Le retour des clapiers (jeudi, 13 novembre 2008)

Logement social :
Le retour des clapiers


Le nombre de logements sociaux est en chute libre à Genève depuis dix ans : il y en avait 10'000 en 1998, il en reste la moitié aujourd'hui. Des 3000 logements sociaux votés par le Grand Conseil en 1991, aucun n'a vu le jour. Et si l'accord sur le logement signé fin 2006 prévoit de constituer 15 % du parc locatif en " logements d'utilité publique ", on commence à comprendre qu'en fait son utilité publique consiste à en revenir aux clapiers pour nécessiteux. Mark Muller a donné le ton : " les riches et les pauvres ne s'achètent pas les mêmes voitures ", il n'y a donc aucune raison pour que les logements des une respectent les mêmes normes que ceux des autres. Pour économiser (l'Etat ayant réduit de moitié son apport de fonds propres aux fondations HLM), on va " offrir un standing inférieur " aux logements dont les loyers sont plus bas. Se poser la question des coûts de construction n'est pas illégitime; en revanche, se la poser comme Muller  la pose, ça sent puissamment le projet de ghetto social.

Logements asociaux

On va donc " offrir un standing inférieur " aux habitants des logements sociaux. Ça veut dire quoi, un " standing inférieur " ? concrètement, ça veut dire des plafonds plus bas (les pauvres sont petits), des chiottes dans la salle de bain (les pauvres n'ont qu'à couvrir les odeurs de merde par celle des bains moussant M-budget), pas de balcons (de toutes façons, les pauvres, ça manque pas d'air), et pas de parkings en sous-sol (les pauvres n'ont qu'à garer leurs bagnoles de pauvres devant leurs immeubles de pauvres dans leurs quartiers de pauvres). Et, signale la Tribune, on envisage de considérer les couloirs comme des pièces. Un trois pièces vaudois, c'est trois pièces plus une cuisine. Dans un trois pièces genevois, la cuisine compte pour une pièce. Demain, c'est le couloir entre la cuisine et la pièce unique qu'on comptera pour une pièce. Et pour un quatre pièces, on comptera le placard à balais. Aujourd'hui, il est difficile à Genève de faire de visu la différence entre un logement social et un logement " libre " récents. Il était temps de mettre fin à cette confusion, qu'on sache enfin, rien qu'en regardant la gueule d'un immeuble, qui habite dedans : la plèbe, les petits bourges ou la Genève friquée.

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