Cause toujours

  • Genève refuse de prolonger les heures d'ouverture de ses commerces

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    vignette horaires magasins.jpgDu "Black Friday"au "Good Sunday"

    Deux jours après le "Black Friday" consumériste, Genève a offert au personnel du commerce un "Good Sunday". Le vote sur la prolongation des horaires d'ouverture des magasins a été un vrai, bon, gros, vote gauche contre droite, communes et arrondissements de gauche contre communes et arrondissements de droite. En Ville de Genève, seuls trois arrondissements acceptent la loi bricolée par le Conseil d'Etat, la majorité de droite du Grand Conseil et le patronat : Champel, Cité-Rive et Florissant-Malagnou, et dans le canton ce sont les communes friquées de la rive-gauche (Anières, Corsier, Collonge-Bellerive, Cologny, Vandoeuvres) qui la soutiennent le plus fermement. Peine perdue : les Genevois et voises ont, par 52,5 % des voix, privilégié le soutien au personnel de la vente et l'exigence d'une convention collective au petit confort de pouvoir "faire les magasins" genevois trois dimanches de plus par an et une heure de plus le samedi. Après l'adoption par le peuple (contre les mêmes forces politiques et économiques qui roulaient pour la loi sur les horaires d'ouverture des magasins) d'un salaire minimum légal, c'est une confirmation qu'il y a à Genève une majorité, non pas automatique mais en tout cas atteignable, pour défendre et renforcer les droits des travailleuses et des travailleurs.

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  • Genève : Fin de la rente à vie des magistrats genevois

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    Capture d’écran 2021-11-29 015527.jpgRentrée dans le rang

    On n'en avait rien dit, de cet objet soumis au vote populaire dimanche à Genève, mais la rente à vie que le système actuel accorde aux membres du Conseil d'Etat et au Chancelier ou à la Chancelière d'Etat, ainsi qu'aux magistrats de la Cour des Comptes a été abolie hier par le peuple souverain. Les ministres rentrent dans le rand des citoyens et c'est encore un effet  collatéral de l'"Affaire Maudet" que ce vote, alors que la question avait été posée avant que n'éclate l'"affaire" : un premier projet de loi avait été déposé en mai 2017 par Ensemble à Gauche et le PS. Un deuxième projet est déposé par le Conseil d'Etat quelques mois plus tard. Mais les aventures de l'enfant prodige de la droite genevoise ont accéléré les choses : une initiative populaire non formulée avait été déposée par les Verts libéraux. C'est elle et le projet du Conseil d'Etat approuvé par le Grand Conseil qui étaient soumis, opposés l'un à l'autre, au vote populaire. Tous deux considéraient que le statu quo n'était pas envisageable, et qu'une réforme était indispensable. En quoi différaient-ils alors ? En ceci, que le projet du Conseil d'Etat, soutenu par le parlement après avoir été amendé, était plus complet : non seulement il mettait fin à la "rente à vie", mais il affiliait les magistrats à la caisse de retraite de la fonction publique (ce que ne faisait pas l'initiative) et s'applique aussi aux magistrats de la Cour des Compte, oubliés de l'initiative. C'est la raison pour laquelle nous avions, comme la gauche, minoritaire sur ce coup là, voté "oui" à ce projet et "non" à l'initiative. C'est elle qui a été finalement acceptée ? On s'en consolera... surtout que les autres résultats de cette journée de votation nous conviennent fort...

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    Lien permanent Catégories : Genève, votations 0 commentaire
  • Votation fédérale sur la loi Covid : Pouvoir vivre avec le virus

