Cause toujours

  • Initiative populaire "Zero Pub" : Un premier "oui" de principe

    Imprimer

    Publicité, Zéro PubLa semaine dernière, le Conseil municipal de la Ville de Genève a approuvé l'initiative municipale "Zero Pub", qui demande que la publicité commerciale (et elle seule) soit bannie des panneaux d'affichage de la Ville (et eux seuls). Si ce vote était logique, et attendu (que la gauche soutienne une initiative de gauche et que la droite s'y oppose n'a pas de quoi bouleverser le paysage politique...), il n'en fut pas moins la conclusion, provisoire, d'un débat étrange succédant à un examen tout aussi étrange en commission : on a eu constamment l'impression, et même un peu plus que l'impression, que les opposants à l'initiative ne l'avait pas lue, et que les conseillers municipaux appelant à la refuser  ignoraient tout du statut même d'une initiative populaire municipale, et de la procédure de son traitement. Il semblait même que cette ignorance ait été soigneusement cultivée pour perdurer même après la clôture du débat, puisqu'elle continue de se manifester depuis. Profitons donc de cet espace que nous nous offrons à nous-mêmes pour quelques rappels élémentaires, à destination de la droite municipale, sur le mode de "tout ce que vous devriez savoir des propositions qui vous sont soumises avant de vous prendre position sur elles".

    Lire la suite

    Lien permanent Catégories : Genève 0 commentaire
  • Soutenir les travailleuses et les travailleurs du Pakistan  face à l'austérité, la corruption et l'intégrisme

    Imprimer

    Capture d’écran 2021-09-15 020253.jpgMême dans un pays ravagé par la corruption et l'intégrisme religieux, des mouvements sociaux se constituent et luttent pour le respect des droits fondamentaux. D'entre ces pays, il y a le Pakistan, sur le peuple duquel pèse au surplus le programme d'austérité imposé par le FMI, et la crise engendrée par la coronapandémie. Au Pakistan, la fédération syndicale NTUF forme des syndicalistes pour qu'elles et ils puissent intervenir dans des conflits du travail, aux côtés des travailleuses et des travailleurs, pour les épauler juridiquement. Renforcer les mouvements sociaux face à l'austérité imposée, à la corruption et à l'intégrisme sévissant de concert et se nourrissant l'un de l'autre , former leurs cadres et leurs militantes et militants, c'est un objectif de solidarité internationale. C'est ce à quoi nous invite le Solifonds, en lançant un appel au soutien à la NTUF. Répondons à cet appel !

    SOLIFONDS
    www.solifonds.ch
    mail@solifonds.ch
    CP 80-7761-7

    Lire la suite

    Lien permanent Catégories : Solidarité, syndicats 0 commentaire
  • Mariage civil pour toutes et tous : De la marche au vote

    Imprimer

    mariage, mariage pour tous30'000 personnes ont défilé, joyeusement, à Genève samedi, dans le cadre de la "Marche des fiertés", tous drapeaux arc-en-ciel dehors (la Ville en avait pavoisé le pont du Mont-Blanc). La Marche de samedi était, l'agenda politique s'imposant, un formidable appel à soutenir le projet de "Mariage pour toutes et tous" soumis à votation dans dix jours. Tous les partisans du projet étaient là, ou représentés, même les Jeunes PLR (ils venaient de retourner leur veste et de décider de soutenir le "mariage pour toutes et tous" qu'ils avaient auparavant fait mine de vouloir combattre). Reste que le vote n'est pas gagné :  le premier parti de suisse, l'UDC, combat le projet avec une rhétorique explicitement homophobe. Et il n'est pas seul : avec les milieux religieux conservateurs, voire intégristes, il considère que la possibilité de conclure un partenariat enregistré suffit (on est tout de même surpris que ce partenariat plaise à ce point à ce milieu -il est vrai qu'on ne l'y soutient désormais que pour l'opposer au mariage, un peu comme si on considérait que droit au concubinage rendait inutile celui au mariage)... Or le partenariat n'offre pas les mêmes droits que le mariage, notamment s'agissant de l'adoption, de la procréation médicalement assistée et de la naturalisation. Il s'agit donc bien, avec le "mariage pour toutes et tous" d'établir une égalité entre les couples, qu'ils soient homo ou hétéros.

