urbanisme

  • Initiative contre le "mitage du territoire" : Le OUI de nos villes

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    banlieue résidentielle.jpgLes dizaines de milliers de jeunes qui ont battu le pavé des villes suisses depuis le début de l'année n'en purent mais (il est vrai qu'une bonne partie d'entre eux n'avaient pas le droit de vote) : 'initiative des Jeunes Verts contre le "mitage du territoire" a été clairement refusée par les Suisses, et par tous les cantons. Le canton de Genève a donc lui aussi refusé l'initiative, mais à une majorité beaucoup plus serrée (52,3 %) que le reste de la Suisse (63,6 %). Et la Ville de Genève (à 52,1 %), celle de Carouge et le quartier des Avanchets l'ont acceptée (les communes de Chancy, Confignon, Presinge aussi). Et comme pour les objets cantonaux, ce sont les communes et les quartiers de droite, et spectaculairement les communes friquées de la rive-gauche, qui ont fait le résultat. Au plan suisse aussi, les communes qui ont accepté l'initiative sont d'entre celles où la densité de la population est la plus forte : La Chaux de Fonds, Neuchâtel, Lausanne, Fribourg, Bienne, Winterthur (à Berne, Bâle et Zurich, le NON ne s'impose que d'un souffle). Un OUI urbain, un NON périphérique, qu'est-ce que cela dit ? D'abord, que l'initiative, qui préconisait le gel de la surface à bâtir et la compensation des nouvelles zones à bâtir par des zones non constructibles, n'était pas dirigée contre les villes (même si l'Union des Villes Suisses se réjouit de son échec), mais contre leur négation, ces espaces indistincts, gaspillés, qui font la transition entre elles et la vraie campagne -celles des zones vertes protégées et des zones agricoles, pas celle des zones pavillonnaires. Et cela dit ensuite que les citadins n'ont, à raison, pas accordé foi à la prédiction des opposants selon qui l'initiative allait provoquer des hausses de loyers.

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  • Initiative contre le "Mitage du territoire" : A dimanche pour dire OUI

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    Sablier.jpgSi vous avez le droit de vote au plan fédéral, il ne vous reste plus que dimanche matin pour voter à l'ancienne, en vous rendant au local de vote. Et soutenir l'initiative des "Jeunes Verts" contre le "mitage du territoire", furieusement combattue par la droite politique, patronale et foncière, pour qui l'initiative est à la fois "superflue et nuisible". Or c'est l'un ou l'autre : comme l'écrit Anne-Catherine Ménetrey-Savary dans "Le Courrier", on ne peut pas la considérer à la fois comme "superflue" et "nuisible" -si elle est superflue, elle est sans effet et donc sans nuisance. Et si elle est nuisible (mais à qui ?), c'est qu'elle n'est pas superflue. A nous, elle paraît plutôt indispensable, parce qu'elle dit l'essentiel : non seulement le "mitage" du territoire à coups de de parkings, de zones industrielles et commerciales et d'autoroutes n'est pas indispensable pour loger la population actuelle et à venir, mais ce "mitage" dégrade les conditions d'habitat de la majorité des habitants de ce pays. On "bétonne" (en tout cas on imperméabilise) en Suisse presque un mètre carré par seconde, et chaque jour une surface équivalent à celle du parc genevois des Bastions. Pour en faire quoi ? L'initiative ne demande pas que l'on arrête de construire mais que l'on cesse de construire n'importe quoi, n'importe où. Et que l'on construise la ville... en ville.

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  • Initiative contre le "mitage du territoire" : Contre la zone, pour la ville

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    banlieue résidentielle.jpgDans dix jours, on vote sur l'initiative des "Jeunes Verts" contre le "mitage du territoire". Pour la résumer, l'initiative fixe la zone constructible à sa taille actuelle, toute nouvelle zone constructible devant être compensée par une nouvelle zone inconstructible. On devra donc construire sur les 300 km2 de zone constructible non bâtie actuellement disponible : cela suffit pour abriter un million à un million et demi d'habitants supplémentaires, mais sans les disperser, les saupoudrer sur le pourtour des villes existantes. On retrouve avec cette initiative notre vieux programme des années quatre-vingt du siècle dernier : "construire la ville en ville" -ou, pour le dire autrement, par les mots de Mario Botta, "bâtir sur le bâti". L'initiative, au fond, renforce les villes, leur centralité, pour préserver ce qui reste de zones naturelles (ou ce qui reste de naturel des espaces non urbains). Cette initiative n'est pas un rêve de bon sauvages écolos : elle est contre la zone, mais pour la ville.

