Cause toujours

  • Gratuité des  transports publics genevois : socialement et climatiquement urgente

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    TPGneige.jpgUne initiative populaire cantonale a été lancée à Genève par les jeunesses des partis de gauche, pour la gratuité des transports publics et le financement de cette gratuité "principalement par les mesures fiscales usuelles". L'initiative genevoise suit d'autres initiatives lancées (et qui ont abouti) dans les cantons de Vaud et de Neuchâtel, et tient compte des expériences faites ailleurs, en Europe et aux USA. Une première initiative avait déjà été lancée à Genève, et avait abouti, mais avait été refusée en 2008. Le contexte et l'ambiance générale ont cependant beaucoup changé depuis : à quelques climatonégationnistes près, la conscience de la dégradation de l'environnement et des conditions de vie de l'espèce humaine, due au réchauffement climatique, est désormais partagée très largement, comme la conscience que la gravité de la situation exige des mesures radicales, dans un délai beaucoup plus court que ceux sur lesquels les conférence climatiques internationales, les COP, sont, difficilement, tombées d'accord (en apparence). La gratuité des transports publics peut être l'une de ces mesures d'urgence -en sus de se justifier, socialement, en elle-même.

    Le délai de renvoi des signatures pour l'initiative genevoise est fixé au 18 juillet. C'est par ici qu'on télécharge une feuille de signature : https://ge.juso.ch/actuel/tpgratuits/

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  • Les plate-formes de streaming contribueront au financement du cinéma suisse

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    Capture d’écran 2022-05-20 153209.jpgLa Romandie, les villes, le cinéma...

    La "loi Netflix" a été nettement acceptée, au-delà de sondages qui prédisaient un résultat bien plus serré que les plus de 58 % de voix qu'elle a obtenue au plan fédéral, et a obtenu une majorité dans 18 cantons sur 25 (avec toutefois une opposition plus forte en Alémanie qu'en Romandie, où tous les cantons acceptent la loi, et plus forte dans les campagnes que dans les villes). Dès janvier 2024, les plate-formes de streaming devront donc réinvestir dans le cinéma (et les séries) suisses 4 % du chiffre d'affaire qu'elles réalisent en Suisse, faute de quoi une taxe équivalente leur sera imposée, qui elle aussi servira à financer la création audiovisuelle helvétique. Et elles devront également proposer dans leur catalogue au moins 30 % de films européens (les films suisses étant réputés européens...).

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  • Quand à la peur des migrants s'est ajoutée la peur d'être sortis de l'espace Schengen

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    Frontex vote.jpgFrontex : le combat continue

    Comme on pouvait s'y attendre (au point qu'on ne le craignait même plus), l'augmentation de la participation de la Suisse au financement de l'agence de garde-frontières et garde-forteresse européennes Frontex a été largement (à 71,5 %) approuvée par le peuple suisse, habituellement bien plus critique à l'égard des institutions et des instances européennes. Les arguments sécuritaires et de confort semblent bien avoir été déterminants dans ce prononcement populaire. En gros, les Suisses ont accepté de payer plus pour Frontex pour que Frontex continue à refouler les métèques, ou à les laisser crever, hors de portée de notre vue, mais sur la fin de la campagne, on avait l'impression qu'on ne votait plus sur Frontex mais sur Schengen, tant les partisans du soutien à Frontex insistaient sur le risque pour la Suisse d'être exclue de Schengen si elle refusait de financer Frontex... On était à deux auriculaires de la Fékniouze, mais ça a marché. Les Suisses pourront donc continuer à prendre l'avion pour Lesbos sans avoir à faire la queue à l'aéroport dans la file "hors Schengen" et la Suisse a fait un pas vers sa réconciliation avec l'Europe. Un pas en piétinant les migrants.

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  • Négocier les 32 heures...

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    temps de travail,32 heuresNi le droit à la paresse, ni travailler deux heures par jour...