    Lire la suite

  • Les 99 % de Sherwood et le 1 % de Nottingham

    Imprimer

    Robin des Bois.jpgRobin des Bois et les Shériffs

    C'est une "initiative Robin des Bois" qui veut prendre aux riches pour donner aux pauvres et contre laquelle les shériffs se mobilisent en masse : l'initiative populaire fédérale "99%" de la Jeunesse Socialiste, dont le titre réel est : "alléger les impôts sur les salaires, imposer équitablement le capital",  est soumise au vote du peuple et des cantons le 26 septembre. Elle vise un rééquilibrage de la fiscalité entre celle qui frappe les revenus du travail et celle qui caresse ceux du capital (ceux qu'on obtient par le simple fait des placements et de leur rendement, comme les intérêts sur des placements boursiers ou immobiliers et les dividendes versés aux actionnaires). Ceux-ci seraient alors taxés à 150 % dès qu'ils dépassent un montant que l'initiative ne précise pas (ce serait la tâche du parlement que de le fixer), mais que les initiants suggèrent de placer à 100'000 francs par an : votre fortune vous rapporte 100'000 francs par an (ou moins) elle resterait imposée comme actuellement; elle vous rapporte plus de 100'00 francs ? ce "plus" serait imposé à 150 %.  L'exercice rapporterait aux caisses publiques des milliards de francs (5 à 10 milliards, selon les estimations de la JS), qui seraient utilisés pour améliorer la protection sociale, baisser les primes d'assurance-maladie, réduire la fiscalité pesant sur les revenus du travail des petits et moyens salaires et développer des services publics comme les crèches. La gauche et les syndicats soutiennent l'initiative, que combat, évidemment, la droite et le patronat. Les premiers sondages donnaient une très légère et relative majorité en faveur de l'initiative, grâce à un vote massif de la gauche  -mais on sait que  les initiatives populaires perdent souvent du terrain dès que les campagnes de leurs adversaires ont été lancées, et celles des adversaires de l'initiative sont massives... Elle perd donc du terrain, mais impossible n'étant pas socialiste, le sort de Robin des Bois dépend de notre mobilisation, les seules batailles perdues d'avance étant celles qu'on renonce à mener. A Sherwood comme ailleurs.

    Lire la suite

    Lien permanent Catégories : Fiscalité, Suisse, votations 0 commentaire
  • Le premier jour du XXIe siècle

    Imprimer

    11 septembre.jpg

    Un certain 11 septembre :

    "A terrible beauty is born"

    Depuis des jours, a satiété, sur toutes les chaînes de télé, sur tous les réseaux, par tous les media, nous revivons le 11 septembre new-yorkais d'il y a vingt ans. On n'en attendait pas autant du 11 septembre chilien : l'ONU a fait du 11 septembre une "journée mondiale de lutte contre le terrorisme", pas une "journée mondiale de lutte contre les putschs militaires fascistes. L'événement new-yorkais vaut sans doute ces brûlures de rappel, pour ce qu'il signifie et pour ses conséquences (vingt ans de guerres...), mais pourquoi les images du 11 septembre new-yorkais, et plus que les autres celles des tours en flammes puis de leur effondrement, sont-elles restées, vingt ans après, dans nos mémoires ? Peut-être pour l'inavouable raison qu'elles sont belles, avec leur ciel bleu profond, leurs flammes rouges, leur fumée noire et les vagues grises déferlant le long des rues : "a terrible beauty is born"... Et puis, ce 11 septembre, ce fut peut-être, historiquement, le premier jour du XXIe siècle. De spectacle, ce jour-là et les jours suivants, nous avons été gavés. Les images terrifiantes des attentats, déversées à satiété et jusqu'à plus soif de fumée, de feu, de gravats, de hurlements, de morts et de blessés, avaient-elles, et ont-elle toujours, une autre vertu, sinon une autre fonction, que celle d'un show télévisé, et de faire "vendre du papier" ou du "temps de cerveau" ? Pour les commanditaires des attentats du 11 septembre, en tous cas, la déferlante des images de leurs actes fut une aubaine; certes, ce ne sont pas les media qui tuent; mais ce sont les media qui font la publicité du tueur. Les télévisions qui ont retransmis, pratiquement en direct, puis en boucle pendant trois jours, les images du "blitz" ne sont pas coupables de ce qu'elles retransmettaient, mais elles sont responsables de l'impact immédiat, massif, mondial (mais non universel) de ces images. Mesurent-t-elles le sombre prestige qu'ainsi elles apportent à celui qui semble être le "daemon ex machina" du spectacle qu'elles offrent ? Et les témoins dont le premier réflexe est de saisir de quoi filmer plutôt que se demander qui et comment aider, à quoi et à qui servent-ils et servent leurs images ?