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  • "stoppons le mitage - pour un développement durable du milieu bâti" : OUI à l'initiative

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    désurbanisme.jpgUn seul objet fédéral est à l'ordre du jour de la votation du 10 février : l'initiative des Jeunes Verts "stoppons le mitage - pour un développement durable du milieu bâti", soutenue par la gauche et l'Alliance gouvenementale (WWF, Pro Natura, Greepeace, ATE), combattue par la droite, le Conseil fédéral, les milieux immobiliers et touristiques et le patronat. Tout est dans le titre de l'initiative, : contre le "mitage", pour le "développement durable". L'initiative, déposée en 2016, prévoit de geler la surface totale des zones à bâtir : toute nouvelle zone devrait être compensée par le déclassement d'une zone existante. En dehors des zones à bâtir, on ne pourrait construire que des bâtiments et des installations figurant sur une liste restrictive (des constructions agricoles justifiées par les nécessités de l'exploitation, ou des réservoirs d'eau, par exemple). Les surfaces construites devraient être mieux utilisées qu'actuellement, l'urbanisation devrait être concentrée à l'intérieur du milieu bâti et les formes de travail et d'habitat durables devraient être encouragées. L'initiative a certes quelques défauts (elle est notamment trop centralisatrice), mais on la soutiendra sans états d'âme. D'ailleurs, sommes-nous certains d'avoir une âme ? Nous sommes certains en tout cas d'avoir un environnement, urbain ou non, et le droit de le préserver...

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  • Faux-derches

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    marionnette.jpgQuand un Conseil d'Etat dévalué dévalue le patrimoine architectural

    Malgré un appel des architectes genevois et des défenseurs du patrimoine, le parvulissime gouvernement de la parvulissime république n'entend rien faire pour sauver la salle de cinéma "Le Plaza", construite en 1952 sur les plans de l'architecte Saugey, et que le propriétaire de l'ensemble (classé) dans lequel elle est insérée veut démolir pour construire à sa place un centre commercial de plus dans un quartier qui n'en manque pas, avec un parking de plus dans un quartier qui n'en manque pas plus. L'ensemble "Mont-Blanc Centre" qui abrite la salle a beau être classé, lui-même court désormais le risque d'être sérieusement affecté par des travaux qui ne pourront pas l'épargner. La salle avait été classée avec l'ensemble, mais ensuite déclassée pour de pure, et assez sordides, raisons financières : elle n'était pas assez rentable.. Qu'en pense le Conseil d'Etat ? Il n'en pense rien. Il pourrait suspendre l'autorisation de construire (c'est-à-dire de détruire) accordée au propriétaire, il ne le fait pas. Il pourrait rouvrir une procédure de classement, qui aurait cet effet suspensif, il ne le fait pas non plus. "Le Conseil d'Etat est très sensible à cette salle", fait-il dire à la secrétaire générale adjointe du département du Territoire. Vous avez dit "faux-derches" ?

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  • Trois hectares de zone piétonne en surface contre six niveaux de parking en sous-sol

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    bagnole-en-ville.jpgBon deal ou marché de dupes ?