    Nous allons, demain, au Conseil municipal de Genève, nous prononcer sur la proposition d'introduire la semaine de 32 heures dans le statut de la fonction publique municipale -ou plutôt, dans la formulation d'un amendement à cette proposition, de demander à l'exécutif municipal, le Conseil administratif, d'engager des négociations avec les syndicats sur cette réduction du temps de travail, sans aller plus en détail  dans sa concrétisation, la laissant précisément cette concrétisation à la négociation avec les syndicats et la commission du personnel de la Ville. Au fond, notre proposition est plus plus modérée, réformiste, pragmatique, empirique... bref, modeste et frustrante que celles du "droit à la paresse" de Paul Lafargue ou du "travailler deux heures par jours" du collectif Adret, proche du syndicat CFDT, dans les années septante du siècle dernier. Il est vrai que nous ne sommes que la Commune de Genève de 2022, pas la Commune de Paris de 1871 : nous ne proposons de faire qu'un petit pas que nous pouvons faire. 

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  • Consultation sur la politique culturelle cantonale genevoise : Avant-projets ou brouillons ?

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    culture.jpgDeux avant-projets de textes sur la politique culturelle cantonale genevoise sont soumis à notre sagacité  : celui de "lignes directrices" (un programme politique) et celui d'une loi. "Avant-projet", c'est un peu le nom officiel d'un brouillon qui, par ce nom, est inséré dans un processus institutionnel : on lance un texte, on le soumet à consultation, on analyse les résultats de la consultation, on reformule le projet, on le présente à une institution (ici, pour le projet de loi, le parlement), qui l''amende, l'accepte ou le refuse. Et le peuple peut avoir le dernier mot si un référendum est lancé. Au stade où on en est, celui de la consultation, les avant-projets sont donc encore des brouillons. Le projet de loi, en particulier, est lacunaire, ou ambigu, voire sur certains points contradictoire du mandat constitutionnel. Il ne préserve pas les communes, et en particulier la Ville, de transferts de charges sans transferts de compétence, ni n'assure à la consultation des milieux culturels que son résultat soit réellement pris en compte. Enfin, il ne tient pas compte des différences considérables d'engagements culturels des communes, et notamment de la Ville de Genève et de la plupart des autres communes. C'est en quoi nous nous autorisons à le considérer comme un brouillon -le terme n'est cependant pas si péjoratif qu'on pourrait croire : quelle grande oeuvre n'a pas fait l'objet d'un brouillon ? pas même le Grand Oeuvre.... Et nul ne demande à Thierry Apothéloz d'être un nouveau Nicolas Flamel et de concevoir la pierre philosophale capable changer en or le plomb de la politique culturelle cantonale genevoise.

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  • don d'organes : Faire survivre quelque chose de nous après nous...

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    coeur sur la main.jpgOn vote le 15 mai, mais s'il est trop tard pour le faire par correspondance. Il ne l'est pas encore pour voter : les locaux de vote sont ouverts dimanche entre dix heures du matin et midi... Il vous est donc encore possible de soutenir la proposition du parlement de substituer le principe du consentement présumé au don d'organe à celui, actuellement posé par la loi, du refus présumé, qui a pour conséquence que lorsque le donneur potentiel n'a pas explicitement fait état de son don à venir, on part du principe qu'il refuse. Résultat : entre 40 et 60 % des proches interrogés par le corps médical refusent le don d'organe de leur parent ou de leur conjoint. Comme s'il leur appartenait. Comme si nous étions propriétaires de nos proches et de leurs organes.

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  • NON à Frontex, pas à Schengen... quoique...

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    plan Genève 1766.jpgC'est devenu l'argument principal, obsessionnel, des partisans de l'augmentation de la participation suisse à Frontex, l’Agence de garde-frontières et de garde-côtes de l’Union européenne : si dimanche prochain vous refusez cette augmentation, la Suisse sera exclue de l'"espace Schengen" (l'espace de "libre circulation" entre pays européens -et de fermeture de l'Europe à la plupart des immigrants), au nom d'une "clause guillotine" qui ferait de cette exclusion une mécanique, un automatisme. Or tel n'est pas le cas : si, comme la gauche vous y invite, le "non" est majoritaire dimanche (malgré les sondages), les parties à l'espace Schengen auront 90 jours pour répondre à ce refus, et c'est seulement si aucune réponse satisfaisante pour tout le monde n'est donnée que la Suisse sortirait des accords européens de "libre circulation" des Européens. Avec toutefois la possibilité d'y revenir ensuite. Si le "non" passe, la Suisse aura donc trois mois pour trouver une solution acceptable par ses partenaires. Et puis, même si on devait "sortir de Schengen", devrait-on prendre le deuil d'un "espace de libre circulation" entre les murs d'une forteresse ? Ne devrait-on pas plutôt s'atteler à les faire tomber, ces murs, comme on a abattu il y a 150 ans ceux entre lesquels Genève étouffait ? Il vous reste jusqu'à ce soir pour envoyer votre bulletin de vote par la poste. Sinon, les locaux de vote sont ouverts dimanche de dix heures à midi. Pour voter NON au renforcement du soutien suisse à Frontex.