    Lire la suite

    Lien permanent Catégories : Histoire, terrorisme, USA 0 commentaire
  • Le premier jour du XXIe siècle

    Imprimer

    11 septembre.jpg

    Un certain 11 septembre :

    "A terrible beauty is born"

    Depuis des jours, a satiété, sur toutes les chaînes de télé, sur tous les réseaux, par tous les media, nous revivons le 11 septembre new-yorkais d'il y a vingt ans. On n'en attendait pas autant du 11 septembre chilien : l'ONU a fait du 11 septembre une "journée mondiale de lutte contre le terrorisme", pas une "journée mondiale de lutte contre les putschs militaires fascistes. L'événement new-yorkais vaut sans doute ces brûlures de rappel, pour ce qu'il signifie et pour ses conséquences (vingt ans de guerres...), mais pourquoi les images du 11 septembre new-yorkais, et plus que les autres celles des tours en flammes puis de leur effondrement, sont-elles restées, vingt ans après, dans nos mémoires ? Peut-être pour l'inavouable raison qu'elles sont belles, avec leur ciel bleu profond, leurs flammes rouges, leur fumée noire et les vagues grises déferlant le long des rues : "a terrible beauty is born"... Et puis, ce 11 septembre, ce fut peut-être, historiquement, le premier jour du XXIe siècle. De spectacle, ce jour-là et les jours suivants, nous avons été gavés. Les images terrifiantes des attentats, déversées à satiété et jusqu'à plus soif de fumée, de feu, de gravats, de hurlements, de morts et de blessés, avaient-elles, et ont-elle toujours, une autre vertu, sinon une autre fonction, que celle d'un show télévisé, et de faire "vendre du papier" ou du "temps de cerveau" ? Pour les commanditaires des attentats du 11 septembre, en tous cas, la déferlante des images de leurs actes fut une aubaine; certes, ce ne sont pas les media qui tuent; mais ce sont les media qui font la publicité du tueur. Les télévisions qui ont retransmis, pratiquement en direct, puis en boucle pendant trois jours, les images du "blitz" ne sont pas coupables de ce qu'elles retransmettaient, mais elles sont responsables de l'impact immédiat, massif, mondial (mais non universel) de ces images. Mesurent-t-elles le sombre prestige qu'ainsi elles apportent à celui qui semble être le "daemon ex machina" du spectacle qu'elles offrent ? Et les témoins dont le premier réflexe est de saisir de quoi filmer plutôt que se demander qui et comment aider, à quoi et à qui servent-ils et servent leurs images ?

    Lire la suite

    Lien permanent Catégories : Histoire, terrorisme, USA 0 commentaire
  • "Internalisation" du nettoyage en Ville de Genève : Un premier pas, enfin...

    Imprimer

    Capture d’écran 2021-09-08 022338.jpgNous avons tenu, en un peu plus de deux mois, trois débats au Conseil municipal de Genève sur une proposition d'engagement dans le personnel municipal d'une quinzaine de nettoyeuses et de nettoyeurs de bureaux et de toilettes publiques de la Ville.  On trouvera  que c'est trop débattre d'une proposition aussi modeste, dont le coût équivaut à un peu plus de un pour mille du budget de la Ville ? On aurait tort. Parce que cette proposition, premier pas d'une internalisation dans le secteur public de tout le nettoyage des locaux, des bureaux, des installations communales, manifeste, puisqu'elle a été adoptée hier soir, un refus de la sous-enchère salariale, de la paupérisation d'une part croissante de la population (en particulier des femmes), de la sous-traitance à des privés de tâches publiques, de l'abandon de la responsabilité patronale de la Ville sur celles et ceux qui travaillent pour elle, et son adoption fut un moment de  reconnaissance du travail de celles et ceux qui assument ces tâches, quelles qu'elles soient.

    Lire la suite

    Lien permanent Catégories : Genève, service public, syndicats 1 commentaire
  • Questions de langue et d'orthographe

    Imprimer

    dictionnaire du vieux françois.jpgVive le françois !