    Le Conseil administratif de la Ville propose au Conseil Municipal un crédit de 28 millions de francs pour piétonniser une partie du quartier de Rive, dans le cadre d'un accord avec le promoteur privé d'un parking qui recevrait un droit de superficie pour installer sur six niveaux souterrains son aspirateur à bagnoles (500 places) et à motos (390 places). La proposition a été renvoyée mardi en commission. Trois hectares de zone piétonne contre six niveaux de parking : Bon deal ou marché de dupes ? Enterrer les véhicules individuels motorisés, après tout, ça se défend si c'est pour laisser toute place en surface aux piétons, aux cyclistes et aux transports publics. Sauf que les bagnoles et les motos, il faut bien qu'elles y arrivent, dans leur silo souterrain. Et elles y arrivent par la surface. Et ce ne sont, sauf exceptions, pas des habitants du quartier (à qui 100 places seraient réservées dans le parking) qui les conduisent, vu que des habitants du quartier de Rive, on peine à en trouver beaucoup.. Sans surprise, la droite soutient la proposition, les Verts et Ensemble à Gauche la combattent, le PS hésite : accepter le parking pour obtenir la zone piétonne, ou renoncer à la zone piétonne pour éviter le parking ? Une méthode, en tout cas s'impose : dissocier les deux propositions, séparer la carpe et le lapin, déficeler le paquet...

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  • Et PAV (dans la gueule) !

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    doigt pointillé.jpg

    "62 % de logements sociaux, c'est trop", qu'ils disaient, les arracheurs de dents. Et 62 % de "oui" au PAV, alors, vous les avez aimés ?
    A force de prétendre que le projet d'aménagement du PAV comportait "62 % de logements sociaux", les milieux immobiliers et les partis de droite ont réussi à mobiliser presque 62 % de votants en désir ou en besoin (insatisfait), et en tout cas en (longue) attente, de logements sociaux. Sauf que ces fameux "62 % de logements sociaux" brandis comme un épouvantail par la droite, c'était du flan, de l'enfumage. En revanche, les 61,4 % de votes en faveur du projet que la droite combattait sont bien réels, eux... Et ils n'aurait sans doute pas été atteints si la droite la plus bête de Suisse (pas du monde, quand même...) n'avait pas agité comme une menace ("trop de logements sociaux") ce qui est une revendication de la majorité de la population ("plus de logements sociaux". Amusant, non ? Réjouissant, même.

    Quelque chose comme la sanction morale d'un mensonge

    Il y aura donc, si tout va bien, Les 62 % de logements d'utilité publique sur les terrains du PAV en mains de l'Etat. 62 % de logements d'utilité publique, pas 62 % de logements sociaux. Les LUP, ce sont soit des HBM (habitations bon marché), c'est-à-dire de vrais logements sociaux, soit des HM (habitations mixtes), c'est-à-dire des logements destinés à la classe moyenne. Le projet soumis au vote permet 24 % de ces logements sociaux. C'est presque trois fois moins que ce que la droite proclamait sur ses affiches, dans ses tracts et ses annonces publicitaires. Et la limite supérieure pour pouvoir obtenir un HBM, c'est 102'500 francs par an pour une famille de quatre personnes, dans un cinq pièces (la règle, c'est une pièce de plus que le nombre de personnes), qu'elle devra quitter si son revenu dépasse ensuite 174'000 francs par an. Autrement dit, si elle rentre dans la classe moyenne, à qui les HBM ne sont en effet pas destinés, mais à qui sont destinés les HM, soit 38 % des logements prévus, avec une limite de revenu de 248'000 francs pour une famille de quatre personnes dans un cinq pièces. Qui pourra rester dans son logement (avec une augmentation de loyer) si son revenu dépasse cette limite. Et la classe moyenne aura en outre accès à deux autres types de logements prévus au PAV : ceux en loyer libre (26 % de tous les logements prévus sur les terrains en mains de l'Etat, plus ceux prévus sur les terrain s en mains privées) et les logements en propriété par étage en droit de superficie (12 % du total sur le périmètre public, plus ceux sur le périmètre privé). Ces chiffres, ces proportions, étaient évidemment connues des milieux immobiliers. En faisant campagne contre "trop de logements sociaux", ils ne se sont donc pas trompés, ils ont trompé. En clair, ils ont menti. Sciemment, forcément, puisqu'on ment toujours sciemment. De ce point de vue, et quelque critique qu'on puisse faire au projet soumis au vote par Antonio Hodgers (qui n'y était pas obligé), à la réduction de la proportion de logements d'utilité publique dans le total des logements réalisables, à l'intégration de la propriété par étage (fût-elle en droit de superficie) dans le périmètre en mains publiques, son approbation à presque deux contre un par le corps électoral a quelque chose d'une sanction morale d'un mensonge.

