Cause toujours

  • Pour une carte d'habitants à Genève

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    city card,carte d'habitantC'EST QUOI, C'EST QUI, UNE VILLE ? NOUS TOUS...

    C'est quoi, une ville ? un espace bâti, une histoire, un territoire politique, oui, bien sûr. Mais se demander "c'est quoi, une ville ?", c'est mal se poser la question. Bien se la poser, c'est se demander "c'est qui, une ville ?". Parce qu'une ville, c'est d'abord, toujours, surtout, des gens. Des habitantes et des habitants. Une ville, c'est un peuple. "Celles et ceux qui". Qui ont des droits politiques ou n'en ont pas, ou ne les ont pas tous, ou ne les ont pas encore. Qui ont une adresse ou qui n'en ont pas, mais qui sont là même quand ils n'ont pas d'adresse. Qui ont des papiers ou qui n'en ont pas, mais qui eux aussi sont là même quand ils n'en ont pas. Qui sont riches ou qui sont pauvres, ou ni l'un ni l'autre. Qui croient au ciel ou qui n'y croient pas. Des gens, donc. Tous les gens possibles et imaginables. Une ville, c'est toujours toutes celles et ceux qui y sont. Celles et ceux à qui nous voulons proposer, à Genève comme dans une dizaine d'autres villes suisses, une carte attestant qu'ils sont habitants de nos ville, et les constituent.

    Ces gens, dans l'ancienne République genevoise, on les avait répartis en trois classes : les citoyens (forcément des hommes, forcément propriétaires, forcément protestants), qui disposent de tous les droits politiques; les natifs et les natives, qui sont nés et nées à Genève mais n'en ont pas la citoyenneté, et ne disposent donc que des droits civils; les habitants et les habitants, qui sont nés et nées ailleurs, qui vivent, et travaillent, et paient des taxes ici mais n'ont aucun droit politiques et pas tous les droits civils. Les révolutions genevoises (et la première révolution française) ont aboli cet ordre de classes-là. Parce que deux siècles après cette abolition, on se retrouve toujours avec des citoyens (et désormais des citoyennes), des habitantes et des habitants. Et des sans statuts. 

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  • Bernard Madoff est mort, et c'est une grande perte

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    capitalisme, Bernard MadoffHommage à un phare

    Bernard Madoff est mort en prison. Il avait 82 ans. Nul depuis Smith, Ricardo, Marx et Ponzi n'avait plus évidemment démonté le mécanisme d'un système économique. Nul depuis Beccaria et Foucault n'avait non plus plus

     évidemment démonté l'absurdité d'un système judiciaire capable de condamner un septuagénaire à un siècle et demi de prison. Madoff nous est un phare, comme Mandrin et Farinet. Un type capable de se faire des milliards en vendant du vent à des richards avides de l'être plus encore mérite d'ailleurs l'hommage de tous les défenseurs des énergies renouvelables, en sus de celui de tous les anticapitalistes. En montant une gigantesque arnaque sur le modèle d'un jeu de l'avion-mais supersonique-, il avait grugé de 17 milliards (sur 65 récoltés, dont 7 appartenaient aux riches clients de banques et sociétés financières genevoises, comme l'Union bancaire privée ou Genevalor) des millionnaires rêvant d'être milliardaires, des milliardaires rêvant de l'être au multiple. L'escroc était mondain et philanthrope, il présida la bourse américaine des valeurs technologiques, le Nasdaq. Sa méthode ? recruter des investisseurs dans une structure pyramidale, en leur promettant des rendements constants, et en finançant les rendements versés aux anciens investisseurs par le capital confiés par les nouveaux investisseurs -à qui, forcément, un jour, il ne resta plus que les yeux pour pleurer sur leur magot perdu et le prix de leur avidité. Un happy end moral, en somme. Salut et fraternité, camarade, repose en paix, au panthéon des phares de la science économique -laquelle, comme on sait, est à la science ce que l'alchimie est à la chimie...

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  • Nouvelle loi fédérale sur le CO2 : Un OUI de raison critique, pas de passion aveugle.