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    médecin peste.jpgMalgré le tintamarre des opposants, les ressources financières dont ils disposent (de quoi se payer deux pages entières dans "20 Minutes", entre autres) , leur usage intensif de la prédiction dystopique (si la loi est adoptée, on se retrouvera en Chine avec un "contrôle total" du gouvernement "sur la vie des citoyennes et citoyens") et les 750 recours qu'ils ont déposé dans les cantons au prétexte que le bulletin de vote ne mentionnait pas le pass covid (que toute leur campagne met en avant, au cas où on aurait un doute...)  la loi Covid semble plutôt partie pour être ratifiée par le peuple, une deuxième fois (dans une  augmentée par rapport à celle déjà acceptée) : les derniers sondages qui accordaient une majorité des deux tiers du corps électoral, et les sympathisants UDC étaient les seuls à être majoritairement partisans de lui dire "non". Ce soutien probable à la loi n'est pas enthousiaste, mais rationnel : son dispositif est en tout cas utile, voire nécessaire, pour surmonter la crise sanitaire et sociale provoquée par la Covid. Sans interventions publiques fortes, la coronapandémie aurait peut-être fait quarante fois plus de victimes qu'elle n'en a fait, et aurait provoqué une crise économique et sociale ravageuse. Il fallait faire ce qui a été fait, et il faut encore pouvoir faire ce qu'on peut faire (c'e, dimanche)...  Ce dont il s'agit, après tout, c'est de nous donner à toutes et tous la possibilité de vivre avec le coronavirus. Puisqu'il est là. Et qu'on ne le fera pas partir en se secouant les grelots...

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  • Elire les juges ou les tirer (au sort) ?

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    roulette.jpegUne question de transparence...

    Dimanche, on saura si la Suisse a décidé d'élire les juges de son tribunal suprême par un simulacre de tirage au sort comme le propose une initiative lancée par un milliardaire ou continuer de les faire élire par le parlement fédéral. Il ne s'agit pas de tirer un juge comme le fit à Brive-la-Gaillarde le Gorille de Brassens, mais de tirer au sort les 38 juges fédéraux (et seulement eux). On pourrait se dire qu'après tout, pourquoi ne pas essayer ? Pourquoi pas, en effet... mais pas comme l'initiative le propose. Pas avec un tirage au sort entre des candidats et des candidates sélectionnés par une commission nommée par le Conseil fédéral. Pas avec des juges restant en place  jusqu'à l'âge de 70 ans (au moins) sans avoir à être réélus. Pas avec une procédure de nomination où les jeux d'influence ne seraient pas moins déterminant, juste plus opaques, qu'ils peuvent l'être dans une élection parlementaire.  Certes, des candidatures hors-parti au Tribunal fédéral n'ont actuellement aucune chance (ce que regrette l'association suisse des magistrats) , puisque les juges sont élus par le parlement. Mais c'est précisément cette élection par le parlement qui rend publique les affinités politiques des juges : la transparence y gagne, on sait à qui on a affaire.

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  • Quand la droite saucissonne l'abolition d'un impôt

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    vignette droit de timbre.jpgUne tranche de saucisson à 200-250 millions

    Depuis des années, des lustres, des décennies, même, la majorité de droite du parlement fédéral veut abolir un impôt qui ne frappe que les entreprises : le "droit de timbre" sur les émissions et les négociations d'actions. Et sachant que l'abolition pure et simple de cet impôt ne passerait pas le cap du vote populaire, même si elle passait celui du vote parlementaire, elle a malignement décidé de saucissonner cette abolition, d'abolir cet impôt tranche par tranche, et a fait voter l'abolition de la première. Coût pour les caisses fédérales : 200 à 250 millions pour la première tranche du saucisson, deux milliards  et 750 millions pour le saucisson entier, au moment où la Confédération, les cantons et les villes auraient besoin de plusieurs milliards pour financer une sortie de la crise sociale provoquée par la coronapandémie. Un référendum était indispensable contre ce premier acte de l'abolition du droit de timbre, il a été lancé par la gauche, il a abouti, on votera le 13 février prochain.

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    Lien permanent Catégories : Fiscalité, Suisse, votations 7 commentaires
  • Réduction du temps de travail hebdomadaire : 32 heures, à tout petits pas...

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    penser.jpgLa revendication déjà ancienne d'une réduction du temps de travail hebdomadaire à 32 heures a trouvé une nouvelle force en étant reprise par des mouvements comme celui de la "Grève pour l'avenir" du 21 mai, qui a inscrit cette revendication à son cahier de revendication, et des propositions de la gauche, comme l'initiative "1000 emplois", qui la contient, les effets de la crise sanitaire et des mesures prises pour y répondre, et à leur faveur, le développement du télétravail, n'y sont sans doute pas pour rien. Les collectivités publiques pourraient jouer un rôle d'initiatrices, d'éclaireuses, dans une démarche de réduction du temps de travail. Encore faudrait-il qu'elles le veuillent... A notre modeste niveau municipal (quoique de la capitale mondiale du monde mondial, ce qui n'est pas rien...), nous avions déposé une proposition de réduction progressive à 32 heures du temps de travail hebdomadaire du personnel municipal.  D'autres pourraient proposer 35 heures. Les plus optimistes en tenaient pour 24 heures, quatre fois six heures. Le collectif Adret, proche de la CFDT, dans les années septante, proposait deux heures par jour. Nous plaidons donc coupables d'une modération excessive...