    Sans doute ne pouvons-nous nous mettre à nonchaloir les dubitations, inquiétudes et riottes de quelques parts de la population de la Cité, quand en icelles sourdent et noise et ribaines que suscitent les novations qu'apporte à l'écriture du françois celles d'une orthographe simplifiée, d'une écriture dite "inclusive" et les recommandations de les promouvoir par l'adoption de leur usage, et nous nous compassionnons fort tendrement des afflictions que ces recommandations provoquent, lors même qu'elle ne sont que recommandations et fort souples, laissant loisible de choisir, par exemple, entre la reformulation, le doublet, le point median... comme la nouvelle orthographe, cela fera usage commun de la société ou ne le fera pas, c'est elle et le peuple qui la forme qui en décidera, comme il s'est résolu au masculin universel, pas moins idéologique que le féminin universel, le neutre ou l'épicène, et comme il s'est résolu à dire que des gens vieux sont de VIEILLES gens, que la population des hommes forme UNE gens masculine, que la mère de notre mère est GRAND-mère et que la rue la plus grande est la GRAND-rue...

    Lire la suite

    Lien permanent Catégories : Histoire, langue 0 commentaire
  • Mariage civil pour toutes et tous : La loi, l'amour, le genre

    Imprimer

    Capture d’écran 2021-09-05 001431.jpgLe 26 septembre, la Suisse mettra sans doute fin à l'une des dernières discriminations explicites de ses lois, en acceptant le mariage civil "pour toutes et tous", c'est-à-dire l'extension aux couples homosexuels du droit au mariage civil (et à l'adoption conjointe, au don de sperme et à la naturalisation facilitée. A trois semaines de la votation, les derniers sondages donnent une majorité confortable (autour de 65 %) au projet, avec une acceptation plus forte chez les femmes (71 à 75 %) que chez les hommes (57 à 62 %), à gauche (jusqu'à 89 % au PS et chez les Verts) qu'à droite (jusqu'à 61 % de refus à l'UDC), dans les villes (autour de 75 % d'acceptation) que dans les campagnes (autour de 65 %), en Romandie et en Alémanie qu'en Suisse italienne, chez les jeunes (autour de 80 % des 18-39 ans) que les plus de 65 ans (autour de 55%). Le "mariage pour toutes et tous" est un "jalon historique" dans une lutte émancipatrice, écrit le PS suisse. Un jalon, certes,. même si ce n'est pas le plus fondamental, le mariage en tant que tel, qu'il soit pour toutes et tous ou seulement pour les hétéros, restant ce qu'il est : la réduction des sentiments à un contrat... "L'amour ne connaît pas de genre", nous assure le PS. Il n'a "jamais, jamais connu de loi", chantait déjà Carmen. Hélas, il se heurte souvent aux lois -et c'est, avec le respect du principe d'égalité, la raison essentielle de notre soutien au changement de loi qui nous est proposé : la loi n'a rien à nous dire sur nos amours... 

    Lire la suite

    Lien permanent Catégories : Famille, Suisse, votations 4 commentaires
  • La gauche, le budget, l'impôt :  Le prix de la cohérence

    Imprimer

    petite monnaie.jpgC'est la rentrée. Le Cirque Knie est sur la Plaine, les tartes aux pruneaux dans les fours, les chtis nenfants prennent le chemin de l'école, les ados celui du Cycle et du Collège, les enseignants retrouvent leur classe. Et les Conseillères municipales et les Conseillers municipaux vont recevoir leur cadeau de rentrée : le projet de budget du Conseil administratif. A l'heure aurorale où on écrit, on ne l'a pas encore reçu ce cadeau. On patiente. On ne s'attend pas au pire, le Conseil administratif est de gauche, quand même. On ne s'attend pas non plus au meilleur, vu que même de gauche, le Conseil administratif reste corseté par un cadre légal cantonal que le canton prend bien garde à ne pas se l'appliquer à lui-même. Bref, on s'attend à du médiocre. C'est reposant, le médiocre. Habituel, même. On s'en accommodera. Reste à bien clarifier les rôles des uns et des autres. Le rôle du Conseil administratif, le rôle des Conseillères municipales et des Conseillers municipaux, le rôle des partis, le rôle du peuple. Et à mesurer la capacité d'une gauche majoritaire à défendre son propre programme -et la politique fiscale le finançant. A mesurer notre cohérence politique, en somme.  Et un peu aussi notre courage. Et leur prix.

