One FM ? Buzz FM ? Boum-boum FM ? Bla-bla FM ? (jeudi, 06 novembre 2008)

L'autorité fédérale qui attribue les concessions radio a donc décidé d'en attribuer une au projet de Stéphane Barbier-Mueller, " Buzz FM ", au détriment d'une radio existante, " One FM ". Une radio chasse l'autre, et alors ? C'est le jeu des " concessions " : il n'y a qu'au cimetière des Rois qu'elles sont éternelles. Et encore. Et nous voilà avec un ordre de marche : on nous somme de nous mobiliser pour la défense de One FM. Pourquoi devrait-on le faire ? Avec un choix musical tout à fait convenu et le minimum syndical en matière d'information (une quinzaine de flash par jour), One FM mérite-elle la mobilisation de toute la République ? Quant à la défendre au prétexte qu'elle serait la radio privée " la plus écoutée ", on s'autorisera à considérer comme bien piètre l'argument de l'audimat : ceux qui écoutent cette radio (ou qui l'entendent en arrière fond, mais que les statistiques d'audience comptabilisent comme des " auditeurs ") en écouteraient toute autre du même genre -et que cette autre soit genevoise, vaudoise ou française nous importe peu : leurs soupes se valent.

Beaucoup de bruit pour rien

Le seul motif que nous pourrions avoir de nous mobiliser pour One FM serait le maintien des quarante emplois de cette radio commerciale. Pour le reste, le " scandale " dénoncé dans la fin de la concession accordée à la radio n'en est pas un, et le tintouin organisé autour de cette péripétie n'est que beaucoup de bruit pour pas grand chose, ce qui est moins assez cohérent avec les programme de ladite radio*. On se permettra donc de ricaner en entendant Michel Chevrolet dénoncer un " diktat stalinien ", Viviane Jutheau de Witt évoquer un " massacre " (le génocide était hors de portée ?) et Daniel Zappelli soutenir One FM au nom de la " justice "... Un peu de sérieux ne nuirait pas au débat qui doit s'engager sur les critères de sélection des concessions radio et TV, pas seulement à Genève (puisque des décisions du même genre ont été prises à Zurich) On n'est pas dans un combat pour la liberté d'expression, ou le pluralisme des media , ou la lutte contre l'arbitraire bureaucratique de Mutti Helvetia : One FM aurait-elle été choisie plutôt que Buzz FM, ce choix n'aurait pas été moins arbitraire que celui qui est dénoncé aujourd'hui, la liberté d'expression et le pluralisme des media n'y auraient rien gagné, ni perdu. Ce qui est en cause, ce sont les critères de la loi fédérale, que le département fédéral a appliqué, et les contenus des appels d'offre auxquels il s'est tenu. Si l'on veut contester quelque chose, ce sont ces critères et ce contenu, ou le numerus clausus médiatique qui n'accorde à Genève qu'un nombre insuffisant de concessions (dont une est d'ailleurs accordée à une radio lausannoise, Radio-Lac). pas le choix qui en découle...
* écoutez plutôt Radio Zones (FM 93.8)

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