Budget municipal : Quatre NON nécessaires (mardi, 13 février 2018)

vignette coupes budgétaires.JPGDans moins d'un mois, le 4 mars, les habitantes et tants de la Ville de Genève (celles et ceux qui ont le droit de vote, du moins) se prononceront sur le budget municipal. Pas celui de cette année, celui de l'année dernière. Mais comme la majorité du Conseil municipal a été infoutue d'adopter un budget 2018, et qu'elle sera toujours infoutue d'en adopter un avant le vote du 4 mars, c'est à partir du budget 2017 que la Ville fonctionne, mois après mois (c'est le système des "douzièmes provisionnels). Et donc, c'est bien, aussi, le fonctionnement de la municipalité cette année qu'il s'agit d'assurer, en rétablissant le budget de l'année dernière tel qu'il avait été proposé par le Conseil administratif, et pas tel qu'il a été salopé par la majorité du Conseil municipal (ce contre quoi la gauche avait lancé et fait aboutir un référendum, d'où le vote du 4 mars, un peu tardif du fait d'une amusante Genferei). Mais il s'agit surtout de dire clairement, une fois de plus, que les coupes mécaniques, arbitraires, inutiles et purement défoulatoires opérées désormais chaque année par une majorité (de droite et d'extrême-droite) d'occasion sont inacceptables, nuisibles et absurdes tout à la fois : les finances de la Ville sont saines, ses comptes sont excédentaires, le budget attaqué par la droite était mieux qu'équilibré... Le vote 4 x NON le 4 mars ne sera pas un vote pour rien : il est nécessaire pour rétablir un budget 2017 qui permettra à la Ville de fonctionner en 2018, et pour dire à nouveau son fait à la droite coagulée du Conseil municipal.

"Ce n'est pas une chose rare qu'il faille reprendre le monde de trop de docilité" (Pascal)

On va donc voter dans un mois sur le budget d'il y a un an, dont l'exercice s'est clos il y a bientôt deux mois... Situation absurde, et pourtant vote nécessaire, ne serait-ce que pour en éviter la répétition. Quand le Conseil Municipal de la Ville se révèle incapable de doter à temps, avant le début de l'année, la commune d'un budget, lui, le Conseil Municipal, n'en souffre pas, le ridicule ne tuant plus personne depuis longtemps sous nos latitudes. Il avait d'ailleurs procédé de la même manière en 2016, et il avait déjà fallu un référendum* et un vote populaire pour rétablir le budget initial -celui du projet déposé par le Conseil administratif. Mais si la posture de la majorité du Conseil municipal a quelque chose de dérisoire, le passage aux "douzièmes provisionnels" en attente de l'accouchement tardif d'un budget a, lui, de quoi pénaliser injustement, les acteurs, institutions et lieux culturels qui ont à assumer des programmations annuelles nécessitant, en début d'année, une trésorerie suffisante. Or ce sont les subventions publiques qui, pour la plupart d'entre eux, peuvent leur assurer ces fonds, leur propre billetterie ne leur permettant que de fonctionner une fois consenties les dépenses assurant la saison -ces mêmes dépenses que permettent les subventions. Quand les subventions ne sont versées qu'à raison, une fois par mois, d'un douzième de la subvention de la dernière année budgétaire normale, elles ne peuvent couvrir ces dépenses initiales. Ni même, souvent, les salaires et les fournisseurs. Et les acteurs culturels risquent la cessation de paiement, sans s'être  rendus coupables de rien -seulement parce que le parlement municipal n'a pas fait son boulot. Et il n'y a pas que les acteurs culturels qui trinquent : la droite coagulée a aussi coupé dans la coopération et la solidarité internationale, mettant en danger des projets se réalisant sur le terrain et avec les populations qui en ont besoin, et dans des allocations sociales -celles de rentrée scolaire, qu'elle a dans le collimateur depuis qu'elles existent et qu'elle a voulu transformer en bons d'aumône...
Nous avons d'ailleurs lancé une pétition pour rétablir ces allocations : vous pouvez encore la signer (https://www.fichier-pdf.fr/2018/02/06/petition-allocs/) avant de poster votre vote (ou d'aller voter) quatre fois NON aux coupes budgétaires. Et peut-être, de signer un nouveau référendum contre de nouvelles coupes, ou contre la transformation à venir d'une allocation versée en monnaie en aumône octroyée en bons cadeaux : "Ce n'est pas une chose rare qu'il faille reprendre le monde de trop de docilité" (Pascal). Le monde, ou nos propres élus.


*Il n'y a pas que la gauche de la Ville de Genève qui lance des référendums contre le budget municipal :  la droite de la Ville de Meyrin, l'a aussi tenté : elle s'opposait à la création de la moitié des 47 postes prévus dans le projet du Conseil administratif, pour 2,9 millions de francs. En fait, elle aurait voulu proposer une baisse du centime additionnel, qui avait été augmenté de deux points en 2015, mais elle ne peut pas le faire par un référendum ou une initiative, alors elle s'est attaquée aux postes. Mais il y a deux différence notables entre la situation en Ville de Genève et la situation en Ville de Meyrin : d'abord, à Meyrin, la droite s'est gaufrée au stade de la récolte de signatures, et son référendum n'a pas abouti, alors qu'en Ville, les quatre référendums lancés par "Ensemble à gauche" (et soutenus par le PS et les Verts) ont largement abouti. Ensuite, à Genève, le PDC a suivi la droite et l'extrême-droite comme un caniche pour couper dans le projet de budget d'un Conseil administratif où le même PDC est pourtant représenté, alors qu'à Meyrin il défendait le budget du Conseil administratif de gauche, où il a aussi un représentant. On vous laisse le soin d'identifier, en les distinguant, le PDC municipal capable d'assumer ses responsabilités et le PDC municipal accroché comme un wagon au train du PLR, de l'UDC et du MCG. Mais non, on vous souffle pas la réponse, mais non...

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