    Lire la suite

  • F-00

    Imprimer

    vignette F35.jpgInitiative populaire lancée contre l'achat par la Suisse d'avions de combat américain

    Le peuple votera, sans nul doute, sur l'achat de 36 F-35 américains pour remplacer les actuels avions de combat de l'armée suisse, les Tiger et les F/A-18 : l'initiative populaire annoncée depuis des mois,et pour laquelle des dizaines de milliers de signatures ont déjà été réunies, a été lancée hier (on signe ici : https://f-35.pssuisse.ch/), contre le choix incompréhensible d'un avion en réalité plus coûteux que ses concurrents si on tient compte des frais de son utilisation, moins fiable (il connaît de nombreux problèmes techniques), inadapté aux missions que la Suisse assigne à son armée de l'air... et surtout, d'un avion qui est un véritable hacker volant, transmettant en permanence toutes les informations de son système informatique aux services militaires et de renseignement américains. "Le F-35 est l'avion le plus indiqué pour la Suisse", assure la Conseillère fédérale Viola Amherd. Il est surtout le plus indiqué pour les USA : les services américains seront toujours dans le cockpit" des F-35 suisses, avertit le socialiste jurassien Pierre-Alain Fridez. Le F-35 est un ordinateur volant. Après chaque vol, on prend ses cartes mémoires et toutes ses données partent dans le cloud sous contrôle américain. L'achat du F-35 est un choix, inavoué, inassumé, d'intégration dans une alliance militaire  dominée par les USA. Cette alliance, L'OTAN,est en état de "mort cérébrale", avait diagnostiqué lebon docteur Emmanuel Macron. Apparemment, la majorité du Conseil fédéral suisse n'est pas en meilleur état.

    Lire la suite

  • Les Américains rendent l'Afghanistan auxTalibans

    Imprimer

    Capture d’écran 2021-08-31 203901.jpgDébandade

    Le dernier soldat américain a quitté l'Afghanistan hier, laissant derrière lui le pays aux mains des Talibans. En deux semaines, les Américains ont évacué plus de 100'000 personnes,dont une majorité d'Afghanes et d'Afghans, mais il reste encore dans le pays au moins 250'000 personnes "vulnérables" (artistes, journalistes, magistrates et magistrats, collaborateurs des forces alliées), dont les Américains négocient avec les Talibans le départ en leur en remettant la liste, qui sera ainsi la liste de celles et ceux qui, non évacués, seront à la merci du nouveau pouvoir...Et la semaine dernière, 200 personnes, dont 13 soldats américains, ont été tués dans un attentat suicide revendiqué par Daesh, ennemi juré des Talibans revenus au pouvoir vingt ans après en avoir été chassés par les Américains pour les punir d'avoir hébergé Ben Laden -que les Américains avaient armé contre les soviétiques. L'ironie de l'histoire est féroce. L'hypocrisie de ceux qui croient la faire aussi.

    Lire la suite

    Lien permanent Catégories : Monde, USA 0 commentaire
  • Un changement climatique "sans précédent" et "irréversible" :

    Imprimer

    terre en feu.jpgLe feu au lac

    Le 29 juillet dernier était le "jour du dépassement", ce jour où l'humanité a consommé, ou consumé, toutes les ressources que la Terre lui fournit en un an. De ce jour jusqu'à la fin de l'année, l'humanité creuse sa dette environnementale. Sa dette, et son tombeau ? Dix jours plus tard, le 9 août, le Groupe intergouvernemental sur l'évolution du climat, le GIEC, publiait son rapport (co-écrit par 234 scientifiques de 66 pays)  sur l'état actuel du climat, et ce qu'on peut attendre pour le futur proche : un changement climatique "aux conséquences "irréversibles" : Toutes les régions du monde sont déjà affectées par des déréglements "sans précédent" depuis au moins 2000 ans, canicules, sécheresses, pluies diluviennes sont plus fréquentes, plus intenses, moins saisonnières, les vagues de chaleur marine sont deux fois plus fréquentes qu'il y a quarante ans, la dilatation de l'océan par la chaleur, la fonte des calottes glacières (8 milliards de tonnes de glace fondent chaque jour rien qu'en  arctique) élève le niveau moyen mondial de la mer et le réchauffement climatique dépasse les prévisions : le seuil de +1,5° de température moyenne par rapport à l'époque industrielle sera franchi d'ici vingt ans. Les concentrations de CO2 dans l'atmosphère sont les plus élevées depuis deux millions d'années, la décennie actuelle est la plus chaude depuis 100'0000 ans. Et ces déréglements ne sont explicables, par leur rapidité et leur ampleur, que par l'action humaine. Or nous en tenons pour une position héritée de l'humanisme de la Renaissance : l'Homme (l'humain...) est un animal responsable de ses actes. Il lui incombe donc de les réparer lorsqu'ils sont nuisibles. D'éteindre le feu au lac, puisque c'est lui qu'il l'a allumé...