    Et maintenant, ce projet, adopté après que la droite immobilière ait réussi à faire croire qu'il comportait 62 % de ces logements sociaux dont les Genevois ont besoin, il va bien falloir avancer dans sa réalisation, sans cultiver l'illusion qu'à lui seul, il pourra résoudre la crise du logement à Genève.  Le président du Conseil d'Etat sortant, François Longchamp, était d'ailleurs inquiet : les Genevois qui se sont installés côté français de la frontière faute de pouvoir se loger correctement côté genevois, pourraient revenir, chassés de Gaule par divers changements légaux (assurance-maladie, droits de succession, imposition des plus-value). Et ils sont 20'000, ces exilés. Ce qui correspond grosso-modo à 10'000 logements. Un peu moins que le nombre de logements prévus au PAV -qui pourraient, si l'hypothèse se confirmait du retour massif des Genevois exilés côté français de la Grande Genève, n'être qu'un rattrapage de tout le retard accumulé dans la construction de logements accessibles à la majorité de la population. Il va donc y avoir d'autres projets d'aménagement à défendre parce qu'ils créent de tels logements, et qu'ils les créent en zone urbaine ou péri-urbaine, sans attenter ni aux espaces naturels, ni aux espaces agricoles.
    Mais là encore, il va falloir les imposer à la droite immobilière (et aux propriétaires de villas...), ces projets. Et nul doute qu'elle nous le resservira, le mythe de "trop de logements sociaux", et qu'elle nous en regratifiera, de l'invocation à la "classe moyenne".
    Parce qu'on ne change pas un discours qui perd.

     

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  • Votation cantonale genevoise du 10 juin : Relancer le PAV, ou l'ensabler ?

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    ville-fantome.jpgOn saura dimanche à midi et des poussières ce que les Genevois et voises auront décidé quant au destin du projet d'aménagement du périmètre Praille-Acacias-Vernets (le PAV) : le statu quo, c'est-à-dire la loi issue en 2010 d'un accord entre tous les partis, les milieux immobiliers et ceux de défense des locataires, ou le projet de la modifier, en augmentant la proportion de logements, en diminuant celle de logements subventionnés (dits d'"utilité publique", dont un petite part de logements sociaux, et en introduisant la propriété par étage sur des terrains en mains de l'Etat. Si on reste au statu quo, tous les risques sont réunis d'un ensablement du projet. Si on accepte la proposition soumise au peuple, on pourra le relancer. Avec 2000 logements de plus que les milliers déjà prévus. Ce projet, le plus important projet d'aménagement urbain et de création de logements à Genève depuis cinquante ans, est stratégique, essentiel quantitativement et qualitativement. Quantitativement, par le nombre de logements nouveaux qu'il propose, qualitativement, parce qu'il construit réellement la ville en ville, dans un périmètre déjà urbain.

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  • Le PAV en votation populaire le 10 juin : Un bon gros "oui" s'impose

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    PAV.jpgLe 10 juin, à Genève, en votation cantonale, on se prononcera sur une loi modifiant les limites de zone du quartier "Praille-Acacias-Vernets" (le fameux PAV), 130 hectares à cheval sur trois communes (Genève, Carouge, Lancy). Plus fondamentalement, il s'agit, en modifiant une loi de 2011, de savoir si on accepte ou non de doubler la part de nouveaux logements par rapport à celle de nouveaux emplois (1900 logements supplémentaires sont prévus, pour arriver à un total de 12'400 logements) et si on ouvre ou non la possibilité de réaliser des logements en propriété par étages, tout en maintenant la part de logements d'utilité publique et en augmentant le nombre de HBM (les logements sociaux aux loyers les plus bas). Toute la gauche (PS, Verts, Ensemble à Gauche, Egalité & Equité, PC, PRG, syndicats), plus le MCG, accepte le projet, toute la droite (PLR, PDC, UDC, Chambre de commerce, Syndicats patronaux, PBD, Verts libéraux -et même "AgriGenève, dont on se demande ce qu'elle vient foutre là-dedans) le refuse (quoique des personnalités de droite le soutiennent, comme Mark Muller, Claude Haegi, Pierre-François Unger, Michel Balestra), en proclamant que "62 % de logements sociaux, c'est trop" (alors que c'est 5 % de moins que dans la loi actuelle), qu'il n'y a "pas assez de PPE" et que celles qui sont possibles ne sont pas de "vraies PPE" (alors qu'il n'y en a pas du tout dans la loi actuelle)...