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    pot d'échappement.jpgLe 13 juin prochain, la Suisse votera (ou non) la nouvelle Loi sur le CO2, attaquée en référendum par les lobbies du pétrole et de l'automobile, soutenus par l'UDC.  Fonte des glaciers, sécheresse, glissements de terrains : le réchauffement climatique se vérifie très concrètement, très immédiatement, et ses effets, reconnaît le gouvernement, sont "dangereux et coûteux"  Le but de loi proposée est de réduire de moitié en dix ans les émissions de CO2 mesurées à leur niveau de 1990, et, à terme, de pouvoir se passer complètement en Suisse d'énergie fossile, forcément importée (la Suisse a dépensé 80 milliards de francs en dix ans pour acheter à l'étranger du gaz naturel et du pétrole), pour la remplacer par des énergies renouvelables, et le plus souvent possible indigènes. Pour atteindre ce double objectif (la réduction des émissions de CO2, la substitution énergétique), la loi conjugue taxes (sur les billets d'avion), incitations financières, investissements dans les nouvelles technologie et redistribution (une grande partie des nouvelles taxes incitatives sur le CO2 sera reversée à la population, particulièrement aux personnes et ménages à bas revenus). De quoi, le 13 juin, lui accorder un soutien. Critique, insatisfait, certes, mais un soutien sans plus de réticence que celles qui doivent toujours accompagner notre soutien à quelque projet que ce soit (même les nôtres). Un OUI de raison critique, pas de passion aveugle.

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  • Action du Premier Mai du Solifonds

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    solifonds.jpgDes fraises et des luttes

    La province espagnole de Huelva est le centre de la culture des petits fruits, comme les fraises, dont la production est assurée par une main d'oeuvre essentiellement féminine et immigrée, venue du Maroc, et ne disposant que de permis de travail saisonniers. Ces travailleuses surexploitées (au lieu du salaire minimum de 48 euros par jour, elles n'en touchent souvent que 32), hébergées dans des baraquements, souvent victimes de violences sexuelles, soumises à des interdiction de travail de plusieurs jours lorsque leur rendement est jugé insuffisant par leur employeur, licenciées et expulsées quand elles se plaignent, sont défendues par un syndicat, le SOC-SAT, qui mène une lutte dans des conditions extrêmement précaires, mais qui a acquis leur confiance et leur permet désormais de déposer plainte et de signaler les entreprises qui ne respectent pas leurs obligations. Le SOLIFONDS (fonds suisse de solidarité avec les luttes sociales) apporte au SOC-SAT un soutien indispensable, qui rend nécessaire notre propre soutien au SOLIFONDS :

    SOLIFONDS, Quellenstrasse 25, 8005 Zürich
    mail@solifonds.ch www.solifonds.ch

    compte postal 80-7761-7

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    Lien permanent Catégories : Agriculture, Solidarité, syndicats 1 commentaire
  • Loi fédérale sur les mesures policières "antiterroristes" : Retour de la police fouineuse ?

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    trou de serrure.jpgLe 13 juin, le peuple se prononcera (notamment) sur une loi de mesures policières "antiterroristes" adoptée par les Chambres fédérales en septembre de l'année dernière et contre laquelle un référendum a abouti, lancé par la Jeunesse socialiste, les Jeunes Verts et Verts libéraux, le Parti pirate et le "Computer Chaos Club". Une large coalition d'ONG a lancé fin mars sa campagne contre cette loi, qui donnerait à la police fédérale le pouvoir d'user de mesures de contraintes contre des personnes (même mineures) n'ayant commis aucun délit mais jugées potentiellement dangereuses. "Même une action de protestation légitime pourrait être poursuivie comme 'acte terroriste'", dénonce Amnesty International. Pour le comité  de campagne contre la loi, elle met en danger des droits fondamentaux et est porteuse d'un risque d'arbitraire policier, dès lors qu'elle laisse à la discrétion de la police fédérale des décisions qui devraient relever de la justice, et à la police la capacité de décider de ce qui est du terrorisme et décider de mesures de contrainte, sur la seule base d'indices, voire de soupçons, mais sans preuves, et sans même qu'aucun acte répréhensible ait été commis. Retour de la police fouineuse ?