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  • Célébration du Jour de la Victoire par Poutine : La guerre, c'est la paix

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    affiche russe 9 mai.jpgLe 9 Mai en Russie, on célèbre la victoire sur l'Allemagne nazie. Poutine assimile l'invasion de l'Ukraine à cette victoire, et le gouvernement et les forces ukrainiennes aux nazis. En oubliant au passage le pacte passé entre l'URSS et le IIIe Reich nazi en 1939. Mais des affiches, créées par des militants en Russie pour le 9 mai, font dire aux combattants de 1941-1945 : « Petits-enfants, nous avons honte de vous. Nous nous sommes battus pour la paix, mais vous avez choisi la guerre". Hier, lors de la célébration du Jour de la Victoire à Moscou, on attendait une démonstration de force de l'armée russe et un discours guerrier, vindicatif, menaçant, de Poutine. On a eu un peu de la première, on a pas eu le second. Pas de surenchère, de posture viriliste. Pas d'emphase. Pas de triomphalisme. La reconnaissance, même, que la guerre va durer. Qu'il faut s'y installer. Mais pour le reste, toujours la relecture orwellienne de l'histoire : la Russie se défend, l'Ukraine est gouvernée par des nazis. La guerre c'est la paix, le mensonge c'est la vérité.

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  • Voter la "loi Netflix" dimanche prochain : Une question de pluralisme

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    cinéma suisse5.jpgIl vous reste quelques jours (jusqu'à jeudi) pour voter par correspondance en faveur des propositions qui vous conviennent (par exemple la "loi Netflix" ou celle sur le dos d'organes, ou à Genève la réforme du Cycle d'Orientation) ou contre celle qui vous disconvient (l'accroissement du financement suisse de Frontex).  La "loi Netflix" vise à faire contribuer les plate-forme de streaming et les télé étrangères diffusant de la pub à destination des consommateurs suisses, au financement du cinéma suisse. Les derniers sondages ne lui donnent qu'une avance trop ténue (autour de 52 % de "oui") pour que l'hypothèse d'un refus populaire soit invraisemblable : son acceptation pourrait être due à un vote positif massivement majoritaire des Romands (62 % de "oui") et majoritaire des italophones (54 % de "oui"), contre un vote majoritairement négatif (51 %) des Alémaniques, plus opposés à ce qu'ils considèrent comme un "impôt culturel" qui aurait, selon eux, pour conséquence de renchérir leurs abonnements aux plate-forme de streaming, ce que l'expérience faite dans les pays pratiquant déjà ce qui est proposé en Suisse ne confirme absolument pas. Mais confirme, en revanche, que l'offre de cinéma sur ces mêmes plate-forme a été élargie à des films qui n'y étaient pas proposés. Une question de pluralisme culturel, en somme.

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  • Coalition de (presque) toute la gauche française : Cinq ans trop tard ?

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    bus-ps.jpgLe Conseil national du PS a donc approuvé hier soir à une large majorité l'accord de la gauche française (la "Nouvelle union populaire" autour de la "France insoumise")  pour les élections législatives de juin. Qu'une apparence d'unité de la gauche (Insoumis, PC, PS, Verts) se fasse, mais cinq ans trop tard, et qu'elle se fasse autour de Mélenchon tient de l'ironie de l'histoire. Il aura fallu une lourde défaite de la gauche, toute la gauche, pour que sa part la moins défaite puisse imposer à ses parts les plus défaites une unité qui tient, pour elles (le PS, le PC, les Verts) du sauvetage des meubles. Le barrissement des éléphants socialistes ne doit pas faire illusion : ce n'est pas le Parti socialiste qui va disparaître, mais ce qu'ils en ont fait. Après tout, les pères du macronisme, ce sont bien eux. A commencer par François Hollande.  La recomposition de la gauche française se fera sur fond de défaite électorale –mais s’est-elle jamais faite en d’autres circonstances ? Mitterrand ne recompose le PS (et la gauche) à sa main que sur les ruines de la vieille SFIO… C’est la baffe qui réanime, ou qui ressuscite, même (ou surtout ?) quand on a fait à peu près tout ce qu’on pouvait faire pour se la prendre.