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  • Genève : le spectre de la densification exorcisé deux fois sur trois

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    banlieue résidentielle.jpg

    La ville en ce jardin

    Contre l’avis d’un comité référendaire solidement ancré à droite pour s'opposer à toute modification de zone remettant en cause quelques privilèges et quelques conforts, les habitant-e-s de la Ville (sauf au Petit-Saconnex...) ont largement approuvé (à 60 %) le préavis positif sur un projet visant à densifier légèrement une zone villa au Petit-Saconnex. Même approbation, dans une proportion plus faible (53,5 %) à Bernex. A Chêne-Bougeries, en revanche, le préavis favorable à la construction d'immeubles sur une parcelle privée a été refusé  à 54,6 % des voix (mais le Conseil d'Etat a adopté un autre plan localisé de quartier prévoyant la construction de 205 logements, et sur lequel le Conseil municipal avait donné un préavis défavorable). Trois votations communales, donc, sur des préavis  d'aménagement combattus par référendum, et deux acceptations sur trois. "On pouvait s'attendre à plus de refus", commente le Conseiller d'Etat Antonio Hodgers, finalement assez satisfait du résultat : plusieurs centaines de logements pourront être construits dans un canton où le taux de vacances de logements ne dépasse pas 0.5% (il en faudrait quatre fois plus), et où la zone villa recouvre près de 60% des surfaces construites pour ne loger qu’environ 10% de la population. Et la commune (Chêne-Bougeries) qui a refusé d'accepter le déclassement d'une zone inconstructible en zone constructible est une commune privilégiée, éloignées des nuisances de l'autoroute et de celles de l'aéroport, avec une zone villas hégémonique et un des impôts municipaux les plus bas du canton.  Le projet était pourtant équilibré, mais il a été fort mal défendu par l'exécutif de la commune (et par le canton, ajoute le propriétaire du terrain...). Le mot d'ordre "pas dans mon jardin" (mais pourquoi pas dans celui du voisin ?) a été suivi à Chêne-Bougeries (et reste mobilisateur ailleurs), lors même (ou du fait même ?) qu'il n'exprime qu'une réflexion urbanistique d'un niveau proche du zéro. Dans "urbanisme" il y a "urbs", la ville. Et la ville, les samsuffistes ne l'aiment pas. Alors qu'objectivement, ils y sont -mais sans l'admettre.

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  • L'épouvantail de la "densification" plane sur les votations municipales

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    1602.jpgSamsuffisme ou résistance ?

    La "densification" serait-elle devenue (ou re-devenue) à Genève le monstre à abattre et le fléau à combattre ? Les trois votations municipales du 4 mars, portant sur des préavis municipaux concernant des projets de construction de 860 logement à Bernex, Chêne-Bougeries et au Petit-Saconnex, en Ville de Genève, font en tout cas largement usage de ce concept comme d'un épouvantail. Oui, on densifie. Oui Genève est la ville la plus dense de Suisse. Elle l'est d'ailleurs depuis qu'elle est suisse, et déjà auparavant, elle était plus dense que les autres villes de la région. Cela tient évidemment à sa faible superficie (avec plus de 200'000 habitants sur 16 km2, Genève est deux fois et demie moins étendue que Lausanne mais abrite 50 % de population en plus...)  Mais surtout, qu'est-ce que cela signifie, concrètement, la "densité" concrètement, dans la vie des gens (parce qu'une ville, figurez-vous, c'est des gens...) ? La densité de quoi, d'ailleurs ? de population ? de constructions ?  ? le "vieux Carouge", réputé pour sa qualité de vie, est aussi "dense" que les tours de Carouge, et le quartier résidentiel des Tranchées, en Ville de Genève aussi dense que la cité de Meyrin, avec ses grandes barres d'immeubles... L'indice de densité* du projet du Petit-Saconnex est de 1.4 ? La vieille ville de Genève à une densité qui peut dépasser 3.0, les Pâquis une densité qui peut dépasser 3,8... sont-ce des enfers ? Les trois projets combattus densifient, certes, mais fort modérément, dans des quartiers où c'est possible, en assurant des logements aux loyers accessibles et en ayant obtenu l'accord des conseils municipaux. Le résultat des votes municipaux du 4 mars ne sera pas décisif puisqu'il ne porte que sur des préavis et que la décision est en mains du Conseil d'Etat (qui a produit un plan directeur prévoyant la construction de 50'000 logements d'ici 2030) mais il témoignera de la force ou de la faiblesse du "samsuffisme" et de ses nostalgies villageoises.