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  • Petit prêche de rentrée pascale

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    lapin de Pâques.jpgDu travail, des vacances et des valeurs

    Peut-être venez-vous de prendre quelque vacance pascale, et en revenez-vous frais et dispos, prêts à reprendre votre travail, vos fonctions, votre place sociale... et puisque la plupart d'entre vous êtes sans doute salariées et salariés, à recommencer à mériter votre salaire par la tâche qu'il paie -alors qu'en réalité, ce n'est pas votre travail que votre salaire vous paie, mais la part de votre temps dont vous êtes dépossédés (y compris le temps de la reconstitution de votre force de travail).  Le salariat est en effet le système même par lequel l’individu est dépossédé du temps, ce temps vendu étant toujours, irrémédiablement, du temps perdu, et par la transformation du temps, même celui des vacances,  en argent.   Edgar Morin avait tort de dire que"la valeur des vacances, c'est la vacance des valeurs"...  il est vrai que, lui, ne parlait ni de la valeur d'usage, ni de la valeur d'échange mais de celles qu'on se donne, librement.

    il ne s’impose plus de libérer le travail, mais de libérer du travail

    Ce par quoi dans le travail, aujourd’hui et dans le capitalisme socialisé, le travailleur est exproprié de lui-même n’est pas la captation du produit du travail, mais la captation du temps passé au travail. C’est par le salariat que le travailleur est exploité, par le salaire que la force et le temps qu’il vend lui sont achetés, par le salaire que cette vente aboutit à la vente du travailleur lui-même, par lui-même, en tant que travailleur.

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    Lien permanent Catégories : salaire, revenu, Travail 2 commentaires
  • Préavis municipal sur le projet de Cité de la Musique : Un NON politique

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    Cité de la Musique, maquette.jpgLe 13 juin, les habitantes et les habitants de la Ville de Genève y disposant du droit de vote se prononceront sur le préavis municipal au plan localisé de quartier devant permettre l'installation dans le quartier des Nations d'une "Cité de la Musique" largement financée par la Fondation Wilsdorf. L'installation d'une institution culturelle importante dans un quartier qu'on ne peut guère qualifier que de trou du culturel de la Ville,  lui donnerait en effet un sens et une vie, quand il n'en a guère. L'implantation du projet de la Cité de la Musique est son meilleur argument, et vouloir le déplacer ailleurs, par exemple au PAV, n'a aucun sens. Tout le reste est, ou doit être, ou devenir, discutable, négociable. A commencer par la place donnée aux différents acteurs accueillis (dans le projet actuel, la Haute Ecole de Musique et l'OSR s'y taillent la part du lion) et à ceux qu'il n'est pas prévu d'accueillir. Et à continuer par le sort à réserver au bois privatif (évoquer une forêt serait excessif) qui occupe une grande partie de l'espace prévu pour la Cité de la Musique, et à la villa "La Feuillantine". Ce n'est donc pas un raisonnement environnemental, ni un raisonnement architectural qui nous convainc de nous préparer à voter "NON" au préavis municipal au projet de Cité de la Musique, c'est, qu'on nous pardonne, un raisonnement politique :   ce "NON" est le seul moyen de pousser à une évolution du projet, qui fasse, avant la décision cantonale, une plus large place à d'autres musiques que celles patrimoniales.

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  • Deux fois OUI pour en finir avec les pesticides dans l'agriculture suisse

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    pesticides

    Changer d'air, d'eau, de terre...

    Le 13 juin, deux initiatives populaires "anti-pesticides" seront soumises au vote du peuple et des cantons  : la première propose l'interdiction dans les dix ans des pesticides de synthèse; la seconde, "Pour une eau potable propre et une alimentation saine"de ne plus accorder dans un délai de huit ans de paiements directs qu'aux exploitations agricoles n'usant pas de tels pesticides, ni, pour l'élevage, d'antibiotiques. Ces deux textes sont dans l'air (pur) du temps : en 2017, selon un sondage, les deux tiers des Suisses.ses se prononçaient pour un usage plus rare des pesticides dans l'agriculture, la moitié étaient favorables à ce que les subventions publiques à l'agriculture soient réservés à sa part biologique (10 % de la production indigène en 2019) et les trois quarts n'admettaient pas la présence de pesticides dans l'eau potable. Les organisations agricoles et la droite vont faire campagne, avec le Conseil fédéral contre ces initiatives, qui, selon elles et lui, vont "mettre en péril toute la production agricole non biologique". En face (c'est-à-dire de notre côté), on notamment trouve Uniterre, Bio suisse (regroupement des producteurs bios), l'Association des petits paysans, Pro Natura, Aqua Viva et les Médecins pour l'environnement, qui soutiennent généralement (comme nous, ici) les deux initiatives, certaines organisations ne soutenant que la première (celle qui interdit les pesticides).

