Vaguelettes dans le marigot (lundi, 24 novembre 2008)

Or donc, le vote sur l'initiative pour un " Cycle qui oriente ", lancée par le " Réseau école et laïcité " (REEL), et concurremment sur le contre-projet du gouvernement et du parlement, a été annulé (alors qu'il avait déjà commencé) par le Tribunal administratif, sur recours des initiants, fâchés de la présentation de leur initiative par le Conseil d'Etat dans la brochure détaillant les objets mis en votation cantonale. Et le marigot politique se met à clapoter, tous les batraciens du biotope (à quelques originaux près) coassant à la violation des droits populaires et au déni de démocratie, pas moins, les plus bruyants d'entre eux (comme l'UDC qui voit carrément la " démocratie en péril " et " la dictature à nos portes ") exigeant la démission collective du Conseil d'Etat. Dans cette histoire, tout le monde prend le citoyen pour un crétin décérébré : les initiants, en le supposant au garde-à-vous devant la parole du gouvernement; le gouvernement, en jouant désormais l'air de " on l'a pas fait exprès "; et les juges du TA, en annulant un vote déjà engagé parce qu'un texte ne se trouvait pas à la bonne page d'une brochure que pas grand monde ne lit. " Le Conseil d'Etat a gravement failli à son devoir d'information objective ", estiment les juges. Qui accusent le Conseil d'Etat d'avoir été partisan. Ce que tout gouvernement est par définition.

De Clochemerle à Picrochole

Heureuse République que celle, parvulissime et quérulente, qui devrait s'embraser pour un texte que presque personne n'a lu, et dont presque personne n'a ou n'aurait tenu compte pour prononcer son vote. Selon que l'on préférera le XVIe ou le XXe siècle, Rabelais ou Chevallier, on situera la querelle à Picrochole ou Clochemerle. Parce qu'à Genève, ça doit bien faire quelques décennies que les citoyens se contrefoutent des avis de leurs gouvernants lorsqu'un projet leur est soumis. Et qu'on espère bien n'en pas revenir à la situation monégasque 0ù vaticane, celle d'une microcratie où l'avis des gouvernés se doit d'être à l'unisson de celui des gouvernants. " Le Conseil d'Etat a voulu influencer les électeurs " en usant de termes " polémiques ", écrit le Tribunal administratif... La belle affaire ! vouloir " influencer les électeurs ", c'est ce que font les gouvernements depuis qu'il y a des gouvernements et des électeurs. Et user de termes " polémiques ", c'est ce que font les acteurs du débat politique depuis que débat politique il y a. Et c'est d'ailleurs ce qu'ont fait sitôt la décision du Tribunal administratif connue les initiants de REEL, l'UDC, le MCG... et le président du parti radical, tout frétillant d'envie de voir son Conseiller d'Etat préféré reprendre le département de l'Instruction publique. Et surtout quitter celui de l'action sociale. Parce qu'en période de crises financière, économique et sociale, être chargé de l'action sociale, c'est pas très porteur politiquement et électoralement. Surtout pour un parti à la limite du quorum et en passe de se faire bouffer par son grand frère libéral.

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