    * Indice de densité (ID) = surface brute de plancher (SPB) divisé par la surface nette à bâtir (SNB), dans laquelle on ne tient compte ni des surfaces vouées à la circulation, ni de celles vouées aux équipements publics, ni de celles consistant en des mails des espaces verts.

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  • "Le Plaza ne doit pas être démoli et doit rester un cinéma" : D'une pétition à une initiative

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    Vignette Plaza.jpgOn a failli oublier de vous le dire : le Conseil Municipal de la Ville de Genève a accepté samedi matin la pétition "LE PLAZA NE DOIT PAS ETRE DEMOLI ET DOIT RESTER UN CINEMA", lancée en avril 2015 et signée par 1700 personnes, qui demandent à l'exécutif de la Ville de tout faire pour empêcher la démolition du cinéma. Et donc, le Conseil municipal a décidé sans même en débattre (elle lui paraissait sans doute d'une telle évidence qu'un débat eût été superfétatoire) de la soutenir... Comme s'il ne s'agissait plus que d'une formalité... Le Plaza n'est pourtant pas encore sauvé -il s'en faut même de beaucoup, et la pétition tombait un peu comme la grêle après les vendanges, en demandant une intervention que la Ville ne peut plus faire (l'opposition à l'autorisation de démolition et à l'autorisation de construire), et en demandant d'entreprendre des démarches que l'aboutissement  de l'initiative populaire qui propose l'expropriation par l'Etat, pour la Ville, de la société propriétaire de l'immeuble semblait rendre inutiles. Pourtant, le soutien du Conseil municipal à la pétition a une utilité : celle d'exprimer l'avis du parlement de la Ville, celle de prendre une position d'opposition à la démolition de la plus belle salle de cinéma de Genève, celle de donner un signal de disponibilité à la réanimer, à en refaire un cinéma, cette position, publique, pesant tout de même dans le débat que la pétition voulait ouvrir, qui s'est ouvert sans elle, et qui va s'élargir autour de l'initiative populaire. En somme, le renvoi de la pétition au Conseil Administratif de la Ville la transforme en une résolution, disant simplement, et demandant simplement au Conseil administratif de dire ce que plus de 11'300 personnes ont dit en ayant signé l'initiative populaire cantonale, après la pétition municipale : "Le Plaza ne doit pas être démoli", la Ville doit prendre sa part de sa sauvegarde et de sa renaissance.

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  • Reprendre la rue pour le droit à la ville

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    Réchauffer l'été

    Affiche_Unitaire_Couleur.jpgUne grande manifestation sur le droit à la ville aura lieu à Genève le 1er juillet 2017 (14 heures 30, Place de la Navigation), à l'appel d'un front très large d’organisations et à l’initiative de la maison collective de Malagnou (en lutte contre son expulsion) :  un comité réunissant plus d’une trentaine de collectifs de lieux autogérés, d’associations de quartier, de défense des migrant.e.s, de la culture, de la paysannerie contractuelle, de syndicats et de partis politiques, qui ont décidé qu’il était temps de "reprendre la rue" pour "défendre des lieux d’habitation et de vie contre les attaques de politiques irresponsables de mise en compétition des précaires. C’est pourquoi nous refusons notamment l’opposition entre étudiant.e.s et personnes en exil". L'été commence, réchauffons-le.