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    Lien permanent Catégories : Agriculture, alimentation, Suisse, votations 4 commentaires
  • Nos Pâques à nous : la Commune de Paris

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    Commune de ParisPassion, résurrection ?

    Dimanche dernier, il y avait 150 ans, jour pour jour, que la Commune de Paris était proclamée. Et dimanche prochain, ce sera la Pâque chrétienne, dans le calendrier grégorien. Trahison, procès, exécution, martyre... Vous parle-t-on alors, ici, de la Passion du Christ ou de celle des Communards ? Des deux, frères et soeurs... Et puisqu'après l'exécution, il y a la résurrection, et après la résurrection l'Ascension, et après l'Ascension la Pentecôte, on s'autorisera à une récupération politique parfaitement blasphématoire (mais nous tenons le droit au blasphème comme un droit fondamental) : la Commune de Paris, c'est nos Pâques à nous. Des Pâques de 72 jours. Sans résurrection ? Allez savoir... En tout cas, pas sa récupération : 498 rues et places et 190 écoles portent en France le nom de Louise Michel, qui avait si grande "hâte de s'échapper du vieux monde" , dont pourtant elle ne put pas même s'échapper en étant déportée en Nouvelle Calédonie, où ce vieux monde détruisait celui. plus vieux encore, de ses nouveaux amis, les Kanaks. Ce vieux monde, c'est toujours le nôtre...

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  • Election partielle au Conseil d'Etat genevois : A dans deux ans !

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    Genève, Lausanne, Yverdon, Nyon, Renens, Moutier, et même en Valais -et en plus, il faisait beau : on a passé un beau dimanche... Pour en revenir au centre du monde,contrairement aux craintes de beaucoup et aux espoirs de quelques uns, on n'a "pas peu" voté, à Genève, hier (42,74 % de participation). Et vu le résultat, on s'autorisera à ajouter qu'on a "bien voté", dans une élection qui, au terme d'une étrange campagne, et pour un étrange enjeu, a plus mobilisé qu'attendu.  Au premier tour de cette élection partielle au Conseil d'Etat, la participation avait déjà dépassé 48 %, un record depuis 25 ans -mais on se prononçait sur une palanquée d'objets, dont un objet fédéral (l'initiative "antiburqa") et un objet municipal (le parking de  Rive) mobilisateurs. Et lors de l'élection générale du Conseil d'Etat, en 2018, la participation n'avait été que de 35 % au second tour. Vendredi, on l'avait déjà dépassée...  On a donc repourvu par Fabienne Fischer le siège laissé vacant par la démission de Pierre Maudet, qui entendait bien s'y rasseoir. Mais on ne l'a repourvu que pour deux ans. Toutes les cartes de ce jeu de bataille seront rebattues en 2023, avec, aujourd'hui, une gauche à 41,8 % (mais à plus de 50 % dans ses bastions de la Ville, comme les Pâquis, la Jonction, Plainpalais, les Acacias, Saint-Gervais) et une droite à 58.2 % (toutes familles recomposées ensemble, mais les scores de Delphine Bachmann et d'Yves Nidegger sont presque anecdotiques...). Des trois majorités qui nous sont nécessaires pour pouvoir vraiment "changer les choses", on  en gagné une, la gouvernementale. Nous restent donc les deux autres à conquérir, dans les urnes et dans la rue : la parlementaire et, surtout, la populaire. A dans deux ans !

