Budget culturel de la Ville de Genève : En quel état la droite se meuh... (vendredi, 14 octobre 2011)

Les commissions spécialisées du Conseil municipal de la Ville de Genève examinent en ce moment  les projets de budgets qui les concernent. La Commission municipale des arts et de la culture (Carts) examine donc le budget culturel de la Ville de Genève. Compte tenu de l'importance de ce budget, due à l'importance de la Ville de Genève dans la politique culturelle de toute la région (la Ville en est depuis un siècle et demi le premier acteur public, le premier contributeur et le premier soutien), on est en droit d'attendre des élues et élus municipaux siégeant au sein de la Carts qu'ils fassent leur boulot avec tout le sérieux qui s'impose, et avec le souci de défendre à la fois l'engagement culturel de la Ville auprès des artistes et les prestations que les différents lieux culturels genevois offrent à la population. Mais l'attendre de toutes et tous, c'est méconnaître l'état en lequel se meut (ou se meuh...) désormais la droite municipale genevoise...

Petit exercice budgétaire d'obscurantisme culturel

Or donc, comme il se sait désormais (ou commence à se savoir), les représentant-e-s de la droite municipale, tous partis confondus du PDC au MCG, se sont attaqués, à la hache, au budget culturel de la Ville de Genève. Ils et elles ont d'abord proposé une réduction linéaire, arbitraire et aveugle de l'ensemble du budget 2012, pour le ramener mécaniquement au niveau de celui de 2011. Cette proposition ayant été refusée en raison de son imbécilité, la droite s'est mise à tailler au hasard dans les propositions du Conseil administratif, en ne donnant généralement aucun argument pour justifier ces coupes (ainsi de celle d'un million de francs dans le fonds général pour le théâtre, ramenant ses disponibilités à moins de la moitié de celles de 2011), ou ne donnant que des arguments où la sottise le dispute au sectarisme : ainsi de la suppression de 100'000 francs au Festival international des droits humains, « dont l'idéologie nous déplaît ». Dans cet exercice d'obscurantisme culturel, les représentant-e-s du PDC et du PLR se sont servilement alignés sur ceux de l'UDC et du MCG, dont on n'attendait d'ailleurs rien de plus, si on attendait encore, sans doute naïvement, de la part de la droite démocratique autre chose que cette nouvelle manifestation de déliquescence intellectuelle et de décadence politique.  Il convient évidemment de dénoncer, comme le PS vient de le faire dans un communiqué, la participation du PDC et du PLR à ce qui apparaît comme une entreprise de sabordage de la politique culturelle de la Ville de Genève. Et même si l'on peut encore se trouver disposé à  témoigner aux radelibes et aux démo-chrétiens un peu de la compassion que doit susciter l'état dans lequel leurs deux partis se trouvent, il convient aussi d’appeler les milieux culturels, les artistes, les créateurs genevois, à faire preuve de la plus grande vigilance dans les deux mois à venir, afin de vouer à l'échec les tentatives de la droite et de l'extrême-droite genevoise de réduire  l'engagement culturel de la Ville de Genève à quelques opérations touristiques. Et dans l'immédiat, on peut (ça mange pas de pain, et ça peut aider à la mobilisation) signer la pétition lancée par le Syndicat Suisse Romand du Spectacle pour « permettre à « Genève ville de culture » de rester une réalité et pas un slogan du passé ! » :

www.petitions24.net/pas_de_coupe_dans_le_budget_de_la_cul...

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