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  • Plaine, ma plaine, arbre, mon arbre...

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    plainpalais,plaine de plainpalais,arbresIrminsûl à Plainpalais

    Bon, on va bien devoir en parler au moins une fois, vu que tout le monde en parle, de l'aménagement de la Plaine de Plainpalais, des arbres qui tombent, de ceux qu'on coupe, de ceux qui restent et de ceux qu'on va déplacer. C'est pas que le dossier nous passionne (d'accord, un conseiller municipal digne de ce titre prestigieux devrait en être passionné, mais on n'est peut-être pas, après tout, un conseiller municipal digne de ce titre prestigieux), c'est que si on n'en cause pas, on va croire qu'on s'en fout. Au fait, oui, on s'en fout. Mais bon, un petit sacrifice rhétorique s'impose. Donc, la Plaine et ses arbres. Sur fond de choeurs de l'Armée Rouge (ben oui, quoi : www.youtube.com/watch?v=YtqYo831Brk)... Ou de culte de la "grande ou puissante colonne" paléosaxonne. L'Arbre sacré Irminsûl, pour les intimes...

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  • Comique de répétition : Genève (re)vote la traversée de sa gouille

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    pont de lianes.jpgUne étape vers une impasse

    Un peu moins de 63 % des votant-e-s genevois ont accepté d'inscrire dans la Constitution de la République le principe d'une traversée routière du Petit Lac. C'est la deuxième fois que les Genevois et voises acceptent le "principe" d'une traversée routière de leur gouille : la première fois, en 1988, c'était la rade qu'il fallait traverser, en pont ou en tunnel. Le principe avait été accepté (à une plus forte majorité que celle obtenue dimanche pour la traversée du Petit Lac) en vote populaire, sa concrétisation en avait été coulée en vote populaire huit ans plus tard. Bis repetita ? C'est vraisemblable : on n'a voté ni sur un tracé, ni sur un projet, on n'a pas choisi entre un pont ou un tunnel, on ne sait pas combien de milliards ce machin va coûter (au moins trois et demi, alors que les projets refusés par le peuple en 1988 "ne" coûtaient "que" moins de 500 millions...)  et on ne sait pas où les trouver, mais on en a voté le principe. C'est une "victoire d'étape", chantent les partisans de la traversée. Peut-être. Mais dans une (longue) marche vers une impasse.

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  • Le cinéma "Le Plaza" n'est pas encore mort : N'y touchez pas, c'est un bijou !

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    Vignette Plaza.jpgComme on sait (et comme on regrette), l'autorisation de démolir le cinéma "Le Plaza", bijou de salle sertie dans un complexe architectural classé mais dont on a absurdement retiré la salle de cinéma pour la déclasser, le propriétaire plaidant l'impossibilité de la rentabiliser, a été accordée par le Conseil d'Etat, la démolition du "Plaza" étant cependant subordonnée à l'octroi d'une autorisation de construire autre chose (un centre commercial surplombé de "logements étudiants" pas plus rentables que la salle qu'on veut démolir parce qu'elle n'est pas rentable...), autorisation qui n'a pas encore même été formellement demandée. Les recours contre l'autorisation de démolir ont tous été rejetés (par la même juge) sans argument sur le fond, et sous le seul prétexte de défaut de "qualité pour agir", le dernier en date étant celui de la section genevoise de la société suisse des architectes -laquelle a cependant fait recours contre le refus de son recours. Le combat continue donc -il reprendra de plus belle lorsque l'autorisation de construire sera déposée -et nous avons quelques armes en réserve, dont on vous dira des nouvelles...
    En attendant, SAMEDI 4 JUIN, GENEVE, la Fédération des Architectes Suisses organise une visite guidée de l'extérieur de l'ensemble dans lequel est serti le "Plaza" : Rendez-vous 15h sur l'Ile Rousseau. De là, on se dirigera sur la rue du Cendrier. C'est-à-dire sur le Plaza. Dont on ne pourra cependant qu'admirer la façade, le proprio défendant jalousement l'entrée de ce qu'il veut détruire...