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  • Réponses à l'urgence sociale et culturelle :  La Ville(et les villes)  à l’œuvre

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    Ballet.jpgPour répondre, à son niveau, à la situation d'urgence sociale et culturelle dans laquelle se trouvent artistes et activistes culturels, le Conseil municipal de Genève a accepté la proposition que lui faisait le Conseil administratif, de trois mesures concrètes (auxquelles s'ajoutent l'étude de plusieurs "pistes de travail", notamment s'agissant du statut  social des artistes). Des mesures qui s'ajoutent à celles que la Ville avait déjà prises et qu'ont prises le canton et la Confédération, les complètent -mais aussi suggèrent à ces deux niveaux institutionnels "supérieurs", s'agissant des soutiens à apporter au milieu culturel, d'aller un peu loin dans l'inventivité que ce dont ils se sont contentés jusqu'à présent. Les mesures proposées par le Département de la Culture et acceptées par le Conseil municipal, assorties du financement nécessaires (quatre millions), consistent  d'abord en la réalisation par une septantaine d'artistes d'oeuvres sur des emplacements d'affichage en Ville : ce fut fait en décembre dernier. Ensuite, des résidences musicales rémunérées sont proposées à des groupes, en partenariat avec l'Usine, la Cave12, l'Alhambra et l'AMR. Ces résidences devraient aboutir à des concerts. Enfin, des résidences d'artiste, elles aussi rémunérées, sont proposées à des artistes en partenariat avec les musées publics et les bibliothèques de la Ville.  (la "Tribune de Genève" d'hier a consacré une pleine page à la première concrétisation de cette expérience, où les artistes sont à la fois en résidence et devant le public des musées (le Museum, le MEG, l'Ariana, le Jardin Botanique, le Musée d'histoire des sciences) et des bibliothèques).

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  • Le 21 mai, pour la justice climatique et sociale

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    Grève pour l'avenir.jpg

    Grève pour l'Avenir

    Le 21 mai 2021 aura lieu une grande journée d’action et de grève pour la justice climatique et sociale, la "Grève pour l'Avenir" En y invitant, le mouvement de la Grève du Climat lui donne pour objectif de "poser les bases d’un changement à long terme vers une société durable". Le 10 avril des assemblées populaires se tiendront dans toute la Suisse pour préparer la journée du 21 mai (on en trouvera le mode d'emploi sur https://grevepourlavenir.ch/participer/assemblees-populaires/).
    "On ne peut pas rattraper le temps perdu, mais on peut arrêter de perdre du temps",
    (banderole dans la Cité des 300 logements, à Bejaïa).

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  • Le PS de la Ville de Genève soutient le projet de Cité de la Musique

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    Cité de lamusique.jpgQue se fasse le débat...

    Le référendum  lancé contre le préavis favorable donné il y a six mois par le Conseil Municipal de la Ville de Genève au plan localisé de quartier devant permettre la construction par la Fondation Wilsdorf d'une Cité de la Musique près de la place des Nations, ayant abouti, les habitantes et habitants adultes de la Ville se prononceront le 13 juin, sur ce préavis favorable à un projet que le PS a décidé hier soir de soutenir. Le référendum a été lancé  pour des raisons aussi diverses que les forces qui le soutiennent : associations de quartier, défenseurs des arbres (130 devraient être abattus et remplacés, les plus anciens étant préservés), défenseurs du patrimoine (la villa La Feuillantine, datant de la fin du XIXe siècle, serait détruite), artistes indépendants, partis politiques de droite (UDC) ou de gauche (SolidaritéS, Parti du Travail, Verts), les uns dénonçant le "gigantisme" du projet, d'autres l’abattage d'arbres et la destruction de la villa, d'autres encore le fait que cette Cité de la Musique sera surtout celle de deux institutions musicales, l'OSR et la Haute école de Musique, alors que d'autres formes de musique et d'autres musiciens auraient besoin d'un soutien accru, d'autres enfin craignent que les frais de fonctionnement de l'institution (au moins 14 millions par année) ne retombent sur les collectivités publiques (le vote favorable du Conseil municipal était d'ailleurs assorti d'une double recommandation, s'opposant à tout engagement financier de la Ville pour la Cité de la Musique et recommandant un soutien accru aux musiques de création). Le préavis du Conseil municipal étant consultatif, la votation le sera aussi. Ce qui ne la rend certainement pas inutile pour autant : le peuple de la Ville ne décidera pas, mais il donnera son avis. Et avant cela, un débat public  s'engagera sur les priorités de la politique culturelle genevoise, les moyens dont elle dispose, les rôles respectifs des privés et du public dans sa mise en oeuvre -et les choix de soutenir tel mode d'expression musicale plutôt que d'autres, les grandes institutions plutôt que les musiciens indépendants, les grosses structures plutôt que les petites... Que se fasse ce débat  : si consultatif qu'il soit, le scrutin municipal du 13 juin devrait le permettre... avant, sans doute, si le canton (le Conseil d'Etat, le Grand Conseil) adopte le projet, un vote cantonal après un référendum cantonal...

