Tais-toi et paie ! (samedi, 13 décembre 2008)

"Sauvetage " de l'UBS: le parlement amorce la pompe à phynances

Le 7 décembre, le Conseil national (c'est-à-dire sa majorité de droite), suivi le lendemain par le Conseil des Etats, a avalé, sans rechigner, et sans condition, le brouet à 68 milliards du " plan de sauvetage de l'UBS ". Une formalité. Du même genre que celle déjà effectuée en son temps pour Swissair : une minorité de bureaucrates privés reçoivent sans condition des sommes astronomiques pour sauver une entreprise mise à mal par d'autres bureaucrates privés du même genre. Dans d'autres pays démocratiques, pas moins capitalistes que la Suisse, et dont les gouvernants ne sont pas moins, économiquement parlant, " libéraux " que les Suisses, les parlements ont eu leur mot à dire, et ont pu redéfinir les accords passés avec les entreprises en péril : en Allemagne, en Grande-Bretagne, aux Eats-Unis... mais pas en Suisse. En Suisse, le mot d'ordre, c'est " raque et ferme ta gueule ". Ou ne l'ouvre que pour ne rien dire. Faut vous dire, Monsieur, que chez ces gens-là, on ne réfléchit pas, Monsieur, on ne réfléchit pas. On compte. Pas les milliards qu'on donne aux banques : l'argent que le parti a reçu des banques.

… et les Shadocks pompaient, pompaient…

Les partis de droite, radicaux et UDC en tête (le PDC aussi , mais un peu moins), bénéficient largement du soutien des banques, qui ont établi, sur la base des prononcements politiques sur des enjeux précis, un catalogue de critères pour déterminer à qui, et combien, payer. Les heureux bénéficiaires de ces largesses n'ont donc aucun intérêt à en froisser les charitables auteurs. Et au contraire tout intérêt à faire ce qu'ils demandent. Surtout s'il s'agit de les " sauver "... Le débat parlementaire avait donc tout d'un faux-semblant. Il était bouclé avant même d'être entamé, sur fonds de chantage : 68 milliards*, ou un krach dévastateur... Et on n'est même pas sûrs que l'exercice ait été indispensable, l'UBS faisant mine -après être assurée de recevoir les fonds- de ne pas en avoir eu réellement besoin. Ce qui n'empêche pas le directeur de la commission fédérale des banques, Daniel Zuberbühler, d'annoncer que si la situation de l'UBS s'aggravait encore, il faudrait à nouveau y balancer quelques dizaines de milliards, sous forme d'augmentation de capital. Une fois la pompe amorcée, pourquoi ne pas continuer à pomper ? Nos banquiers sont des Shadocks heureux. On comprend pourquoi ils tiennent tant à la " concordance " : la pompe, c'est elle.

* 68 milliards, c'est la plus grosse opération jamais réalisée par la Confédération. C'est plus que le budget de la Confédération. C'est le double de toues les rentes payées chaque année par l'AVS. C'est le triple des frais de construction des nouvelles transversales ferroviaires, le plus gros chantier jamais réalisé en Suisse.

02:41 | Lien permanent | Commentaires (17) | Tags : ubs, suisse, politique | |  Facebook | | | |