    C'est toujours le plus fort qui coalise les plus faibles autour de lui. L'union de la gauche qui amène Mitterrand au pouvoir, la gauche plurielle qui y amène Jospin, se font autour du PS. L'union de la gauche française aujourd'hui se fait autour de la France Insoumise ? C'est logique. Et ça ne tue pas les forces qui se coalisent autour de Mélenchon. Le ralliement, contraint et forcé par sa déroute électorale du PS à une coalition dominée par la France Insoumise, pourrait, aussi paradoxal que cela paraisse, lui permettre de survivre. Parce que localement, régionalement, il est bien plus solide que nationalement.

    Et puis, qu'on cesse de nous faire prendre des vessies réformistes pour des lanternes révolutionnaires : Mélenchon, ancien sénateur socialiste, ancien ministre socialiste,  ce n'est pas l'extrême-gauche. Il est moins radical aujourd'hui que Mitterrand il y a quarante ans. Et le programme de la France Insoumise est plus prudent que celui du PS sorti du Congrès d'Epinay, à l'ambition rimbaldienne : "Changer la vie", pas moins.

    Pour le reste, on peut reprendre sans (presque) rien en changer ce que nous publiâmes il y a quatre ans ("Le socialisme, ou comment ne pas s'en débarrasser", L'Aire, 2018)...

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  • Application de l'initiative "Zéro Pub" en Ville de Genève: On votera sans doute, et c'est très bien

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    homme-sandwich.jpgLe comité référendaire (toute la droite et le patronat) contre la mise en œuvre de l'initiative municipale «Zéro Pub» a déposé mercredi 4871 signatures à la Chancellerie d'Etat. Les référendaires ont reconnu que la récolte a été difficile, et il est vraisemblable que certains d'entre eux (les faîtières professionnelles) ont eu recours à des récolteurs rémunérés -ce qui est légal, mais pas très efficace parce que cela amène beaucoup de signatures invalide, si les récolteurs sont payés «à la signature». Avec presque 1700 signatures de plus que le minimum requis, on peut toutefois considérer (sous réserve du résultat de la validation des signatures) que le corps électoral municipal (les citoyennes et citoyens suisses et étrangers établis depuis huit ans) se prononcera, peut-être en novembre, non sur l'initiative elle-même (elle n'est soumise au peuple que si le Conseil municipal la refuse -or il l'a acceptée) mais sur son règlement municipal d'application, voté par le Conseil municipal. Si ce règlement est refusé en votation, on repart à zéro : l'initiative est caduque (elle ne sera donc pas soumise au peuple), mais le Conseil administratif et le Conseil municipal gardent le pouvoir d'élaborer un règlement municipal sur l'affichage public (on a un en réserve...) -qui ne sera évidemment plus un règlement d'application de l'initiative, puisqu'il n'y aura plus d'initiative à appliquer, mais qui sera un règlement autonome, à nouveau soumis à référendum. En attendant quoi, la probable votation municipale sera l'occasion à Genève d'un débat bienvenu sur l'affichage publicitaire, son contenu, son emprise sur l'espace public. On votera donc sans doute, et c'est très bien. Et ce sera un premier débat : une initiative populaire fédérale est en discussion, et plusieurs projets municipaux sont en attente de décision. Et de tout ça, on se réjouit.

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  • Frontex : des enquêtes et une démission plus tard, un NON conforté