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  • Nous avons voté pour Fabienne Fischer, sans aucune hésitation...

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    votez!.jpgEn principe, vous avez toutes et tous reçu (enfin) votre bulletin de vote. Il vous reste à en faire bon usage (jusqu'à jeudi soir par correspondance, dimanche matin au local de vote) pour participer à l'élection partielle au Conseil d'Etat. Vous avez le choix entre deux candidates et deux candidats au deuxième tour de l'élection partielle au Conseil d'Etat genevois. Avec une candidate verte,  Fabienne Fischer, soutenue par le PS, le Parti du Travail, le DAL, les Jeunes Verts, socialistes et Verts libéraux, ainsi que l'Avivo et Pro Velo (SolidaritéS appelle plus jésuitiquement à "faire barrage à la droite"). Derrière elle, à bonne distance au premier tour,  Pierre Maudet. Fabienne Fischer et Pierre Maudet sont sortis du premier tour avec une large avance sur leurs concurrents, dont il ne reste qu'Yves Nidegger, de l'UDC. A ces trois s'est ajoutée in extremis une candidate du PDC, qui au premier tour soutenait le candidat du PLR, mais profite de sa débandade pour faire au moins un tour de piste en espérant rallier à sa candidate, Delphine Bachmann, toutes celles et tous ceux qui à droite ne veulent ou ne peuvent se résoudre ni à voter pour Fabienne Fischer ou Yves Nidegger, ni à voter pour Pierre Maudet, "disqualifié pour exercer une fonction dans un collège gouvernemental". "Disqualifié" ? L'expression est étrange : "disqualifié" par qui ? Ce sont les électrices et les électeurs qui qualifient ou disqualifient une candidature. Ce sont donc eux qui diront dimanche ce qu'ils pensent de celle de Maudet. Espérons avoir fait comprendre ce que nous en pensons, nous, en ayant voté pour Fabienne Fischer, sans aucune hésitation...

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  • Initiative 99 % : le peuple se prononcera, sans contre-projet

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    initiative, 99 %, Un seul texte, un seul "oui".

    La Jeunesse Socialiste a lancé et fait aboutir une initiative populaire fédérale, dite "99 %", pour taxer à 150 % les revenus du capital au-delà d'une certaine limite, fixée par le parlement, et d'affecter les ressources supplémentaires obtenues par cette taxation (entre cinq et dix milliards de francs) à une réduction de l'imposition des petits et moyens revenus tirés du travail, à des "transferts en faveur de la propriété sociale" ou au financement de prestations sociales (des crèches, des subsides à l'assurance maladie, des prestations complémentaires augmentées à l'AVS-AI) ou de la formation. On ne sera pas exagérément surpris que le Conseil des Etats et le Conseil national aient rejeté l'initiative, sans lui opposer de contre-projet. Les choses ainsi, seront claire, et les partisans d'une imposition plus forte des "super-riches" ne se diviseront pas entre deux textes : il n'y en a plus qu'un... un seul texte, un seul vote :

    www.99pourcent.ch

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    Lien permanent Catégories : Fiscalité, Suisse 4 commentaires
  • TOUT çA N'EMPÊCHE PAS, NICOLAS, QUE LA COMMUNE N'EST PAS MORTE...

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    Capture d’écran 2021-03-18 181626.jpg

    La Commune de Paris a 150 ans

    La Commune de Paris a 150 ans, et en ce mois de mars, et on la commémore ou la célèbre, selon que l'on continue à la haïr ou à s'en réclamer150 ans depuis sa proclamation le 28 mars, 150 ans depuis son écrasement le 23 mai au terme d'une Semaine Sanglante qui ne peut se comparer, avec ses 30'000 morts,  qu'à la Saint-Barthélémy. Elle ne vécut que deux mois de printemps. Ecrasée mais, chante Pottier, "pas morte".

