une initiative signée par plus de 11'000 d'entre elles et eux : l'initiative populaire législative "Le Plaza ne doit pas mourir", qui propose de déclarer d'utilité publique le maintien de la plus belle salle de cinéma genevoise, et, par le moyen de l'expropriation dans le cadre de la loi et de cette utilité publique, d'en faire un espace culturel novateur, au centre d'un quartier qu'il pourrait redynamiser -et qui en a grand besoin. Hier, le Conseil d'Etat sortant a décidé d'invalider l'initiative, et donc de ne la soumettre ni au parlement, ni au peuple. Le Comité d'initiative fera, bien sûr,recours contre cette invalidation.

"in dubio pro populo"

Il faut bien, aujourd'hui, rappeler au gouvernement genevois sortant un principe, fondamental de la démocratie telle qu'elle est (ou devrait être) défendue dans cette République : "in dubio pro populo" (dans le doute, c'est au peuple de décider). Le Conseil d'Etat, et le Grand Conseil sont maîtres de leurs propres recommandation au peuple, mais tenus de laisser le peuple décider : s'ils sont opposés au contenu d'une initiative, qu'ils le disent, l'assument et proposent aux citoyennes et citoyens de la repousser, quitte à lui proposer un contre-projet -mais qu'ils ne se cachent pas, pour complaire aux propriétaires d'un ensemble architectural et d'un lieu culturel méritant toute protection, derrière des arguties juridiques qui ne trompent personne, pas même ceux qui s'y livrent.

A au moins deux reprises, la Ville de Genève (soit, respectivement, son Conseil administratif et son Conseil municipal) a fait montre de son opposition à la démolition de la salle du "Plaza", et de son engagement pour son maintien comme salle de cinéma. D'abord, le Conseil administratif a délivré un préavis positif à la demande de classement de l'ensemble dans lequel la salle de cinéma est insérée, "Mont-Blanc Centre", puis un préavis défavorable à la demande d'annulation du classement de cet ensemble, et enfin un préavis négatif à la demande faite par le propriétaire du "Plaza" de l'autoriser à démolir la salle. Ensuite, le Conseil municipal, par son soutien à une pétition lancée en ce sens, a donné mandat au Conseil administratif d'"entreprendre toute démarche et de faire toute proposition, y compris de rachat, le cas échéant en partenariat, afin de maintenir l'affectation de la salle du Plaza en salle(s) de cinéma, dans le respect de son architecture". En acceptant la pétition, le Conseil Municipal saisit la Ville de Genève de l'enjeu, comme en faisant aboutir l'initiative, ses 11'000 signataires en saisissent le canton. La Commission des Arts & de la culture du Conseil Municipal a également préavisé en faveur de l'acceptation par le Conseil Municipal d'une motion ayant la même teneur que la pétition.

Le Comité d'initiative fera donc recours auprès de toutes instances utiles contre la décision du Conseil d'Etat sortant d'invalider une initiative signée par plus de 11'000 citoyennes et citoyens, et de priver l'ensemble des citoyennes et citoyens genevois du droit de se prononcer sur les propositions de l'initiative. Il appelle les Genevoises et les Genevois à tenir compte, lorsqu'ils choisiront, dans un mois, leur nouveau gouvernement, de l'une des dernières décisions de leur gouvernement sortant, de l'une de ses dernières erreurs politiques et de l'une de ses dernières manifestations de pusillanimité face aux propriétaires fonciers.

15:05 | Lien permanent | Commentaires (5) | |  Facebook | | | |