     

    Lire la suite

  • Sur nos moooonts, quand le soleeeeeil...

    Imprimer

    feu.jpgAutocélébration

    Aujourd'hui, la Suisse se célèbre, sans grands rassemblements, pandémie oblige. Et nous disons bien « se célèbre», et non « célèbre sa fondation ». La plupart des autres Etats célèbrent lors de leur fête nationale un événement fondateur, exemplaire, symbolique, une date qui est un signe ou un passage. Une déclaration d'indépendance (comme, aujourd'hui, celle du Bénin, alors Dahomey), une prise de Bastille, un moment historique... Nous, non : il ne s'est rien passé le 1er août 1291, et la Suisse n'a été fondée ni en 1291 par un serment ni en 1307 par un pacte, mais en 1798 par une révolution et une constitution. Il n'y avait pas d'Etat suisse avant, rien qu'une addition de cantons et de bailliages. Et même si la République Helvétique ne tint que le temps qu'elle avait d'utilité pour la France à l'exemple et avec le soutien de qui elle avait été fondée, c'est bien de cette République morte en bas âge, et non d'un pacte moyenâgeux, que nous vient la Suisse qui se célèbre chaque année le 1er août depuis 130 ans, et fait de cette célébration un jour férié depuis qu'en a décidé une initiative des "Démocrates Suisses" (ex-Action Nationale) acceptée par le peuple et les cantons  : on ne va pas cracher sur un jour férié de plus, même proposé par un parti d'extrême-droite... Il nous fallait une Fête Nationale, comme aux autres, et il lui fallait bien une date. Alors pourquoi pas ce 14 Thermidor, jour du basilic ?

    Lire la suite

    Lien permanent Catégories : Histoire, Suisse 0 commentaire
  • 14 juillet, jour de la Fête du Père Ubu

    Imprimer

    révolte,révolutionQue célèbre-t-on ?

    Nous ne célébrons pas plus aujourd'hui le 14 juillet français que toute cette année, le 150ème anniversaire de la Commune de Paris, le 100ème anniversaire de l'insurrection de Cronstadt, le 85e anniversaire de la Catalogne libertaire. Et les commémorant toutes trois, nous commémorons du même coup trois défaites : l'écrasement de deux révolutions (la parisienne et la catalane), la trahison de la troisième (la russe). Quant au 14 juillet, devenu fête nationale, pour commémorer non la prise de la Bastille en 1789 mais la Fête de la Fédération en 1790, non une insurrection mais un appel au consensus, il y a beau temps qu'il ne célèbre plus une révolution mais un Etat. Ce n'est pas pour rien, ni par hasard, que dans le calendrier pataphysique, le 14 juillet (1er jour du mois de Tatane) est le jour de la Fête du Père Ubu...

    Lire la suite

    Lien permanent Catégories : Histoire, Politique 1 commentaire
  • La Cité, la musique, la démocratie