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  • Genève : vers une destitution à la (sale) tête du client ?

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    bouc émissaire 1.jpgOn nettoie, on ne censure pas

    L'"Affaire Maudet" plane sur la votation populaire cantonale genevoise du 28 novembre : le Conseil d'Etat et le Grand Conseil proposent un mécanisme de destitution, individuelle, de membres du gouvernement cantonal (mais pas de ce gouvernement en tant que tel). Neuf cantons suisses connaissent déjà des procédures de destitution. Dans trois (Neuchâtel, Nidwald, Grisons), le Grand Conseil est seul compétent pour lancer la procédure. Dans cinq (Berne, Soleure, Schaffhouse, Thurgovie, Uri), c'est le peuple, par initiative populaire, et la destitution est collective : c'est tout le gouvernement qui est révoqué. "Ensemble à Gauche" proposait cette procédure pour Genève, mais le Grand Conseil n'a pas suivi : ce qui est proposé aux Genevois, c'est un empêchement à l'américaine, pas une censure à la française. Dommage : Ici, on est partisans partisans d'un droit de dissolution du parlement, d'une motion populaire de censure. On en est loin, avec la proposition soumise au vote des Genevois et voises : on nettoie, on ne censure pas.

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  • La Conférence climatique de Glasgow accouche d'une souris arthritique

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    bulle de savon.jpgBla Bla Bla ? Si au moins...

    Après des mois de préparation et de discours et deux semaines de négociations, la COP26 de Glasgow a accouché d'une souris arthritique. Mais le président de la conférence était content du résultat : "nous avons vu un grand consensus et un grand soutien pour ces textes"... Il s'en faut de tellement qu'une ministre suisse (en l'occurrence Simonetta Sommaruga) est intervenue en séance conclusive de la conférence pour faire état de sa profonde déception, et exprimer une condamnation des méthodes qui ont permis à la conférence d'accoucher d'un accord (au rabais). Samedi, la Conseillère fédérale a dénoncé un processus "moins inclusif et moins transparent" qu'il aurait dû être, et fait part de sa "profonde déception". En cause, la substitution, sur pression du lobby des énergies fossiles, de la Chine, de l'Inde et de l'Iran, et avec la complicité hypocrite, des USA et de 'Union Européenne  d'une plate recommandation à réduire la production d'électricité en usant de charbon, à la proposition initiale d'une élimination de cette production et des subventions aux combustibles fossiles. Greta Thunberg résume la COP26 à du "Bla bla bla" ? Elle a tort, c'est pire : une imposture...

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    Lien permanent Catégories : climat, Environnement, climat 1 commentaire
  • Rapport sur l'usage de la contrainte dans les Centres fédéraux d'asile : Systématique ou systémique ?

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    Tell.jpgL'ancien juge fédéral Niklaus Oberholzer a rendu son rapport sur l'usage de la contrainte dans les Centres fédéraux d'asile, après la publication de témoignages de vigiles privés employés dans ces centres, et faisant état d'une banalisation de la violence à l'encontre des requérants, de conditions de travail calamiteuses et d'un manque de formation du personnel. Même la Commission nationale de prévention de la torture avait dénoncé un usage trop fréquent, par le personnel de sécurité, de moyens de contrainte disproportionnés. Le rapport Oberholzer confirme des cas de telles réactions disproportionnées, et "peut-être même illicites", à des situations de conflit, mais considère qu'il n'y a pas "d'indice de violation systématique des droits des requérants d'asile ni d'une partialité générale de la part des collaborateurs des services de sécurité". Il n'en fait pas moins plusieurs recommandations : une meilleure formation des vigiles, la présence de collaborateurs du Secrétariat d'Etat aux migrations au sein des centres fédéraux d'asile, une définition plus claire des règles d'usage de mesures disciplinaires, une révision des bases légales portant sur l'usage de la contrainte et de mesures policières. Il y avait donc, sur tous ces thèmes, des problèmes graves à résoudre d'urgence, comme le relève l'Organisation suisse d'aide aux réfugiés (OSAR) : "ce rapport démontre que l'externalisation de tâches de sécurité à des acteurs privés est problématique"; et l'OSAR demande la mise en place rapide d'un bureau indépendant de gestion des plaintes.  Solidarité sans frontières est plus rude dans sa réaction :"les cas de violence des centres fédéraux ne sont que révélateurs d'un phénomène plus large : le système d'asile suisse veut dissuader plutôt que protéger et tant que les centres d'asile seront conçus comme des lieux d'exclusion plutôt que d'accueil, la violence y sera toujours présente", quelles que soient les mesures prises, sur recommandation du rapport Obertholzer. Peut-être ne sont-elles pas "systématiques", mais sûrement sont-elles "systémiques", en ce sens qu'elles sont produites par un système : celui dont la Suisse s'est dotée pour confiner les requérants d'asile dans des centres les plus éloignés possible des villes.

