Conférence de suivi " Durban II " (mardi, 21 avril 2009)

La conférence sur le racisme (dite " Durban II " puisqu'il s'agit du " suivi " de la chaotique conférence de Durban en 2001) s'est donc ouverte aujourd'hui, jour de la commémoration de la Shoah. " Il est important que le nom de Genève ne soit pas associé à un échec " de la conférence, a plaidé notre Conseillère fédérale préférée… Qu'elle se rassure : si échec de la conférence il devait y avoir, nul participant, et la Suisse pas plus qu'un autre, ne s'en sentira responsable. Mais on aura toujours quelque peine à se convaincre de la réussite d'une conférence qui n'accoucherait, après quelques polémiques, d'une déclaration finale consensuelle tenant en deux points :
1. Le racisme, c'est pas beau
2. Le raciste, c'est l'autre

Un oxymore : L'Etat antiraciste
Qu'attendre de " Durban II " ? Il y a certainement plus essentiel qu'éviter que " le nom de Genève soit associé à un échec " : il y aurait à l'associer à une véritable avancée dans la lutte contre le racisme, la ségrégation, l'exclusion -mais sur qui compter pour que cette avancée se fasse ? Sur le président iranien, qui s'invite à Genève (le Premier ministre ou le ministre des Affaires étrangères d'Israël, plus couards, restent chez eux) ? Sur la République de Genève elle-même, qui accueille la conférence quelques mois après avoir ouvert la chasse aux Rroms dans les rues de la ville ? Sur la Confédération Helvétique, qui chaque année révise ses lois sur l'asile et l'immigration en les rendant à chaque fois plus restrictives et plus xénophobes ? Cette conférence rassemble certes 2500 représentants d'ONG, mais elle est surtout une conférence de l'ONU. C'est-à-dire une conférence entre Etats. Or ce n'est jamais que contraint et forcé, ou s'il y trouve son intérêt, qu'un Etat se lancera dans la lutte contre le racisme, la ségrégation, la discrimination. Discriminatoire, l'Etat l'est toujours, depuis toujours, qu'il soit démocratique, autocratique ou théocratique. Il l'est parce qu'il est constitué pour l'être, pour exercer une souveraineté sur un territoire et sur une population, contre les autres Etats et les autres populations. Combattre le racisme, c'est combattre pour les droits humains. Mais les droits humains sont les droits des humains face au pouvoir (politique, religieux, social, économique) Et confier aux Etats la tâche de lutter contre le racisme est à peu près aussi pertinent que confier à McDonald le soin de lutter contre la malbouffe.

03:05 | Lien permanent | Commentaires (3) | Tags : onu, durban, racisme, xénophobie, genève | |  Facebook | | | |