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    frontexLa teneur d’une enquête de l’Office européen de lutte anti-fraude (Olaf), pas encore publiée, a poussé Fabrice Leggeri, directeur de l'agence de garde-frontières européens Frontex, à démissionner. Deux enquêtes ont en fait été menées en parallèle. La première porte sur des refoulements illégaux aux frontières extérieures de l’Union européenne (notamment la frontière greco-turque) et de violations des droits fondamentaux, la seconde sur des cas supposés de harcèlement de travailleurs de l’agence. Elle tombe mal, cette démission, pour les partisans de l'augmentation de la contribution suisse à Frontex, soumise au vote dimanche, mais elle illustre bien ce qu'est réellement cette "agence européenne". Plusieurs autres  enquêtes, dont une du "Monde", du "Spiegel" et des suisses SRF et Republik*, ont confirmé que cette agence couvrait des refoulements illégaux de migrants entre la Turquie et la Grèce : des bateaux de migrants sont interceptés dans les eaux grecques puis refoulés dans les eaux turques (la Turquie servant de silo de stockage des migrants, comme d'ailleurs la Libye), voire même interpellés alors qu'ils ont réussi à débarquer en Grèce, mis dans des bateaux de garde-côtes grecs, puis dans des canots de sauvetage et repoussés dans les eaux turques. Une pratique totalement illégale... mais conforme aux obsessions des Etats de l'"Espace Schengen" : rendre l'immigration en Europe la plus difficile, voire la plus périlleuse, possible. Les enquêtes sur Frontex et la démission de son directeur confortent en tout cas notre NON au renforcement de la contribution suisse à une agence détournée de sa mission officielle pour complaire à la paranoïa xénophobe régnante.

    *on trouvera plus de détails sur sur l'enquête sur https://www.infomigrants.net/en/post/40166/des-documents-internes-de-frontex-revele-lampleur-des-renvois-en-mer-egee, et, si on est abonné, sur https://www.lemonde.fr/international/article/2022/04/27/refoulements-en-mer-egee-les-recensements-errones-ou-mensongers-de-frontex_6123944_3210.html

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  • Don d'organes : présumer le consentement ou le refus ?

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    don d'organe,transplantationQu'a-t-on dit quand on n'a rien dit ?

    Le 15 mai, on votera sur la révision de la loi sur la transplantation, combattue par un référendum alémanique (il n'y avait aucun Romand dans le comité référendaire), révision qui introduit le principe du consentement présumé pour le don d'organes, mais le soumet à des conditions qui ne le rendent pas automatique. Le comité référendaire, rassemblait des personnalités de gauche comme de droite mais le refus du projet est surtout prôné dans les rangs de partis religieux protestants (le parti évangélique PEV, l'Union démocratique fédérale UDF) et de l'UDC. Le projet soumis au peuple est une sorte de contre-projet indirect à une initiative populaire, "pour sauver des vies en favorisant le don d'organes", plus radicale mais qui a été suspendue en attente du résultat du vote : si le peuple refuse le projet qui lui est soumis, l'initiative sera réactivée. Et comme elle a déjà abouti, elle sera soumise au peuple. Mais initiative ou projet de loi tentent de répondre à la même question, à la réponse impossible : qu'a-t-on dit quand on n'a rien dit ?

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  • 1er Mai, Contre les régressions sociales et la guerre

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    Capture d’écran 2022-04-28 180658.jpgToutes et tous solidaires

    Face aux guerres, aux dictatures dans le monde et à leurs conséquences, face à la régression sociale et à la crise climatique, la mobilisation et la solidarité de toutes les travailleuses et tous les travailleurs est plus que jamais nécessaire.
    Le 1er mai 2022, reprenons la rue pour combattre AVS 21, défendre la justice sociale, les droits démocratiques et la paix.
    14h Cortège, départ Bvd James-Fazy
    16h30-22h Fête à la Salle communale de Plainpalais

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  • Soutenir le cinéma suisse le 15 mai

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    cinéma suisse 1.jpgOUI à la "Loi Netflix"

    Le 15 mai, on votera sur le projet de loi "Netflix" (une modification de la loi sur le cinéma) qui vise à protéger la création cinématographique suisseet à prélever 4 % des recettes réalisées en Suisse par les services de streaming, comme Netflix. La France, l'Italie et l'Espagne ont adopté un dispositif comparable, avec un taux d'imposition supérieur à celui proposé aux Suisses. Le 5 février, le congrès du PS suisse a décidé, à l'unanimité, d'appeler à voter "oui" à ce projet, contesté par un référendum de droite.  La votation suit de trois mois celle du 13 février, lors de laquelle 54,56 % du corps électoral actif avait refusé un paquet d'aide fédérale aux media, avec au coeur de ce vote un clivage entre Romandie et Alémanie, la première acceptant le projet que la seconde, majoritaire, refusait, malgré le vote favorable des plus grandes villes, Zurich et Bâle en tête. Et le même clivage entre Romandie et Alémanie semble pouvoir se reproduire le 15 mai : selon les derniers sondages en date, la "loi Netflix" est soutenue (à 59 ou 61 %) en Romandie et refusée (à 52 %) en Alémanie. Elle est donc sérieusement menacée d'un refus national. Ce qui est une raison de plus d'appeler à la soutenir.