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    Lien permanent Catégories : asile, réfugiés, Immigration 0 commentaire
  • Elire les juges fédéraux par un ersatz de tirage au sort ?

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    JugeRoyBean.jpegLe hasard, soit, mais lequel ?

    Adrian Gasser, le milliardaire auteur de l'initiative pour le tirage au sort des juges fédéraux soumise au vote le 28 novembre, trouve "choquant et inacceptable que les juges fédéraux appartiennent à la classe politique" -en revanche, la classe judiciaire et juridique (car il en est une, aussi) ne lui pose aucun problème. Certes, depuis 1942, aucun juge fédéral sans parti n'a été élu, mais l'appartenance a un parti politique n'est pas une obligation légale -elle n'est qu'une pratique commode, puisque l'instance qui élit (le parlement)est composée de représentants et de représentantes de partis. Et puis, en quoi la non-appartenance a un parti préserverait-elle les juges de pressions de leurs milieux, de leurs communautés de pensée, de religion, de conviction ? Et qui peut garantir que les membres de la commission, nommée par le gouvernement, qui sélectionnera le panel au sein duquel on tirera au sort les juges, seront sans affiliation, sans conviction, sans engagement politique ? Vous voulez un vrai tirage au sort des juges, qui soit une vraie rupture avec les manoeuvres, les pressions, les calculs politiques ? Alors tirons au sort les membres des Chambres fédérales (après tout, ce sont elles qui élisent les juges du Tribunal fédéral)... ou tirons au sort les juges au sein de l'ensemble de la population, comme naguère on formait les jurys populaires des tribunaux...

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  • Des milliards pour des avions de combat américains : Un choix qui a trente ans de retard

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    vignette F35.jpgLe 27 septembre de l'année dernière, une minuscule majorité de 8515 suffrages acceptait le principe de l'achat pour six milliards de francs, sans compter les coûts (autour de vingt milliards) de leur utilisation pendant des décennies, de nouveaux avions de combat pour l'armée suisse, sans savoir de quels avions il allait s'agir. Maintenant, on sait : des F-35 américains. Le modèle le plus critiqué de tous ceux en lice, celui qui souffre du plus grand nombre de problèmes techniques.  Mais ce n'est pas le peuple qui les a choisis, c'est le Conseil fédéral. Pour que le peuple ait son mot à dire, le Groupe pour une Suisse sans armée, soutenu par les partis de gauche, a lancé une initiative excluant l'achat de ces avions-là, mais pas à renoncer à en acheter, puisque le peuple vient d'accepter de le faire : à en acheter d'autres. La question n'est pas technique, elle est politique : le choix d'un avion américain plutôt qu'européen, c'est le choix d'une alliance américaine plutôt qu'européenne, au moment même où les Etats-Unis tournent leurs priorités stratégiques en direction de l'Asie. C'est le choix d'une alliance de la guerre froide avec l'Union Soviétique. Un choix obsolète, qui a trente ans de retard sur la mort de l'ennemi. Le choix d'un parapluie américain sur l'Europe, que les Américains eux-mêmes ont refermé pour, le péril jaune ayant chassé le péril rouge, le déplacer sur l'Asie, pour protéger ses alliés de la montée en puissance de la Chine.

