Le congrès des parasites (vendredi, 03 avril 2009)

Le G-20 et le monde en crise
Les dirigeants du G20 - les 20 pays les plus riches du monde, ou réputés tels (la Suisse n'est pas invitée, et en fait un petit caca nerveux), ou espérant l'être, se réunissent à Londres aujourd'hui. Peu friande d'euphémisme, la " Tribune " n'y va pas de main morte dans son annonce de l'événement : " La mission du G20 : sauver la planète " (c'est la Une), " le G20 doit sauver un monde aux abois " (en page 4). Diable ! Et nous, de nous interroger : de quoi, ou de qui, devrait-on aujourd'hui " sauver le monde ", sinon du grand monde réuni à Londres, du demi-monde qui lui tourne autour et du petit monde médiatique qui fait caisse de résonance à l'un et l'autre ? Nul en réalité ne s'attend à ce que le G20 " sauve le monde " -ni qu'il le veuille, ni qu'il le puisse. Le congrès des parasites s'amuse seul et ne changera quoi que ce soit, sinon pour que rien ne change. La recette du G20 se trouve dans " Le Guépard ".


Sauver le monde ou sauver les meubles ?
L'hôte des participants à la sauterie londonienne, le Premier ministre britannique (et travailliste) Gordon Brown, n'avait pas hésité à invoquer les mânes de Roosevelt en promettant que tout allait être fait pour lancer un " New new deal ". Un nouvel ordre mondial de plus, celui né des décombres de l'empire soviétique s'achevant dans les décombres de l'hypercapitalisme. Les promesses n'engageant que ceux qui y croient, on a quelque peu rabattu de celle-ci. Plus de New new deal. On en revient à ce qu'on peut faire sans rien changer, ou presque, de ce qui structure le monde dont on se croit les maîtres. Le raout londonien s'achèvera vraisemblablement par une vaste distribution d'aspirine, de sparadraps et de placebos. Dans une lettre aux dirigeants du G20, le Secrétaire général de l''ONU, Ban Ki-moon écrit que mille milliards de dollars sont nécessaires pour aider les pays en développement à surmonter la crise économique et financière mondiale, qui "pourrait avoir de profondes conséquences pour la sécurité et la stabilité de nous tous". Mille milliards de dollars, non pour sortir de la crise, mais pour en atténuer les effets. Mille milliards de dollars, c'est beaucoup, mais moins que ce qui a été déjà trouvé pour boucher les trous du système financier occidental. " Nous avons besoin d'un véritable plan de relance mondial ", ajoute le secrétaire général de l'ONU, qui conclut finement : " En apportant ce soutien, vous soutiendrez l'économie mondiale, notre propre croissance et la stabilité mondiale ". Bref, vous vous soutiendrez vous-mêmes, potentats démocratiques ou autocratiques dont la crise menace, pour les premiers la légitimité, pour les seconds la puissance, et pour tous le pouvoir. Les dirigeants du G20 sont bien réunis pour " sauver le monde ", mais seulement le leur.

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