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  • Mieux aider l'Europe à refouler les gueux ?

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    Frontex manif.jpgNo Frontex !

    A l'automne de l'année dernière, les Chambres fédérales ont voté (par 88 voix contre 80 et 28 abstentions) le presque triplement du financement suisse de Frontex, l'agence de garde-côtes et de gardes-frontières (pour ne pas écrire la milice antimigrants) de l'Union Européenne, qui passerait donc de 24 à 61 millions de francs par an. Pour aider Frontex à recruter 10'000 agent.e.s de plus, les armer, leur fournir des équipements de repérage des migrant. Pour mieux les refouler vers la Libye, la Turquie, le Maroc, ou n'importe où ailleurs que sur le territoire de l'Union. Car telle est, en réalité, la mission de Frontex : les traquer et les refouler.  Arraisonner leurs esquifs, mais pas pour les sauver et les accueillir : pour les empêcher de déposer une demande d'asile et les remettre aux garde-côtes des Etats auxquels l'Union a sous-traité l'hébergement des migrants. Et qui ont eux-même sous-traité avec des milices crapuleuses. Contre le financement de Frontex par la Suisse, une coalition de petites organisations, soutenue par la gauche, a lancé un référendum. Qui a abouti. On votera le 15 mai. Le 5 février, le PS suisse a décidé d'appeler à voter "non". On le suit, même si selon le plus récent sondage d'avant vote, 59 % des sympathisants socialistes voteraient "oui". Nous, on votera "non", parce que nous ne voulons pas mieux aider l'Europe à refouler les gueux.

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  • Deuxième tour de la présidentielle française : Ouf ! Et après ?

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    merde.jpgEmmanuel Macron est le troisième président français de la Ve République à être réélu au suffrage universel (après Mitterrand et Chirac), premier à l'être sans sortir d'une cohabitation avec un concurrent. Il a été réélu avec dix-sept point s d'avance sur sa concurrente. C'est considérable, mais une grande partie (près de la moitié selon les sondages) de celles et ceux qui ont voté pour lui l'ont fait comme on choisit de deux maux, le moindre. Celui dont on peut guérir. Il fait un excellent résultat, mais pas un triomphe. Président sortant après une présidence marquée par trois crises (sans compter même la crise climatique), celle des "gilets jaunes", celle de la pandémie covidienne, celle de la guerre en Ukraine, il fait le meilleur résultat obtenu à une présidentielle, après ceux de Chirac en 2002 et de lui-même en 2017, il fait mieux que Mitterrand en 1988, aussi bien que Pompidou en 1969, mais il fait moins que lui-même il y a cinq ans.  On a sans doute, comme Macron lui-même l'a reconnu, moins voté pour lui que contre Le Pen -le "front républicain" n'est donc pas tout à fait mort, s'il n'est pas au mieux de sa forme : Aux Antilles, qui avaient placé Mélenchon en tête du premier tour, on a voté Le Pen au deuxième (il va nous falloir relire le "peau noire et masques blancs" de Fanon...), et globalement l'abstention (un silence qui est un refus de choisir, comme le résume Macron lui-même) est la plus forte enregistrée à un second tour de la présidentielle depuis 1969 (les raisons de cette abstention, à 53 ans de distance, sont d'ailleurs les mêmes : l'abstention d'une partie importante de l'électorat de gauche -à l'appel, en 1969, du PCF, dont le candidat, Jacques Duclos, avait renvoyé dos à dos les candidats Pompidou et Poher ("bonnet blanc et blanc bonnet"). L'abstention hier a pourtant été moins forte que dans la plupart des élections comparables ailleurs qu'en France -on ne parle même pas de la Suisse, où elle est généralement majoritaire (comme hier aux Antilles)... Et hier soir, sitôt le résultat du deuxième tour de la présidentielle connu, on est entré dans le troisième tour :  les législatives. Après le "ouf !" saluant la défaite de Le Pen, le "Et après ?" interrogeant la victoire de Macron...

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  • Avril 1915 : Un génocide est un crime contre l'humanité. La négation d'un génocide est un crime contre la vérité et contre l'histoire.