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  • Opposition à la loi Covid : plus de bruit que de votes ?

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    pangolin de faced.jpgLa raison face aux peurs ? Ce serait si simple...

    Le référendum lancé par les  "Amis de la Constitution" contre la loi  Covid-19 ayant largement abouti, avec plus de 80'000 signatures, la loi est soumise au vote populaire. Si elle devait être refusée en votation, les mesures qu'elle prévoit, et qui sont essentiellement des mesures de soutien aux victimes de la crise, seraient privées de base légale. Les opposants à la loi, naturopathe, scientophobes, complotistes et individualistes stirnériens mêlés,  font beaucoup de bruit médiatique et tintinnabulant de cloches bovines autour du pass sanitaire, mais semblent minoritaires, à en croire (la prudence s'impose) les sondages (le dernier en date accorde 69 % des suffrages à la loi). Du coup, en bon complotistes, ils annoncent d'ores et déjà que si la loi devait être acceptée par le peuple, ce ne pourrait être que grâce à la fraude lors de la votation et à la manipulation avant elle (ainsi dénoncent-ils dans l'intitulé même du vote, qui ne fait pas référence au certificat covid, une "tentative éhontée de tromper le souverain", alors que cet intitulé ne peut-être que celui du titre de la loi contestée, qui ne fait pas non plus référence au certificat covid...). Toujours à en croire les sondages, et toujours avec la prudence requise pour y faire référence, seuls les sympathisants UDC repousseraient majoritairement (à plus de 60%) la loi, le parti, lui, étant plus divisé, à l'image du duo dissonant Maurer-Parmelin et des positions contradictoires prises par le groupe parlementaire et l'assemblée des délégués du parti). La loi est en revanche soutenue à plus de 80 % par les Verts, les Verts libéraux et les socialistes et à plus de 75 % par les sympathisants PLR et centristes. Pas vraiment un combat gauche-droite, donc. Quoi, alors ? un combat de la raison contre les peurs, alors ? Ce serait si simple...

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  • Soins infirmiers : "Les applaudissements ne suffisent pas"

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    Capture d’écran 2021-11-04 010258.jpgDes actes, des moyens

    Les initiatives populaires passent difficilement l’épreuve des urnes, et l'exigence d'une double majorité du peuple et des cantons (autrement dit : une majorité au plan national et une majorité dans une majorité des cantons) n'y est pas pour rien : au cours des 130 dernières années, seules 23 initiatives ont été adoptées par cette double majorité. Néanmoins, selon les sondages, on pourrait célébrer  l’adoption le 28 novembre, par une grande majorité des votantes et des votants (77 % selon le dernier sondage Tamedia), de l’initiative pour des soins infirmiers forts. Sans doute est-il plus facile d'être soutenu par une majorité quand on propose d'améliorer la formation, les conditions de travail, les salaires de celles et ceux qui prennent soin de nous quand nous sommes malade, accidentés -ou simplement, inéluctablement, vieux- que lorsqu'on propose d'accorder des droits politiques aux étrangers ou de surtaxer les plus grosses fortunes, mais peu importe : l'adoption de l'initiative "pour des soins infirmiers forts" serait, sera, un acte politique fort.

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  • COP 26 : Glasgow, capitale d'un monde en réchauffement

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    Capture d’écran 2021-11-02 213347.jpgL'émoi, les maux, les mots

    La COP 26 s'est ouverte dimanche à Glasgow pour deux semaines (elle aurait dû se tenir il y a un an, mais le coronavirus l'a repoussée). Qu'en sortira-t-il ?  C'est la "conférence de la dernière chance" pour le climat, entend-on de toute part. Mais ne l'avait-on pas entendu déjà dire de toutes les conférences précédentes ? de la première COP, en 1995, à l'Accord de Paris de 2015, en passant par les protocoles de Kyoto de 1997 et la COP de 2009, à Copenhague, aucune  n'a freiné les émissions de gaz à effet de serre (seul le coronavirus y est arrivé, pour une année...), ni, par conséquent, le réchauffement climatique. On s'était promis à Paris de le contenir à 2°C, voire 1,5°C d'ici 2100, le G20 (les principaux Etats du monde, plus l'Union Européenne) en a fait autant la semaine dernière, deux jours avant l'ouverture de la COP 26, mais on est mal partis pour tenir cette promesse, qu'on ne pourrait tenir qu'en réduisant massivement (de 55 %) les émissions de gaz à effet de serre d'ici 2030. Dans la moins pire des hypothèses, la température moyenne de la planète devrait augmenter de 2,7°C -et c'est l'hypothèse où tous les Etats parties de l'Accord de Paris tiendraient toutes leurs promesses. Sinon, le réchauffement devrait être de 3,5 à 4°C. Et serait dévastateur. Cela, tout le monde le sait (sauf ceux qui ne veulent pas le savoir). L'émoi est général, les maux sont connus. Et les mots résonnent. Comme des tambours. Qui résonnent parce qu'ils sont creux. Et résonnent d'autant plus qu'il fait plus chaud.