    On l'a tuée à coups de Chassepot
    A coups de mitrailleuse
    Et roulée avec son drapeau
    Dans la terre argileuse
    Et la tourbe des bourreaux gras
    Se croyait la plus forte
    Tout ça n'empêche pas, Nicolas,
    Qu' la Commune n'est pas morte!
    (Eugène Pottier)

    (voir aussi : https://lecourrier.ch/2021/03/17/un-heritage-entre-avant-garde-et-mythe/)

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    Lien permanent Catégories : commune, Histoire, Politique 11 commentaires
  • Répartition des tâches et des pouvoirs à Genève : "ça ne se présente pas bien"

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    répartition des tâchesDans son "programme de législature 2020-2025", le Conseil administratif de la Ville de Genève se donne pour objectif, ambitieux, d'obtenir "une plus grande autonomie légale de la Ville et un accroissement de ces compétences vis-à-vis du canton", accroissement qu'elle ne pourra d'ailleurs obtenir (et la Municipalité en est parfaitement consciente) que si toutes les autres communes du canton l'obtiennent aussi, la Ville n'ayant pas d'autre statut constitutionnel que celui d'une commune égale aux autres -même si elle est la commune centre, abrite 40 % de la population du canton, qui cultive à son égard méfiance aussi vieille que lui, au point d'avoir tenté de l'abolir purement et simplement en 1815 -elle sera rétablie par une révolution trente ans plus tard, une bonne partie de la droite cantonale rêvant toujours d'une ré-abolition.  Les négociations avec le canton sur la répartition des tâches entre lui et les communes, dont la Ville "ce sera la bataille de la législature" municipale (2020-2025), prévient le Maire de Genève, Sami Kanaan. Qui ajoute : "cela ne se présente pas bien. La réforme est en train de se faire sur le dos des villes avec une menace sur les prestations. Pour la Ville de Genève, les reports de charge pourraient représenter des dizaines de millions de francs", qui manqueront au financement des actions sociales, de la politique culturelle, de l'aménagement du cadre de vie. Si le canton ne revient pas sur ses envies de puiser dans les ressources des communes sans leur donner de compétences supplémentaires, un référendum est pratiquement inévitable. Ce ne sera pas un référendum de la Ville, mais des communes. Parce que la répartition des tâches, si elle n'est pas seulement un transfert des charges, est aussi un partage des pouvoirs.

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  • Contre-réforme de droite de l'AVS : Faire payer les femmes

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    vignette AVS.jpgLa majorité de droite du Conseil des Etats a voté un report de l'âge de la retraite des femmes (le Conseil national doit encore se prononcer) de 64 à 65 ans, ce que lui proposait le Conseil fédéral, mais en a profité pour raboter (de 270 millions sur 700) les mesures de compensation que le gouvernement proposait pour rendre ce report acceptable par le peuple, qui l'a déjà refusé deux fois. En effet, le report de l'âge de la retraite des femmes provoque une réduction de leurs rentes, (un an de report leur fait évidemment perdre un an de rentes) alors qu'elles reçoivent déjà en moyenne un tiers de pension de 2e pilier en moins que les hommes, qu’elles effectuent aujourd’hui la majeure partie du travail de soins non rémunéré, et donc non constitutif de rente, et que leurs salaires en moyenne plus bas que ceux des hommes aboutissent  des rentes plus basses : la moitié des femmes ayant pris leur retraite en 2018 doivent se contenter de moins de 1754 francs de rente AVS par mois... L'Union Syndicale Suisse a lancé une pétition «  Pas touche aux rentes des femmes », qui a recueilli plus 300'000 signatures. Une bonne base pour, dans les mois à venir, faire pression au Parlement pour une véritable réforme, améliorer réellement les pensions de toute la population -et, le cas échéant, lancer un référendum contre une contre-réforme qui serait imposée par la droite pour faire payer aux femmes une amélioration temporaire (1,4 milliard de francs sur une masse financière de 47 milliards) de la situation financière de l'AVS.  En attendant quoi, on peut toujours signer l’initiative pour une 13e rente AVS. C'est par ici qu'on signe : https://www.avsx13.ch/initiative-ps-2/?src=sp-ps

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    Lien permanent Catégories : Politique, Retraites, AVS, AI, Suisse 5 commentaires
  • L'interdiction de la burqa en Suisse : Une "affaire de civilisation" et un vote sans conséquence directe