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    génocide arménien.jpg

    Le 24 avril s'est commémoré, partout dans le monde, le premier génocide du XXe siècle, celui commis contre les Arméniens par le pouvoir en place dans l'Empire Ottoman (les "Jeunes Turcs" de Talaat Pacha, Enver Pacha et Djemal Pacha). Les massacres commis jusqu'à l'automne 1916, et les déportations de masse coûteront la vie à au moins 1,2 millions, sans doute un million et demi,  d'Arméniennes et d'Arméniens. Ils seront accompagnés ou suivis de massacres commis, par le même pouvoir en place, contre les populations araméennes (assyrienne, chaldéenne, syriaque), grecques pontiques, Syriaques et Yézidis73. Plusieurs années plus tard, après la fin de l'Empire ottoman et la proclamation de la République, ce sera au tour des Kurdes, dont le pouvoir turc actuel nie toujours l'existence en tant que peuple, en réprime les organisations représentatives et en annihile les prononcements démocratiques, dans le temps même où il persiste à nier le génocide des Arméniens.

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  • Deuxième tour de la présidentielle française : Un pari pascalien

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    Blaise Pascal.jpgQu'est-ce que le débat Macron-Le Pen a changé au prononcement probable des Françaises et des Français dimanche ? Sans doute pas grand-chose, sinon rien. On avoue d'ailleurs ne pas l'avoir suivi, préférant voir et entendre l'entretien avec Edgar Morin, 100 ans aux fraises, programmé au même moment sur la 5, mais comme on a été bassinés à jet continu d'extraits du débat dès sa fin et jusqu'au moment où on écrit par d'extraits de ce débat, on a l'impression de l'avoir subi en entier. De toute façon, le politologue Jean Garrigues juge limité l'impact de ce genre de confrontations ultra-codifiées, de la distance entre les protagonistes jusqu'à la température de la clim' : "c'est toujours celui qui est en position de favori qui remporte le débat"... Il paraît que tel a été le cas mercredi soir -c'est en tout cas ce qu'assurent les sondages, qui donnent Macron vainqueur du duel télévisé et en progression, à 55,5 %, dans les intentions de vote. Et alors ? Alors, rien. Sinon la version électorale d'un pari théologique, celui de Pascal. Vous ne voyez pas le rapport ? vous avez tort -Pascal, comme Montaigne, comme Debord, c'est bon pour tout, même pour l'improbable.

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    Lien permanent Catégories : élections, France, Politique 1 commentaire
  • La neutralité, la guerre, la Suisse, l'OTAN

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    Trace de corps.jpgRafistolages

    Toute guerre a une fin (même s'il faut l'attendre sept, trente ou cent ans). Et à la fin de celle d'Ukraine, la Russie sera toujours là, à l'est de l'Europe, au nord de l'Asie. Et Poutine aussi, vraisemblablement, jusqu'en 2036 (il n'aura que 84 ans, après tout...). Il faudra bien faire avec l'une et l'autre. Mais cette guerre a fait une victime collatérale : la neutralité suisse. Certes, elle n'est pas morte (un mythe peut-il mourir ?), mais elle a dû se redéfinir pour prendre quelque crédibilité tout en permettant à la Suisse de s'aligner sur l'Union Européenne et de reprendre les sanctions imposées à la Russie. Cet alignement est contraint -comme d'ailleurs la neutralité suisse elle-même le fut, et il ne lui arrive que ce qui est arrivé au secret bancaire : sous la pression extérieure la Suisse cède. Elle reformule sa neutralité, la réduit à une non-alliance militaire, admet qu'elle peut s'accompagner d'une alliance politique. Au fond, ce n'est qu'une constatation de ce qui fut toujours le cas : la Suisse ne faisait partie ni de l'Axe, ni de l'Entente, ni de la Triplice, ni de l'OTAN (ni du Pacte de Varsovie...), mais elle pactisa avec l'Allemagne impériale puis avec l'Allemagne nazie et leurs alliés quand ils étaient plus forts que leurs adversaires, puis avec les adversaires de l'Allemagne quand ils devinrent plus forts qu'elle et ses alliés. Et pendant toute la guerre froide, nul n'ignorait qu'elle était dans le camp "occidental". Qu'elle réaffirme aujourd'hui y rester face à la Russie n'est donc pas une nouveauté bouleversifiante mais un rafistolage.

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    Lien permanent Catégories : guerre, Suisse 8 commentaires