    Imprimer

    Cité de la musique2.jpgLe NON qui rouvre les possibles

    Le 13 juin dernier, après une campagne dont, par euphémisme, on dira qu'elle fut vive de part et d'autre (la Fondation pour la Cité de la Musique et le comité référendaire notant tous deux des "attaques personnelles, insultes, menaces, harcèlement, pressions" du camp adverse), la Ville de Genève donnait, à un peu plus de 800 voix de majorité sur 53'000 votantes et votants, un préavis négatif au plan localisé de quartier nécessaire à la réalisation d'un projet de Cité de la Musique sur la parcelle des Feuillantines, en bordure de le place des Nations. C'était un vote municipal consultatif, dont, légalement, le canton peut faire ce qu'il veut, y compris, avec toute la délicatesse que nos communes lui connaissent, s'asseoir dessus ("on ne saurait considérer que la volonté populaire d'une seule commune s'impose de facto à l'échelon cantonal" déclarait Antonio Hodgers, avant même le vote de la Ville). Mais politiquement, c'est une autre histoire : 53'000 personnes qui votent, dans une commune de plus de 200'000 habitants qui concentre 40 % de la population (et du corps électoral) du canton, ça pèse un peu plus qu'un simple mouvement d'humeur, et soir même du vote le Conseil d'Etat rouvrait le débat, le dossier et les consultations sur le projet, sans exclure de le faire passer de celui d'une Cité DE LA musique à celui d'une Cité DES musiqueS... Or si le débat va se poursuivre et si des "plans alternatifs" peuvent être évoqués (comme l'installation, proposée par le député indépendant à la Douma Guy Mettan, d'une Cité DES musiqueS sur le terrain occupé naguère par l'Opera des Nations)  c'est bien parce que la Ville a refusé le plan localisé de quartier : si elle l'avait accepté, sur le projet aurait été posé cet avertissement définitif : "circulez, y'a plus rien à voir, rien à dire, rien à voter".

    "Nous ne sommes pas prêts à attendre encore dix ans pour voir émerger une Cité de la musique", plaident les députés socialistes. Nous, et une majorité de votantes et de votants en Ville, n'étions pas prêts à nous précipiter sur n'importe quel projet de Cité de la Musique -et s'il faut attendre dix ans pour un bon projet (avec un nouveau PLQ, lui aussi soumis à référendum populaire...), nous sommes prêts à l'attendre dix ans. Et pendant dix ans, à renforcer le soutien financier aux musiques actuelles et de création : c'est d'un tel soutien dont elles ont le plus besoin, pas de salles dans une Cité de la musique ou des musiques.

    Lire la suite

  • "Internalisation" du nettoyage des locaux et installations de la Ville de Genève : Un premier (petit) pas est fait...

    Imprimer

    Capture d’écran 2021-06-30 210303.jpgLe débat fut ce que nous en attendions, la majorité celle que nous espérions, les votes ceux auxquels nous appelions : le Conseil municipal de Genève, mardi soir, s'est prononcé à la fois pour le principe de l'"internalisation" du nettoyage des locaux de la Ville de Genève, c'est-à-dire de la fin de sa sous-traitance à des privés et pour une première étape de ce processus : un crédit de 1,3 millions de francs pour l'engagement dans la fonction publique du personnel municipal nécessaire  au nettoyage des toilettes de la Ville et de bureaux de l'administration municipale. Comme prévu, la droite a obtenu un troisième débat, lors duquel nos propositions seront à nouveau débattues, sans doute dans les mêmes termes que nous venons de le faire, avec les mêmes majorités et, au bout du compte, le même vote. Ce n'était mardi, ce ne sera en septembre, qu'un premier pas. Petit, mais seulement premier.

    Lire la suite

    Lien permanent Catégories : Genève, syndicats, Travail, emploi 0 commentaire
  • Budgets publics  genevois : Tournis de la rigueur ?

    Imprimer

    droite-gauche.jpgOn vous parle d'un temps que les moins de quarante ans ne peuvent pas connaître : en 1983, les socialistes français, au pouvoir depuis deux ans, annoncent un changement de politique : on se pliera désormais aux cadres, aux règles, aux normes des équilibres économiques libéraux. On continuera à faire des réformes, sans doute, mais seulement si elles peuvent rentrer dans ces cadres, ces règles, ces normes. Et ce fut le début de la fin du PS français. Pas le début de la fin de la gauche au pouvoir, puisqu'elle s'y accrochera encore, mais le début de la fin d'un pouvoir de gauche, c'est-à-dire d'un pouvoir menant une politique de gauche sur les enjeux qui font le clivage entre la gauche et la droite. Une politique "progressiste" sur des enjeux sociétaux restait possible, elle ne l'était plus sur ce qui la différencie d'une politique de droite : la fiscalité, la redistribution, le service public, la propriété privée des moyens de production. Ce virage de 1983 en France, on l'appela le "tournant de la rigueur" (parce que "rigueur", ça sonne moins mal qu'"austérité"). A notre petit niveau local, municipal,  une gauche majoritaire opérera-t-elle lors des votes budgétaires semblable "tournant", avec pour conséquence même tournis ? A moins que... A moins qu'elle se décide à donner corps politique à sa belle proclamation, devenue rituelle, de l'indissociabilité de l'urgence climatique et de l'urgence sociale. Et se donne les moyens, politiques et financiers de les relever les deux.