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    burqaL'étrange votation

    A un peu plus de 51 % des suffrages et 67'000 voix de différence, l'initiative populaire pour l'interdiction de se dissimuler le visage (dite initiative "antiburqa", puisque c'est autour de la dissimulation du visage des femmes qu'a tourné tout le débat, et le vote) a donc été acceptée, même si elle fait un résultat bien plus modeste que l'annonçaient les sondages, et de six points plus modeste que celui de l'initiative pour l'interdiction des minarets, lancée par le même comité crypto-udéciste. La campagne féministe et antiraciste menée contre l'initiative par des mouvements comme la Grève féministe et des femmes, le "Comité des femmes" ou les Foulards violets n'est pas étrangère à ce recul (les femmes ont majoritairement voté contre l'initiative, comme les y incitait ), et au rejet de l'initiative à Genève, et dans toutes les villes de plus de 100'000 habitants. Localement comme nationalement, le vote "oui" a été majoritairement un vote de droite et le vote "non", un vote de gauche.  A Genève, l'initiative n'a été acceptée que dans de petites communes de droite (à l'exception de Bernex et Chêne-Bourg), et refusée dans toutes les communes de gauche (à plus de 55 % en Ville de Genève, plus de 60 % aux Pâquis et à la Jonction). Ainsi a-t-on voté en Suisse sur des comportements moyen-orientaux et, comme le résume l'islamologue Andreas Tunger-Zanetti, cette initiative , sans effet concret mais avec une lourde charge symbolique, "en dit plus long sur la Suisse que sur les musulmans". Mais qu'en dit-elle vraiment, de la Suisse ? en tout cas, qu'il est infiniment plus facile d'interdire la burqa (les opposants et les opposantes à l'initiative ne la soutenaient pas, ils et elles soutenaient le droit des femmes à la porter si elles le choisissent librement) et de considérer les femmes musulmanes comme un groupe singulier, que de lutter, concrètement, contre le sexisme, le patriarcat, les inégalités entre les genres, ici et maintenant, avec et pour toutes les femmes. Ou de cesser de livrer des armes à l'Arabie Saoudite.

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  • Les habits neufs du président Maudet

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    poster Mao.jpgQui va-t-on élire à Genève le 28 mars ?

    Dans la "Julie" de samedi, son ancien rédac'chef, Pierre Ruetschi titre sa chronique : "A Genève, la politique peut rendre fou"... Peut-être, en effet... et quand elle ne rend pas fou (ou folle, soyons inclusifs.ves), elle peut atout de même rendre idiot (ou idiote...), ce qui ne vaut guère mieux.  D'où, sinon, nous tomberait ou nous sourdrait ce besoin de chef, cette fascination de l'homme fort droit dans ses bottes, que trimballent le quarteron d'officiers en retraite et le chœur de groupies qui s'épanchent dans les media et les réseaux sociaux pour chanter les mérites de Pierre Maudet (qui se compare lui-même à un char d'assaut) en convoquant, qui Winkelried, qui Bonaparte au Pont d'Arcole, qui De Gaulle le 18 juin 1940 à Londres (on leur saura gré de nous avoir tout de même évité Achille, Hector, Attila, Gengis Khan, Guderian et Joukov, et préféré le Pont d'Arcole à celui de la Berezina), qui le capitaine dont on voit la grandeur dans la tempête (juste avant le naufrage) ? Et on ne vous parle même pas de la réintroduction par les maudétistes du délit de blasphème : s'en prendre à leur candidat équivaudrait à s'en prendre au Prophète... Mais qui diable élit-on dans deux semaines et pour deux ans ?  Un sauveur, un Grand Timonier ?  non : tout simplement, une Conseillère d'Etat ou un Conseiller d'Etat.. quelqu'un qui ne se prenne pas pour le centre du monde, ne considère pas qu'abaisser les autres soit un moyen de se grandir et refuse qu'en 2021, dans une démocratie, un Etat puisse encore fonctionner sur le mode du garde-à-vous, de l'injonction "alignez-couvert" et de l'ordre de marche. Les habits neufs du président Maudet ressemblent tout de même trop à d'anciens uniformes...

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