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  • La classe, la moyenne, la réalité sociale

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    classe moyenne2.jpgLa rue et le fantôme

    Samedi, on manifestait à Genève. Qui, "on", et pourquoi, pour qui ? Entre autres, pour les travailleuses et les travailleurs de la construction et pour l'amélioration de leurs salaires, de leurs conditions de travail, la défense de leur santé et de leur sécurité; pour les vendeurs et les vendeuses du commerce de détail, et contre la volonté de les faire travailler trois dimanches par année, et une heure de plus tous les samedis; pour les infirmières et les infirmiers, et pour l'initiative revalorisant leur profession, leur formation, leur recrutement, leurs salaires. Samedi, on a manifesté à Genève pour ce qu'en des temps que les moins de soixante ans n'ont pas connu on appelait le "prolétariat". Ou la "classe ouvrière", si l'on veut bien donner du mot "ouvrier" une définition plus large que celle d'un homme producteur de biens marchands concrets. Le prolétariat, la classe ouvrière. Dont on ne parle plus. Et pas de la "classe moyenne", dont on ne cesse de parler. Samedi, c'était la réalité sociale qui était dans la rue, pas un fantôme.

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  • Vers des des "cartes d'habitants" dans les villes suisses

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    Capture d’écran 2021-10-28 161931.jpgNOUS TOUS SOMMES LA VILLE...

    C'est quoi, une ville ? un espace bâti, une histoire, un territoire politique, oui, bien sûr. Mais se demander "c'est quoi, une ville ?", c'est mal se poser la question. Bien se la poser, c'est se demander "c'est qui, une ville ?". Parce qu'une ville, c'est d'abord, toujours, des gens. Des habitantes et des habitants. Une ville, c'est un peuple. "Celles et ceux qui" : qui ont des droits politiques ou n'en ont pas, ou ne les ont pas tous. Qui ont une adresse ou qui n'en ont pas, mais qui sont là même quand ils n'ont pas d'adresse. Qui ont des papiers ou qui n'en ont pas, sont riches ou pauvres, ou ni l'un ni l'autre. Qui croient au ciel ou n'y croient pas. Des gens, donc. Tous les gens possibles et imaginables. Des vrais gens. Qui toutes et tous ensemble font nos villes. Ce qui, en ce moment, semble fâcher beaucoup le premier parti du pays (qui, il est vrai, retrouve là ses racines, lorsque les forces qui le créèrent comme parti agrarien montaient des milices pour casser du gréviste dans les villes).

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  • Manifestation nationale décentralisée  pour plus de justice sociale en Suisse

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    sans vous rien ne se fera.jpg "Pas de reprise sans nous !"

    On commence à distinguer quelque chose qui pourrait ressembler à une sortie de la crise sanitaire : la vaccination a joué son rôle, les mesures de distanciation sociale aussi, et même le pass sanitaire. Mais pour la sortie de crise sociale, les perspectives sont moins réjouissantes : les écarts de richesse s'accroissent (la crise n'a pas atteint les hauts revenus et les grosses fortunes, et même a contribué à en gonfler certains), la pauvreté progresse,  la précarité s'étend. Les travailleurs l'ont payée cher, la crise sanitaire, et la paient cher, la crise sociale, malgré les milliards de fonds publics investis pour y parer, en soutenant massivement les entreprises. Les besoins auxquels les collectivités publiques doivent répondre croissent, dans le temps même où leurs ressources sont réduites par d'incessantes contre-réformes fiscales, où la droite projette encore de priver les communes de l'apport de la taxe professionnelle et  que le canton veut reporter sur elles des dépenses supplémentaires. A Genève, la gauche veut répondre à cette situation par un prélèvement temporaire (dix ans) et mesuré (0,5 %) sur les fortunes de plus de trois millions (https://www.ps-ge.ch/wp-content/uploads/2021/09/IN-FISCALE.pdf). Et samedi, les syndicats appellent à une manifestation samedi (13 heures, place Lise-Girardin, ex-place des 22 cantons) pour plus de justice sociale. Et pour que la reprise ne se fasse pas sans les travailleuses et les travailleurs.