    Lire la suite

  • Heures d'ouverture des magasins genevois : Le référendum a abouti. On votera. Non.

    Imprimer

    horaires d'ouverture des magasins.jpgLe référendum lancé par les syndicats et les partis de gauche contre la loi (votée par la droite du Grand Conseil)  prolongeant jusqu'à 19 heures l'ouverture des magasins le samedi et les autorisant à ouvrir trois dimanches par an, a facilement et largement abouti, avec 9224 signatures récoltées en un mois et demi, grâce à la mobilisation du personnel de la vente.  Cette loi, passée sans négociation avec les syndicats, modifie un cadre horaire datant de 2002 et qui, lui, avait fait l'objet de longues négociations, et avait abouti à la signature de deux conventions collectives de travail. Dont il ne reste plus qu'une seule, sans force obligatoire, n'engageant que les entreprises qui ont consenti à la signer.  Et le projet de loi voté par le Grand Conseil ne prévoit aucune CCT étendue, alors que c'était une condition posées par la loi. On votera donc sur la loi, et l'élargissement des heures d'ouverture des magasins -et la prolongation des heures de travail de leur personnel. Et on votera NON !

    Lire la suite

  • Elections régionales en France : Retour de l'ancien monde et du vieux clivage

    Imprimer

    Capture d’écran 2021-06-21 202516.jpgAvec une abstention massive à l'aune française (68 %), mais qui ne nous ferait guère en Suisse que sourciller  (il est vrai que nous votons tous les trois mois...), le premier tour des élections régionales françaises a donné la victoire aux "vieux partis" (Républicains, PS) et aux Verts, et défait les deux partis dont le candidat (Macron) et la candidate (Le Pen) sont toujours donnés par les sondages pour s'affronter à nouveau au second tour des présidentielles (quoique le score d'un Xavier Bertrand dans les Hauts-de-France puisse lui laisser espérer troubler le jeu, comme représentant de la droite républicaine, alors qu'il a quitté le parti supposé l'incarner). Ce n'était que le premier tour d'une élection à deux tours, mais son verdict est tout de même clarificateur : à la droite de la droite, le Rassemblement (ex-Front) National recule de près de dix points et n'arrive en tête, de justesse, que dans son bastion de Provence-Alpes,Côte d'Azur.  A droite, les Républicains reprennent des couleurs, comme, à gauche, les socialistes. Les Verts confirment leur ancrage dans le paysage politique, et les "Insoumis" de Mélenchon sont réduits au rôle de mouche du coche... Bref, l'ancien monde politique et le bon vieux clivage gauche-droite sont toujours bien là. Mais c'est surtout la force de l'abstention (la plus forte depuis l'instauration de la Ve République) qui a marqué. Le vote est un droit, pas un devoir, et l'abstention est donc, elle aussi, un droit, pas une désertion. Elle a sans doute des causes multiples : la coronapandémie, dont la France n'est pas encore sortie, si elle est sortie du confinement; l'impression (fausse) que des élections régionales sont des élections de second ordre et que seule compte, finalement, la présidentielle; la dépolitisation d'une partie sans doute majoritaire de la population, depuis la disparition des grandes figures politiques à la De Gaulle et Mitterrand et d'un parti de masse comme le PC; la conviction (pas dénuée de pertinence, dans un système aussi vertical que le système français) que "de toute façon, ils font ce qu'ils veulent... mais la multiplicité de ces causes, auxquelles il serait illusoire d'espérer répondre par le développement du vote par correspondance et par internet,  écrit bien le diagnostic d'un système institutionnel à bout de souffle, et du double échec de la prétention de Macron à le changer d'en haut et de la tentative de Le Pen de s'en dire en dehors tout en se "dédiabolisant" pour pouvoir y entrer... avec comme seul résultat (du moins pour l'instant) que celui de démobiliser son propre électorat et devoir le supplier de se rendre aux urnes lors du deuxième tour.

    Lire la suite

    Lien permanent Catégories : élections, France 1 commentaire