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    Lien permanent Catégories : Culture, Genève, urbanisme 0 commentaire
  • Apolitique genevoise des transports et de la « mobilité » : Laissez passer la meule à Lulu !

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    motard.jpgSous prétexte de « fluidifier le trafic », le Conseiller d'Etat Luc Barthassat propose d'autoriser les deux-roues motorisés à utiliser les couloirs des bus. Ni la police ni les TPG n'avaient été informés de l'idée géniale du génial Conseiller d'Etat avant qu'il la rende publique. Lulu roule à moto, donc Lulu veut autoriser les motos à rouler sur les voies TPG. Si Lulu se déplaçait en char à bœufs, il autoriserait les chars à boeufs sur les autoroutes, et s'il se déplaçait à dos de chameau il autoriserait les caravanes chamelières dans les rues basses, mais comme il roule à moto, les motos auront le droit d'emmerder les bus. C'est la nouvelle rédaction du grotesque prédicat constitutionnel sur la « liberté du choix du mode de transport » : la liberté de Lulu du choix de Lulu du mode de transport de Lulu. Faut bien que ça serve à Lulu que Lulu soit conseiller d'Etat...

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  • Aménagement du territoire genevois : L'ire de Malthus

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    Genève Plonk et Replonk2.jpgDans le copieux paquet de sujets soumis à la sagacité de nos votes le 9 février, il en est un, cantonal et genevois, qui passe à peu près inaperçu : celui sur la loi générale sur les zones de développement, attaquée par un référendum porté par les propriétaires de villas, soutenus par le MCG et l'UDC, les « vert'libéraux » -et plus curieusement par le Parti du travail. Le crime de la loi ? prévoir des densités minimales de construction dans les zones de développement (mais sans toucher aux zones villas, forestière, agricoles, c'est-à-dire à la majorité du territoire cantonal). Elle est prudente, la loi, mais cette prudence ne l'a pas préservée de l'ire des milieux pour qui tout nouvel habitant est un habitant de trop. L'ire de Malthus contre le poids de la réalité, en somme.

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  • Votes de la Ville, des villes et de la « campagne » : « Zonage » politique

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    En survolant les résultats détaillés de l'élection genevoise d'avant-hier, on constate la reproductions des différences habituelles entre le vote de la ville-centre, celui des villes périphériques et celui des communes « rurbaines » (celles qui furent rurales et ne le sont plus). Ainsi, la Ville aurait élu les trois candidats de gauche et n'aurait pas élu le candidat MCG, qui a fait un meilleur résultat dans la couronne urbaine et dans la « campagne » qu'en Ville. Rien de nouveau sous le soleil politique, à Genève : la Ville vote plus à gauche que le canton, les « grandes communes » (les autres villes) évoluent vers un bipartisme PS-MCG, et la « campagne » est à la droite bourgeoise (l'« Entente »). Mais au-delà de ces différences de prononcement politique selon le lieu d'habitat, de ce «zonage politique», l'épisode permet de se (re)poser la question de la place politique des villes dans ce pays, et même dans ce canton profondément urbain (jusqu'à ce qu'on considère comme sa « campagne »)...

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    Lien permanent Catégories : Genève, Politique, urbanisme 0 commentaire
  • Plan directeur cantonal : Genève envie (de quoi ?)

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    Une nouvelle mouture du plan directeur cantonal supposé « fixer et définir les grandes orientations et les conditions de mise en oeuvre » de la politique d'aménagement cantonal jusqu'en 2030, a été rendue publique le 20 février; elle rectifie celui qu'avait présenté Mark Muller fin 2011, et qui avait suscité une désapprobation presque générale (à l'exception notable de la Ville de Genève). Les deux tiers des communes avaient émis un préavis négatif, et la perspective que Genève ait à construire 50'000 logements en quinze ou vingt ans avait ravivé la polémique sur le maldéveloppement du canton, et même de toute la région. Du coup, si le nouveau plan évoque toujours ce chiffre de 50'000 logements, il n'en fait plus un objectif, mais tout au plus un souhait. La version « tout public » du plan directeur s'intitule «Genève envie». Envie de quoi, au juste ? De nier les évidences ?

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