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  • Horaires d'ouverture des magasins genevois : Au bonheur des patrons

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    Capture d’écran 2021-10-24 035129.jpgLe référendum lancé par les syndicats, et soutenu par la gauche, contre la nouvelle tentative patronale d'extension (malgré les apparences) des horaires d'ouverture des magasins ayant abouti, on votera le 28 novembre à Genève sur ce nouvel épisode d'un roman-feuilleton, triste adaptation par le patronat du commerce de détail et la droite parlementaire du "Bonheur des Dames" de Zola, devenu "Au Bonheur des patrons" : "c'est à l'usure que le patronat et ses commis politiques veulent pérenniser l'ouverture dominicale des magasins sans contrepartie pour les vendeuses et les vendeurs" (encore des travailleuses et travailleurs qu'on avait applaudis dans les premières semaines du confinement...), avec en prime une extension à 19 heures de l'ouverture du samedi. Seule contrepartie : la fin des "nocturnes" du jeudi (jusqu'à 21 heures). Une fin qui était de toute façon prévue, ces soirées n'ont jamais répondu aux attentes des commerces qui les pratiquaient -elles finissaient par leur coûter plus cher que ce qu'elles rapportaient. Ce projet patronal genevois, accepté dans une vote droite contre gauche au Grand Conseil, est aussi un test national, un "cheval de Troie" pour donner aux cantons la possibilité d'autoriser l'ouverture dominicale des magasins douze fois par an, toujours sans contrepartie. La Conseillère d'Etat PLR zurichoise, se prévalant de représenter le "canton économiquement le plus fort", a ainsi exigé de la Confédération qu'elle autorise les commerces à rattraper les dimanches fermés" en 2020...

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  • Grève du climat : Manifestations aujourd'hui

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    vignette Grève du Climat.jpg"Arrêtons l'incendie"

    Les collectifs de la Grève du climat n'entendent pas relâcher la pression sur les "décideurs" (et, d'entre eux, en Suisse, le peuple lui-même) pour qu'aux postures mimant une prise de conscience de l'urgence climatique, succèdent enfin des décisions claires. Le Collectif genevois résume : "Après un été marqué par une multiplication d'événements météorologiques extrêmes, rendant l’urgene climatique toujours plus dramatique, en l’absence de réponses crédibles, et avant la conférence des gouvernements sur le climat (COP 26, en novembre à Glasgow), prenons la rue et exigeons une transition écologique immédiate et socialement juste ! Plus on attend, plus les destructions seront importantes ! Arrêtons l’incendie : le climat et la vie, avant le profit !". On ne cherchera pas à dire mieux. Aujourd'hui sont annoncées des manifestations à Bâle, Bellinzone, Berne, Bienne, Genève, Neuchâtel. A Genève, rendez--vous 16h. place Lise-Girardin ex-place des 22 cantons

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  • Au nom de l'"indépendance de la justice" : s'en remettre au sort plutôt qu'au vote ?

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    Justice2.jpgC'est une vieille idée qui ressurgit à l'ordre du jour des votations du 28 novembre : celle de recourir au tirage au sort plutôt qu'à l'élection pour désigner les membres d'une autorité. Une initiative populaire lancée, à ses frais, par un multimillionnaire du textile, Adrian Gasser, propose, au nom de l'"indépendance de la justice", de faire désigner les juges du Tribunal fédéral par tirage au sort plutôt que les faire élire par le parlement, pour les rendre plus indépendants des partis politiques. Mais l'initiative ne s'en remet tout de même pas à l'égalitarisme du hasard : elle propose un système où pour soustraire les juges au jugement des parlementaires, elle les fait choisir, avant tirage au sort, par une commission dont les membres seraient nommés... par le gouvernement.

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